samedi, 30 juin 2012

Block 109 : New York 1947 - Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas - 2011

vincent brugeas, ronan toulhoat, bande dessinee, uchronie, science-fiction, fantastique, litterature francaise, new york22 mars 1941 : Assassinat d’Adolf Hitler.

08 mai 1945 :
Dans le cadre de l’opération Nuit Noire, plusieurs dizaines de U-Boot lance-missiles expédient leurs engins nucléaires sur la côte est des Etats-Unis.


07 mars 1947 :
Dans le plus grand secret, le Nouvel ordre teutonique bombarde la presqu’île de Manhattan avec un virus expérimental.


04 décembre 1947
: Le Reich change de maître. L’Opération Extraction est lancée.


18 décembre 1947 : Un commando allemand de six personnes est largué au sommet d’un des rares buildings de New York encore debout. Ils ont 24 heures pour récupérer des documents classé top secret dans le coffre-fort de la mégapole ravagée par le feu nucléaire, puis par un virus dévastateur. Après les terribles attaques personne n’a jamais plus remis les pieds à Manhattan, et les six militaires sont loin de se douter de ce qui les attend. Car si la population new-yorkaise a été majoritairement décimée, certains ont survécu... et ont mutés...

Block 109 est une série de bandes dessinées réalisées par Vincent Burgeas (scénario) et Ronan Toulhoat (dessin) qui plonge le lecteur dans un passé uchronique, celui de l’après Seconde Guerre mondiale, un conflit emporté ici par une Allemagne nazie qui n’a reculé devant rien pour détruire ses ennemis. Et c’est justement sur l’un de terrains dévastés par la guerre que le lecteur est invité à suivre un commando aux objectifs bien mystérieux. Et ce que ces hommes trouveront sur place l’est encore plus.Le New York post-apocalytpique présenté ici est des plus impressionants et le lecteur est happé dès la première page par ce récit violent et sombre, et cela malgré un certain manque d’originalité. En effet tout cela sent un peu le déjà-vu, et pourtant c’est d’une rare efficacité.
La présentation des personnages succincte mais efficace, l’atmosphère de la ville détruite, un dessin très dynamique qui se marque surtout dans de très belles scènes d’action, une mise en couleur à la hauteur  et profondeur du propos... tout cela fait de New York 1947 une expérience unique d’une force et violence inouïe.

Block 109 ; New York 1947 de Burgeas et Toulhoat est un album sublime... une vraie réussite qu’il vaut mieux mieux ne pas manquer.

Une bande dessinée à découvrir de toute urgence !

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Extrait : une planche prise au hasard...

 

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Présente édition : éditions Akileos, 15 septembre 2011, 70 pages

vendredi, 05 août 2011

L’Enjomineur, 1794 - Pierre Bordage - 2006

pierre bordage,litterature francaise,revolution francaise,uchronie,science-fictionFin 1793, la Terreur fait suite à la révolution, et cela avec toute son horreur de violence et de répression. Emile, alias Milo, attend son heure dans la secte de Mithra alors que le voile se lève sur le mystère de sa naissance. Il ne sait encore quel est son rôle, mais les choses vont bientôt se décider. Cornuaud, quant à lui, ne cesse de changer de camp et d’errer à travers le pays offrant ses services tour à tour aux partis les plus violents. Car tel est l’ordre qu’il a, obtenu d’une sorcière vaudou qui le possède.
Or le pays est à feu et à sang et les idéaux révolutionnaires se sont évanouis depuis bien longtemps dans une guerre civile des plus meurtrières. Et c’est dans ce contexte, qu’à la fois Emile et Cornuaud verront leur destins se croiser et se sceller.

Dernier volet de la très belle trilogie de L’Enjomineur, après 1792 et 1793, ce roman L’Enjomineur, 1794 nous fait revivre l’après-révolution française dans toute la violence qui ont secoué le pays de par la Terreur et les guerres vendéennes. Cela ressemble fort à un roman historique, la documentation y est, mais la fiction prend largement le dessus, surtout par l’invention de la secte de Mithra et dans son rôle dans ces événements. Et malgré cela l’auteur Pierre Bordage réussit à nous faire revivre et comprendre comme nul autre cette époque si sombre et tumultueuse. Il y conclut les deux intrigues autour de ses deux héros, toutefois par moments quelque peu maladroitement, mais cela n’enlève que peu au plaisir qu’on y éprouve. Autre bémol, au niveau des personnages : alors que Cornuaud gagne en humanité dans ce volet-ci à travers son combat contre le mal qui l’habite, Emile devient trop passif au point d’en devenir ennuyeux.
On retrouve également avec plaisir le style propre à Bordage, clair et incisif. Le montage, très efficace, par l’alternance de chapitres dédiés à l’un ou l’autre des deux héros, paraît toutefois trop systématique et quelque peu artificiel.

Bref, L’Enjomineur, 1794 termine bien en beauté cette trilogie très réussie. Certains regretteront qu’elle ne soit pas plus longue.

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Présente édition : Editions J’ai Lu, 9 février 2011, 539 page

Voir également :
- Graine d'immortels - Pierre Bordage (1999), présentation
-
Nuits-lumière (Mystères en Guillestrois) - Pierre Bordage (2002), présentation
- L'Enjomineur, 1792 - Pierre Bordage (2004), présentation
- L'Enjomineur, 1793 - Pierre Bordage (2004), présentation
- Les chemins de Damas - Pierre Bordage (2005), présentation
-
Ceux qui sauront - Pierre Bordage (2008), présentation

lundi, 31 janvier 2011

Jonathan Strange et Mr Norrell - Susanna Clarke - 2004

susanna clarke, litterature britannique, fantasy, uchronie, jonathan strange et mr norrell1806, dans une Angleterre gouvernée par un roi fou et usée par les guerres napoléoniennes apparaît un magicien à la mode ancienne, un être étonnant qui jusque là vivait en ermite dans sa maison de campagne. Cet homme est vraisemblablement le seul vrai magicien du royaume,  d’ailleurs il en a fait les preuves en donnant la parole aux statues de la cathédrale d’York. De plus il offre ses services à sa patrie, et en quelques jours les Anglais ont repris le dessus sur les forces étrangères. Mr Norrell devient vite un héros en son pays. C’est à ce moment qu’il rencontre à Londres un jeune et brillant magicien du nom de Jonathan Strange qu’il va prendre sous son aile. Les deux magiciens vont éblouir le pays de leurs prouesses, mais alors Mr Norrell ne peut se défaire de sa manie des secrets, l’arrogant Jonathan Strange est quant à lui bien plus intéressé par le côté obscur de la magie. Il se fascine notamment pour le personnage du Roi Corbeau, roi elfe mythique des âges anciens, détenteur d’une magie ténébreuse aussi puissante que dangereuse.
Peu à peu les deux magiciens vont devenir des rivaux, et leurs complicité d’antan va se transformer en une véritable bataille qui provoquera des ravages immenses à travers le pays.

Jonathan Strange et Mr Norrell est le roman qui a d’un coup rendu célèbre son auteur, la britannique Susanna Clarke. Dix ans de travail d’écriture, un marketing poussif, des récompenses de partout, ce roman de fantasy a été un véritablement succès critique et populaire. L’histoire a aussi tout pour plaire, un roman uchronique revoyant l’histoire de l’Angleterre du 19e siècle à travers la vie et l’affrontement de deux grands magiciens. Comment ne pas se laisser tenter. Et derrière la belle couverture, au choix en noir ou en blanc, le lecteur trouvera vite un texte bien dense, très travaillé et écrit dans un style magnifiquement désuet à la mode du siècle dernier. C’est beau, cela donne envie, et le lecteur est vite emporté dans une histoire dont il ne voit pas encore la fin. Et cette fin, comme cela a été le cas pour moi, il ne la verra peut-être jamais. En effet à trop vouloir en faire on tue le plaisir de lecture. Très vite l’on s’aperçoit que le roman se tire en longueur. L’auteur prend du temps à bien tout mettre en place, bien trop même, au point que l’un des deux personnages principaux n’apparaît qu’au bout de 200 pages. C’est long, et c’est pas fini : le roman en compte plus de 1000 pour une histoire qui ne vaut sûrement pas tout cela. Le roman manque clairement de dynamisme et les personnages d’épaissir, alors qu’il y avait bien la place pour les épaissir dans tous les sens. De ce qui semblait être une lecture des plus intéressantes l’ennui prend rapidement le dessus.

Pour ma part j’ai peu à peu perdu le fil, pris d’un ennui immense qui m’a fait abandonner la lecture à le moitié. Pourtant cela avait l’air intéressant.

A chacun de voir !

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Présente édition : traduit de l’anglais par Isabelle Philippe, éditions Le Livre de Poche, 21 février 2008, 1149

mardi, 15 juin 2010

Ceux qui sauront - Pierre Bordage - 2008

bibliotheca ceux qui sauront

Jean et Clara devraient bientôt se séparer : elle regagnerait Versailles, il retournerait dans la clandestinité. Pourquoi êtes-vous allé à l'école ? demanda-t-elle.
- Je voulais apprendre.
- Et qu'avez-vous appris ?
- L'alphabet, l'écriture, l'arithmétique... comme tout écolier, je suppose.
- Vous comptiez en faire quoi ?
Il haussa les épaules.
- Je ne sais pas au juste. Ceux qui gouvernent savent, alors je pensais que c'était bien de savoir. Que ça améliorerait ma vie. Et si le passé avait été différent, quel serait notre présent ? Un monde scindé en deux. Les riches détenant le savoir, les pauvres condamnés à l'ignorance. Il y a ceux qui acceptent, s'oublient dans le silence. Mais il y a ceux qui se battent pour qu'une société plus juste émerge enfin.

Royaume de France, 2008. A Versailles capitale du royaume, des inquiétudes naissent : le peuple pourrait se révolter à nouveau. On se souvient des massacres 1789 perpétrés par une bande de fanatiques cous noirs, et qui avaient même réussis à faire décapiter le roi de l'époque. Mais depuis que la monarchie a été restaurée les pouvoirs publics veillent au grain. Interdiction d'instruire quiconque n'est pas noble. Le monde doit se diviser en deux catégories de personnes : ceux qui pensent et décident, et ceux qui travaillent. Hélas quand on fait partie de ceux du bas on ne distingue que ceux qui profitent et ceux qui sont exploités. C'est le cas du pauvre Jean, poussé par sa curiosité à suivre une classe clandestine, il se retrouve envoyé dans un camp de redressement. Son fourgon se fait toutefois attaquer par des terroristes qui le libèrent pour l'adhérer à leur mouvement. D'un autre côté, Clara, fille de riches bourgeois, n' jamais manqué de rien. Son père n'est d'ailleurs autre que l'Argentier du Roi. Mais pour elle tout change le jour où ses parents la marient à un riche noble, et que, lors de son voyage vers le château de son futur, elle se fait enlever par un ermite dans la forêt.
Jean et Clara, le cou noir et la noble, vont finir par se rencontrer. Chacun va découvrir l'univers de l'autre, et ensemble vont essayer de se battre pour une France plus juste, une France dont le vieux dicton de la révolution de 1789, "Liberté, Egalité et Fraternité" prendra tout son sens...

Lancée en 2008 par l'éditeur Flammarion, la collection Ukronie dont ce roman de l'écrivain français Pierre Bordage est le premier tome à paraître, se veut entièrement consacrée a genre de l'uchronie, décrivant un monde à l'Histoire alternative, tout en ciblant un public un peu plus jeune. Pour Pierre Bordage, grand spécialiste de la science-fiction française, dans Ceux qui sauront cette uchronie se décline par l'échec de la Révolution Française, et il imagine ainsi un monde, qui a certes connu un certain développement technologique mais dont la population se divise en deux parties bien distincte, une minorité riche accaparant tous les pouvoirs et une majorité vivant dans la misère et dans l'ignorance. Le postulat est fort, même s'il ne convainc pas toujours. Il est en effet étrange de voir à quelle point la Révolution Française ait eu aux yeux de l'auteur un impact au niveau mondial. Pierre Bordage y met ainsi en avant les bienfaits des sociétés qui ont suivis la Révolution, les valeurs républicaines et démocratiques, mais aussi sociales et éducatives qui ont depuis marqués la société française jusqu'à aujourd'hui. Et cela tout en mettant en parallèle son univers imaginaire avec notre société dans laquelle le gouffre social se creuse de plus en plus entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas.
Et tout cela tient parfaitement la route. Des personnages classiques mais forts et attachants évoluent dans une intrigue certes linéaire et peu surprenante mais  qui plaira au plus grand nombre. Le roman est plutôt adapté à un public adolescent, d'autres lecteurs plus adultes y verront certaines simplicités qui nuiront quelque peu à la lecture.

Une suite à ce roman est donnée en 2010 par Ceux qui rêvent du même auteur.

Ceux qui sauront de Pierre Bordage est une très divertissante uchronie, plutôt réussie mais qui s'adresse avant tout à un public adolescent.

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Présente édition :  Editions J'ai Lu, 8 mai 2010, 317 pages

Voir également :
- Graine d'immortels - Pierre Bordage (1999), présentation
- Nuits-lumière (Mystères en Guillestrois) - Pierre Bordage (2002), présentation
- L'Enjomineur, 1792 - Pierre Bordage (2004), présentation
- L'Enjomineur, 1793 - Pierre Bordage (2004), présentation
- Les chemins de Damas - Pierre Bordage (2005), présentation

- L'Enjomineur, 1794 - Pierre Bordage (2006), présentation

mercredi, 06 mai 2009

La maison aux fenêtres de papier - Thomas Day - 2009

la maison aux fenetres de papier

Nagasaki Oni et Hiroshima Oni sont deux chefs de clans yakuzas dans le Japon d’aujourd’hui, mais aussi et surtout deux démons, frères nés lors des explosions atomiques américaines pendant la Seconde guerre mondiale et que tout depuis oppose comme les deux faces d'une même pièce. Et c’est depuis leur naissance en août 1945 qui se livrent une guerre sans relâche. Mais derrière cela se cache l’opposition de deux conceptions du monde, l’une ne pourra l’emporter sur l’autre que dans la violence et le sang.
Aidé de l’Oni No Shi, l’épée mythique tueuse de démons, ou de la belle Sadako, la femme-panthère experte dans l’art de tuer, Nagasaki Oni compte bien imposer sa vision du monde. Et pour cela il commence à se faire tuer lui-même…

L’écrivain français Thomas Day a une immense passion pour l’Asie, La maison aux fenêtres de papier n’étant pas son premier roman à se dérouler dans un monde mythologique directement inspiré de l’Asie. Et ici, outre quelques histoires et légendes anciennes, dont celles sur l’origine de l’épée tueuse de démons, Thomas Day fait évoluer son histoire dans l’après 1945 dans un Japon en pleine reconstruction, se relevant difficilement de l’attaque nucléaire subie et se soumettant peu à peu à la loi du crime organisé. Si tout ce qui y est raconté ressemble fort à l’histoire vraie, il s’agît pourtant bel et bien d’un monde imaginaire en tout sens excessif par rapport à la réalité. D’ailleurs les éléments fantastiques, voire de science-fiction, ne manquent dans ce qui est finalement une sorte d’uchronie de l’histoire récente du Japon. Les inspirations de Thomas Day sont multiples et très diverses, une source majeure en est cependant un certain cinéma japonais et américain de films de yakuzas ; l'auteur affiche d’ailleurs ses sources dans une bibliographie et filmographie sélective se trouvant en annexe du roman. Quant au style de tout cela il est tout simplement parfait, Thomas Day excelle en véritable conteur d’histoires et ne cesse de surprendre le lecteur. Certaines descriptions (viols, meurtres, …) sont très fortes, parfois excessives, et risquent choquer les plus sensibles. Le roman n’est toutefois pas parfait non plus, certains éléments (dont surtout certains personnages et leurs réactions) ne sont pas crédibles, d’autres ne sont pas suffisamment développés (tel par exemple le combat final, certes violent mais bien trop court, ou alors l’entraînement de Sadako auprès du mystérieux Huang).

La maison aux fenêtres de papier
est un excellent roman, hommage réussi à une certaine culture japonaise.

Un roman à découvrir !

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Voir également :
- La Cité des crânes - Thomas Day (2005), présentation et extrait
- L’automate de Nuremberg - Thomas Day (2008), présentation

14:59 Écrit par Marc dans Day, Thomas | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantastique, japon, science-fiction, uchronie, litterature francaise, thomas day, yakuzas | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 17 août 2008

L'automate de Nuremberg - Thomas Day - 2008

bibliotheca l automate de nuremberg

Melchior Hauser n'est autre que le célèbre automate joueur d'échecs du tsar Alxandre Ier dans un XIXème siècle uchronique où l’épisode de la Bérézina n’empêche pas Napoléon de conquérir la Russie. Il est la création d'un savant fou, Viktor Hauser, et croit posséder une âme et une conscience. Mais de cela il n'en est pas sûr. Et lorsque le tsar Alexandre Ier lui donne sa liberté arès avoir été vaincu par les armées naoléoniennes, Melchior n'a qu'un seul but, celui de retrouver son père ou créateur pour lui demander s'il n'est qu'une machine ou peut-être quelque chose de bien plus humain. Mais ses recherches ne seront pas simples, il traversera toute l'Europe, vivra de multiples aventures avant de finir en Afrique comme brilliant ingénieur.
Pendant ce temps, une autre création du savant Viktor Hauser, se lance sur les traces de l'automate et cela en vue d'un but bien plus sombre.

L'automate de Nuremberg est un court roman de l'écrivain français Thomas Day qui a été initialement publié sous le titre Le dernier voyage de l'automate joueur d'échecs en mai 2006 dans le N° 42 de la revue de science-fiction Bifrost. Dans une Europe d'après les guerres napoléoniennes, le lecteur suit le passionnant voyage initiatique de cet automate dans un roman, court mais très complet et bien développé, qui se trouve à la croisée des genres littéraires. Le sujet principal du roman est évidemment celui de l'intelligence artificielle, sujet certes récurrent, mais le traiter au XIXème siècle au sujet d'un automate en bois le renouvelle de façon originale. L'automate est d'ailleurs doté de nombreuses limitations physiques, il n'est conçu que pour jouer aux échecs, ce qui l'éloigne fortement des autres robots décrits dans de nombreuses autres oeuvres de science-fiction. Et son questionnement métahysique semble certes profond, mais il n'arrive guère à s'en exprimer dû à ses nombreuses limitations dont celles de la parole qui se résume à quelques mots préenregistrés. C'est ce qui donne d'ailleurs un aspect plutôt tragique à cet original personnage.
Mais le roman ne se limite pas à cela : Melchior n’est pas fils unique, et les expérimentations de son "père" ont abouti à d’autres résultats bien différents, deux frères qui ont tous deux moins bien réussi... le premier, l’aîné, dysfonctionne gravement, et Thomas Day s’est approprié ici avec brio la mystérieuse et véridique histoire de Kaspar Hauser l’enfant perdu de Nuremberg, le second, le cadet, se perd dans une folie métaphysique et meurtrière qui confine au délire our seul but de mettre fin à ce blashème à la nature que rerésente l'automate.
Ce qui frappe avant tout dans ce roman qui fait à peine 100 pages est le nombre de sujets parfaitement traités par l'auteur, que ce soit l'arrière-plan uchronique, la forte intrigue et l'intensité des différentes thématiques.

L'automate de Nuremberg est un excellent roman uchronique de Thomas Day, original et surprenant.

A découvrir!

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Voir également :
La Cité des crânes - Thomas Day (2005), présentation et extrait
- La maison aux fenêtres de papier - Thomas Day (2009), présentation

16:00 Écrit par Marc dans Day, Thomas | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science-fiction, uchronie, litterature francaise, thomas day | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

lundi, 09 juin 2008

La séparation (The Separation) - Christopher Priest - 2002

bibliotheca la separationL'historien britannique Stuart Gratton, après avoir écrit de nombreux livres sur la Seconde Guerre mondiale, décide de se consacrer à un petit événement qui pourtant l'intrigue beaucoup: Winston Churchill fait en effet mention dans ses mémoires d'un personnage, un dénommé JL Sawyer, qui aurait été à la fois objecteur de conscience et pilote de bombardier durant la guerre. Et le destin de cet homme serait fortement lié aux événements de la nuit du 10 au 11 mai 1941 qui vont changer le cours de l'Histoire à jamais.
Mais là est aussi une autre question. Que s'est-il passé durant cette nuit où Rudolf Hess, l'adjoint du chancelier Hitler, s'est envolé d'Allemagne pour négocier la paix avec la Grande-Bretagne. Son avion a-t-il été abattu par la Luftwaffe ? Hess a-t-il réussi sa mission sans en informer Adolf Hitler ? La paix a-t-elle réellement été signée entre l'Allemagne et l'Angleterre. Car si c'était le cas, pourquoi retrouve-t-on des références historiques mentionnant que la guerre aurait continué jusqu'en 1945? Seul JL Sawyer sait ce qui s'est réellement passé, ou plutôt seuls eux le savent. Car JL Sawyer sont deux jumeaux, l'un dénommé Jack et l'autre Joe (mêmes initiales) qui vont connaître des destins totalement opposés durant la guerre.
Sportifs anglais et membres de l’équipe olympique d’aviron, la prestation des Sawyer leur vaut aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 d’être médaillés par Rudolf Hess en personne. C’est le début d’une séparation à la fois morale, pratique et historique, alors que les deux frères s’éloignent inévitablement. Pour l’un, ce sera le mariage avec une juive berlinoise ramenée de Berlin avant les déportements et un rôle dans la Croix-Rouge durant la guerre qui le fera participer aux négociations de paix secrètes entre l'Angleterre et l'Allemagne. Pour l’autre, ce sera l’aviation et la vie militaire au sein de la prestigieuse Royal Air Force. Et étrangement leur destins se croiseront à nouveau, mais pour donner cette fois vers des avenirs bien différents.

La séparation, écrit en 2002 par Christopher Priest est un roman bien particulier mêlant à la fois uchronie subtile et roman historique. La structure du roman est fort semblable à celle d'un précédent roman de l'écrivain britannique Le Prestige (The Prestige, 1995). en effet l'écrivain dans un cadre plus général, celui d'un écrivain historien faisant des recherches sur le passé, y mêle des récits qui racontent une même histoire de points de vue totalement différents. Le roman commence par le récit de Jack Sawyer, récit plutôt conforme à l'histoire, et qui sera suivi de celui de Joe Sawyer, racontant des événements semblables dans une histoire différente. Comme toujours chez Priest le monde ne change jamais, c'est la perception qu'on en a qui donne lieu à des univers différents. Et la différence entre ces deux univers ne semble ici exister que pour deux personnages, qui eux pourtant, sont bien semblables. Et le lecteur est dès le départ perdu dans les événements historiques d'une guerre qui d'un côté finit en 1941 et de l'autre dure encore quelques années, d'une Allemagne victorieuse et d'une perdante, d'un chancelier Hitler se suicidant dans son bunker et de celui abdiquant en faveur de son adjoint après la guerre, ... Et ce n'est qu'en lisant les témoignages des deux jumeaux que les choses se mettent petit à petit en place, et cela de façon totalement inattendue. Mais que les amateurs d'uchronies en tout genres (descriptions d'un univers alternatif, fruits d'un unique point de divergence située dans le passé de l'action du récit, dont la découverte et l'analyse sont souvent un des ressorts mineurs de l'œuvre) prennent bien garde, Christopher Priest ne prend pas trop le temps de décrire le monde de l'après Seconde Guerre mondiale. Pour lui ce qui compte c'est le point de divergence historique en soi et des événements qui le précèdent, plutôt de ceux qui en découlent (uniquement évoqués dans les grandes lignes). Car c'est bien là le plus important: comprendre: comprendre comment et pourquoi l'Histoire aurait pu prendre une autre tournure.
Mais outre ces questions touchant à l'Histoire et aux mondes alternatifs, le roman de Christopher Priest reste avant tout très humain en nous décrivant les destinées de deux personnages et de leur évolutions psychologiques. Car c'est bien cela qui semble être le sujet le plus important du roman et qui en fait une œuvre ne pouvant être simplement classée dans tel ou autre genre littéraire.
La séparation impressionne de plus par l'immense talent de son auteur, l'un des meilleurs de l'époque. L'écriture est magnifique, et malgré une certaine complexité de l'intrigue, le lecteur est entraîné par ce texte. Impossible même de le lâcher avant la fin.

Ce roman de Christopher Priest a obtenu le Prix de l'Imaginaire en 2006.

La séparation
est un véritable chef-d’œuvre !

A lire de toute urgence !

 

Voir également :
- Le monde inverti (The Inverted World) - Christopher Priest (1974), présentation
- Futur intérieur (A Dream of Wessex) - Christopher Priest (1977), présentation
- Le prestige (The Prestige) - Christopher Priest (1995), présentation

mercredi, 04 juin 2008

Pavane - Keith Roberts - 1968

bibliotheca pavane

A quoi ressemblerait notre société si l’Histoire avait été différente ? Imaginez un monde soumis au règne absolu de l’Eglise catholique romaine, un monde qui serait empêtré dans un immobilisme léthargique…
1588 : la Reine Elisabeth d’Angleterre est assassinée laissant le pays dans un état de guerre civile. L’Espagne en profite et envoie en juillet de la même année son Invincible Armada à l’assaut de cette terre hérétique convertie quelques années plus tôt à l’Eglise anglicane. Et c’est un succès ! Depuis ce jour L’Eglise catholique sous l’autorité du pape va étendre son influence à travers le monde.
20ème siècle. Le monde n’est pas tel qu’on le connaît en réalité. L’avancée technologique a été condamnée comme démoniaque par l’Eglise. Des locomotives à vapeur disputent les routes aux cavaliers ; les nouvelles sont transmises par des réseaux de sémaphores ; la chasse aux sorcières continue à faire ses nombreuses victimes, et les seigneurs féodaux appuient leurs révoltes de sciences impies comme l’électricité et la chimie.
L’Histoire a définitivement changé de cours.

Pavane de Keith Roberts, publié en 1968, est un impressionnant recueil de sept nouvelles uchroniques, publiés à l’origine séparément à partir du numéro de juillet 1966 du magazine Science-Fantasy, se déroulant dans une Angleterre du 20ème siècle qui aurait pu exister, si certains événements historiques avaient évolués un peu différemment. De par ces sept nouvelles Keith Roberts essaie de toucher un peu à tous les domaines de la société qu’il a imaginée. Toutes sont indépendantes l’une de l’autre même si certains liens subsistent. Le titre de Pavane fait référence à une danse de court du XVIe siècle, dansée près du sol par des couples disposés en cortège indiquant le mouvement de danse des événements historiques qui ici se replacent différemment pour donner un monde différent. Le livre est d’ailleurs divisé en six mesures et un code pour rappeler cette danse.
Si les nouvelles sont toutes très réussies le lecteur se plaindra cependant d’un manque de cohérence ou de lien entre les différentes histoires. L’uchronie par Keith Roberts est magnifiquement illustrée mais reste cependant assez peu crédible. En effet il est difficile de croire que les événements de 1588 aient pu réussir à mettre un terme à progrès scientifique, même s’il est vrai que la première révolution industrielle a eu lieu en Angleterre. Keith Roberts semble faire preuve d’une arrogance et fierté britannique un peu trop marquée et qui risque de fortement déplaire à de nombreux lecteurs. Il reste cependant la possibilité de voir dans la démarche de l’auteur avant tout une critique des sociétés religieuses en général.

Malgré certaines critiques, Pavane reste cependant un bel exemple de littérature uchronique devenu un classique du genre.

Liste des nouvelles reprises dans Pavane :
- La Lady Margaret (The Lady Anne / The Lady Margaret, 1966)
- Le signaleur (The signaller, 1966)
- Frère Jean (Brother John, 1966)
- Le bateau blanc (The white boat, 1966)
- Seigneurs et gentes dames (Lords and ladies, 1966)
- Corfe gate (Corfe gate, 1966-1968)
- Coda (Coda, 1968)

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lundi, 20 août 2007

Les puissances de l'invisible (Declare) - Tim Powers - 2001

bibliotheca les puissances de l invisibleEn 1963 Andrew Hale est professeur dans un collège universitaire d'Oxford, ville dans laquelle il mène une vie paisible depuis sa mise à la retraite anticipée dix ans plus tôt par les services secrets britanniques. Dès son plus jeune âge Andrew Hale avait été prédestiné à devenir un espion britannique. Quelque chose dans ces gènes a poussé sa mère à le présenter encore enfant à de mystérieux hommes en noir dans un bureau encaissé sur les toits de la capitale britannique. Depuis, devenu adulte, il va intégrer un réseau de résistance dans la France occupée des années quarante et va après la Guerre travailler à Berlin, au Koweït et en Turquie autour d'un projet des plus mystérieux et des mieux gardés: le projet Declare. En 1963 il est rappelé par ses anciens commanditaires suite à un appel téléphonique codé. Le projet Declare, qui pourtant semblait clos dix ans plus tôt, vient d'être réouvert. De nombreuses puissances, nationalistes arabes, communistes, américains, semblent se réintéresser à ce mystérieux dossier et à ce qu'il cache. Andrew Hale sera amené à se rendre à nouveau au Mont Ararat en Turquie pour enquêter sur les mystérieux secrets que cache cet endroit. Des forces surnaturelles semblent en effet règner autour du Mont Ararat et qui font la convoitise de nombreuses puissances dans le monde.

Les puissances de l'invisible, paru en version originale en 2001, est un excellent roman uchronique retraçant les premières années de la Guerre froide autour d'espions travaillant autour d'un projet des plus mystérieux. Il s'agît de prime abord d'un excellent roman d'espionnage qui de plus mêle très habillement de nombreux éléments de fantastique et de science-fiction. La première partie du roman tourne autour de ce projet Declare sans jamais rien en dévoiler, Powers gère ainsi avec beaucoup de talent le suspense autour de ce qui est finalement le sujet principal du roman. Il n'hésite pas à guider le lecteur à travers un montage subtil du récit entre les différentes époques pour augmenter encore plus le mystère. Powers tarde peut-être même trop à nous dévoiler ces secrets ce qui résulte  que le récit devient un peu lassant avant même d'aborder le vif du sujet. Mais une fois atteint la seconde partie tous les efforts fournis par le lecteur pour y arriver seront amplement récompensés et la lecture devient réellement passionnante. Un des points forts du roman est de mêler habillement le fantastique au réel. De nombreux personnages présentés ont réellement existé, par exemple l'agent double russe Kim Philby ou alors Lawrence d'Arabie) et Tim Powers en donne une nouvelle interprétation dans ce roman. Certains événements comme la chute de l'Empire Soviétique ainsi que les mystères entourant le Mont Ararat (emplacement présumé de l'Arche de Noé) sont réinterprétés de façon tout à fait crédible dans ce contexte plus fantastique. Le surnaturel se fonde largement sur une mythologie plutôt arabe, mais mieux vaut ne pas trop en dévoiler afin de préserver le suspense du roman. A noter également les nombreuses références au roman Kim (1901) de Rudyard Kipling.

La première parution en français aux éditions Denoël est composée de deux volumes, la version poche (aux éditions J'ai lu) est quant à elle fidèle à la version originale en étant publié qu'en un seul volume.

Les puissances de l'invisible de Tim Powers est un excellent roman d'espionnage et de science-fiction.

A découvrir !

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mercredi, 20 juin 2007

Neurotwistin' - Laurent Queyssi - 2006

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"Beaucoup disent que je suis la seule vraie grenouille, essentiellement pour se payer ma tête. Il y a deux autres amphibiens améliorés comme moi, mais nous ne parlons pas la même langue. C’est d’ailleurs pour cela que les mauvais esprits m’appellent « LA » grenouille ; car je suis la seule française.

Et il y aussi autre chose : de tous les animaux améliorés à coup d’implants, et dont certains ont des mains leur permettant d’effectuer des travaux plus complexes que moi, je suis le seul qui écrit des livres.

Oui, je suis une grenouille, j’invente des histoires, je les rassemble dans des ouvrages que les humains et certains animaux payent pour lire.

J’ai oublié de vous dire : je m’appelle Harry."

Années 1990. Le monde ne ressemble pas vraiment à ce que l'on pourrait croire. Une révolution technologique qui a eu lieu dans les années 60 a brutalement accéléré les sciences dans quasi tous les domaines et a modifié à jamais le cours de l'Histoire. C'est dû à cette révolution que l'on doit l'apparition d'animaux à cerveaux modifiés qui grâce à des implants miniatures sont capables de vivre comme des hommes. L'un d'eux, la grenouille Harry, a réussi à faire sa vie parmi les hommes en devenant écrivain. Il est notamment l'auteur de Neurotwistin', une série de romans d'espionnage, véritables feuilletons du style pulp, se déroulant dans les sixties au tout début de l'intanciel, réseau mondial virtuel d'informations qui a permis la grande révolution technologique des années soixante. Dans ces romans Mary Gentle, Brian Taylor et les autres agents de l'Unité 3 luttent au risque de leurs vies contre de mystérieux et méchants terroristes dont le but principal semble être la destruction de l'intanciel, qui à ce moment était encore à l'état expérimental, et l'anéantissement des premiers animaux modifiés.
Mais Harry en écrivant ces histoires plutôt légères est loin de se douter que la fiction de ses romans et la réalité qui l'entoure sont très rapprochés.

Neurotwistin' est une étonnante uchronie se déroulant dans un présent totalement déjanté et qui se divise en deux parties dont les chapitres s'entremêlent pour se rejoindre à la fin. La première partie nous conte les aventures relatés dans les romans de la grenouille Harry: une intrigue typique parodiant les romans d'espionnage style années 60 (James Bond et semblables) qui fait s'enchaîner les scènes d'action, les fusillades, les poursuites en voiture etc. La deuxième partie raconte la vie de la grenouille Harry via des extraits de son journal intime et de ses correspondances. Si la première partie devient vite lassante et manque d'un intérêt réel, la deuxième ne laisse pas d'intriguer par le surréalisme de ses propos. On y apprend les états d'âmes d'Harry dans sa vie humaine: son mal être, ses amours toujours déçus, ..., jusqu'à ce qu'un événement déclencheur vienne le lier de plus près à ses romans.
Il s'agît là du premier roman de Laurent Queyssi et qui en gros est plutôt réussi. On y retrouve de nombreuses et très originales idées et le tout donne un résultat très divertissant. Hélas pas tout n'est parfaitement crédible: on a du mal à comprendre les évolutions technologiques décrites qui auraient dû se produire pendant les années soixante et certains éléments uchroniques ne sont pas toujours très cohérents. Concernant les personnages, ceux-ci sont soit stéréotypés (les gentils et méchants espions du feuilleton) ou alors étranges et inhumains (la grenouille Harry), ce qui rend l'identification aux personnages plutôt difficile. L'intrigue n'est pas toujours parfaitement maîtrisée et certains dénouements laissent à désirer.

Neurotwistin' est un premier roman étonnant et très original, mais qui souffre hélas de nombreux défauts.

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dimanche, 28 janvier 2007

Zoulou Kingdom - Christophe Lambert - 2006

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A la fin du XIXe siècle la Grande-Bretagne est en pleins dans les guerres coloniales. En 1879, l'armée britannique stationnée dans la province du Natal en Afrique du Sud s'apprête à envahir le Zoulouland; Mais pour cela ils doient vaincre la terrible armée Zoulou du roi Cetshwayo. Ce dernier sait qu'il ne pourra repousser les Britanniques pendant longtemps. Cetshwayo rêve évidemment de l'emporter et de donner une bonne leçon à ses arrogants britanniques. Il rêve notamment d'attaquer directement la Grande-Bretagne. Mais comment faire. Il demande alors conseil à son sorcier Mpande qui trouve une solution dans l'immense attirail de la sorcellerie zoulou. Peu de jours plus tard une armée de quarante mille guerriers zoulous avec peintures de guerre et sagaies en main débarque sur les côtes britanniques et vont bientôt déferler sur Londres.

Zoulou Kingdom de Christophe Lambert est une uchronie audacieuse sur l'Angleterre victorienne, dans laquelle l'histoire du monde est modifiée par un tour de magie qui téléporte des milliers de soldats zoulous enragés sur les rives britanniques afin de donner une bonne leçon à la reine d'Angleterre. Quelle idée en effet d'imaginer les colonisateurs pris à leur propre piège et voir leur pays envahi par un peuple pourtant qualifié de tellement inférieur. Christophe Lambert rapproche par ce fait ce roman à La guerre des mondes (The War of The Worlds, 1898) de Herbert George Wells, dont le sens était le même. Wells, lui-même choqué par les multiples guerres de sa patrie hors de ses frontières, voulait décrire ce que l'on pouvait ressentir si on se faisait attaquer par un ennemi tellement supérieur, tel que paraissait la Grande-Bretagne face aux pays qu'elle a colonisés. On assiste ainsi dans ce roman à la chute de la Grande-Bretagne en suivant une demi-douzaine de personnages londoniens dont un bon nombre de personnages ayant réellement existés dont la Reine Victoria et son premier ministre Disraeli, Karl Marx (à ce moment exilé à Londres), Joseph Merrick (alias 'Elephant Man') et H. G. Wells en petit gamin. De plus Christophe Lambert fait intervenir un présumé Jack L'Eventreur dont les actes meurtriers sur des prostituées est ici directement lié à l'affaire du débarquement des Zoulous. Christophe Lambert mélange donc ici dans cette uchronie à la fois le genre du roman historique, du roman de guerre, celui du polar et du fantastique. Et ce mélange est plutôt réussi et fonctionne quasi parfaitement. Hélas certains éléments sont quant à eux complètement ratés, tel par exemple l'affaire de Jack l'Eventreur, l'intervention pas très utile de Joseph Merrick et d'ailleurs même l'élément déclencheur de cette uchronie càd. la téléportation des guerriers zoulou laissant derrière eux leur pays le Zoulouland sans aucune défense face à l'armée britannique. De plus on peut regretter que malgré le nombre d'éléments intégrés dans cette histoire le roman ne soit pas plus long que cela; Et en effet de nombreux points auraient pu être davantage travaillés afin de donner plus de profondeur ce récit qui reste hélas finalement assez superficiel.

En bref Zoulou Kingdom part d'une belle idée qui n'est hélas pas assez développée par son auteur. Dommage.

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lundi, 18 décembre 2006

La Vénus anatomique – Xavier Mauméjean - 2004

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En 1752 le chirurgien et philosophe Julien Offray de La Mettrie passe des jours paisibles à Saint-Malo. La Mettrie est connu comme l'auteur de l'Homme-Machine, publié anonymement en 1747 et qui lui valut d'être banni de Hollande, après l'avoir été de France. L'homme-machine, expression du matérialisme athée du siècle des Lumières, postulait que la pensée résulte de l'organisation corporelle et, en particulier, du cerveau, «ressort principal de toute la machine». Sur ordre du roi il ne pratique plus qu’en tant que simple médecin de province dans sa retraite de Saint-Malo. Jusqu’au jour où de La Mettrie reçoit la visite d’un mystérieux personnage, un diplomate de l’ombre et membre du Secret du Roi, qui lui demande de rejoindre Paris au plus vite. Les raisons de ce rappel vers la capitale restent secrètes mais sont de première importance. La Mettrie apprendra bien vite que son voyage ne s’arrêtera pas là, mais continuera jusqu’à Berlin où Frédérique II vient de faire construire un immense centre de recherche. La Mettrie sera accompagné par plusieurs autres brillants scientifiques de son époque, dont Vaucanson, de Fragonard l’anatomiste, frère du peintre, et de Giacomo Casanova, en vue de faire un réel exploit, un humain artificiel. Mais certaines personnes semblent être prêts à tout en vue d’empêcher ces expériences. Le siècle des Lumières connaît encore sa dose d’obscurantisme, particulièrement représenté par une confrérie secrète d’un autre temps bien implanté dans tout le pouvoir français.

La Vénus anatomique, qui sort en 2004, est un roman historico-uchronique bien peu particulier à plus d’un titre. Xavier Mauméjean nous présente ce roman comme les mémoires de Julien Offray de La Mettrie, scientifique ayant réellement existé et étant réellement parti travailler pour Frédérique II à Berlin. La première chose que l’on remarque est la langue. Mauméjean s’applique à écrire dans un style semblable au style de l’époque, càd. du XVIIIe siècle. Cet effet fort bien réussi permet au lecteur de plonger immédiatement dans l’Histoire et rend le tout très crédible. Mais à partir de ce voyage vers Berlin, l’Histoire commence à basculer, et on entre en plein dans un récit uchronique plein de surprises. A la fois érudite et très inventive, la narration est très vivante et fort entraînante. Le lecteur suit avec plaisir les aventures décrites par La Mettrie à travers les sciences du siècle des Lumières, époque qui a fixée les bases scientifiques de notre monde actuel. Mais Mauméjean sait éviter les descriptions techniques trop lourdes, principalement concernant la biomécanique, l’anatomie, la neurologie (disciplines qui à l’époque en étaient leur genèse), et nous amène tout ce savoir de façon très divertissante et jamais ennuyeuse. Mais l’aspect scientifique de l’histoire de ce roman n’est pas tout. Le tout est enveloppé dans une intrigue à suspense pleine de rebondissements dans laquelle se mêlent les différents pouvoirs de l’époque, en passant par le Roi Louis XV, Frédérique II et un certain nombre de sociétés secrètes. Le lecteur appréciera également les nombreuses références de tout genre faites au cours du récit, dont par exemple une explication de la future création de Frankenstein en se référant au célèbre roman de Mary Shelley.

Hélas on regrette que la fin est un peu précipitée. De plus de nombreux éléments de l’intrigue ne sont pas toujours très bien développés. A croire que le roman n’a pas té réellement fini, où alors est-ce simplement dû au fait que La Mettrie (vue que le roman est représenté comme ses mémoires) n’a pas toujours su tous les tenants et aboutissants de l’intrigue. Cela a cependant pour conséquence de frustrer le lecteur qui, suite aux premières pages, s’attend à beaucoup plus. E tout en devient de ce fait pas toujours très convaincant, ce qui est bien dommage.

La Vénus anatomique a reçu en 2005 le prix Rosny aîné décerné par l'ensemble des participants à la Convention française de science-fiction.

La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean est un roman très intéressant , mais hélas pas toujours très convaincant.

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21:16 Écrit par Marc dans Mauméjean, Xavier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantastique, xavier maumejean, litterature francaise, uchronie, science-fiction | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 17 décembre 2006

En attendant les barbares (Waiting for the Barbarians) - John Maxwell Coetzee - 1980

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Dans un autre temps, aux frontières d'un Empire imaginaire, se dresse un fort dans une oasis, dernier rempart avant les vastes terres non ou peu civilisées. Ce fort est dirigé par le magistrat, un homme juste qui voit sa vie et celle de son fort avancer paisiblement. Tout se passe bien. Il y a même un commerce qui s'est établi avec ceux d'au-delà la frontière, des nomades qu'on qualifie dans l'Empire par le terme de barbares. Mais des rumeurs courent dans l'Empire. Celui-ci serait menacé par des hordes de barbares qui s'organiseraient quelque part de l'autre côté de la frontière. Le pouvoir central cherche à attiser les peurs de la population en lui faisant croire qu’une invasion de barbares est imminente. Le pouvoir central désigne comme étant des barbares de simples nomades, qui ne demandent qu’à vivre tranquillement sur des terres qu’ils considèrent comme étant la propriété de tous. Leur seul tort est finalement d’être différents de la population dite civilisée et de vivre selon des traditions séculaires. le pouvoir central ne cessera d'ailleurs pas de grossir cette menace afin de mieux asseoir son autorité. Les barbares représentent un parfait bouc émissaire. Le magistrat tente de s'opposer à cette peur grandissante, mais un homme seul ne peut pas grand chose contre la peur d'un peuple et la folie d'un état. Son opposition sera cependant constatée par les autorités, et le magistrat sera petit à petit suspecté, puis emprisonné sous divers motifs d'accusation.

Dans En attendant les barbares le Sud-Africain John Maxwell Coetzee nous raconte l'histoire d'une société uchronique aux prises avec la peur d'un ennemie imaginaire. Ceux qu'on appelle ici les barbares ne sont que de simples nomades, pourtant la société les accusera de tous les maux. Coetzee y décrit comment le régime va profiter de cette hystérie collective afin de renforcer son pouvoir en abusant des droits de la population. Il est facile pour le lecteur de voir des parallèles entre l'Empire imaginaire décrit dans le roman et l'Afrique du Sud de l'époque de l'apartheid, mais si aucune référence n'est faite par l'auteur à son pays d'origine. A cette époque l'Afrique du Sud menait une politique répressive, une fuite en avant vers le "tout sécuritaire", qui mettait le pays à feu et à sang. L'ambiance et le climat de violence et de suspicion de cette époque se ressentent parfaitement dans ce roman. Mais cela va bien au-delà de ça. Le message de Coetzee est bien plus universel et a de plus en plus d'actualité en ce moment. Et les exemples sont nombreux (p.ex. la politique de l'administration américaine face à ce sois-disant Axe du Mal, etc.). De plus le roman est très pessimiste et se termine sans message. A la fin on constate que malgré toutes les horreurs vécues, personne n'a appris la moindre leçon: les soldats quittent la place uniquement pour aller se battre ailleurs. Tant qu'un pays vit dans la peur, tout sera toujours possible.

Lors de sa publication en 1980, le roman En attendant les barbares a immédiatement connu un immense succès en Afrique du Sud, mas aussi d'un point de vue international. Mais il a aussi fait l'objet d'immenses critiques dans son pays d'origine, des critiques venant principalement de certains membres du gouvernement et d'autres instances politiques. Mais Coetzee ne pourra jamais être atteint dû à l'immense notoriété qu'il va rapidement gagner à l'étranger. J. M. Coetzee sera d'ailleurs plusieurs fois lauréat du Booker Prize et en 2003 il remportera le Prix Nobel de littérature.

En attendant les barbares est un excellent et indispensable roman, qui même s'il a été écrit en 1980, est de toute actualité aujourd'hui.

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lundi, 16 octobre 2006

Battle Royale - Koushun Takami - 2000

battleroyale

Extrait de L'Encyclopédie de la Grande Asie
Programme [program] n.m. :
[...]
4. Depuis 1947, simulation de combat exécutée à des fins de défense nationale par les forces terrestres d'intervention rapide de notre Nation. (Nom officiel : « Expérimentation militaire du Programme 68 ».) Chaque année, cinquante classes de troisième choisies au hasard parmi l'ensemble des collèges du pays y participent. Le déroulement de l'expérience est très simple en lui-même : laisser se battre entre eux les élèves d'une classe jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul survivant, l'objectif étant de recueillir diverses données statistiques sur le temps mis par le champion à exterminer le reste de la classe ; le Programme constitue à ce titre un élément essentiel de notre souveraineté nationale et de la politique de défense de notre pays. Le survivant de chaque classe (appelé le/la champion/ne) gagne le droit de vivre aux frais de l'État jusqu'à sa mort, ainsi qu'un autographe authentique de la main de Sa Grandeur le Reichsführer en personne. Le 317e Reichsführer prononça le fameux "discours d'avril" pour condamner les agitations formentées par de dangereux extrémistes qui tentèrent d'empêcher la mise en place du Programme lors de ses premières éditions.


De nos jours. Le Japon fait partie de la Grande République d’Asie, dirigé par un régime totalitaire et fasciste en conflit avec les Amériques. Arbitrairement et de la manière la plus absurde qui soit, une classe de troisième est tirée au sort chaque année pour faire partie du Programme. Le but en est de confiner les élèves dans un endroit isolé, ici une île, en leur passant un collier explosif autour du cou qui les empêche de s’enfuir et leur donnant à chacun une arme différente allant du pistolet mitrailleur à la serpe ou le couteau de boucher, et de les obliger à s’entre-tuer jusqu’au dernier. Si durant douze heures d’affilée personne ne se fait tuer, la totalité des élèves sera exécutée. Le but officiel de cette expérience est de collecter des statistiques militaires.
C’est ce qui va arriver à la Classe de 3e B du collège municipal de Shiroiwa, dont les 42 élèves se feront kidnapper durant la nuit et seront isolés sur une île, dont la localisation reste secrète, avec chacun son arme, de quoi se nourrir et de boire, et comme seule échappatoire être le dernier survivant. Face à ce Programme, les différents élèves vont réagir différemment. Certains vont jouer le jeu, poussé par la peur, le désespoir, mais aussi parfois le cynisme et un plaisir malsain. D’autres se terrent dans un trou paralysés par la peur. Et puis finalement certains essaient de s’allier afin de trouver un moyen d‘éviter le carnage. Mais comment réagir dans un contexte où l’on ne peut avoir confiance en personne et dans lequel la mort ou le meurtre reste la seule solution. Une course contre la mort s'engage donc, durant laquelle chaque élève devra faire face à ses amis d'hier, et accepter sa nature profonde.

Battle Royale, publié en 2000 au Japon, est vite devenu un best-selle au pays du soleil levant, pour être ensuite adapté au cinéma, un film qui connaîtra un succès mondial, et puis adapté en manga. Bref, ce roman de Koushun Takami est un véritable phénomène, une œuvre culte. Et il est vrai que Battle Royale ne manque pas de qualités. Dans un style manga et à partir d’une trame finalement assez simple, rappelant beaucoup Sa Majesté des mouches (Lord of the flies, 1954) de William Golding, et d’un contexte dystopique, voire uchronique minimaliste, Koushun Takami développe un récit nerveux au style rentre-dedans et dans un rythme effrené, qui nous guide à travers ce massacre organisé où bien peu d’élèves survivront. Chacun des quarante-deux élèves est bien décrit. On ressent parfaitement ce que chacun d’entre eux ressent. On comprend bien leur psychologie, aidé aussi par l’évocation rapide du passé de chacun, et on s’attache très facilement à chacun d’entre eux. Beaucoup des protagonistes appartiennent à des modèles plutôt typiques : le rebelle, le dur à cuire au grand cœur ; le bricoleur/informaticien de génie, le tueur psychopathe invincible, la fillette apeurée ; la manipulatrice au charme mortel ; le loup solitaire surdoué etc… mais cela n’enlève rien à cette galerie de portraits, finalement très complète de jeunes adolescents. L’auteur nous donne ainsi une belle description de la vie et des méandres psychologiques des adolescents et adolescentes japonaises (rejet des traditions, amours contrariés, …). De plus, même s’il fait appel à plus de quarante protagonistes, ce qui est énorme pour un roman, l’auteur arrive à parfaitement les faire évoluer sans trop nous embrouiller. Il est également surprenant de voir la fluidité avec laquelle s’enchaînent les différents chapitres. Le lecteur accrochera bien vite. Une carte est même fournie au lecteur afin de mieux suivre les différents participants au Programme. Evidemment lorsqu’on avance dans la lecture, la surprise du début s’estompe assez vite, mais l’auteur arrive cependant à rendre le roman intéressant jusqu’à la fin en bien gérant les différentes situations qui peuvent se rencontrer dans ce genre de scénario. Mais il s’agît aussi d’un roman très gore, ultra-violent, où la violence ne reste cependant pas gratuite. Les scènes de tueries sont fort impressionnantes et risquent de heurter certaines âmes sensibles. Certains défauts cependant subsistent. De nombreux éléments de l’histoire sont plutôt prévisibles, et on regrette que l’auteur n’ait pas réussi à pousser encore plus le contexte politico-historique et satirique de cette histoire. L’auteur via cette Grande République d’Asie s’attaque à des valeurs essentielles de la culture japonaise : la notion d’enfant-roi, le culture du travail, la soumission aveugle à l’autorité et l’inévitable chute d’un système qui s’est déjà écroulé, même si ses principaux promoteurs en piétinent les ruines en feignant sa présence.

Ce roman a donc été adapté au cinéma en 2000 sous la direction de Kinji Fukasaku, avec Takeshi Kitano dans l’un des rôles principaux. Pour ceux qui ont aimé le film, la lecture du roman s’impose.

La lecture de Battle Royale est indispensable pour tous les amateurs de manga, et peut également ravir et surprendre un certain nombre d’autres. Moi ne tout cas, j’ai adoré !

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mercredi, 19 juillet 2006

Le grand secret - René Barjavel - 1973

Le 17 janvier 1955, le premier ministre de l'Inde est dérangé par un coup de téléphone alors qu'il siège en plein conseil de ministre. A l'autre bout du fil, un scientifique indien de Bombay qui prétend avoir fait la plus terrible découverte de tous les temps. Nehru, se rend sur le champ à Bombay, pour constater par lui-même l'importance de cette découverte. Immédiatement après Nehru décide de partir en voyage officiel vers les grands de ce monde, le président américain, soviétique, français, la Reine d'Angleterre, Mao Tse-Teung,... afin de les prévenir de la découverte indienne. Cette démarche est interprêtée par le monde politique comme une volonté de l'Inde de s'ouvrir au monde, mais tous ignorent Le Grand Secret qui se cache derrière tout cela, un effroyable Secret qui va déterminer la vie politique mondiale pour les cinquante à venir. Ce secret sera à l'origine de l'assassinat de Kennedy, de la visite de Nixon en Chine et de bien autres événements qui auront marqué la période de la Guerre froide.
Pendant ce temps-là à Paris, un prometteur jeune scientifique disparaît mystérieusement. Sa campagne va tout faire pour le retrouver mais se rend vite compte qu'un immense complot semble lui barrer la route. Jeanne ne doute pas encore que la disparition de Roland est liée au Grand Secret, dont d'ailleurs elle ne connaît pas l'existence.

Le grand secret est un roman uchronique paru en 1973 de René Barjavel, spécialiste français du genre de la science-fiction. En effet celui-ci prend place dans les années 50 à 70 et n'hésite pas à utiliser des événements et des personnages historiques réels et à les détourner en les intégrant à l'intrigue du roman. Dans une première partie le lecteur suit avec beaucoup de passion et de mystère comment le grand secret se met en place et comment il va influencer tant d'événements marquants à jamais le XXe siècle. Suit alors l'enquête acharnée de Jeanne pour retrouver Roland, et comment elle se frotte à plus fort qu'elle avant d'arriver au dénouement final loin sur une île isolée en plein océan, où le Grand Secret nous est révélé dans toute sa force. Mais hélas trop parler de ce secret risque de le dévoiler et ainsi gâcher la lecture. L'intérêt suscité par l'intrigue se base justement sur le mystère entourant toute l'affaire, et ainsi, lorsque dans la dernière partie du roman tout est dévoilé, l'intrigue qui elle continue perd fortement de son charme. Ce grand mystère fait donc à la fois la force et la faiblesse de ce roman de Barjavel. La dernière partie est souvent considérée par de nombreux lecteurs comme décevante, mais de plus c'est celle qui a le plus vieillie. Dommage, car jusque-là le roman atteignait quasiment la perfection.

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Voir également:
- Le voyageur imprudent - René Barjavel (1944), présentation