lundi, 15 décembre 2008

Fils de personne (E stato il figlio) - Roberto Alajmo - 2005

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Palerme en Sicile, dans un appartement de la Kalsa, un quartier populaire, Tancredi Ciraulo, le fils de la famille, se cache dans la salle de bains alors que débarque la police. Leur raison est le cadavre du père de Tancredi qui gît sur le sol du salon. Tous les membres de la famille sont interrogés, un seul coupable est désigné: le jeune Tancredi. Mais comment cela a-t-il pu arriver?
La police continue l'enquête, interroge les voisins... mais pas de résultats. Seule chose étrange: une magnifique Volvo noire est garée devant la maison, c'était celle du père. Une luxueuse voiture achetée avec l'argent donnée par la mafia en dédommagement de la mort de la soeur de Tancredi, Serenella, tuée d'une balle perdue, et rayée plutôt dans la journée par Tancredi. Le père furieux s'en prend à lui avant de se faire tuer.
Tancredi est-il réellement coupable? La famille Ciraulo a en effet décidé de sauver tout ce qu'ils peuvent, et dans ce but, ils préfèrent accuser le fils et le leisser partir en prison, pour pouvoir tranquillement faire chanter le véritable assassin, leur cousin Massimo...

Roberto Alajmo est un journaliste et écrivain palermitain et nous présente avec Fils de personne un roman acide qui, selon les dires de l'auteur lui-même, se base sur un fait divers réel si extraordinairement grotesque qu'il a dû paradoxalement arrondir certains angles afin de paraître crédible. Par ce roman c'est la Sicile de la mafia et des petites gens qui ne vivent que par elle que l'auteur tente de mettre en scène dans ce qui varie entre un roman noir et une farce satirique. Et Alajmo n'y va pas de main morte. Le destin des Ciraulo commence par un incident tragique, la mort de la fille par une balle perdue, et Alajmo s'attarde longuement non pas sur le désespoir de la famille, mais comment celle-ci se bat pour récolter les dédommagements de l'état avant d'en accepter d'autres par la mafie elle-même. Tous les personnages sont avides, égoïstes et se complaisent parfaitement dans ce système pourri pourtant tant décrié d'habitude. Finalement, tous ces personnages ne sont-ils pas prfondément humains?

Dès le départ le lecteur s'attend à beaucoup, et il y a matière. Cependant le développement n'est pas à la hauteur. Déjà l'écriture froide d'Alajmo ne convaint guère, sèche et froide elle n'implique guère le lecteur. Puis un certain ennui s'installe au fil des pages dû à un évident manque de rythme trop inégal pour monopoliser l'attention du lecteur. La montage, fait de multiples flashback sans aucun ordre, est intéressant et bien réfléchi, mais dû au défauts précédemment cités ne fait que perdre encore plus le lecteur dans sa lecture.

Fils de personne
de Roberto Alajmo est un roman bien construit partant d'une idée intéressante mais dont le résultat est plutôt décevant.

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10:27 Écrit par Marc dans Alajmo, Roberto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mafia, romans policiers, litterature italienne, sicile, palerme, roberto alajmo | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 28 décembre 2007

Le tour de la bouée (Il giro di boa) - Andrea Camilleri - 2003

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Les émeutes de Gênes en juillet 2001 autour du sommet du G8 avec ses violences policières face aux manifestants alter-mondialistes poussent à bout le commissaire Montalbano. Il est à deux doigts de démissionner de la police sicilienne dans laquelle il a pourtant fait une si longue carrière. Trop de voyous et de gens corrompus, de la base au sommet, dans cette police italienne à laquelle il a tout donné. Sa décision prise, il veut, comme à l'accoutumée, se débarrasser de la laideur du monde en nageant dans cette mer au bord de laquelle il habite depuis toujours. Mais un cadavre flottant qu’il retrouve par hasard vient le narguer et le ramène pour une dernière enquête à la police. Qu’est-ce donc ce cadavre; Sûrement encore un de ces immigrés clandestins victimes d’un naufrage dans le canal de Sicile. Cela arrive tous les jours en mer italienne, un véritable traffic humain organisé par la mafia et qui fait autant de victimes qu’elle n’en sauve.
Mais très vite le commissaire Montalbano se rend compte que cette histoire n’est guère aussi simple. Le cadavre n’est pas un malheureux noyé par accident en tentant de traverser la Méditerranée, mais il s’agît d’un meurtre que quelqu’un a tenté de maquiller en banale noyade. Montalbano ne se doute guère encore d’où il va malgré lui mettre les pieds.

C’est en 1994 que l’écrivain et metteur en scène sicilien Andrea Camilleri débute avec La Forme de l'eau (La forma dell'acqua) les aventures du commissaire Montalbano, une longue série aux volumes tous indépendants les uns des autres, mettant toujours en scène ce policier désabusé et déçu par le monde qui pourtant ne manque pas d’humour dans cette Sicile rongée par la corruption et le crime organisé. Le tout toujours raconté en sicilien, un vrai délice à lire en version originale, ce qui passe hélas assez mal en traduction malgré les efforts maladroits du traducteur qui tente de se justifier tant bien que mal dans un avertissement servant de postface à l’édition française.
Si le ton est toujours savoureux et fort original, l’intrigue bien faite reste cependant classique. Le lecteur appréciera particulièrement l’humour fortement présent dans le roman ainsi que les nombreuses attaques de l’écrivain dirigées contre la gouvernants de l’époque (Berlusconi et consorts) ainsi que la politique menée contre l’immigration par l’Italie en ce début de XXIème siècle.

Malgré un titre peu accrocheur, Le tour de la bouée est un savoureux roman policier bourré d’humour qui souffre hélas dans sa version française d’une traduction bien maladroite.

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mardi, 24 juillet 2007

Mort de l'Inquisiteur (Morte dell'Inquisitore) - Leonardo Sciascia - 1967

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Au début du XVII° siècle, en Sicile, un prisonnier est jugé, torturé et brûlé vif, pour avoir assommé dans un couloir du palais l'Inquisiteur venu l'interroger. mais en étudiant précisément ce cas, on découvre petit à petit que le meurtrier est le véritable héros, un être épris de liberté, face à ses oppresseurs dont fait partie l'Eglise et son inquisiteur.

Mort de l'Inquisiteur est une nouvelle extraite du recueil Les paroisses de Regalpetra (Le parrocchie di Regalpetra, 1956-1967), mais qui est publié ar l'édition française de façon indépendante.
Leonardo Sciascia nous conte cette histoire un peu comme s'il s'agissait d'une thèse en faisant référence à de multiples références historiques et bibliographiques tiré des archives siciliennes de l'Inquisition. Le meurtre, ainsi que le jugement  qui s'en suit, est traité de façon très minutieuse en accumulant les témoignages de l'époque sur les différents personnages impliqués. Leonardo Sciascia nous décrit brillamment à la fois le jugement, les tortures et la mort sur le bûcher. Le tout est de plus agrémenté d'une pointe d'ironie et d'un certain humour dans les descriptions de l'inquisition et de la justice italienne de l'époque.

Une très belle et intéressante nouvelle de la part de l'écrivain italien Leonardo Sciascia.

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21:03 Écrit par Marc dans Sciascia, Leonardo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inquisition, litterature italienne, leonardo sciascia, romans historiques, sicile | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!