dimanche, 19 novembre 2006

L’Evangile de Jimmy – Didier Van Cauwelaert – 2004

bibliotheca l evangile de jimmy

Jimmy Wood a 32 ans et entretient des piscines dans le Connecticut. Jimmy est avant tout un home simple, sans histoires, qui se remet petit à petit d’une histoire amoureuse finie il y a quelques mois. Mais sa vie va irréversiblement changer. Trois personnes, représentant la Maison-Blanche, viennent tels les Rois Mages lui annoncer qu’en réalité il est un clone, et pas de n’importe qui ! Jimmy a été cloné à partir de molécules d’ADN retrouvés sur le Linceul du Christ, Le Saint Suaire de Turin. A condition que cette relique d’autrefois soit authentique, Jimmy est-il le nouveau Messie ? A-t-il une mission à remplir ? Ou est-il plutôt l’Antéchrist ? Et que cherche la Maison-Blanche dans tout cela ?

L’Evangile de Jimmy se veut être une satire politique et sociale d’une Amérique futuriste dans laquelle ses défauts et excès sont poussés à l’extrême (les sectes sont des lobbies qui se disputent le pouvoir, on fait des procès pour un oui ou un non, les obèses sont condamnés à payer une amende s'ils se refusent à suivre un régime, des producteurs de cinéma manipulent l'opinion publique, etc). De plus an Cauwelaert y aborde les possibilités et les pouvoirs de la science, ses abus et dérapages. Hélas de tout cela ne sort qu’un polar, dans la façon qu’a l’écrivain de monter et de faire évoluer son intrigue, aux aspects de science-fiction bien classique et très prévisible. On y parle beaucoup de politique, de religion, de foie. On apprend beaucoup de choses sur le Linceul de Turin, dont Van Cauwelaert tente par tous les moyens de nous faire croire en son authenticité. Mais le roman ne va pas bien loin et Van Cauwelaert, avec ses préceptes scientifiques et religieux bien simplistes, est loin d’être convaincant. Et le nouveau Messie que l’auteur nous décrit est un personnage bien fade qui ne survit que dans une quantité de clichés. Mais malgré tout cela, le plus décevant est de se rendre compte que l’auteur n’ose pas aller au bout de ses convictions en faisant couler vers la fin les certitudes que le lecteur a sur le personnage de Jimmy (on apprend que finalement ce n’est quand même pas le bon clone) pour nous sortir un dénouement sans le moindre intérêt. Tout l’aspect religieux et scientifique va petit à petit tomber à l’eau.

En bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas du tout apprécié ce roman que je vais bien vite oublier.

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Extrait : premier chapitre

"Quand on se prend pour Dieu, on ne peut pas douter de soi. L’œil grave et le sourire avalé, ils se dévisagent comme devant un miroir. S'ils n'étaient pas, actuellement, les deux hommes les plus célèbres sur Terre, il serait difficile de dire dans quel camp est la victoire. D'ailleurs, sur le plan des chiffres, on ne le sait toujours pas, même si politiquement il a bien fallu, à un moment donné, arrêter les opérations de recomptage. A quelques milliers de voix près, on n'allait pas laisser plus longtemps le pays sans Président.

L'élu tend le bras machinalement, comme pour ouvrir une porte. Après les cinq secondes protocolaires, il interrompt la poignée de main. Son prédécesseur lui a remis les codes nucléaires, l'état des lieux, quelques secrets défense gérés directement par la Présidence, qui désormais s'empilent sur la table d'acajou : il peut aller se faire oublier.

L'ancien locataire de la Maison-Blanche referme sa serviette en cuir, avec une expression narquoise que George W. Bush trouve aussitôt parfaitement déplacée. Bill Clinton promène un dernier regard autour de lui, pivote en direction de la porte. Il fait trois pas, se retourne et, tout en rouvrant sa serviette, lance d'un ton soigneusement neutre :

- Ah oui, au fait, nous avons cloné le Christ.

Il sort un dossier vert, le dépose au sommet de la pile, et s'en va."

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