mercredi, 23 mai 2007

Les Thanatonautes - Bernard Werber - 1994

bibliotheca les thanatonautes

L’homme n’a jamais cessé de repousser ses frontières, d’aller de plus en plus loin pour conquérir des territoires et domaines inconnus. Pourtant il y a un monde à portée de main qu’il n’a jamais encore exploré, ou du moins jamais personne n’en est revenu vivant : c’est le monde des morts.
Michael Pinson et Raoul Razorback sont depuis leur plus jeune âge fasciné par la mort. Lorsqu’il était enfant Michael a miraculeusement survécu à un accident de voiture qui l’avait plongé pendant quelque temps dans un profond coma. Raoul, quant à lui, cherche à comprendre pourquoi son père, un philosophe travaillant sur le sujet de la mort, s’est suicidé. Des années plus tard Michael et Raoul sont devenus des chercheurs scientifiques et ils vont tenter de relever le défi d’être les premiers hommes à explorer l’au-delà. Pour y arriver ils vont donner la mort à des hommes volontaires pour les ranimer plus tard. Ces cobayes humains auront le nom de thanatonautes (du grec thanatos (divinité de la mort) et nautis (navigateur). Et pour guider ces explorateurs d’un nouveau genre, ils vont faire appel à tout le savoir scientifique et aussi, et surtout, mythologique dont ils disposent. Peu à peu ils réussissent à dresser une carte géographique de ce mystérieux continent. Mais la conquête de cette terre ne se fera pas sans dangers. Des forces mystérieuses semblent d’ailleurs surveiller nos deux chercheurs et leur équipe de thanatonautes de très près.

Les Thanatonautes de l’écrivain français Bernard Werber est un roman de science-fiction / fantastique publié en 1994. Il s’agît plutôt d’un roman scientifico-mystique dans lequel l’auteur nous propose de partir explorer le monde des morts, un peu comme si personne n’y avait jamais été auparavant.
Pour décrire cette conquête de la mort Bernard Werber s’inspire de celle de l’espace et accumule les parallèles que ce soit dans les termes techniques ou dans l’histoire . Le lecteur va suivre ce projet de conquête dès ses débuts, des premières expériences de voyages vers la mort qui se sont soldés par des échecs jusqu’aux réussites les plus folles et leurs conséquences sur le monde du réel. Procédé récurrent chez Bernard Werber, le livre alterne les passages consacrés au fil conducteur de l'histoire, càd. les différents voyages des thanatonautes, et ceux composés de textes sacrés extraits des mythologies, religions et cosmogonies du monde entier.
Le sujet intrigue dès le départ, mais hélas le roman ne tient pas ses promesses. A la grande question A quoi ressemble donc l’au-delà ? Bernard Werber n’arrive pas à formuler la moindre idée originale et ne cesse de se rabattre sur une imagerie judéo-chrétienne ultra-classique de la chose : un tunnel avec une lumière au bout, des anges qui pèsent les âmes des morts etc. Pour faire original il y introduit un peu de réincarnations, de mythes tibetains etc. Le côté scientifique est très vite négligé pour le côté mystique, l'auteur ne semblant d'ailleurs pas trop doué dans ce domaine.
De plus un certain ennui s’installe vers la moitié du livre, alors que l’auteur accumule de plus belle toutes sortes de clichés, stéréotypes et passages redondants. Le récit continue calmement sans plus de rebondissements d’importance jusqu’à la fin. Les obstacles qui se dressent face aux thanatonautes sont finalement toujours les mêmes : il y a un premier « mur » de la mort à traverser, une fois cela réussi il y en a un deuxième, puis un troisième … et vous l’aurez deviné … jusqu’au septième. A la fin Bernard Werber tente de se sauver comme par un coup de baguette magique pour vite bâcler sa catastrophique histoire.
Bernard Werber se la joue trop philosophe alors qu’il n’arrive qu’à reproduire des idées de mystique de bas niveau. Et comme souvent chez Bernard Werber les caractères humains sont bien trop simplistes et bien trop ridicules, et de ce fait, n’aident en rien ce récit déjà suffisamment pénible.

A éviter !

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Voir également :
- Les fourmis - Bernard Werber (1991), présentation
- Le jour des fourmis - Bernard Werber (1992), présentation
- La révolution des fourmis - Bernard Werber (1996), présentation

15:37 Écrit par Marc dans Werber, Bernard | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bernard werber, science-fiction, fantastique, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 02 mars 2007

La révolution des fourmis - Bernard Werber - 1996

bibliotheca la revolution des formis

Après des millénaires d'ignorance mutuelle deux des plus importantes civilisations du monde vont se découvrir.
103e, une fourmi exploratrice, et Julie Pinson, une humaine étudiante rebelle, rêvent toutes deux de révolutionner leur monde. En se rencontrant l'un l'autre et en apprenant l'un de l'autre, chacune va petit à petit réussir sa révolution, toujours dans la non-violence, au petit à petit mais de façon irréversible. Ce qu'apprennent les fourmis sont l'humour, l'amour, l'art; ce que gagnent les humains sont l'harmonie avec la nature, la communication absolue, la synergie de leurs efforts.

La révolution des fourmis publié en 1996 clôt le cycle des fourmis entamé en 1991 par Bernard Werber. Comme l'éditeur nous le présente le premier tome Les fourmis (1991) a été le livre du contact humains/fourmis, le second Le jour des fourmis (1992) a été celui de la confrontation entre les deux et La révolution des fourmis est finalement celui de la compréhension entre ces deux espèces. Cela sonne bien, mais la première conclusion qui m'est venu est qu'il s'agît là surtout du livre de trop! Comme le dit l'auteur lui-même, ce livre a été écrit après l'échec du roman Les Thanatonautes (1994). Celui-ci a dû se presser de vite renouer avec le succès en écrivant en vitesse une suite à sa série à succès. Hélas on ne retrouve plus ici la même veine poétique et philosophique des romans précédents.
Comme d'habitude on suit en parallèle deux histoires qui vont se rencontrer, l'une dans l'univers fourmi et l'autre dans l'univers des humains, et comme toujours le côté humain est plutôt raté avec toute une galerie de personnages totalement caricaturaux et simplistes, peut-être même plus que d'habitude. Et en plus ici, le côté fourmi n'arrive pas à complètement compenser les manquements de l'autre. Cependant le livre peut parfaitement être lu et apprécié par un public plus jeune, mais ce n'est pas comparable aux tomes précédents. D'un côté plus philosophique Bernard Werber n'arrive pas toujours à convaincre même si toutefois les idées sont bonnes et bien reprises. Il y est beaucoup question de révolution, de changement en améliorant la communication entre hommes et une synergie des efforts de chacun. Et le moyen proposé pour cela est celui passant par les techniques modernes, notamment internet: un univers où chacun contribue à sa façon pour créer un ensemble plus important. A partir de là il énonce également le principe du grid computing ainsi que d'autres idées à la mode depuis les années nonante. Tout cela est intéressant mais le roman ne l'est hélas pas toujours.

La révolution des fourmis est une conclusion ratée d'une trilogie qui aura pourtant marquée la littérature française.

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Voir également :
- Les fourmis - Bernard Werber (1991), présentation
- Le jour des fourmis - Bernard Werber (1992), présentation
- Les Thanatonautes - Bernard Werber (1994), présentation

mercredi, 03 janvier 2007

Le jour des fourmis – Bernard Werber - 1992

bibliotheca le jour des fourmis

Elles sont un milliard de milliards. Nous les remarquons à peine, elles nous guettent pourtant depuis longtemps. Pour certaines, nous sommes des Dieux. Pour les autres, des êtres malfaisants. Avec une intelligence et une organisation prodigieuses qui n'ont rien à envier aux armées les plus redoutables, elles se préparent à une lutte sans merci. Qui seront les vrais maîtres de la terre ?

Alors qu’une croisade contre les Doigts (c’est ainsi que les fourmis dénomment les humains, ou du moins ce qu’ils en voient) dans la fourmilière une rébellion pro-Dieu commence à s’organiser. Pour certains les Doigts sont des êtres d’une puissance extrême, pour d’autres ce sont carrément des Dieux. Une courageuse fourmi va partir à la découverte du monde des Doigts et connaître milles aventures dans cette civilisation de géants.
Pendant ce temps, Laetitia Wells, journaliste et fille du scientifique Edmond Wells (présenté dans le premier tome), mène une enquête en collaboration avec le commissaire Méliès sur une série de meurtres étranges qui ont pour seul point commun un certain intérêt aux fourmis et une immense expression d’horreur au visage. Cette enquête les mènera petit à petit sur les traces d’un couple de bien mystérieux scientifiques.

Ce deuxième tome du Cycle des fourmis a plus ou moins les mêmes qualités et défauts que le premier : Les fourmis (1991) dont il est la suite, évidemment avec l’effet de surprise en moins. Vaut mieux commencer par le premier avant d’aborder celui-là.
Comme déjà précédemment le lecteur apprend énormément de choses sur les fourmis et les insectes en général et dérange fortement nos perceptions de la nature, notamment en remettant en cause notre place en ce monde. Mais cette suite se veut avant tout plus forte et plus directe, l’auteur l’ayant avant tout écrit parce qu’il avait l’impression que personne n’avait compris tous les sous-entendus du premier. C’était une manière de mettre les points sur les i. (propos de l’auteur). Plus tard l’auteur dira même qu’il était énervé de passer pour un spécialiste des fourmis, son propos étant de parler de l’humanité au travers d’yeux différents. Et Le jour des fourmis est particulièrement réussi dans ce sens-là en renforçant le côté philosophique du roman.
L’humour est omniprésent, un exemple en est la scène de l’attaque du bureau de poste qui est particulièrement réussie.
Le partie humaine du récit, même si elle est plus réussie que dans le tome précédent dans le sens où il y a bien plus de surprises, garde cependant les mêmes défauts que dans le tome précédent, càd. des personnages sans profondeur et un développement de l’intrigue un peu simpliste. De plus Werber donne à cette partie la forme d’un thriller plutôt maladroit.

Le jour des fourmis reste cependant, comme son précédent, un roman hors norme.

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Voir également :
- Les fourmis - Bernard Werber (1991), présentation
- Les Thanatonautes - Bernard Werber (1994), présentation
- La révolution des fourmis - Bernard Werber (1996), présentation

lundi, 30 octobre 2006

Les fourmis - Bernard Werber - 1991

bibliothecalesfourmis

Le temps que vous lisiez ces lignes, sept cents millions de fourmis seront nées sur la planète. Sept cents millions d'individus dans une communauté estimée à un milliard de milliards...

Jonathan Wells hérite la maison de son oncle entomologiste Edmond Wells, mort précédemment dans des conditions plutôt mystérieuses. Petit à petit il va s’y installer avec sa famille. Une visite dans la cave lui fait découvrir les travaux restés secrets sur lesquels son oncle travaillait. Le sujet de ces travaux étaient les fourmis et leurs formes de communication. Via ces travaux et études va s’ouvrir à Jonathan un monde totalement nouveau et insoupçonné.
A quelques mètres de là, dans le jardin de la maison, une colonie de fourmis vit son quotidien. Mais une terrible menace semble être apparue. En effet, certaines fourmis en exploration ont été écrasé subitement par une arme totalement inconnue et à la puissance immesurable. Une petite fourmi courageuse va mener l’enquête sur ce danger qui aussi rapidement peut réduire à néant une vie fourmie.

Les Fourmis, publié en 1991, est le premier grand succès de l’écrivain Bernard Werber, qui depuis est l’auteur de plus d’un succès en librairie. Il s’agît aussi du premier volume d’une trilogie, le cycle des fourmis, qui aura les fourmis comme sujet et personnages centraux. Deux histoires parallèles nous sont racontées, une humaine et une fourmi. Ces deux histoires vont cependant se rejoindre lorsque ces deux espèces intelligentes qui s’ignorent mutuellement vont réussir à communiquer ensemble. Le roman est exceptionnel. Bernard Werber, pour la première fois, arrive à nous raconter une histoire crédible du point de vue d’une fourmi. Le lecteur découvrira un monde totalement nouveau au fil des pages. Il fera connaissance de cette communauté, la plus importante sur terre, avec ses villes, sa hiérarchie, son organisation, son langage, ses colonies, sa production industrielle, ses esclaves, ses mercenaires… et ses armes. On se retrouve nez à nez avec univers fabuleusement riche, monstrueux et toujours fascinant. Le monde des fourmis est forcément bien différent du notre, principalement la perception de celui-ci aux yeux de petites bêtes qui ne font que quelques millimètres de longueur. Le lecteur s’évade dans un monde si proche, que pourtant il ne connaissait guère. Certaines interprétations que font les fourmis de ce qu’ils perçoivent de leur environnement, notamment humain, sont carrément risibles. Mais l’auteur nous montre brillamment que l’inverse est vrai aussi, et ce que nous percevons de ce monde microscopique est tout aussi loin de la réalité. En bref, de quoi faire sérieusement vaciller nos certitudes sur notre compréhension de ce qui nous entoure. Le récit est de plus augmenté par de petites énigmes très réussies, qui ont peut-être perdu un peu de leur effet suite à l’immense succès du roman. En bref le roman est époustouflant, merveilleux. Une vraie réussite qui allie à la fois les connaissances scientifiques, le genre du roman policier et celui du conte philosophique. Mais il s’agît bien en fin de compte d’un roman de science-fiction, dans la façon qu’a Bernard Werber à nous faire explorer des univers quasi totalement inconnus. Il est juste à signaler que l’histoire humaine est un peu moins bien, les personnages sont convenus et toute cette partie n’a que peu d’intérêt. A croire que Bernard Werber est plus à l’aise à mettre en scène des fourmis que des humains. Dommage, car sinon le livre aurait été parfait.

Les fourmis est suivi par deux autres romans qui sont le très réussi Le jour des fourmis (1992), et le nettement moins bon La révolution des fourmis (1996).

A découvrir, si ce n’est déjà le cas.

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Voir également:
- Le jour des fourmis - Bernard Werber (1992), présentation
- Les Thanatonautes - Bernard Werber (1994), présentation
- La révolution des fourmis - Bernard Werber (1996), présentation