lundi, 07 février 2011

Le meurtre d’O-Tsuya (お艶殺し) - Junichirô Tanizaki - 1915

Junichiro tanizaki, tanizaki, le meurtre d'o-tsuya, litterature japonaise, japon, romans d aventuresDans le Japon du XIXème siècle, le jeune Shinsuke travaille comme apprenti dans une boutique de prêt sur gage. Il est amoureux de la fille du patron, la belle et irrésistible O-Tsuya. Il sait qu’elle n’est pas pour lui, simple et modest apprenti, et pourtant l’amour est bien réciproque. Un soir, alors que les deux amoureux se retrouvent seuls O-Tsuya propose à Shin de s’enfuir pour enfin pouvoir consommer leur amour. L’idée est dans un premier temps de se réfugier chez Seiji, un client de la boutique. Celui-ci engagera des pour-parlers afin de permettre cette union. Shinsuke est quelque peu réticent, mais envoûté par les charmes de sa belle il ne peut refuser. Mais les choses ne se dérouleront pas comme prévu, et les deux amants filent droit à la catastrophe.

Le court roman Le meurtre d’O-Tsuya du grand écrivain japonais Junchirô Tanizaki met en scène dans un écriture simple et belle une tragique histoire d’amour pleine de rebondissements. Shinsuke qui laisse tout tomber par un amour irréfléchi pour une femme manipulatrice se verra entraîné dans un tourbillon de sentiments allant de l’amour à la haine en passant par la trahison et la vengeance. Poussé par une passion qui le dépasse il commettra catastrophe sur catastrophe. A peine 120 pages constituent ce roman, fort court, mais qui suffisent largement à créer une véritable histoire avec de beaux personnages hauts en couleur, le tout d’une belle densité et entraînant d’un bout à l’autre. Ce roman présente aussi une belle entrée en matière dans l’œuvre riche et foisonnante de son auteur.

Le meurtre d’O-Tsuya est un beau petit roman sur un amour passionnel, un texte à découvrir.

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Présente édition : traduit du japonais par Jean-Jacques Tschudin, éditions Folio/Gallimard, 13 mai 2005, 124 pages

Voir également :
 - Le pont flottant des songes (Yume no ukihashi) - Junichirô Tanizaki (1959), présentation et extrait

vendredi, 14 mai 2010

Le pont flottant des songes (Yume no ukihashi) - Junchirô Tanizaki - 1959

bibliotheca le pont flottant des songes

Tadasu est adulte, mais lorsqu'il pense à sa mère il retombe dans l'enfance. Sa mère, Chinu, cette femme merveilleuse lui rappelle sans cesse tant de bonheur. Et la deuxième femme de son père réincarne parfaitement la première, d'ailleurs elle sera également appelée Chinu. Et envers cette deuxième femme Tadasu va entretenir une relation des plus troubles, quelque part entre amour familial et désir plus charnel.

Ce court texte plein de saveur qu'est Le pont flottant des songes écrit en 1959 par le grand écrivain japonais Junichirô Tanizaki est un hommage, voire un éloge, saisissant de la maternité et des femmes de façon plus générale. Fortement autobiographique l'auteur nous porte à travers une prose des plus poétiques à la découverte de cet amour qui le marqua lui-même autant.

Le pont flottant des songes est un texte magnifique sur l'amour maternel et sur l'image de la femme.

A lire !

Extrait :

Lorsque, n'arrivant pas à m'endormir, je faisais mon enfant gâté et que, tout agité, je réclamais: "Maman! Laisse-moi dormir avec toi!", elle venait voir ce qui se passait et, en me disant: "Allons, mon petit chéri!", elle me prenait dans ses bras pour m'emmener dans sa chambre à coucher. Bien que la literie fût déjà préparée dans la grand pièce où dormaient mes parents, mon père, qui était probablement allé à la villa au fond du jardin, n'était pas là. Ma mère, qui ne s'était pas encore changée pour la nuit, s'allongeait dans sa tenue habituelle, sans même défaire son obi, pour me serrer contre elle, ma tête sous son menton. Une lampe éclairait la chambre, mais comme j'enssevelissais mn visage entre les pans entrouverts de son kimono, je ne percevais qu'une vague pénombre alentour. Le parfum de ses cheveux, qu'elle nouait en chignon, effleurait mes narines. Je cherchais de mes lèvres le bout de son sein, le prenais dans ma bouche, le roulais sous ma langue. Sans rien dire, maman me laissait téter aussi longtemps que je voulais. Je crois me souvenir d'avoir pris le sein jusqu'à ce que je sois devenu passablement grand, car à cette époque personne personne n'insistait sur la questio du sevrage. Tout en jouant sur son mamelon de la pointe de ma langue, je tétais de mon mieux,et alors, ô bonheur! j'en tirais du lait. Des effluves où cette odeur lactée se mêlaient au parfum de sa chevelure flottaient tout autour de mon visage enfoui dans sa poitrine. Il régnait là une obscurité profonde qui laissait pourtant deviner un halo blanchâtre autour de ses seins.

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Présente édition : traduit du japonais par Jean-Jacques Tschudin, Editions Folio, 7 mai 2009, 109 pages

Voir également :
- Le meurtre d’O-Tsuya (お艶殺し) - Junichirô Tanizaki (1915), présentation