lundi, 31 décembre 2012

Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo - 2011

serge brussolo, thrillers, séries télévisés, agence 13, le chat aux yeux jaunes, litterature francaise,romans policiersHollywood est un monde ingrat. On a beau y connaître un succès planétaire, et pourtant y vieillir est rude. Et de la gloire et la fortune toute vedette peut très vite tomber dans l’oubli et la misère.
Dans les années 60, l'actrice Peggy McFloyd a connu un succès planétaire grâce à la série télévisée « First Lady ». Aujourd'hui riche et âgée, elle s'est reconvertie dans l'action caritative en érigeant sur sa propriété, une immense demeure type hispano-texan du nom d’Esteranza, une maison de retraite où elle accueille ses vieux camarades de scène. Il semblerait toutefois que depuis quelque temps, ce petit paradis soit le théâtre d'événements aussi étranges qu'inquiétants. Des rumeurs circulent. Et certains mystères de cette ancienne série qu’était « First Lady » risquent de refaire surface. En effet certains parlent d’une série maudite. Qu’est-il arrivé à l’acteur principal Lawrence Brickstone, disparu mystérieusement après avoir sombré dans la folie ? Qu’en est-il de la vitrioleuse, féministe acarnée dans les années 1960 aujourd’hui bigote adoratrice du Christ qui semble mener une double vie ? Esteranza est-elle effectivement une noble et caritative maison de retraite, ou plutôt une prison servant à garder prisonniers tous les anciens acteurs de « First Lady »? Et quel est le rôle de cet horrible chat empaillé aux yeux jaunes, dont on dit qu’il fut instigateur d’un crime.
Et tous ces mystères vont refaire surface alors que Mickie Katz, de l’Agence 13 est engagée par Peggy McFloyd pour redécorer les appartements très spéciaux de l’ancienne starlette.

Le Chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo est, même si l’histoire est indépendante, censé être le troisième tome de la série Agence 13 après Dortoir interdit (2009) et Ceux d’en bas (2010). Et pourtant il ne reste plus grand chose de cette série sauf le nom du protagoniste prinicipal Mickie Katz, personnage et héros brussolien bien classique, et quelques lignes par-ci par-là faisant référence à cette dite Agence 13 et au père de l’héroïne qui ajoué un petit rôle, du moins marqué de sa présence les tomes précédents. On sent bien que Serge Brussolo, peut-être lié par contrat, a dû fournir un troisième volume à cette série, mais qu’il ne s’est guère donné grand peine. Car au final Le Chat aux yeux jeunes de Serge Brussolo est un thriller des plus classiques dans la bibliographie de l’auteur, n’apportant absolument rien de neuf avec tous les éléments récurrents de quasi tous ces romans. Ici comme d’habitude on en sait jamais ce qui est vrai de tout ce qui se raconte, des légendes qui circulent concernant l’affaire. L’héroïne toujours aussi crédule se laisse prendre au jeu... Hélas le lecteur lui sera moins crédule, les propos ici étaient bien moins convaincants que dans d’autres romans semblables de l’auteur.
Reste le plaisir pour le lecteur de se plonger dans l’univers des séries télévisés des années 1960, celles avec des scénarios minces comme des feuilles de cigarettes,  des décors en carton et des stars et starlettes qui ne brillaient guère par leur jeu d’acteur. Et cela, ici, en vaut amplement la peine.

Le Chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo est un thriller qui ne convainc pas toujours, assez inégal, et qui pourtant m’a procuré un certain plaisir par moments. Mais ce n’est certainement pas le meilleur de l’auteur.

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Présente édition : Pocket, 15 novembre 2012, 320 pages
ISBN-10: 2266220446 / ISBN-13: 978-2266220446

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
-
 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
L'héritier des abîmes - Serge Brussolo (2009), présentation
Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo (2010), présentation
Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation

mercredi, 26 décembre 2012

Millenium, tome 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (Flickan som lekte med elden) - Stieg Larsson - 2006

stieg larsson, millenium, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, romans policiers, thrillers, lisbeth Salander, litterature suedoiseAlors que, suite aux précédentes aventures, Lisbeth Salander passe du beau temps aux Caraïbes, ou presque si elle ne devait faire face à une tempête et à une tentative de meurtre de la part d’un covacancier sur son épouse, Mikael Blomkvist, Super Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millenium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l’Est. Et il se rendra rapidement compte à quel point certains sujets peuvent s’avérer dangereux, lorsque le pigiste de la principale enquête est retrouvé mort assassiné, que les services secrets et de troubles mafieux issus de l’est se mêlent. Mais sa surprise est au comble lorsque la police semble suspecter comme principal suspect une certaine... Lisbeth Salander.
Une longue enquête va débuter pour le journaliste, et surtout pour Lisbeth qui doit tout faire pour sauver sa peau.

Deuxième roman de la série policière Millenium, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, de l’auteur suédois Stieg Larsson, décédé lors de sa parution, et qui nous conte une sombre histoire d’enquête sur les milieux de la prostitution, ou du moins s’en approche. Cela commence assez fort sur les traces de Lisbeth Salander avec une intrigue secondaire mais qui hélas s’enlise rapidement avant le démarrage de l’intrigue principale. L’auteur met l’accent sur les personnages, parfois de façon maladroite, et surtout il en fait trop, dévoilant de multiples et inutiles détails notamment sur la vie sexuelle de ses protagonistes. Soit on s’y laisse prendre à découvrir plus de facettes de Salander ou de Blomkvist, et dans ce cas tant mieux, sinon on s’ennuie. Et ce n’est pas l’intrigue principale qui viendra ensuite sauver le tout, se basant trop sur un suspense partant d’un meurtre plutôt que de s’attaquer au sujet de base de l’intrigue qu’est censé être la prostitution. Tout comme pour le premier tome, pourtant plus réussi à de multiples égards, le texte souffre tout autant, voir même plus de l’absence de tout style littéraire.

A mes yeux Millenium, tome 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson représente donc une belle déception.

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Extrait : le prologue

Prologue

Elle était attachée sur une étroite couchette au cadre en acier. Des courroies de cuir l'emprisonnaient et un harnais lui maintenait la cage thoracique. Elle était couchée sur le dos. Ses mains étaient retenues par des lanières de cuir de part et d'autre du lit.

Elle avait depuis longtemps abandonné toute tentative de se détacher. Elle était éveillée mais gardait les yeux fermés. Quand elle les ouvrait, elle se trouvait dans le noir et la seule source de lumière visible était un mince rayon qui filtrait au-dessus de la porte. Elle avait un mauvais goût dans la bouche et ressentait un besoin impérieux de se laver les dents.

Une partie de sa conscience épiait le bruit de pas qui signifierait qu'il venait. Elle savait que c'était le soir mais n'avait aucune idée de l'heure, à part qu'elle sentait que ça devenait trop tard pour une de ses visites. Elle sentit une vibration soudaine dans le lit et ouvrit les yeux. On aurait dit qu'une sorte de machine s'était mise en marche quelque part dans le bâtiment. Quelques secondes plus tard, elle n'aurait su dire si elle l'inventait ou si le bruit était réel.

Dans sa tête, elle cocha un jour de plus.

C'était son quarante-troisième jour de captivité.

Son nez la grattait et elle tourna la tête pour pouvoir le frotter contre l'oreiller. Elle transpirait. L'air de la pièce était chaud et renfermé. Elle était vêtue d'une simple chemise de nuit en tissu uni qui remontait sous son corps. En déplaçant la hanche du peu qu'elle pouvait, elle réussit à attraper le tissu avec l'index et le majeur et à tirer la chemise de côté, centimètre par centimètre. Elle essaya avec l'autre main. Mais la chemise formait toujours des plis eh bas de son dos. Le matelas était bosselé et inconfortable. L'isolement total auquel elle était livrée amplifiait terriblement la moindre impression qu'autrement elle aurait ignorée. Le harnais, bien que serré, était suffisamment lâche pour qu'elle puisse changer de position et se coucher sur le côté, mais cela l'obligeait alors à garder une main dans le dos et son bras s'engourdissait vite.

Si un sentiment dominait son esprit, ce devait être une colère accumulée.

En revanche, elle était torturée par ses propres pensées qui, malgré toutes ses tentatives pour l'éviter, se transformaient en fantasmes désagréables sur ce qui allait lui arriver. Elle haïssait cet état de vulnérabilité forcée. Elle avait beau essayer de se concentrer sur un sujet de réflexion pour passer le temps et refouler sa situation, l'angoisse suintait quand même et flottait comme un nuage toxique autour d'elle, menaçant de pénétrer ses pores et d'empoisonner son existence. Elle avait découvert que la meilleure façon de tenir l'angoisse à distance était de fantasmer sur quelque chose de plus fort que ses pensées. Quand elle fermait les yeux, elle matérialisait l'odeur d'essence.

Il était assis dans une voiture avec la vitre latérale baissée. Elle se précipitait sur la voiture, balançait l'essence par la vitre ouverte et craquait une allumette. C'était l'affaire d'une seconde. Les flammes fusaient instantanément.

Il se tordait de douleur et elle entendait ses cris de terreur et de souffrance. Elle pouvait sentir l'odeur de chair brûlée et l'odeur plus acre du plastique et de la garniture du siège qui se carbonisaient.

Elle s’était probablement assoupie, parce qu'elle ne l'avait pas entendu venir, mais elle fut parfaitement éveillée quand la porte s'ouvrit. La lumière de l'ouverture l'aveugla.

Il était venu quand même.

Il était grand. Elle ne connaissait pas son âge, mais il était adulte. Ses cheveux étaient roux et touffus, il avait des lunettes à monture noire et une barbiche clairsemée. Il sentait l'après-rasage. Elle haïssait son odeur.

Il resta en silence au pied du lit et la contempla un long moment.

Elle haïssait son silence.

Son visage n'était pas éclairé et elle ne le percevait que comme une silhouette à contre-jour. Brusquement, il lui parla. Sa voix était grave et nette et il insistait avec affectation sur chaque mot.

Elle haïssait sa voix.

Il dit qu'il voulait lui souhaiter un bon anniversaire, puisque c'en était le jour. La voix n'était ni désagréable ni ironique. Elle était neutre. Elle devina qu'il lui souriait.

Elle le haïssait.

Il s'approcha et contourna la couchette pour venir près de sa tête, posa le dos d'une main humide sur son front et glissa les doigts le long de la racine des cheveux en un geste sans doute destiné à être amical. C'était son cadeau d'anniversaire.

Elle haïssait qu'il la touche.

Il lui parlait. Elle vit sa bouche remuer mais elle ne laissa pas entrer le son de sa voix. Elle ne voulait pas écouter. Elle ne voulait pas répondre. Elle l'entendit élever la voix. Une note d'irritation due à son refus de répondre s'était glissée dans les mots. Il parlait de confiance réciproque. Au bout de plusieurs minutes, il se tut. Elle ignora son regard.

Puis il haussa les épaules, contourna le lit par la tête et ajusta les courroies de cuir. Il serra le harnais d'un cran et se pencha sur elle.

Elle se tourna soudain sur la gauche, se détourna de lui, autant qu'elle le put et aussi loin que les courroies le lui permettaient. Elle replia la jambe et lui décocha un violent coup de pied. Elle visa la pomme d'Adam et elle le toucha avec le bout d'un orteil quelque part sous le menton, mais il s'y attendait et il esquiva, et le coup fut très léger, à peine perceptible. Elle essaya de nouveau mais il était déjà hors d'atteinte.

Elle laissa retomber ses jambes sur la couchette.

Le drap avait glissé et formait un tas par terre. Elle sentit que sa chemise de nuit était remontée loin au-dessus des hanches. Elle n'aimait pas ça. Elle ne pouvait pas couvrir
sa nudité.

Il resta immobile un long moment sans rien dire. Puis il contourna la couchette et installa la lanière de pied. Elle essaya de ramener les jambes vers elle, mais il saisit sa cheville et lui rabattit vigoureusement le genou avec l'autre main, puis il bloqua le pied avec la courroie de cuir. Il passa de l'autre côté du lit et attacha l'autre pied.

Maintenant, elle était totalement à sa merci. Il ramassa le drap et la couvrit. Il la contempla en silence pendant deux minutes. Dans l'obscurité, elle pouvait sentir son excitation même s'il la dissimulait ou du moins essayait. Elle savait qu'il bandait. Elle savait qu'il voulait tendre une main et la toucher.

Ensuite il fit demi-tour, sortit et tira la porte derrière lui.

Elle entendit qu'il fermait à clé, ce qui était largement exagéré puisqu'elle n'avait aucune possibilité de se dégager du lit.

Elle resta immobile pendant plusieurs minutes et regarda le mince rai de lumière en haut de la porte. Puis elle bougea et essaya de sentir si les courroies étaient vraiment très serrées. Elle pouvait remonter un peu les genoux mais le harnais se tendit immédiatement. Elle se décontracta. Elle resta allongée complètement immobile, les yeux fixés dans
le néant.

Elle attendait.

Elle rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette. Elle le voyait imbibé d'essence. Elle pouvait sentir physiquement la boîte d'allumettes dans sa main. Elle la secouait. Ça faisait du bruit. Elle ouvrait la boîte et choisissait une allumette. Elle l'entendait dire quelque chose mais fermait ses oreilles et n 'écoutaitpas les mots. Elle voyait l'expression de son visage lorsqu'elle passait l'allumette sur le grattoir.

Elle entendait le raclement du soufre contre le grattoir. On aurait dit un coup de tonnerre qui dure. Elle voyait le bout s'enflammer.

Elle esquissa un sourire totalement dépourvu de joie et se blinda.

C'était la nuit de ses treize ans.

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Présente édition : traduit du suédois par Lena Grumbach, Actes Sud - Babel noir, 4 janvier 2012, 800 pages
ISBN-10: 2742797874 / ISBN-13: 978-2742797875

Voir également :
- Millenium, tome 1 : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor, 2006), présentation et extrait

vendredi, 09 novembre 2012

La Voilette bleue - Fortuné du Boisgobey - 1885

fortune du boisgobey, la voilette bleue, romans policiers, litterature francaise, feuilleton, texte integralParis, fin de dix-neuvième siècle. Deux amis, l’intenre en médecine Daubrac et le philanthrope Mériadec, se prélassent en observant le va-et-vient sur le parvis de Notre-Dame. N’ayant rien à faire ils se racontent des histoires sur ceux qu’ils voient, et sont particulièrement attirés par ce qui semble être un couple d’amants. Ils décident de le suivre, mais en arrivant face à Notre-Dame, un attroupement attire leur attention : une jeune femme portant une voilette bleue identique à celle de la femme aperçue auparavant au bras de son amant est retrouvée sans vie au bas des tours. Qui est cette femme? S'est-elle suicidée ou bien l'a-t-on précipitée dans le vide? Et qu'est-ce que le capitaine de Saint-Briac, arrêté à sa descente des tours, a à voir dans cette affaire? C'est ce que Daubrac et Mériadec, aidés de Rose Verdière, la charmante fille du gardien des tours, et de Fabreguette, peintre farfelu et témoin oculaire du drame, vont tenter de découvrir en même temps que M. de Malverne, juge d'instruction et intime de Saint-Briac.

Fortuné du Boisgobey était en son temps un célèbre feuilletoniste qui publiait dans plusieurs journaux avant de se faire engager de façon plus durable par Le Figaro. Et à l’époque ses textes ont souvent été comparés à ceux d’Emile Gaboriau, qui pourtant marquera plus l’histoire littéraire. Ses romans, dont plusieurs ont déjà été traités ici sur ce site et comme celui-ci La voilette bleue, se démarquent par un parfait calibrage au format du feuilleton, une intrigue policière pas trop complexe, des personnages gentils et naïfs à qui tout finit par réussir, un certain humour léger et le hasard qui décidément fait bien les choses dans un Paris qui ressemble à un petit village dans lequel tout le monde finit par se rencontrer.
Bref rien de parfait, ni de palpitant, le genre policier n’aura pas attendu ce cher Fortuné du Boisgobey pour connaître ses heures de gloire. Et pourtant l’auteur réussit tout de même dans La voilette bleue à bien divertir le lecteur par ses romans bien légers. C’est une joie de suivre ses personnages, la lecture est rapide et gaie, et même si après le dénouement attendu on oublie vite le contenu du roman, on y aura passé quelques belles heures de divertissement.


Bref, je ne m’en lassa pas.

N. B. Les romans de Fortuné du Boisgobey ne sont plus que rarement publiés et les textes se retrouvent donc plus facilement en téléchargement (gratuit, car faisant partie du domaine public).

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Texte intégral :

La voilette bleue - Fortuné de Boisgobey - 1885

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Voir également :
Le crime de l'omnibus - Fortuné du Boisgobey (1881), présentation et extrait
Le pouce crochu - Fortuné du Boisgobey (1885), présentation et extrait
La main froide - Fortuné du Boisgobey (1889), présentation et extrait

vendredi, 02 novembre 2012

Du bois pour les cercueils - Claude Ragon - 2010

claude ragon, litterature francaise, romans policiers, du bois pour les cercueils, polarsJura, en plein hiver. Une usine de transformation de bois est le théâtre d’un crime mystérieux. Son directeur est en effet retrouvé mort dans un atelier, broyé par une machine. Les gendarmes locaux concluent vite à l’accident, et pourtant il y a quelque chose qui cloche. Le commissaire Gradenne et son jeune inspecteur Bruchet, rouvrent l’enquête. Mais tombant malade, c’est le jeune policier qui devra mener à bien cette enquête sur le meurtre d’un homme détesté de tous dans un pays où semble régner la loi du silence.

Le roman policier Du bois pour les cercueils de l’auteur français Claude Ragon a obtenu en 2011 le Prix du Quai des Orfèvres, un prix littéraire récompensant justement des romans policiers. Et s’il s’agît bien d’un polar bien construit, avec précision et réalisme, le roman ne vaut pas vraiment la peine d’être découvert, tant le style est plat et de nombreux éléments sans intérêt. Guère d’originalité dans la mesure où l’on suit un enquêteur au gré de ses interrogatoires, entrecoupés d’états de santé concernant le commissaire et de descriptions sans grand intérêt, autour d’un meurtre en chambre close comme il en a déjà été vu des tas par le passé. le roman est-il mauvais pour autant ? Pas forcément. Les amateurs du genre apprécieront sa construction précise, et si ce roman n’avait pas été lauréat d’un prix littéraire, on en aurait certainement attendu bien moins.
Notons également en positif ce portrait d’une France provinciale en train de disparaître tels les usines qui la peuplaient jadis, ainsi d’un descriptif technique bien précis de la part d’un auteur, ancien ingénieur dans le domaine.

En bref, beaucoup de déception pour un roman qui peut-être n’est pas si mauvais que cela.

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Présente édition : Fayard, 24 novembre, 2010, 368 pages
ISBN-10: 2213654700 / ISBN-13: 978-2213654706

mardi, 30 octobre 2012

Millenium, tome 1 : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor) - Stieg Larsson - 2005

stieg larsson, millenium, liesbeth salander, mikael blomkvist, litterature suedoise, romans policiers, thrillers, les hommes qui n'aimaient pas les femmesLe journaliste économique Mikael Blomkvist voit sa carrière mise à mal après la publication d’un article attaquant le multimillionnaire Hans-Erik Wennerström, cela par des erreurs inexpliqués dans son enquête qui le font condamner pour diffamation.
Alors qu'il va prendre de la distance avec sa vie et son métier – et aussi pour aller purger une peine de prison ferme –, le riche industriel Henrik Vanger lui confie un travail de la plus haute importance. Officiellement Blomkvist doit écrire une biographie de l'histoire de la puissante famille Vanger. Mais en réalité la véritable mission de Blomkvist concerne un meurtre non élucidé depuis plus de quarante ans, celui de la nièce préférée de Henrik, Harriet Vanger, disparue à l'âge de seize ans. Pour compléter le mystère et susciter la curiosité de Blomkvist, Henrik est provoqué chaque année par un expéditeur anonyme qui lui fait parvenir une fleur sous cadre. De plus, la famille Vanger, composée d'une soixantaine de personnes, semble cacher bien des haines et des secrets. Tous ces éléments sont attrayants et Blomkvist accepte la proposition de Henrik Vanger, aussi parce que celui-ci s'est engagé à lui confier des informations sensibles sur Wennerström, avec lesquels une vengeance sera possible.
Cette enquête va également l’amener à rencontrer Lisbeth Salander, une jeune femme de vingt-quatre ans, plutôt étrange, en total déphasage avec la société dans laquelle elle vit, qui possède le don extraordinaire de découvrir des informations introuvables par des moyens connus d'elle seule. Elle travaille d'ailleurs en freelance pour une société active dans le domaine de la sécurité et sera engagée comme assistante auprès de Mikael dans le cadre de la mission confiée par Henrik Vanger.
Rapidement ces deux enquêteurs vont tomber sur des indices qui risquent de dévoiler un effroyable secret familial, un secret vieux de quarante ans et dont la révélation risque d’être fatale à tout ce monde.

Les trois romans de la série Millenium ont connu un véritable succès à travers l’Europe et au-delà, et cela dès leur première parution. Une histoire habile, une intrigue passionnante et même surprenante, des personnages forts... et surtout un beau coup de marketing se basant sur la mort de l’auteur avant que les trois romans ne soient, ce dernier étant de plus mort d’une façon décrite dans l’un de ses romans... du moins c’est ce qui a été raconté. Méfiant au départ et découragé par le nombre de pages fort important, j’ai tardé à m’y mettre... et cela sans regret. Car la qualité est effectivement là et ce premier roman Millenium, tome 1 : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes s'avère être un polar très réussi. Certains regretteront la présence de nombreuses longueurs dans le livre, qui peuvent tout de même étre justifiés par le fait de donner de nombreux détails à l’histoire et à son contexte, rendant le tout ainsi plus fort. L’enquête est bien menée, l’intrigue se construit admirablement bien. Hélas pour principal défaut, notons tout de même l’absence totale de style littéraire, l’auteur étant journaliste de base et non romancier, cela se sent à chacune des pages de ce roman.

Le roman a été adapté au cinéma dans une production suédo-danoise sous le titre Millenium (Män som hatar kvinnor) par Niels Arden Oplev, sorti en France le 13 mai 2009.
Une autre adaptation suédo-américaine, Millénium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes , réalisée par David Fincher et avec Daniel Craig, est sortie en France le 18 janvier 20125.

Millenium, tome 1 : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes est un polar très réussi et bien passionnant, de la part d’un auteur jusque-là inconnu, et déjà disparu depuis.

A lire !

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Extrait : prologue

PROLOGUE

VENDREDI 1« NOVEMBRE

C'ÉTAIT MAINTENANT devenu un événement annuel. L'homme qui recevait la fleur fêtait ce jour-là ses quatre-vingt-deux ans. Il sortit le paquet de l'enveloppe et retira le papier cadeau. Puis il souleva le combiné du téléphone et composa le numéro d'un ancien commissaire de police qui depuis sa mise à la retraite était installé en Dalécarlie, près du lac Siljan. Non seulement les deux hommes avaient le même âge mais ils étaient aussi nés le même jour - ce qui, vu le contexte, pouvait paraître de l'humour. Le commissaire savait qu'il allait recevoir cet appel après le passage du facteur vers 11 heures du matin, et il prenait son café en attendant. Cette année, le téléphone sonna dès 10 h 30. Il décrocha et ne s'embarrassa même pas des préambules.

— Elle est arrivée, je suppose. Qu'est-ce que c'est, comme fleur, cette année ?

— Aucune idée. Je vais la faire identifier. Une fleur blanche.

— Pas de lettre, évidemment ?

— Non. Rien que la fleur. Le cadre est le même que l'année dernière. Un de ces cadres bon marché à monter soimême.

— Cachet de la poste ?

— Stockholm.

— Ecriture ?

— Comme toujours, des majuscules d'imprimerie. Des lettres droites et soignées.

Ils avaient épuisé le sujet et observèrent le silence, chacun à son bout de la ligne, pendant une bonne minute.

Le commissaire à la retraite se pencha en arrière sur sa chaise de cuisine et suçota sa pipe. Il savait très bien qu'on ne comptait plus sur lui pour poser la question qui ferait déclic, la question d'une folle perspicacité qui jetterait une nouvelle lumière sur cette affaire. Ce temps-là était révolu depuis de nombreuses années et la conversation entre les  deux hommes âgés avait le caractère d'un rituel entourant un mystère que personne d'autre au monde qu'eux n'avait à coeur de résoudre.


LE NOM LATIN de la plante était Leptospermum rubinette (Myrtaceae). Une plante au port buissonnant, relativement quelconque, avec de petites feuilles rappelant celles de la bruyère, et une fleur blanche de deux centimètres, dotée de cinq pétales. Longueur totale : environ douze centimètres. On la trouvait dans le bush et les régions montagneuses de l'Australie, où elle poussait sous forme de grosses touffes herbeuses. Là-bas, on l'appelait désert snow. Plus tard, une experte d'un jardin botanique d'Uppsala allait constater qu'il s'agissait d'une plante rare, très peu cultivée en Suède. Dans son rapport, la botaniste écrivait que la plante était apparentée au myrte d'appartement, et qu'on la confondait souvent avec sa cousine bien plus fréquente Leptospermum scoparium, dont la Nouvelle-Zélande regorgeait. D'après l'experte, la différence consistait en un nombre restreint de microscopiques points roses au bout des pétales, qui donnaient à la fleur une faible nuance rosée. D'une manière générale, la rubinette était une fleur particulièrement insignifiante. Aucune valeur commerciale, pas de vertus médicinales connues, et elle n'était pas hallucinogène. Non comestible, inutilisable comme condiment et sans aucune propriété colorante. Elle avait néanmoins une certaine importance pour les aborigènes d'Australie, qui par tradition considéraient la région et la flore autour d'Ayers Rock comme sacrées. Le seul but de cette fleur semblait donc être de faire agréablement profiter l'entourage de sa beauté capricieuse.

Dans son rapport, la botaniste d'Uppsala constatait que si la désert snow était peu répandue en Australie, elle était carrément rarissime en Scandinavie. Personnellement, elle n'en avait jamais vu mais, renseignements pris auprès de quelques collègues, elle avait connaissance de tentatives d'introduction de la plante dans un jardin à Gôteborg, et on ne pouvait exclure que des jardiniers amateurs et des fanatiques de botanique la cultivent dans leurs petites serres personnelles. La principale difficulté de son acclimatation en Suède était qu'elle exigeait un climat doux et sec, et qu'elle devait passer les six mois de l'hiver à l'abri. Les sols calcaires ne lui convenaient pas et elle avait besoin d'un arrosage souterrain, directement absorbable par la racine.

Elle exigeait savoir-faire et main verte.


THÉORIQUEMENT, le fait que cette plante soit rare en Suède aurait dû faciliter le pistage de l'origine de cet exemplaire mais, concrètement, la tâche était impossible. Il n'existait ni registres à consulter, ni licences à examiner. Personne ne savait combien d'horticulteurs amateurs avaient pu procéder à l'importation aléatoire d'une plante aussi difficile - cela pouvait aller de quelques-uns jusqu'à des centaines de passionnés de fleurs qui avaient accès aux graines et aux plantes. N'importe quel jardinier avait pu les acheter à un confrère sans trace ni facture, ou par correspondance, ou à un jardin botanique n'importe où en Europe. Elle aurait même pu être introduite en Suède au retour d'un voyage en Australie. Autrement dit, identifier ces cultivateurs parmi les millions de Suédois qui possèdent une petite serre ou un pot de fleurs sur un rebord de fenêtre était une tâche vouée à l'échec.

Elle n'était qu'un numéro dans la suite de fleurs mystificatrices qui arrivaient chaque année toujours dans une grosse enveloppe molletonnée le 1e r novembre. L'espèce changeait d'une année sur l'autre, mais c'étaient de belles fleurs et souvent assez rares. Comme toujours, la fleur était pressée, soigneusement fixée sur dû papier à dessin et encadrée sous verre au format 29 x 16.


LE MYSTÈRE DE CES FLEURS n'avait jamais été communiqué aux médias et n'était connu que d'un cercle limité. Trois décennies plus tôt, l'arrivée annuelle de la fleur avait fait l'objet d'analyses - du Laboratoire criminologique de l'Etat, d'experts en empreintes digitales et de graphologues, de criminologues patentés et d'un certain nombre de proches et amis du destinataire. A présent, les acteurs du drame n'étaient plus que trois : le vieux héros de la fête, le policier à la retraite et, naturellement, l'individu inconnu qui avait envoyé le cadeau. Les deux premiers, au moins, ayant atteint un âge plus que respectable, il était grand temps de se préparer à l'inéluctable, le cercle des initiés allait diminuer sous peu.

Le policier à la retraite était un vétéran que les épreuves avaient fortifié. Jamais il n'avait oublié sa première intervention : l'arrestation d'un homme ivre - un mécanicien des chemins de fer -, violent et prêt à mettre en jeu sa vie ou celle de quelqu'un d'autre. Au cours de sa carrière, le policier avait expédié en taule des braconniers, des hommes qui battaient leur femme, des escrocs, des voleurs de voitures et des conducteurs en état d'ébriété. Il avait été confronté à des cambrioleurs, des voleurs, des trafiquants, des violeurs et au moins un dynamiteur plus ou moins malade mental. Il avait participé à neuf enquêtes sur des meurtres ou des assassinats. Dans cinq d'entre elles, le coupable avait lui-même appelé la police, bourrelé de remords, pour avouer être le meurtrier de sa femme, de son frère ou d'un autre proche. Trois cas avaient nécessité des investigations ; deux avaient trouvé leur dénouement au bout de quelques jours et un avec l'assistance de la Sâpo* au bout de deux ans. La neuvième enquête n'avait pas de bases policières solides, c'est-à-dire que les investigateurs savaient qui était l'assassin, mais les preuves étaient si minces que le procureur avait décidé de laisser l'affaire en sommeil. Au grand dam du commissaire, il y avait finalement eu prescription. Globalement, il avait cependant derrière lui une carrière impressionnante, et aurait logiquement dû se sentir satisfait du travail accompli.

Il était tout sauf satisfait.

Pour le commissaire, Y affaire des fleurs sécbées était une épine qui restait plantée - l'enquête frustrante toujours irrésolue à laquelle il avait sans conteste consacré le plus de temps.

La situation était doublement saugrenue, puisque après des milliers d'heures de réflexion, en service autant que hors service, il n'était même pas sûr qu'il y avait eu crime. Les deux hommes savaient que l'individu qui avait collé la fleur séchée avait utilisé des gants, on ne trouvait d'empreintes ni sur le cadre ni sur le verre. Ils savaient qu'on ne pouvait absolument pas remonter à l'expéditeur. Ils savaient que le cadre était en vente dans des magasins de photos ou dans des papeteries du monde entier. Il n'y avait tout simplement aucune piste d'investigation à suivre. Et le cachet de la poste changeait toujours ; le plus souvent il était de Stockholm, mais trois fois de Londres, deux de Paris, deux de Copenhague, une fois de Madrid, une de Bonn et une fois, la plus intrigante, de Pensacola, Etats-Unis. Alors que toutes les autres villes étaient des capitales, Pensacola était un nom tellement inconnu que le commissaire avait été obligé de chercher la ville dans un atlas.


APRÈS AVOIR RACCROCHÉ , l'homme qui fêtait ses quatrevingt-deux ans resta un long moment sans bouger à contempler la belle mais insignifiante fleur australienne dont il ne connaissait pas encore le nom. Puis il leva les yeux vers le mur au-dessus du bureau. Quarante-trois fleurs pressées y étaient accrochées, encadrées sous verre, formant quatre rangées de dix fleurs chacune et une rangée inachevée de quatre tableaux. Dans la rangée supérieure, il en manquait un. La place n° 9 était béante. La désert snow allait devenir le n° 44.

Pour la première fois, cependant, quelque chose se passa qui rompit la routine des années précédentes. Tout à coup, et sans qu'il s'y soit attendu, il se mit à pleurer. Il fut lui-même surpris par cette soudaine effusion sentimentale après près de quarante ans.

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Présente édition : traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, éditions Actes Sud / Babel, 4 janvier 2012, 705 pages
ISBN-10: 2330004990 / ISBN-13: 978-2330004996

Voir également :
- Millenium, tome 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (Flickan som lekte med elden, 2006), présentation et extrait

lundi, 10 septembre 2012

Les Visages (The Genius) - Jesse Kellerman - 2008

jesse kellerman, litterature americaine, romans policiers, les visages, artEthan Muller est un ambitieux galeriste d’art contemporain installé à New York et qui tente le tout pour le tout de percer. Et l’occasion se présente à lui le jour où il met la main sur tout un paquet de dessins, des cartons entiers, d’une qualité exceptionnelle présentant une galerie incroyable de visages. L’artiste, un dénommé Victor Crack, est un inconnu qui de plus a totalement disparu. Et de plus on ignore tout de la personne, sauf qu’il a vécu pendant quarante reclus dans un appartement pour y faire ses multiples dessins. Bref pour Ethan Muller tut cela est une aubaine, et de plus il ne doit rien reverser à l’auteur, celui-ci ayant disparu. Et dès qu’il rend les dessins publiques, la critique est unanime : C’est le travail d’un génie!
Mais les ennuis commencent pour Ethan le jour où il reçoit un coup de fil d’un vieux policier à la retraite. Celui-ci reconnaît sur les dessins les portraits d’enfants victimes des années plus tôt d’un mystérieux tueur en série. Victor Crack serait-il l’assassin ? Sceptique au départ, Ethan Muller va peu à peu se lancer dans l’enquête pour peut-être enfin pouvoir résoudre ce mystère. Mais son enquête va lui révéler bien d’autres vérités : d’abord sur lui-même, le monde de l’art et même sur sa famille. Car tout est lié et tout va s’effondrer comme un château de cartes...

Les Visages est le premier roman de l’auteur américain Jesse Kellerman à avoir été traduit en français, et ce fut un succès immense en librairie l’année de sa sortie en France en 2010, d’autant plus qu’il était bien soutenu par les médias. Et après lecture il faut avouer qu’il s’agît là d’une sorte de polar très réussie, bien loin du thriller annoncé ou du roman policier traditionnel. D’ailleurs y a-t-il réellement enquête ?Mais la force du roman vient avant tout de son idée originale de base, celle des dessins d’enfants assassinés dans les années 1970 et dont l’auteur n’est que mystère. Après c’est la découverte du monde de l’art contemporain et celle de son personnage principal dont l’évolution au cours du roman est tout aussi forte qu’elle ne le rend attachant. Et de par ce narrateur, fort cynique au départ, on nous fait part d’une belle réflexion sur l’existence dans la société d’aujourd’hui, le succès, l’échec, la création artistique et son génie. Le titre original peut-être mieux choisi est en effet The Genius, ou dans la version britannique The Brutal Art. Plus décevants par contre sont les interludes dédiés à la famille de Muller, qui, sans manquer de qualité et on s’en doute bien guère le fruit du hasard, vont donner de façon assez prévisible la solution de l’énigme. Certaines longueurs viennent également nuire à l’ensemble.

Bref, Les Visages de Jesse Kellerman est un beau roman plutôt réussi et aux multiples intérêts, mais qui risque de décevoir ceux qui lisent sa quatrième de couverture, car il ne s’agît pas d’un thriller. Peut-être qu’à l’avenir son marketing sera revu.

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Présente edition : Traduit de l’américain par Julie Sibony, éditions Pointdeux, 9 juin 2011, 774 pages
ISBN-10: 2363940180 / ISBN-13: 978-2363940186

mercredi, 11 juillet 2012

Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo - 2010

litterature francaise, Serge brussolo, bretagne, romans policiers, romans de mystere, le vestiaire de la reine morte, thrillersBretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Bregannog est un village coupé du mondedans lequel survit une popultaion qui croit encore fermement aux légendes et superstitions celtiquess, tout autant qu’ils observent toutes les croyances implantées par les anciens druides. Mais pire que cela, on dit que Bregannog jadis n’était n'était peuplé que de brigands, de pillards et de naufrageurs, et qu’un sort leur donnerait à jamais protection au sein du village. Cela à moins que le nombre de crimes commis ne dépasse une certaine limite, dès lors une Bête surgira du fin fond des bois...
Marion passe tous chaque été ses vacances chez sa grand-mère à Bregannog. Elle a toujours été intrguée par toutes ces drôles d’histoires qu’on lui raconte sans cesse. Mais en étant trop curieuse Marion va mettre au jour des secrets qui la dépassent, jettent le doute sur sa propre famille, et ne tarderont pas à faire d'elle la cible de toutes les haines.

Ce qui commence comme un jeu d'enfant se terminera bien vite en un terrible cauchemar.

Le vestiaire de la reine morte est un thriller de Serge Brussolo, un roman dans lequel on retrouve tous les éléments classiques de l’auteur : une communauté vivant coupée du monde, des superstitions et légendes dont on doute jusqu’au bout quant à leur véracité, un personnage principal, féminin, qui va mettre à jour un terrible secret au prix de nombreuses épreuves, tout en jouant sur les peurs ancestrales de tous qui subsistent au fond des consciences... la recette est bien connue et marche toujours bien. Par contre ce roman s’adresse clairement à un public plus jeune, adolescent, et c’est là que cela passe un peu moins bien que pour d’autres romans de l’auteur. En effet ce texte de Brussolo est moins fort, moins terrifiant et angoissant que ses autres romans. Reste toutefois une belle évocation de cette période charnière où tout un chacun, tel Marion, se détache de ses rêves d’enfance pour découvrir un monde de libertés et de promesses, mais surtout et avant tout de déceptions, de peurs et d’incertitudes.

Le vestiaire de la reine morte de Serge Brussolo n’est certainement pas son meilleur roman, néanmoins cela reste très prenant, d’autant plus pour un public plus adolescent.

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Présente édition : éditions Plon, 4 mars 2010, 252 pages
ISBN-10: 2259211534 / ISBN-13: 978-2259211536

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
-
 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
- L'héritier des abîmes - Serge Brussolo (2009), présentation
- Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation
Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo (2011), présentation

lundi, 09 juillet 2012

Le Prix Atlantis - Willy Deweert - 2001

willy deweert, litterature belge, thrillers, le prix atlantis, atlantideUn éditeur au bord de la faillite décide de lancer un concours littéraire qui devra renflouer ses caisses au plus vite. Et pour cela un grand tapage médiatique est organisé autour de l’événement, mais aussi autour du sujet du concoures qui récompensera six auteurs qui par un roman proposeront de poursuivre et d’achever le célèbre dialogue interrompu de Platon, le Critias, qui évoque le mythe de l’Atlantide. Ce qui revient à proposer tout simplement le message de Dieu aux atlantes. A la fin du consours il y a bien six romans de sélectionnés. Parmi les vainqueurs se trouve la scientifique belge Morgane Delcourt qui signe là son premier roman. Et le succès est garanti. Au bout de quelques jours tous les six livres deviennent des best-sellers.
Tout semble donc aller pour le mieux si ce n’est que, peu après, la plupart des lauréats sont assassinés dans des circonstances mystérieuses ? Les soupçons se portent d’abord sur l’éditeur, prêt à tout pour créer un événement qui fera vendre. Mais peut-être que la réalité est toute autre. Et il semblerait bien que ce soient les écrits en soi qui seraient gênants. Les auteurs ont-ils entrevu quelques réalités gênantes en rédigeant leur exercice de style ? Faut-il voir la main d’une secte ou d’une organisation secrète ?
Morgane Delcourt, le chercheur Bouhovski, l’inspecteur de police Doris vont se lancer dans l’enquête chacun à leur manière… à la quête d’un des mythes les plus vieux du monde.


Le Prix Atlantis de l’auteur belge Willy Deweert est une œuvre impressionnante tenant à la fois du roman policier, du thriller ésotérique et de l'essai philosophique.
Dès la première page le roman part sur des chapeaux de roue, un prix, des livres, des lauréats … et des meurtres. Une simple enquête policière débouchera sur une quête bien plus profonde faite par deux des lauréats encore survivant, ainsi que d’une policière qui commence à entrevoir une autre dimension à l’affaire. Car si les meurtres ont peut-être été commis par une secte d’illuminés, l’histoire semble vite  couvrir un domaine spirituel bien plus vaste, celui de la lutte séculaire entre le Bien et le Mal, et le tout vu à la fois par des personnages croyants et d’autres parfaits athés. Le fantastique prendra même le dessus, de la science-fiction même, avec l’intervention d’éléments type univers parallèles et voyages spatio-temporels… Le développement ne cesse de surprendre, et une fois arrivé à la fin, on s’étonne du chemin parcouru. Vient s’ajouter à la qualité de l’intrigue une écriture magnifique et un montage parfaitement maîtrisé et bien étonnant.

Hélas par moments l’auteur se perd quelque peu, semblant hésiter entre le roman de fiction et l’essai dans lequel il cherche à placer ses idées. Ainsi des longueurs apparaissent, et certaines coupures dans la lecture, sans toutefois trop gêner le lecteur passionné.

Il reste juste à s’étonner qu’aujourd’hui ce texte n’est plus publié,  et que ceux qui veulent le découvrir le trouveront sur les marchés d’occasion, ou comme moi, en bibliothèque.

Devenu un peu difficile à trouver le roman Le Prix Atlantis de Willy Deweert vaut tout de même bien la peine d’être découvert.

Le Prix Atlantis de Willy Deweert  est un  roman à découvrir.

 

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Présente édition : éditions Desclée de Brouwer, 10 octobre 2001, 430 pages
ISBN-10: 2220050238 / ISBN-13: 978-2220050232

Voir également :
- Mystalogia - Willy Deweert (2000), présentation

lundi, 02 juillet 2012

L’héritier des abîmes - Serge Brussolo - 2009

serge brussolo, litterature francaise, sectes, l heritier des abimes, thrillers, romans policiers, romans de mystereLiliana Caine est journaliste au département “Mémoires” auprès d’un éditeur new-yorkais bien réputé. Sa spécialité y est les biographies à scandale relatant la vie de dangereux psychopathes, meurtriers, illuminés en tout genre… Et c’est justement la biographie de Morton Savannah que Liliana se voit proposer d’écrire.  Cet homme est un auteur à succès qui a rédigé toute une série de romans d’aventures ayant pour cadre l’Atlantide, et ses textes sont souvent considérés par les fans de prophétiques, cela par des messages secrets disséminés dans les textes. Au fil des années, Savannah est devenu pour ses lecteurs un second Nostradamus et se trouve auréolé d'un prestige qui fait de lui le chef spirituel d'une religion occulte dont les ramifications ne cessent de s'étendre et comptent désormais des personnalités du monde politique. Pour rédiger le livre souhaité, Liliana va devoir vivre cloîtrée dans la propriété de l'auteur pour une durée indéterminée, sans aucun contact avec l 'extérieur et sous la surveillance de fanatiques prêts à tout pour défendre leur idole. C'est l'occasion pour elle de découvrir une communauté vivant en marge des lois, selon des préceptes barbares, et pour laquelle les clefs du futur se cachent entre les lignes de romans censés délivrer des messages cryptés rédigés par le dernier survivant de l'Atlantide !
Que cache cette mascarade ? Peut-être des secrets angoissants dont la révélation pourrait déclencher des troubles à l'échelle mondiale.

Dans L’héritier des abîmes le prolifique auteur français de thrillers Serge Brussolo explore un aspect plutôt intéressant du monde littéraire : celui des sectes et des auteurs gourous. Cela fait bien évidemment penser à la Scientologie, secte-religion dont le gourou et fondateur n’est autre qu’un auteur de science-fiction. C’est bien intéressant et l’auteur sait parfaitement y faire pour décrire les fanatismes et des communautés isolées régis par des dogmes sectaires et vivant en marge de la société ; puis aussi à semer le doute au sujet de mythes et légendes qui se confondent peu à peu à la réalité, tout en créant une forte tension autour d’un personnage fort et fragile à la fois.

On regrette toutefois l’utilisation par l’auteur d’un schéma très récurrent dans un trop grand nombre de ses thrillers, néanmoins le plaisir reste toujours identique.

A lire ! ... un peu comme tous les Brussolo !

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Présente édition : éditions Plon, 22 janvier 2009, 331 pages

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
-
 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
- Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo (2010), présentation
Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation
Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo (2011), présentation

mardi, 12 juin 2012

Est-ce ainsi que les femmes meurent ? - Didier Decoin - 2009

didier decoin, litterature francaise, fait divers, 38 temoins, romans policiers, romans de societe, documentaireCatherine Kitty Genovese a été tuée un soir de mars 1964 dans le quartier du Queens, à New York, alors qu’elle rentrait seule chez elle après une soirée passée dans le bar où elle était employée. Son agression a été très violente, et au bout d’une demi-heure de lutte contre son assassin elle meurt au pas de sa porte.
Le lendemain on peut lire dans le journal : « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle. ». L’événement est finalement assez banal pour une ville telle New York. Le tueur, un psychopathe qui n’en est pas à ses coups d’essai, se fait d’ailleurs rapidement arrêter par la suite. Bref ce n’est là qu’un fait divers comme il y en a tant d’autres.
Un journaliste pourtant, Martin Gansberg, reçoit un tuyau de l’une de ses connaissances auprès de la police et va exploiter une affaire de prime abord anecdotique mais qui choquera durablement le pays tout entier.
L’assassin n’aurait pas agi seul, il avait des complices, de très nombreux complices… très exactement 38. Car en effet 38 personnes ont été témoins de la mise à mort de Kitty Genovese, de par les fenêtres de leurs appartements dans l’immeuble en face de la scène de crime, 38 qui ont vu, ou du moins entendu, cette agression qui a duré près d’une demi-heure. 38  qui témoignent des cris, des appels, supllices, et surtout 38 témoins qui ont préféré de ne pas intervenir pour sauver la victime, et qui n’ont appelé les secours que bien plus tard.
Y a-t-il une différence entre celui qui agît et celui qui laisse faire sans réagir ? Le plus coupable est-il le criminel ou l’indifférent ?

Le roman Est-ce ainsi que meurent les femmes ? de Didier Decoin reprend un célèbre fait divers d’outre-atlantique qui secoua l’Amérique dans les années 1960, celui du meurtre véridique de Catherine Genovese par Winston Moseley. A vrai dire il s’agît ici plus d’un documentaire que d’un véritable roman, les parties « inventées » ou romancées n’étant que très faibles face à l’ensemble du texte. Ce fait divers a été beaucoup commenté depuis les années soixante, car il met bien en évidence la lâcheté humaine et les différents mécanismes psychologiques qui font que dans ce genre de cas, finalement, que peu de gens interviendront pour venir en aide à une victime. Et pour mieux illustrer ce principe l’auteur se base sur la version du fait relaté à l’époque par le New York Times, et qui depuis se voit tout de même contestée et nuancée (notamment par le nombre de témoins crédibles bien inférieurs à 38 en réalité).

Le texte nous décrit donc dans un style très froid et souvent dérangeant les moindres détails de l’affaire, surtout concernant les actes de violence décrits quasi coup après coup, et cela dans une surenchère nauséabonde qui voit se succéder plusieurs agressions, meurtres et viols, certes toutes des histoires vraies, mais par lesquelles on sent un auteur qui semble vouloir délibérément choquer en jouant sur une autre tare humaine, celle du voyeurisme. Il m’a paru en effet difficile à comprendre pourquoi on devait assister à ces violences décrites de façon quasi chirurgicale, alors que le propos premier du texte semble être ailleurs, auprès de ceux qui n’ont justement rien fait. Et peu à peu les 38 témoins lâches se font éclipser par les violences de Winston Moseley, au point que j’en suis même arrivé à les oublier.
Mais peut-être est-ce aussi bien voulu, car si le titre se demande Est-ce ainsi que meurent les femmes ?, référence vraisemblable à Aragon et son Est-ce ainsi que vivent les hommes ? , Decoin nous montre justement comment ces hommes vivent dans la violence et la lâcheté, au détriment de ces femmes, les proies les plus faciles de toutes ces horreurs humaines.

Est-ce ainsi que meurent les femmes ? est un document fort dérangeant qui me semble avoir quelque peu raté son objectif. Alors évidemment on ne peut être que bouleversé par toute cette violence, cloué jusqu’à la dernière page, dégoûté même par l’ensemble… et dommage qu’un peu plus de finesse n’ait pas pu mieux faire la part des choses.

N.B. Ce roman a été adapté en 2012 au cinéma par Lucas Belvaux sous le titre de 38 témoins.

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Présente édition : Le Livre de poche, 5 mai 2010, 192 pages

lundi, 19 mars 2012

Amères thunes - Zolma - 2012

zolma, ameres thunes, romans policiers, litterature francaiseRémy est un homme heureux… du moins satisfait. Il mène une vie sans histoires entre son boulot de cadre dans l’hypermarché local, une collègue charmante et sa petite vie familiale. Tout est tranquille, parfait pour Rémy.
Sauf qu’un beau jour, son patron décide de partir en retraite, laissant la place à un jeune cadre bien motivé et dynamique, qui surtout a décidé de faire faire des économies à sa société sur le dos de ces employés. Et pour Rémy, comme pour bien d’autres, les choses ne vont pas durer. Un à un ils se font virer… avec plus d’autre espoir professionnel.
Alors germe dans la tête de Rémy une idée pour se venger de son ancien patron, organiser un casse du coffre du supermarché. Mais rien n’est jamais simple dans ce genre d’affaire, et Rémy va l’apprendre à ses dépens.

Amères thunes de l’auteur Zolma est un réel plaisir de lecture, dans lequel, sous la forme d’un polar et dans un style bien vivant, on suit les déboires d’un homme qui dans un premier temps tente de survivre dans la grande distribution avant de transgresser la loi pour commettre un braquage à l’encontre de son ancien employeur. Mais on s’aperçoit vite que ni l’un ni l’autre ne convient à cet héros, et lorsque la famille s’emmêle, les choses ne feront que s’empirer. Mais au-delà du polar, Amères thunes est aussi une critique sociale dans laquelle on découvre les déboires du travail en société, la vie en dehors de celle-ci, mais aussi une comédie, où l’on rit et l’on s’amuse d’un bout à l’autre. Car si la critique est présente l’auteur se concentre avant tout sur son héros, ses tracas du quotidien, et qui, bien décidé de se venger de cette société, ne fait que s’empêtrer dans des tracas bien plus graves. on regrette juste parfois le côté un peu trop léger de l’ensemble.

Un roman à découvrir.

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Présente édition : éditions Krakoen, 11 janvier 2012, 224 pages

22:25 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Zolma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zolma, ameres thunes, romans policiers, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

jeudi, 01 mars 2012

Le Secret de l’albinos - Andréa Novick - 2011

andrea novick, litterature francaise, le secret de l albinos, romans policiers, thrillersGustave n’est pas à proprement parler un ange… À vrai dire, c’est même le démon qui semble habiter cet homme glouton, albinos, rejeton d’une femme toquée de son chien Savon. Soumis à ses voix intérieures, le schizophrène a même plus d’une fois dépassé la ligne rouge, ajoutant le statut de serial killer à son sombre parcours. Non, décidément, Gustave Baume n’a rien d’un enfant de chœur. Mais qui a dit que les plus grands prédateurs sont intouchables? Et qui se cache derrière le docteur Tchencock, froid et déstabilisant, que commence à consulter notre aliéné?

On connaît surtout Andréa Novick pour ses livres pour enfants dont la collection des Titus et Bouboule, mais elle est aussi l’auteur de romans pour adultes dont Le Secret de l’albinos est le second après Le Mystère de la pierre sculptée, paru en 2009.
Ici Andréa Novick nous entraîne dans les pensées tumultueuses d’un tueur, un prédateur sanguinaire, et qui pourtant devient attachant par sa grande humanité. Car même le pire des assassins cache en lui cette part d’humanité et de secrets qui se révèlent peu à peu à nous au fil des pages de ce roman. Mais le plus de ce roman est d’allier à la perfection un humour grinçant et omniprésent à un texte pourtant bien sombre dont les piliers principaux sont le cynisme et la cruauté.
Le livre fait merveille d’un bout à l’autre, le lecteur se passionne pour ce drôle de personnages et ses secrets qui se révèlent peu à peu.

Le Secret de l’albinos est un roman que l’on ne peut que conseiller.

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Présente édition : Publibook, 2011, 156 pages

Voir également :
- Le Mystère de la pierre sculptée (2009), présentation
- Titus et Bouboule en Egypte (2009), présentation et extrait
- Titus et Bouboule en Argentine (2009), présentation et extrait
- Titus et Bouboule au Sénégal (2010), présentation et extrait
- Titus et Bouboule à la Montagne (2010), présentation
- Titus et Bouboule au Festival de Cannes (2010), présentation
- Titus et Bouboule à Hawaï (2010), présentation

- Titus et Bouboule à Juan-Les-Pins (2011), présentation
- Titus et Coucoule à Paris (2012), présentation et extrait

 

jeudi, 17 novembre 2011

Le Livre des Morts (Library of The Dead) - Glenn Cooper - 2009

glenn cooper, litterature americaine, thrillers, le livre des morts, fantastique, romans policiersNew York, 2009. Six personnes trouvent la mort. Elles n’ont aucun point commun entre elles, ni, semble-t-il, leurs meurtriers. Pourtant elles ont toutes reçu quelques jours auparavant une carte postale illustrant une pierre tombale et annonçant la date de leur mort.
La police se lance dans l’enquête. Si rien ne semble relier ces crimes, elles doivent pourtant être l’œuvre d’une même personne, ou du moins se faire dans un dessein commun. Et hormis la police, la presse s’empare également de l’affaire titrant ses unes avec les crimes du mystérieux « Tueur de l’Apocalypse ». En quelques jours la panique est semée dans toute la ville.
Will Piper, un ancien profiler d’élite dont la carrière a brutalement été interrompue à la suite d’un drame personnel, cherche en vain des indices et va tout mettre en œuvre pour faire arrêter ces meurtres. Mais très vite il est mené dans l’un des secrets les mieux gardés du pays, dans la Zone 51, où se trouve un étrange manuscrit écrit par des moines de l’île britannique de Wight plusieurs siècles plutôt, Le Livre des Morts dans lequel toutes ces victimes seraient inscrites il y a des siècles de cela.

Le thriller Le Livre des Morts de l’auteur américain Glenn Cooper a tout pour plaire : un beau mélange des genres entre polar, fantastique et roman historique, une idée bien originale, des personnages attachants, une écriture belle et efficace… et pourtant le roman ne m’a convaincu qu’à moitié. Par moment trop léger, on s’en lasse assez vite, surtout que le suspense ne tient pas vraiment. On connaît ou devine assez rapidement les tenants et aboutissants de l’intrigue, la quatrième de couverture nous en dit déjà bien assez, et le développement qui en est fait par l’auteur ne passionne pas vraiment. Il reste néanmoins que Le Livre des Morts de Glenn Cooper reste un thriller très divertissant, original et souvent bien intéressant, mais pas plus que cela.

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Présente edition : traduit de l’américain par Carine Chichereau, éditions Le Cherche Midi, 25 mars 2010, 419 pages

 
 
 

samedi, 29 octobre 2011

L’incendie d’Halloween - Jeanne Desaubry - 2011

l'incendie d'halloween, Jeanne Desaubry, halloween, romans policiers, romans jeunesse, litterature francaiseAlors que la nuit d’Halloween s’approche, le petit Arthur n’a qu’une idée en tête : se faire élire au consil municipal des enfants. Il a toutes les chances de son côté, surtout que des concurrents valables, il n’y en a pas tant. Et pourtant la victoire lui échappe...
Mais Arthur est têtu. on ne lui retirera pas de la tête que c’est lui qui aurait dû être élu. Il y a certainement eu tricherie, cela ne peut pas être autrement. Mais comment cela aurait-il pu se faire ? Et surtout qui aurait intérêt à truquer ce genre d’élections ?
Arthur est bien décidé à tirer cette affaire au clair. Aidé de ses deux éternels amis Fatou et Indy il va mener l’enquête. Mais il est encore de s’imaginer ce qui l’attend, qu’elle l’amènera à un immense incendie dans lequel il se conduira en héros et qu’il sera kidnappé et ligoté dans une cave moisie.
Décidément cette nuit d’Halloween réservera bien des surprises à Arthur.

Auteur française de polars pour adultes Jeanne Desaubry se lance ici avec L’incendie d’Halloween dans le roman jeunesse, sorte de roman policier mêlant aventures à de la politique-fiction, le tout dans le contexte d’Halloween. C’est, je pense, également une première pour les éditions Krakoen qui visent ainsi un public plus jeune, et cela avec un dossier pédagogique à l’appui, téléchargeable sur leur site internet ou alors téléchargeable ici.
Le roman convainc dès les premières pages, j’ai vite été happé par le style de l'auteur, son écriture et le vocabulaire utilisé, ainsi que par l’intrigue aux multiples rebondissements. Évidemment il s’agît d’un roman jeunesse, indiqué pour les 9 ans et plus, groupe d’âge pour lequel il me paraît parfaitement adapté, d’autant que les plus âgés y trouveront également un certain plaisir.

Un roman à découvrir !

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Présente édition : éditions Krakoen, 28 février 2011, 182 pages

mercredi, 26 octobre 2011

Désordre du Temple - Antoine Blocier - 2011

antoine blocier, litterature francaise, romans policiers, tmepliers, temple, desordre au templeLes templiers ont vu leur ordre dissous il y a près de 7 siècles. Pourtant ils continuent à faire rêver es esprits d’aujourd’hui. C’est certes vrai pour le Temple, mais surtout pour son légendaire trésor dont personne ne sait rien mais dont tout le monde imagine contenir des richesses insoupçonnables.
Et de nos jours, la chasse se relance. Un semblant d’ordre  redevient actif, un novice est retrouvé décapité, un archiviste de la Bibliothèque nationale pendu, un promeneur poignardé, un DJ assommé, un patron de bar gay torturé… et toujours la présence de cette enveloppe énigmatique sur le lieu des agressions... Le meurtrier punirait-il les victimes en vertu des neuf pénalités qu’il est possible d’infliger aux Templiers pris en faute ?

L’écrivain français Antoine Blocier, auteur de Camping sauvage  (2010), paru aux mêmes éditions Krakoen et dont j’avais à l’époque pensé le plus grand bien, revient ici à la charge avec un polar à l’intrigue nous faisant redécouvrir les mystères du Temple et de ses Templiers. Cela pourrait être dans la lignée des thrillers ésotériques bien à la mode depuis quelque temps, mais si le sujet fait penser à ce genre de romans au sérieux parfois bien pathétique, le ton et l’humour utilisés ici se décalent clairement pour en faire un texte original et déjanté, toujours divertissant et fort étonnant.

A découvrir !

Pour commander ce livre :

AMAZON.fr  -  FNAC.com  -  ABEBOOKS.fr  -  PRICEMINISTER.com

Présente édition : éditions Krakoen, 15 septembre 2011, 218 pages

Voir également :
- Camping sauvage - Antoine Blocier (2010), présentation