jeudi, 02 septembre 2010

Le Cycle du Ā - Alfred E. Van Vogt - 1945, 1948 et 1985

bibliotheca le cycle du a.jpgLe monde des Ā


XXVIe siècle. Gilbert Gosseyn se remet à peine du décès de sa femme alors qu’il s’inscrit aux Jeux de la Machine dans l’espoir de décrocher une place sous le soleil de Vénus. Or dès son inscription aux Jeux, Gosseyn découvre qu’il n’est pas l’homme qu’il pensait être. Il n’a jamais été marié, d’ailleurs la femme de ses souvenirs n’est autre que la fille bien vivante du Président, et tout son passé n’est qu’un vaste leurre. Il ne lui reste plus d’autre choix que de partir à la recherche de son identité. Rapidement il découvre que des doubles de lui-même existent, et, lorsqu’il meurt, son esprit se voit transféré dans son autre soi. Tant de choses qu’il n’arrive pas à comprendre, mais malgré tout il se rend vite compte qu’il est pion au sein d’un vaste complot dont la finalité lui échappe encore. Mais n’est-il qu’un pion, ou alors la pièce maîtresse ?

Les joueurs du Ā

La fin du Monde des À semblait avoir laissé Gilbert Gosseyn maître de la situation. C'est alors que vont se révéler les participants du jeu d'échecs cosmique dont il n'était qu'un pion inconscient. D'abord le Disciple, personnage impitoyable dont la substance est faite d'ombre - ensuite Enro le Rouge, dictateur du "Plus grand empire", qui s'apprête à asservir l'univers entier. Enfin le joueur inconnu qui a manipulé Gosseyn et l'a forcé à assumer un destin qui n'était pas le sien. Mais Gilbert Gosseyn existe-t-il encore ? N'occupe-t-il pas désormais le corps du faible et pusillanime prince Ashargin ?

La fin du Ā

A l'autre extrémité de la galaxie, Gilbert Gosseyn se réveille à bord d'un astronef inconnu... et dans un nouveau corps, Gosseyn trois. Pourtant, il conserve les souvenirs de ses deux précédentes incarnations, et peut même communiquer par télépathie avec Gosseyn deux, qui vit toujours, quelque part. Peu à peu, Gosseyn retrouve la maîtrise de ses extraordinaires pouvoirs mentaux. Il parvient à regagner la terre et retrouve ses compagnons qui l'ont aidé à combattre Enro le rouge. Mais n'est-ce pas plutôt son alter ego Gosseyn deux que ceux-ci ont aidé ? La machine des jeux, même démantelée, pourra-t-elle l'aider à trouver la raison de ce dédoublement, de cette " similarisation " ?



Le Cycle du Ā, dont le titre se prononce Le Cycle du non-A, rassemble pour la première fois dans l’édition française, aux éditions J’ai Lu, les trois grands romans de l’écrivain americano-canadien Alfred E. Van Vogt que sont Le Monde des Ā (The World of Null-A, 1945), Les joueurs du Ā (The players of Null-A, 1948) et La fin du Ā (Null-A Three, 1985), faisant tous les trois partie du même cycle autour de la quête identitaire de Gilbert Gosseyn. Ces trois romans constituent un jalon majeur dans l’oeuvre de l’auteur, mais aussi des romans cultes dans le genre de la science-fiction. Et encore science-fiction n’est que peu dire pour ces drôles de romans qui s’avèrent vite totalement inclassables.
Initialement rédigés pour être publiés sous forme de feuilletons, les textes de Van Vogt en gardent les séquelles du genre que sont l’action omniprésente, pas de descriptions lassantes et des retournements de situations à presque chaque chapitre, cela afin que le lecteur soit continuellement attaché au texte. Mais l’histoire est bien complexe et ses éléments majeurs ne sont pas moins qu’un jeu d'échec cosmique, des conflits galactiques, la manipulation des souvenirs et identités, humanité gouvernée par une machine des jeux, des clones... Et il s’avère bien vite difficile de s’y retrouver. Gilbert Gosseyn, le personnage principal adepte de philosophie non-aristolécienne (Ā ou non-A) est assez atypique et devient vite attachant au lecteur.
Hélas, même si les qualités ne manquent pas, ces romans n’en est pas pour autant une réussite. Et cela malgré son statut d’oeuvre culte. En effet les deux premiers textes datant des années 1940 ont très mal vieillis, le dernier n’ayant jamais présenté le moindre intérêt. L’histoire est complexe, parfois mal construite, cela souvent lié à sa forme initiale de publication en feuilletons, et l’on s’y perd trop facilement. De plus les discours pseudo-philosophiques autour du non-A, présents un peu partout, ont tendance à devenir lassants et bien futiles.

En bref
Le Cycle du Ā d’Alfred E. Van Vogt est un texte ambitieux, véritable oeuvre culte de la science-fiction, mais qui hélas n’a guère résisté au temps. Ces romans restent toutefois intéressants à découvrir, voire à relire, par les amateurs du genre, ce cycle ayant à son époque tant marqué ses contemporains et inspirés tant d’écrivains de science-ficiton.

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Présente édition : traduit par Boris Vian et revu par Jacques Sadoul, Editions J’ai Lu, 8 mai 2010, 795 pages


Voir également :
A la poursuite des Slans (Slans) - Alfred E. Van Vogt (1946), présentation
La faune de l'espace (The Voyage of The Space Beagle) - Alfred E. Van Vogt (1950), présentation

jeudi, 08 janvier 2009

La faune de l'espace (The Voyage of The Space Beagle) - Alfred Elton Van Vogt - 1950

bibliotheca la faune de l espace

Le Fureteur, immense astronef d'exploration galactique, rencontre au cours de son long voyage une multitude de formes d'intelligences extra-terrestres qui les exposent à de nombreux dangers, souvent totalement imprévisibles pour l'homme. Comme pour tout vaisseau d'exploration, l'équipage du Fureteur est composé de scientifiques en tout genre et de toutes disciplines imaginables. Parmi eux Elliott Grosvenor, un nexialiste et d'ailleurs seule défenseur de sa science encore si peu connue tentera de prouver à ses co-équipiers méfiants à quel point cette nouvelle discipline peut contribuer à résoudre des problèmes complexes, et cela surtout autour de quatre cas précis où, suite à un contact extra-terrestre tout le vaisseau est mis en péril.
Dans le premier cas, après avoir atterri sur une planète dévastée, les membres de l'exploration découvrent un Zorl (en anglais: Coeurl), un puissant félin doté de tentacules préhensiles au niveau du cou ; il peut vivre plusieurs siècles et se nourrit uniquement d'id, c'est-à-dire de l'énergie vitale liée à la présence de potassium dans les corps vivants. Sa force musculaire est très grande, tout comme son intelligence. Les poils vibratiles de ses oreilles lui servent à maîtriser l'énergie, à émettre et à recevoir des vibrations sur toutes les longueurs d'onde possibles. Celui-ci verra les êtres humains comme des proies faciles et se laissera capturer sans problème pour ensuite les tuer l'un après l'autre en toute tranquillité et ainsi prendre le contrôle du vaisseau.
Ensuite le vaisseau semble attaqué par le moyen d'hallucinations hypnotiques lancés par les Riims, une race aviaire devenue incapable de voler, mais douée de télépathie, et qui, à partir d'une planète toute proche semble par leurs compétences télépathiques faire dévier l'astronef vers un crash sur leur planète.
Une autre rencontre se fait avec Ixtl (Xtl en anglais), un être affreux, couleur rouge vif, doté de quatre jambes et de quatre bras terminés par huit doigts. Son corps cylindrique est quasi immortel et il en maîtrise intégralement la structure moléculaire. La race des Ixtls a forcé son évolution biomoléculaire jusqu'à être capable de résister à des charges énergétiques de très forte puissance. Pour se reproduire, un Ixtl a besoin de guuls, c'est-à-dire d'hôtes vivants dans lesquels il dépose ses œufs. Les œufs n'ont besoin que de quelques heures pour éclore et se nourrissent ensuite de leur hôte vivant. Et ces guuls Ixtl va les trouver en l'équipage du Fureteur.
Plus tard, à l'approche de la grande galaxie M33 d'Andromède, le Fureteur subit un train d'ondes cérébrales qui suggère aux membres de l'équipage de rentrer chez eux. Plus tard, des monstres apparaissent dans l'astronef...
Ainsi les humains découvrent des civilisations extra-terrestres disparues, d'autres en pleines essors, certaines espèces qui ne nécessitent guère de planète pour subsister et se multiplier, pour finalement en découvrir l'une des plus terribles, celle se trouvant à l'intérieur même de l'astronef, l'être humain...

La faune de l'espace
de l'écrivain de science-fiction canadien Alfred E. Van Vogt est au fait une compilation de quatre nouvelles de l'auteur, qui sont Black Destroyer (1939, chapitres 1 à 6), Discord in Scarlet (1939, chapitres 13 à 21), M33 in Andromeda (1943, chapitres 22 à 28) et War of Nerves (1950, chapitres 7 à 12) et qui ont toutes un thème central, celui d'une rencontre extra-terrestre. Une trame générale a été ajoutée afin de donner l'aspect d'un véritable roman à ce recueil, de plus des renvois et des rappels ont été faits pour garantir la cohérence de l'ensemble.
Concernant l'histoire en soi, il s'agît ici d'un pur roman de science-fiction, de space-opera plus précisément, qui essaie toutefois toujours d'apporter une réflexion réelle sur la position de l'être humain face à l'autre. Lors de plusieurs passages Van Vogt fait alterner les points de vue de manière à décrire les évènements soit du point de vue de l'équipage du vaisseau, soit du point de vue de l'extra-terrestre dynamisant ainsi l'action et permettant souvent au lecteur de mieux comprendre les motivations des aliens que les protagonistes du récit. Et ainsi se succèdent de multiples conflits, internes et d'ordre politique ou externe et d'ordre plutôt biologique. Le roman contient de nombnreuses références culturelles ou artistiques dont la plus évidente, dans le titre original (The Space Beagle) fait référence au HMS Beagle, le navire qui emporta le naturaliste Charles Darwin en expédition au XIXe siècle. C'est pendant le voyage du Beagle que Darwin établit les fondements de sa théorie de l'évolution.
Et ici aussi, une nouvelle théorie émergera, celle du Nexialisme que Van Vogt présente comme une méthode associative ayant pour but de coordonner les éléments d'un domaine de la connaissance avec eux d'autres domaines de connaissances, et tout cela en sa basant sur des tables de probabilités qui ont pour but de donner des solutions optimisées. Comme souvent chez Van Vogt toutes ses théories semblent de prime abord plutôt géniales mais s'avèrent hélas souvent très vite un peu foireuses, et ainsi que ce soit du nexialisme ou de le Théorie de l'Histoire cyclique, qui permet aux héros du roman de comprendre et de prévoir les passés des espèces rencontrées, même si parfois séduisantes, ne tiennent guère la route tout au long du roman.
Certains éléments du roman ont beaucoup vieilli de nos jours, malgré cela, certaines trouvailles sont toujours aussi surprenantes et originales. Le roman est aussi absolument essentiel pour tout amateur de l'oeuvre d'Alfred E. Van Vogt.

Il est à noter que ce roman est à l'origine du très célèbre film de science-fiction Alien (1979) de Ridley Scott, qui donna dans les années suivantes de très nombreuses suites et autres produits dérivés.

La faune de l'espace est un excellent roman d'Alfred E. Van Vogt, un grand classique de science-fiction.

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Voir également :
A la poursuite des Slans (Slans) - Alfred E. Van Vogt (1946), présentation
- Le cycle du Ā - Alfred E. Van Vogt (1945, 1948 et 1985), présentation

samedi, 24 mars 2007

A la poursuite des Slans (Slans) - Alfred Elton Van Vogt - 1946

bibliotheca a la poursuite des slans

Qu’arriverait-il si au sein de l’espèce humaine apparaissait une autre espèce physiquement et mentalement supérieure ? Dans un futur proche l’humanité verra un jour venir de ces êtres. C’est le professeur Samuel Lann, un biologiste, qui à leur origine va leur donner un nom : les Slans. Ces êtres sont capables de télépathie, grâce à des cornes, de petites vibrilles dorées, qui se dressent parmi leurs cheveux. Ils sont plus intelligents et terriblement puissants et rapides. Mais très vite la peur s’installe parmi les humains. Des rumeurs commencent à circuler au sujet des Slans. On raconte que le professeur Lann employa une machine sur sa femme pour donner naissance à ces mutants, ou alors que les Slans seraient fabriqués à partir de bébés humains. Mais qu’en est-il réellement ? De plus leur sont attribués quasi tous les maux de la Terre. Les humains comprennent leur infériorité face à ces êtres et vont tout faire pour rester l’espèce supérieure, y compris envisager une guerre totale. Celle-ci se transformera en un immense génocide qui fera des Slans des êtres chassés pour être tués.
Jommy Cross est l’un de ces Slans. Il est encore enfant lorsque sa mère est tuée. Il arrivera cependant à survivre pour accomplir son destin, laissé en héritage par son père. Jommy Cross a en effet pour mission de reprendre les travaux laissés par son père à son décès. Le résultat de ces travaux pourrait permettre la survie des Slans et ainsi mettre fin à ce génocide. Mais Jommy Cross est sans cesse traqué et doit mener une lutte quotidienne pour sa survie. De plus l’affaire se corse encore plus le jour où Jommy découvre qu’il existe une autre variété de Slans qui vit anonymement parmi les humains. Ceux-ci sont dépourvus de cornes, semblent bien intégrés tout en restant parfaitement organisés dans des réseaux secrets. Et ils vouent une haine immense envers les premiers Slans. Jommy Cross devra dorénavant faire face à ces deux ennemis et trouver une solution qui mettra fin de façon pacifique à tous ces conflits. Mais est-ce qu’une solution peut exister dans un monde submergé par la peur et la haine envers l’autre ?

A la poursuite des Slans est publié en 1940 dans le magazine Astounding et sera ensuite publié en 1946 sous forme de roman. C’est le premier roman de l’auteur de science-fiction canadien Alfred E. Van Vogt, et aussi l’un des romans les plus impressionnants. Le roman avait d’ailleurs fait effet d’une bombe dans le monde littéraire et SF de l’époque.
Il s’agît d’une à la fois d’une œuvre bien typique du genre de la science-fiction des années quarante abordant les sujets d’êtres mutants, de la télépathie, de guerres apocalyptiques, … tout en traitant en même temps de l’intolérance, du fascisme, la lutte des classes et les rouages du pouvoir et des abus associés. Comme nécessité par la publication sous forme de feuilleton dans un magazine, le style de narration est vif et accrocheur. D’un chapitre à l’autre, l’auteur divulgue de plus en plus des secrets de son intrigue en créant d’autres comme pour faire durer le plaisir et accrocher le lecteur. Les personnages en sont un peu délaissés, et certains événements se retrouvent sans suite. Mais Van Vogt réussit à donner à son récit une véritable émotion et s’y montre particulièrement inspiré. Van Vogt réussit de plus à raconter son histoire du point de vue d’un surhomme, chose souvent difficilement crédible dans la mesure où il devrait être impossible à un lecteur dit « normal » de comprendre les points de vue d’un être tellement plus doué et différent.
Les nombreux et fort variés thèmes abordés, notamment ceux entre autres de l’intolérance, de l’eugénisme, de l’état totalitaire, de la condition sociale, et aussi de la télépathie et des évolutions humaines possibles, …, sont parfaitement développés et bien intégrés au récit.

Tout cela fait de ce roman une véritable réussite, l’un des tous grands classiques du genre, et un must de la SF à (re-)découvrir coûte que coûte.

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Voir également :
La faune de l'espace (The Voyage of The Space Beagle) - Alfred E. Van Vogt (1950), présentation
Le cycle du Ā - Alfred E. Van Vogt (1945, 1948 et 1985), présentation