lundi, 09 juillet 2007

Trois jours chez ma mère - François Weyergans - 2005

bibliotheca trois jours chez ma mere

Le narrateur, un dénommé François Weyergraf, est à qui manque actuellement l'inspiration pour écrire. Il se met pour but d'écrire un livre dénommé Trois jours chez ma mère. Mais les souvenirs le rattrappent et il est totalement bloqué à la première page. Il commence à s'inventer des doubles qui mènent une vie tout aussi agitée que la sienne et qui eux aussi tentent, sans réussir d'écrire un roman sur un séjour chez leur mère.

Trois jours chez ma mère de l'écrivain belgo-français François Weyergans a obtenu le Prix Goncourt en 2005. Cependant mieux vaut ne pas se fier à cette distinction. Ce roman est en quelque sorte l'archétype du roman français contemporain dans lequel l'écrivain, en manque d'inspiration n'a rien de mieux à conter que de vagues anecdotes autobiographiques pour remplir le nombre de pages nécessaire à la publication d'un livre. Le résultat en est un roman totalement vide, sans originalité ni invention aucune, qui n'apportera qu'un ennui immense au lecteur. Weyergans écrit de lui-même, ou de son double dénommé d'un quelconque pseudonyme (Weyergraf, Graffenberg, etc.) et d'un livre qu'il pourrait écrire et qui pourrait s'appeler Trois jours chez ma mère et que finalement il n'écrit pas parce qu'il est en manque d'inspiration. N'ayant rien à écrire, Weyergans n'hésite pourtant pas à nous publier ses bêtes méditations sur le thème de l'écrivain en manque d'inspiration et d'idées. Il y fait part de ses angoisses, de ses craintes, de sa crise de la cinquantaine, de ses ennuyeuses histoires de sexe et j'en passe. Le roman n'est que peu accrocheur et le récit totalement décousu. Et hormis une belle écriture et certains passages plutôt touchants le roman n'a vraiment aucun intérêt.

Un Prix Goncourt qui, espérons-le, tombera bien vite dans l'oubli.

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Extrait :

« Tu fais peur à tout le monde », m’a dit Delphine hier soir, en guise de point final à un dialogue qui risquait de s’envenimer. Ma conduite la pousse parfois à des déclarations de ce genre, de vraies sentences condamnatoires. Dans le passé, même récent, j’ai eu droit à pire de la part de celle que j’appelle « ma petite Delphine » bien qu’elle mesure un mètre soixante-dix-huit. Nous vivons ensemble depuis plus de trente ans. Delphine est la femme que j’imagine à côté de moi, penchée sur mon lit, si je dois mourir un jour à l’hôpital plutôt que dans un accident d’avion — et dans un accident d’avion, sans doute sera-t-elle aussi à côté de moi. Hier soir, j’ai eu droit à un verdict moins sévère que la mort, certes, mais un verdict qui n’a rien d’un acquittement : moi, François Weyergraf, ayant réalisé cinq films et publié dix romans, je fais peur à tout le monde.

Une telle phrase, je l’aurais notée dans mon agenda à l’époque où je prenais encore la peine d’acheter des agendas et de m’en servir, mais je ne prends plus de rendez-vous et je ne note plus rien. Pourquoi noter cette phrase? Elle n’est pas de celles qu’on oublie facilement.

Delphine n’a pas dit que je lui faisais peur à elle, mais que je faisais peur à tout le monde. D’où sort ce « tout le monde »? S’agit-il de nos deux filles, deux femmes adultes, capables de voir que leur père est dans le pétrin? Sûrement. Et sans doute aussi de ma mère et de mes soeurs. Delphine, pourtant, voit peu ma famille, tout comme moi, qui me sens coupable de ne pas voir suffisamment ma mère. Je me dis presque chaque jour que je devrais descendre lui rendre visite dans cette maison des Alpes-de-Haute-Provence où elle vit seule, mais je ne m’y décide jamais. Dans la séquence du cimetière de Huit et demi, quand le metteur en scène interprété par Mastroianni voit son père lui apparaître, il constate tristement qu’ils se sont bien peu parlé : « Papa, si siamo parlati cosi poco! » II se pourrait bien qu’un jour je regrette à mon tour non pas d’avoir trop peu parlé à ma mère puisque je lui téléphone presque chaque soir, mais de l’avoir trop peu vue, surtout depuis quelques années. Ma chère mère octogénaire est plus radicale que moi. Au téléphone, elle a résumé la situation : « Finalement, je ne t’aurai pas beaucoup vu dans ma vie. »

C’était une phrase bien envoyée ! Je ne sais pas si elle s’en est rendu compte mais, comme je me taisais, elle a enfoncé son clou : « C’est vrai ! Tu es parti très tôt de la maison, tu avais quoi, dix-sept, dix-huit ans? — Dix-neuf, Maman! — Eh bien, c’est très tôt quand on voit à quel âge les jeunes sont encore chez leurs parents aujourd’hui. » Jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, elle venait à Paris plusieurs fois par an et logeait quelques jours chez moi et quelques jours chez ma sœur Madeleine. C’est elle qui venait me voir, en quelque sorte. Aujourd’hui, elle ne se déplace presque plus. Pour venir à Paris, il faudrait qu’elle ait besoin de consulter un spécialiste, et encore, elle en trouve d’excellents à Marseille. Même Marseille, à moins de cent kilomètres de chez elle, lui paraît loin.

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