dimanche, 19 mai 2013

L’Art français de la guerre - Alexis Jenni - 2011

alexis jenni, litterature francaise, l art francais de la guerre, prix goncourtJ'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.

1991. Pour la première fois depuis la fin de la guerre d'Algérie, la France reprend les armes pour participer, dans le golfe Persique, à la gigantesque armada « Tempête du désert » contre Saddam Hussein... A Lyon, un jeune homme, fasciné par les images des combats, rencontre un vieux peintre, Victorien Salagnon, ancien para, qui n'a pas quitté l'uniforme de 1943 à 1962, de l'épopée de la France libre aux jungles indochinoises et aux sinistres caves d'Alger... Il raconte alors à son interlocuteur cette « guerre de vingt ans », jamais vraiment finie, qui a marqué douloureusement des générations de Français, et lui montre « ce signe qui parcourt l'histoire ». Car le sang de la guerre est partout, dans le temps, les âmes, l'eau des fleuves, et chacun doit apprendre à le voir et à ne pas le craindre...

L’Art français de la guerre, premier roman d’Alexis Jenni,  un professeur en biologie, a été l’événement littéraire de l’année 2011, Prix Goncourt à la clef, avait tout pour plaire. L’auteur a un style indéniable, l’idée d’une France en continuelle guerre depuis la Seconde guerre mondiale est forte, et pourtant... je n’ai à aucun moment accroché, au point d’en abandonner rapidement la lecture, après un début pourtant réussi. Et je suis même embêté de faire cette petite chronique sur finalement rien... donc désolé... et dommage pour ce roman qui pourtant avait tout pour plaire.

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Présente édition : Gallimard, 18 août 2011, 640 pages
ISBN-10: 207013458X / ISBN-13: 978-2070134588

mercredi, 15 mai 2013

SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie - Gérard De Villiers - 2013

sas,malko linge,gerard de villiers,197,les fantomes de lockerbie, tunisie,lockerbie, lybie,espionnage,romans d espionnage,litterature francaise,thrillers, litterature erotiqueUne voiture sortit du parking situé sur la gauche de l'hôtel et vint s'arrêter devant, juste en face de la porte tournante où Malko était coincé.

Une Alfa-Roméo blanche.

Malko vit sa glace s'abaisser pour laisser passer le canon d'une Kalachnikov.

Il était piégé comme un rat.

21 décembre 1988, un Boeing de la PanAm explose au-dessus du village écossais de Lockerbie. La Lybie est montrée du doigt, mais les Américains suspectent un autre commanditaire : l’Iran. Avec le temps qui passe l’enquête ne tient plus à grand-chose. Sauf que, depuis les révolutions arabes et la mort de Khadafi, certains ainsi hauts dignitaires libyens sont en fuite et l’un d’entre eux, Choukri El Jallah, pourrait révéler toute la vérité aux Américains. Seul problème il refuse de parler, d’ailleurs il se fera rapidement tuer. L’agent très spécial Malko Linge est chargé de trouver la maîtresse de El Jallah, la magnifique Jezia, qui pourrait avoir récupéré des données de son amant. Mais elle aussi devient rapidement la cible de mystérieux assassins...


Evidemment les romans de Gérard de Villiers avec leur mélange d’action, de sexe et d’espionnage, ne sont guère des chef-d’œuvre, mais hélas avec ce 197e tome de la série SAS : Les fantômes de Lockerbie, on touche le fond, tant l’ensemble manque d’un quelconque intérêt, et on y retrouve guère les quelques qualités habituelles de ces romans. L’auteur remplit ses 300 pages avec une histoire qui jamais ne devient réellement crédible et surtout ne nous emporte jamais.

Bref, mieux vaut ne pas s’attarder ici, ceci aussi pour les fans de la série

Dommage.

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Extrait : premier chapitre

Le timbre de la sonnette avait un son assourdi par l’épais battant d’acajou de l’unique porte palière. Malko attendit après avoir sonné, prêtant l’oreille. Aucun bruit ne filtrait de l’appartement, situé au dernier étage de cet immeuble moderne du bord de mer, avenue Kafr El Dinh, juste avant l’énorme mosquée aux minarets bleus, construite par feu Rafik Hariri en bas de l’ancienne place des Canons devenue place des Martyrs.


Malko n’avait croisé personne depuis qu’il avait garé sa voiture de location dans le parking en plein air, à côté de la mosquée. La porte de cet immeuble luxueux au sol de marbre s’était ouverte sans difficulté lorsqu’il avait composé le code fourni par Mitt Rawley, le chef de Station de la CIA à Beyrouth.

Aucun gardien dans le hall. Juste du marbre grège et de grands miroirs. On se serait cru dans la maison de la Belle au Bois Dormant. Malko appuya de nouveau sur la sonnette de l’appartement du septième étage.

Sans plus de résultat.

Il colla son oreille au battant, sans percevoir le moindre bruit venant de l’intérieur.

Agacé, il laissa alors carrément son index sur le bouton de la sonnette. On ne pouvait pas ne pas l’entendre. Ou l’appartement était vide ou on ne désirait pas ouvrir. Il prit alors son portable et appela Mitt Rawley.

– Vous êtes sûr qu’il est là ? demanda-t-il, lorsque l’Américain eut répondu.

– Certain, affirma le chef de Station de la CIA. Il ne sort pratiquement pas. Il faut insister. Cet enfoiré se terre. Il doit être mort de peur.

– Je ne peux quand même pas enfoncer la porte, objecta Malko.

– Insistez, répéta l’Américain. Il va bien finir par ouvrir.

– Vous êtes optimiste !

Quand Malko remit son portable dans sa poche, la situation en était au même point. Il essaya d’ébranler le battant, sans parvenir à le faire bouger d’un millimètre. C’était de l’acajou épais, et, en plus, il devait être renforcé par une plaque de blindage comme cela arrivait souvent à Beyrouth, dans les appartements de luxe. Il demeura planté sur le palier, furieux qu’on lui ait confié cette mission idiote.

Un quart d’heure s’écoula encore, ponctué par les coups de sonnette exaspérés de Malko. Sans le moindre résultat. Choukri El Jallah, le responsable officiel des investissements du Fonds souverain libyen en Afrique, n’avait pas envie de recevoir de visites.

La CIA le traquait depuis le moment où il avait quitté la Libye par la route, afin de gagner la capitale du Niger, Niamey. C’est là que, pour la première fois depuis son départ précipité de Libye, fin 2011, l’Agence américaine avait retrouvé sa trace.

Il s’appelait désormais officiellement Mohammed Arlit, avait la nationalité nigérienne et un magnifique passeport diplomatique qui lui permettait de se déplacer à travers le monde sans trop de problèmes. À condition de sélectionner ses points de chute.

La rumeur à Niamey disait qu’il n’avait payé son passeport que 50 000 dollars, somme modeste en regard des bontés qu’il avait eues jadis pour le Niger, via son Fonds souverain. Après Niamey, il s’était envolé pour Zurich en compagnie d’une magnifique jeune femme qui aurait pu être sa fille et qui voyageait, elle aussi, avec un passeport nigérien, le jumeau de celui de Choukri El Jallah.

Depuis son départ de Niamey, des agents de la CIA s’étaient relayés pour le suivre à la trace, sans pouvoir faire plus, à cause de son statut de diplomate.

Ce n’était pas pour lui arracher les secrets de ses investissements africains, mais pour une raison beaucoup plus sérieuse. En sus de son rôle officiel, Choukri El Jallah était le financier de toutes les opérations clandestines commandées par le responsable des Services libyens, Abdallah Senoussi. Choukri El Jallah avait donc les archives de tous les attentats financés par la Libye, ce qui intéressait beaucoup la CIA.

En effet, Abdallah Senoussi, le responsable de tous les coups tordus des Libyens avait été livré au nouveau pouvoir libyen et on ne risquait pas de le revoir de sitôt, les thuwars 1 s’étant appliqués à lui arracher tout ce qu’on pouvait arracher du corps d’un homme sans le tuer.

Le seul récipiendaire atteignable des secrets libyens était donc Choukri El Jallah.

Après Niamey, il avait été à Genève où résidaient sa femme et ses trois enfants, qu’il avait mis à l’abri depuis longtemps dans une somptueuse villa de Cologny, face au lac, achetée pour la modique somme de vingt-deux millions de francs suisses.

De là, toujours suivi par les agents de la CIA, il avait gagné Zurich par le train pour rendre visite à une succursale de l’Arab Bank, où il avait procédé à des opérations financières que la CIA n’avait pas pu percer à jour. Il était ensuite retourné à Genève, dans sa famille, tandis que sa ravissante compagne s’était installée au Noga Hilton.

Sous le nom de Mabrouka Arlit.

De Genève, il avait gagné Vienne, en Autriche, s’installant dans une suite de l’Hôtel Impérial. Son séjour avait duré six mois et il en avait profité pour faire la tournée de plusieurs banques. Transférant ou vidant systématiquement les comptes ouverts à son nom. Sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit.

Après Vienne, il avait gagné Beyrouth, à la grande surprise de la CIA. En effet, les Libyens kadhafistes n’étaient pas en odeur de sainteté auprès des Chiites libanais, depuis la disparition, dans les années quatre-vingt, de l’imam Moussa Sadr, haute autorité religieuse chiite qui était arrivé en Libye, mais n’en était jamais ressorti.

Un homme porteur de son passeport avait bien pris un vol Tripoli-Rome, mais la police italienne avait découvert que la photo du document avait été changée.

Les Chiites libanais étaient persuadés que le colonel Khadafi avait fait assassiner l’iomam Moussa Sadr à la demande de l’ayatollah Khomeiny qui jalousait son autorité religieuse…

Aussi, depuis son arrivée à Beyrouth, Choukri El Jallah s’était-il montré extrêmement discret… Seule la CIA connaissait son adresse, cet appartement de l’avenue Kafr El Dinh, appartenant au beau-frère libanais de Choukri El Jallah, marié à la sœur de ce dernier. Évidemment, à Beyrouth, il n’était pas aussi en sécurité qu’en Suisse ou en Autriche.

Les Libyens du nouveau régime auraient donné n’importe quoi pour le capturer et le découper en morceaux, d’autres l’auraient volontiers attrappé vivant pour lui faire livrer les secrets de ses comptes bancaires où dormaient encore beaucoup de millions.

En plus, pas mal de gens mêlés aux opérations clandestines de Kadhafi auraient bien aimé le voir mort, car les morts ne parlent pas…

La CIA avait découvert rapidement la raison de ce séjour à risques au Liban : Choukri El Jallah venait vider un certain nombre de comptes bancaires sur lesquels il avait transféré des sommes importantes. Le Liban était un des rares pays au monde où on pouvait sortir d’une banque avec des valises de billets sans le moindre problème. Son séjour ne pouvait se prolonger : les Américains avaient appris que Choukri El Jallah avait demandé l’asile politique à la Suisse et qu’il avait de grandes chances de l’obtenir, étant donné sa surface financière et son profil de retraité.

Une fois dans sa somptueuse villa de Cologny, il pourrait couler des jours tranquilles. Il avait largement de quoi s’offrir une armée de gardes du corps. De toute façon, les autorités suisses détestaient que les étrangers viennent régler leurs comptes chez eux.

Quelques années plus tôt, ils avaient expulsé une équipe du MI 6 britannique qui avait l’intention d’assassiner le président yougoslave Milosevic en leur disant sèchement : « Allez faire vos saletés ailleurs ! »

La neutralité suisse n’était pas un vain mot.

Si la CIA avait fait appel à Malko, l’arrachant à ses bals de la Haute-Autriche, c’était à la demande de Mitt Rawley qui l’appréciait beaucoup, lui et sa connaissance du Liban.

Ils avaient peu de temps devant eux. Une fois en Suisse, Choukri El Jallah garderait ses secrets. Or, il y en avait un que les Américains tenaient particulièrement à percer…

Malko appuya une ultime fois sur la sonnette. Pour un résultat identique. Il commençait à avoir faim et se dit qu’il n’allait pas passer la nuit là.

Il se retourna pour appuyer sur le bouton de l’ascenseur. Son pouls grimpa au ciel : le voyant rouge clignotait, la cabine était en train de monter.

Il se pencha pour voir le dessus de la cabine se rapprocher. Comptant les étages.

Troisième, quatrième, cinquième, sixième... L’appareil continuait à monter. Quelques secondes plus tard, Malko ne se posa plus de questions : l’ascenseur venait à son étage. D’ailleurs, celui-ci s’arrêta quelques instants plus tard au septième et la porte en verre dépoli s’ouvrit, poussée par l’occupant de la cabine.

Le battant fut repoussé d’une main vigoureuse et une femme émergea de l’ascenseur.

Malko en eut le souffle coupé : c’était une des créatures les plus séduisantes qu’il ait jamais croisées. Une grande brune, avec les cheveux attachés en queue de cheval, encadrant un visage longiligne avec d’immenses yeux noirs aux cils interminables.

Elle était vêtue d’un cachemire noir moulant une poitrine aiguë et d’un jean très ajusté, glissé dans des bottes à hauts talons. Une large ceinture terminée par une grosse boucle dorée pendait sur son ventre plat.

En plus d’une plastique parfaite, cette inconnue dégageait une sensualité animale palpable, mais elle n’avait rien d’une Poupée Barbie. Le regard qu’elle posa sur Malko était totalement inexpressif. Silencieuse, elle lui tint pourtant la porte de l’ascenseur pour qu’il puisse la remplacer dans la cabine. Il saisit la poignée de la porte et la laissa se refermer, restant sur le palier.

Le regard de l’inconnue s’assombrit imperceptiblement.

1. Résistants.

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Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

mercredi, 10 avril 2013

Le formidable événement - Maurice Leblanc - 1921

le formidable evenement, maurice leblanc, litterature francaise, romans d aventures, fantastique, science-fiction, manche, Simon Dubosc est un homme à qui tout réussi. Que ce soit intellectuellement ou sportivement, il n’a rien à craindre et aucun obstacle ne semble pouvoir entraver sa voie. Et pourtant des problèmes existent, dont un de taille : son amour pour la belle Isabel, fille de Lord Bakefield, pair du royaume d’Angleterre. Et si le cœur de la belle lui emble conquis il n’en est rien du père qui voit d’un mauvais œil un mariage entre sa fille et un homme, certes remarquable, mais d’un lignage si pauvre, voir même médiocre. Ainsi Simon Dubosc s’impose de devenir dans les vingt jours à venir un grand homme qui lui fera mériter la main d’Isabel. Mais comment faire ? Il ne le sait encore. Surtout que ces derniers temps ses affaires de cœur semblent bien éloignées des préoccupations de tout un chacun, cela par de curieux événements qui font naufrager de nombreux navires traversant la Manche. Devant lui-même faire une traversée, il sera rescapé d’un naufrage, mais surtout il découvrira un monde totalement chamboulé, où la Manche aura disparue et reliant définitivement l’Angleterre aux côtes françaises.
Une terre nouvelle s’offre à ses yeux, il ne lui restera plus qu’à la conquérir et ainsi se faire un nom parmi les plus grands, tel que même Lord Bakefield ne pourra que l’admirer. Hélas rien ne sera simple et les convoitises de cette nouvelle terre bien nombreuses, surtout de la part de pilleurs d’épaves et autres détrousseurs qui y voient la promesse d’une fortune rapide et facile.

Le Formidable Événement de l’auteur français Maurice Leblanc, créateur du personnage de gentleman-cambrioleur Arsène Lupin, reparaît en 2013 suite à une certaine mode autour desle formidable evenement, maurice leblanc, litterature francaise, romans d aventures, fantastique, science-fiction, manche, œuvres de l’auteur mort depuis plus de 70 à peine et ainsi par le passage de ses textes dans le domaine public. A l’origine le roman était paru en 1920 dans deux numéros de Je sais tout avant de se voir réédité en roman aux éditions Pierre Lafitte en 1921.
Si les débuts de ce roman font clairement penser à un roman fantastique, puis de science-fiction,
 classique des œuvres du début de vingtième siècle, il devient vite évident que l’auteur en fait ensuite un pur roman d’aventures, le héros devant survivre à de multiples dangers et péripéties avant d’arriver à ses fins. Et les aventures ne sont pas toujours parfaitement crédibles parfois bien légères, un grand dommage car l’idée de base était plutôt ambitieuse. On ressent une certaine inspiration venue des westerns, tant d’éléments présents rappelant ses cesse les clichés de ce genre venu d’outre-Atlantique.
Ecrit en 1921 le roman a également vieilli, d’autant plus vrai pour certains passages, mais bien moins pour d’autres qui ont su garder une étonnante modernité.

Tout cela fait de Le Formidable Événement de Maurice Leblanc un divertissement certes vieilli mais plutôt plaisant, sans pour autant représenter une nécessité à lire.

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Texte intégral

 

Le formidable événement - Maurice Leblanc - 1921 by MarcM77


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Présente édition lue : Folio SF, 3 janvier 2013, 272 pages
ISBN-10: 2070449920 / ISBN-13: 978-2070449927

 

dimanche, 31 mars 2013

SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers - 2013

sas, malko linge, gerard de villiers, 196, vienne, le beau danube rouge, iran, israel, programme nucleaire, espionnage, romans d espionnage, litterature francaise, thrillersLes poignets et les chevilles attachés par des menottes au montant du grand lit de cuivre, Malko savourait la caresse de Maryam Nassiri, les yeux fermés.

Soudain il les rouvrit et aperçut, derrière la jeune femme agenouillée sur le lit, un homme debout dans l'encadrement de la porte de la chambre.

Des traits brutaux, les cheveux gris, vêtu d'un blouson de cuir et d'un jean. Un long pistolet dans sa main gantée de noir.

L'homme qui venait le tuer.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale Vienne a continuellement un nid d’espions. Tous les services y sont représentés et l’état autrichien semble tout faire pour leur faciliter la tâche. Vienne est bien sûr le siège de multiples organisations et institutions internationales telles l’OSCE, l’OPEP, l’AIEA, l’UNODC... en tout 16000 personnes ayant le statut de diplomates. Les Autrichiens ne discutent d’ailleurs jamais la liste des Seconds secrétaires ou conseillers. Et lorsqu’un de ces « diplomates » décédait de mort violente, la police conclue toujours à un suicide, sachant parfaitement qu’il s’agit d un meurtre dont elle ne connaîtra jamais les raisons.
Et c’est dans ce contexte que se prépare une vaste opération visant les intérêts nucléaires de l’Iran. En effet l’un de leurs ingénieurs est amené à Vienne pour être soigné. Américains et Israéliens vont tout faire pour lui mettre la main dessus, les premiers pour le kidnapper, les seconds pour l’assassiner. Les services iraniens sont sur leurs gardes, craignant le pire... qui d’ailleurs ne tardera pas d’arriver sous forme d’un immense bain de sang.
Seul l’agent de la CIA Malko Linge saura peut-être faire un peu d’ordre dans tout cela. Mais même s’il agit sur ses terres natales, sa survie ne tiendra qu’à un fil dans cette ruche à espions qu’est la capitale autrichienne.

SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge est donc déjà le 196e tome de cette série à la recette bien huilée, de laquelle, tome après tome, jamais rien de réellement neuf n’apparaît. Son Altesse Sérénissime Malko Linge se bat cette fois à domicile, entre Vienne et Liezen, pour démêler une trouble affaire d’espionnage réunissant à la fois les services secrets Américains, Iraniens et Israéliens. Evidemment l’action ne manque pas, ni le suspense façon SAS, et bien sûr les multiples conquêtes du prince, ici personnifiées par une magnifique espionne iranienne. La qualité est peut-être légèrement supérieure bien d’autres, mais seulement à peine.

Bref, rien de neuf, et toujours le même plaisir ou mépris, que l’on aime ou que l’on n’aime pas cette série de l’auteur français Gérard de Villiers.

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Extrait : chapitre premier

– Je te hais, dit Maryam Nassiri. Elle ajouta aussitôt d’un ton gourmand : je vais t’envoyer en enfer.

Ses mots mirent quelques secondes à imprégner le cerveau d’Oswald Fisk. Il faut dire qu’il était dans un trip très éloigné de ce que la jeune femme évoquait. Allongé sur son grand lit bas de deux mètres sur deux au couvre-lit en fausse panthère, les chevilles et les poignets attachés solidement aux montants de cuivre du lit, maintenant ses jambes et ses bras écartés, entièrement nu, le sexe en érection, il savourait chaque seconde de ce jeu sado-maso imposé par sa maîtresse.

Celle-ci, maquillée soigneusement, était inclinée vers lui, son visage proche du sien. Parfois, elle se penchait un peu plus, leurs lèvres se touchaient et, à deux ou trois reprises, elle avait brièvement glissé une langue audacieuse dans sa bouche, sans jamais s’attarder, même lorsqu’Oswald Fisk soulevait la tête de toutes ses forces, pour prolonger le baiser.

Délicieuse frustration.

Maryam Nassiri était vêtue d’un ensemble blanc. Une veste blanche cintrée dont elle avait défait les boutons, révélant un soutien-gorge assorti qui dévoilait presque entièrement sa poitrine pleine. Depuis le début de leur séance, Oswald Fisk avait dû se contenter de s’user les yeux sur ces globes magnifiques. Immobilisé totalement, il était esclave du bon vouloir de Maryam.

Celle-ci, au début de leur « séance », avant qu’il ne soit attaché par ses soins, lui avait laissé promener ses mains sur les courbes de ses fesses, lui permettant même de glisser quelques doigts dans la fente verticale du dos de sa jupe ajustée qui remontait si haut qu’il pouvait effleurer sa culotte sans effort.

Il adorait qu’elle s’habille de cette façon : extraordinairement provocante et inaccessible, sauf si elle y mettait du sien.

Lors de leurs séances précédentes, lorsqu’elle avait poussé son excitation au rouge écarlate, Maryam Nassiri montait sur le lit, remontait sa jupe étroite sur ses hanches, juste assez pour pouvoir se placer à califourchon sur lui et enfouissait le sexe de son amant dans son ventre.

C’était elle qui se faisait l’amour, en se balançant doucement jusqu’à ce que son amant éjacule au fond d’elle.

Les derniers mots prononcés par Maryam Nassiri atteignirent enfin le cortex d’Oswald Fisk. Il la fixa. Il ne vit qu’un regard un peu trop brillant, montrant, qu’une fois de plus, elle avait abusé de la cocaïne avant de le retrouver. Le sourire, certes, était un peu crispé, mais toujours éblouissant.

Comme si elle n’avait pas menacé Oswald Fisk, Maryam Nassiri continuait à caresser son amant, sa main montait et descendait le long de son sexe dressé vers le plafond, pour une masturbation régulière et exquise, ce qui n’avait rien d’inhabituel. Parfois, lorsqu’elle était d’humeur taquine, elle continuait jusqu’à ce que la sève jaillisse, en dépit des supplications d’Oswald Fisk réclamant sa bouche ou son sexe.

D’autres fois, elle lui faisait l’offrande de sa bouche, mais si rapidement qu’il avait à peine le temps d’éprouver quelques spasmes avant de s’y répandre.

Plus surpris qu’effrayé, Oswald Fisk fixa sa maîtresse avec plus d’attention, surprenant dans son regard une lueur sombre qu’il ne connaissait pas, glaciale et intense à la fois.

Il s’ébroua mentalement, encore plongé dans son jeu et demanda, voulant encore croire à un jeu de rôle.

– Qu’est-ce que tu veux dire, honey ?

– Que je vais te tuer, répliqua calmement Maryam Nassiri.

– Comment? insista Oswald Fisk, presque sur le ton de la plaisanterie.

– Avec ça, répliqua du même ton calme la jeune femme.

Sa main droite, qui pendait le long du lit, invisible pour Oswald Fisk, remonta et l’Américain découvrit un rasoir ouvert, tenu fermement dans la longue main aux ongles rouges. Sadiquement, Maryam Nassiri remua doucement le poignet pour faire étinceler l’acier de la lame effilée.

Alors, seulement, Oswald Fisk comprit, dépassé, que ce n’était plus un jeu.

Instinctivement, il tenta de se libérer, mais les cordelières qui immobilisaient ses quatre membres étaient trop serrées pour qu’il puisse se dégager.

Ce qui l’alerta encore plus fut la main gauche de Maryam Nassiri. Ses doigts venaient d’abandonner son sexe. Celui-ci était encore dur et gonflé mais l’Américain sentait déjà le sang qui s’était rué dans sa verge refluer dans son ventre.

– Qu’est-ce qui te prend ? demanda-t-il. Si tu ne veux plus jouer, détache-moi.

Il ne comprenait pas. Maryam Nassiri avait toujours été douce et amoureuse, même si elle était un peu givrée.

La jeune femme, immobile, penchée sur lui, le rasoir toujours serré dans sa main droite :

– Est-ce que tu te souviens du vol Iran Air 655 ? demanda-t-elle soudain de la même voix douce. 

Oswald Fisk fit un effort de mémoire intense, mais ne parvint pas à répondre à sa question. Devant son silence, Maryam Nassiri enchaîna :

– C’était il y a longtemps. Le 3 juillet 1988. J’avais neuf ans. Le vol 655 reliait Bandar Abbas à Dubaï. Il a décollé de Bandar Abbas avec vingt-sept minutes de retard. Presque son temps de vol. D’ailleurs, en raison de son court trajet, il ne volait qu’à 14 000 pieds.

« Seulement, il n’a jamais atteint Dubaï.

Elle récitait son texte comme une leçon bien apprise, d’une voix égale et précise. Soudain, Oswald Fisk se souvint.

– My God ! fit-il d’une voix étranglée. C’est le vol Iran Air qui a été abattu par erreur par le croiseur Vincennes.

À cette époque, la situation était très instable dans le Golfe persique et la guerre Irak-Iran s’ éternisait depuis 1980. Il y avait eu plusieurs incidents entre les navires américains et les belligérants. La flotte US était chargée d’assurer la protection des pétroliers dans le détroit d’Ormouz. Le jour de l’accident, la frégate US Elmer Montgomerry se trouvait face à treize vedettes iraniennes et le croiseur Vincennes venait l’assister.

C’est alors que le radar du Vincennes détecta un avion en approche, potentiellement ennemi, à cause de son code de reconnaissance. Les Américains pensaient avoir affaire à un appareil militaire de combat iranien F. 14.

En réalité, il s’agissait d’un Airbus A 300 civil, qui avait décollé en même temps que le F.14. Il se trouvait alors à 20 miles du Vincennes. Or, deux ans plus tôt, en 1987, deux missiles Exocet tirés par un avion irakien avaient failli couler une frégate américaine, faisant 37 morts et 21 blessés.

Persuadé d’avoir affaire à une attaque similaire, le commandant de l’USS Vincennes avait alors décidé de tirer deux missiles surface-Air Rim-66.

– C’était une erreur, répéta Oswald Fisk, une terrible erreur…

– Dont vous ne vous êtes jamais excusés, vous les Américains, continua Maryam Nassiri. Il y a eu 290 morts, dont 60 enfants…

– Je sais, désolé, bredouilla Oswald Fisk. Mais pourquoi me parles-tu de cela? 

Elle esquissa un sourire teinté d’ironie.

– Tu ne sais pas qui était le commandant du Vincennes ? Celui qui a donné l’ordre de tirer sur cet avion civil iranien ?

Oswald Fisk comprit d’un coup.

– Si, dit-il, c’était mon père. Georges B. Fisk. Il est mort il y a trois ans.

Maryam Nassiri ne changea pas d’expression.

– Ma mère était à bord, dit-elle. Le retard à Bandar Abbas lui a accordé vingt-sept minutes supplémentaires de vie, mais je ne l’ai jamais revue.

Ici, dans cet intérieur cossu d’un quartier chic de Vienne, cela semblait complètement incongru d’évoquer ce drame lointain, dans l’espace et le temps. Oswald Fisk essaya de ne pas paniquer. Sans fuir le regard de sa maîtresse, il dit le plus calmement possible :

– C’est atroce et je comprends ton chagrin, mais pourquoi me parles-tu de cela maintenant ?

Comme si elle ne l’avait pas entendu, Maryam Nassiri continua.

– Remarque, c’est à cause du Vincennes que nous nous sommes rencontrés. La Cour Internationale de Justice a condamné ton pays en 1996 à verser à l’Iran une compensation de 131 millions de dollars. En tant qu’héritière de ma mère, j’ai reçu assez d’argent pour venir faire des études en Europe. Toute petite, je voulais déjà être décoratrice. Depuis, je suis restée à Vienne. Et je t’ai rencontré…

Elle corrigea aussitôt : 

– J’ai reçu l’ordre de te rencontrer… 

Oswald Fisk sentit son sang se glacer. 

– De qui ? réussit-il à demander. 

Le sourire de Maryam Nassiri s’accentua imperceptiblement. 

– De gens que tu connais bien. L’Etta’alat.

Les Services de Renseignement de la République Islamique d’Iran. Ceux contre qui Oswald Fisk et ses amis de la CIA luttaient avec acharnement… Comme si elle avait lu dans ses pensées, la jeune Iranienne continua :

– Quand tu m’as connue, tu as sûrement fait procéder à des vérifications sur moi. Les autorités autrichiennes t’ont assuré que je n’avais jamais eu d’activité politique à Vienne. Que j’étais une simple émigrée économique… Elles ne sont pas très regardantes et, d’ailleurs, c’est vrai, avant de te connaître, je ne m’occupais que de mon métier. « Ils » m’ont dit qui tu étais : un agent de la CIA et le fils du commandant du Vincennes… Dès cet instant, je n’ai eu qu’une idée : venger ma mère. J’y avais souvent pensé, mais je ne savais pas comment faire.

« Seulement, grâce à « eux », tu as eu un sursis. Je devais d’abord te séduire, afin d’obtenir des informations sur la CIA, sur tes activités. Après seulement, je pourrai exercer ma vengeance.

Oswald Fisk écoutait cette diatribe débitée d’un ton monocorde. Stupéfait.

– Tu travailles pour les Ayatollahs ! s’exclama-t-il. Des rétrogrades, des fanatiques religieux ! Tu n’es pas comme ça, quand même !

Maryam Nassiri secoua la tête.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 3 janvier 2013, 320 pages
ISBN-10: 2360532979 / ISBN-13: 978-2360532971

Voir également :

SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
- SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits

SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

mercredi, 16 janvier 2013

Autour de la Lune - Jules Verne - 1869

jules verne, autour de la lune science-fiction les voyages extraordinaires,, lune, science-fiction, litterature francaiseTel que présenté dans De la Terre à la Lune (1865), ce 1er décembre, à bord d’un énorme projectile fait d’aluminium et lancé par un gigantesque canon de 900 pieds de long, s’embarquent en partance pour la Lune le président du Gun-Club de Baltimore Impey Barbicane, l’impétueux capitaine Nicholl et le fantaisiste aventurier français Michel Ardan.
Mais le tir de canon loupe sa cible, et voilà que ces trois audacieux voyageurs se retrouvent coincés à tourner en orbite autour de notre satellite. Cet état leur permet des observations uniques de nos astres, le développement d’hypothèses inédites, et malgré cet immobilisme, un certain nombre d’aventures.
Mais peut-être qu’ils trouveront un moyen de revenir sur Terre... ou alors la Terre leur viendra-t-elle peut-être en aide ?
En tout cas ce premier voyage dans l’espace ne sera certainement pas de tout repos.

Suite directe de De la Terre à la Lune (1865), ce second roman de Jules Verne, Autour de la Lune, paru en 1869 dans le Journal des Débats du 4 novembre au 8 décembre, avant de paraître en livre en 1872, se veut être du même genre que son prédécesseur, c’est-à-dire de la science illustrée ou romancée, et dont l’intrigue réelle ne tient que du mince prétexte. Jules Verne nous fait ainsi un relevé de nombreuses connaissances et hypothèses scientifiques concernant la Lune, complètement désuètes pour la plupart, et qui se voient ici discutées par ses trois protagonistes hauts en couleurs. Par moments c’est bien intéressant, par d’autres ce récit qui ne bouge que très peu devient très lassant. Mais rappelons qu’à l’époque le but de Jules Verne était plus d’informer et d’éduquer que de divertir.

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Texte intégral
:

Autour de La Lune - Jules Verne - 1869 by MarcM77



Présente édition : Le Livre de Poche, 15 octobre 2003, 255 pages
ISBN-10: 2253005878 / ISBN-13: 978-2253005872

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Voir également:
Cinq semaines en ballon - Jules Verne (1863), présentation et texte intégral
Voyage au centre de la Terre - Jules Verne (1864), présentation et extrait
Les forceurs de blocus - Jules Verne (1865), présentation
- De la Terre à la Lune - Jules Verne (1865), présentation et texte intégral
Les enfants du Capitaine Grant - Jules Verne (1868), présentation
Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne (1869), présentation
Une ville flottante - Jules Verne (1871), présentation et extrait
Le Tour du monde en Quatre-vingts jours - Jules Verne (1872), présentation et extrait
L'île mystérieuse - Jules Verne (1874), présentation
Les Indes noires - Jules Verne (1877), présentation
Les 500 millions de la Bégum - Jules Verne (1879), présentation et extrait
Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne (1879), présentation et extrait
Kéraban-le-Têtu - Jules Verne (1883), présentation et extrait
L'Etoile du sud - Jules Verne (1884), présentation et texte intégral
Robur le Conquérant - Jules Verne (1885), présentation
Le Château des Carpathes - Jules Verne (1889), présentation
L'île à hélice - Jules Verne (1895), présentation et extrait
Le village aérien - Jules Verne (1901), présentation et extrait
Maître du monde - Jules Verne (1904), présentation et extrait

lundi, 07 janvier 2013

SAS, tome 132 : L’espion du Vatican - Gérard de Villiers - 1998

gerard de villiers, litterature francaise, litterature erotique, sas, malko linge, vatican, triple meurtre du vatican, romans d espionnage, thrillersLe prêtre se retourna d'un bloc. Malko vit un visage brutal, des yeux très enfonçés à l'expression glaciale, un nez épaté. Il leva à nouveau son bréviaire et Malko aperçut une ouverture ronde dans la tranche du livre dissimulant le canon d'une arme cachée à l'intérieur du bréviaire. Il vit l'index du prêtre enfoncé à l'intérieur du bréviaire se crisper. Il allait lui tirer une balle dans la tête.

A cette distance, même une balle petit calibre faisait des dégâts irréparables dans un cerveau humain...

Tétanisé, il se dit qu'il allait mourir.


Mai 1998, le Vatican devient la scène d’un triple meurtre lorsque le jeune garde suisse valaisan Stephan Martigny est abattu par son confesseur  qui tue dans la foulée le commandant de la garde, ainsi que l’épouse de celui-ci. Ce triple meurtre sera maquillé en un coup de folie du jeune valaisan qui aurait été humilié par son supérieur, et l’aurait donc tué avant de se suicider. L’ecclésiastique ensuite disparaît ne laissant aucune trace derrière lui.
Bref, tout ressemble à un horrible fait divers, sauf que la CIA décide de s’y intéresser car sur les trois victimes, deux étaient des agents secrets agissant pour les comptes de parties adverses. Et lorsque deux agents meurent dans une même affaire, on ne peut que suspecter qu’une manipulation de quelconques services secrets. Et pour démêler le tout la CIA fait appel à Malko Linge qui ne tardera pas, au péril de sa vie, à lever le voile sur cette sombre affaire...

Ce 132e tome de
SAS des aventures de Malko Linge, L’espion du Vatican, reparaît en 2012 après une publication initiale en 1998, suite à un fait divers qui le 4 mai 1998 a fait du Vatican le théâtre d’un triple meurtre : Le 4 mai 1998, trois personnes sont retrouvées mortes dans les murs de la cité épiscopale : Aloïs Estermann, le chef des gardes suisses, nommé la veille, son épouse et un jeune vice-caporal de la garde. L'enquête, menée en interne par un juge du Vatican, aboutit très vite. Cédric Tornay, le jeune garde suisse, a laissé derrière lui une lettre de suicide non signée adressée à sa mère et expliquant son geste. Mais de nombreux points sombres, mals expliqués par les autorités vaticanes, ou simplement laissés de côté vont laisser libre cours à de multiples fantasmes de complots, surtout lorsque surgit l’information qu’Estermann et son épouse étaient deux agents secrets, l’un anciennement à la solde de la RDA, son épouse à celle de la CIA, et le jeune Tornay actif au Renseignements du Vatican. Encore aujourd’hui des doutes subsistent sur cette affaire, la mère de Tornay ayant fait demande au pape Benoît XVI fin 2011 de rouvrir l’enquête sur base qu’elle ne reconnaît pas l’écriture de son fils sur la lettre non signée que ce dernier lui aurait laissée juste avant son coup de folie.
Et Gérard de Villiers se base sur versions alternatives de la version officielle pour monter son roman d’espionnage, cela avec le talent qu’on lui connaît pour mêler des intrigues d’espionnage bien violentes aux aventures plus sexuelles du séduisant agent de la CIA dans ce qui à l’image de toute la série des SAS constitue le meilleur de la littérature dite de gare à la française, avec tous ses poncifs et défauts. Les amateurs s’y retrouveront.

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Extrait : premières pages

Stephan Martigny courut jusqu’à sa vieille Alfa 33 blanche garée devant il Torrione, la tour ronde du XVe siècle qui abritait l’IOR, la banque du Vatican, juste après les trois corps de bâtiment parallèles où logeaient les Gardes Suisses et leurs officiers. Il garait sa voiture devant les murs épais aux pierres disjointes, comme les autres Gardes suisses possédant un véhicule. Il sauta au volant, si énervé qu’il dut s’y reprendre à trois fois pour mettre en route. Après une marche arrière, il dévala l’allée en pente douce menant à la Porte Sainte-Anne, la seule entrée du Vatican ouverte en permanence, dont la grille était encadrée de sévères colonnades surmontées d’aigles plus guerriers que religieux. Les larmes brouillaient la vue du jeune Garde suisse, ses mains tremblaient sur le volant. Il ne répondit même pas au salut de son collègue en tenue bleue, coiffé d’un énorme béret, qui interdisait aux visiteurs non attendus de s’aventurer au cœur du Saint-Siège.

Le feu à la grille était au rouge, interdisant la sortie, mais Stephan Martigny le grilla et tourna à gauche dans la via di Porta Angelica, le long de la muraille sud du Vatican, en sens unique jusqu’à la piazza del Risorgimento.

Il était un peu plus de sept heures et demie du soir et la circulation était intense dans le Borgo encombré de cars pleins de touristes harassés et d’innombrables voitures particulières. Stephan Martigny se faufilait comme il le pouvait entre les véhicules, les dents serrées, sans souci des coups de klaxon réprobateurs. Pourtant, à Rome, les conducteurs étaient plutôt « cool », les manœuvres les plus inattendues admises et les feux rouges plus proches de l’indication que de l’interdiction. Dans ce carrousel sans fin, seuls les deux-roues avaient du mal à sauver leur peau.

Arrivé enfin piazza del Risorgimento, le jeune Garde suisse descendit ensuite la via Crescenzio jusqu’à la piazza Cavour, rejoignant le bord du Tibre. Là, on roulait un peu mieux. Il tourna à droite et suivit le Lungotevere jusqu’au pont Sisto, pour ensuite s’enfoncer à droite dans le dédale des ruelles sans trottoir du Trastevere, le vieux quartier de Rome, au sud du Vatican. Miracle : il trouva une place, piazza San Giovanni di Malva, et remonta à pied la via Benedetta jusqu’à l’intersection avec la vicolo del Bologne, une ruelle encore plus étroite. Le numéro 61 était une sorte de décrochement collé à l’immeuble voisin comme une verrue, un minuscule bâtiment de guigois d’un seul étage, desservi par une porte de bois marron en haut de trois marches. Seuls les verrous et l’interphone étaient neufs. Stephan Martigny appuya sur le bouton et, dès qu’on lui répondit, lança d’une voix stressée :

— C’est moi !

Le pêne se déclencha, il poussa la porte et se précipita à l’intérieur, grimpant quatre à quatre les marches d’un escalier raide. A vingt-trois ans, athlétique, il était en pleine forme physique.

Une splendide jeune femme, moulée par une robe noire très fluide découvrant une épaule et fendue très haut sur la cuisse gauche, l’attendait en haut des marches, un verre à la main. La masse de ses cheveux acajou cascadant sur ses épaules contrastait avec d’étonnants yeux bleus.
Elle était pieds nus et le vernis de ses ongles renvoyait à son épaisse bouche pulpeuse dans laquelle on avait envie de mordre.

Stephan Martigny s’immobilisa en face d’elle, essoufflé. Elle découvrit des dents régulières dans un sourire dévastateur.

— Tu ne me dis pas bonjour ? demanda-t-elle d’une voix douce.

Maladroitement, Stephan enlaça la jeune femme, écrasant sa bouche contre la sienne. C’est pour lui faire plaisir qu’elle l’accueillait pieds nus. Lorsqu’elle portait des escarpins, elle le dominait de ses cent soixante-quinze centimètres, ce qui le vexait.

Leur étreinte se prolongea. Stephan Martigny sentit le corps de la jeune femme se presser contre lui. Pendant quelques secondes, il se sentit merveilleusement bien. La musique sauvage et sacrée de la Misa Criola sortant des haut-parleurs invisibles semblait contrebalancer le côté païen de leur étreinte. L’accalmie dura peu, dans la tête de Stephan. Malgré l’appel muet du corps plaqué contre le sien, de la bouche soudée à la sienne, toute sa frustration et sa fureur remontèrent à la surface.
Pesant sur les hanches de la jeune femme, il la repoussa. Surprise, elle leva la tête et vit ses yeux humides de larmes.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle aussitôt.

La gorge nouée, Stephan Martigny secoua la tête sans pouvoir répondre. C’était la première fois qu’il se sentait comme un petit garçon devant cette femme dont il était éperdument amoureux. Il l’avait rencontrée cinq mois plus tôt. De garde à la Porte Sainte-Anne, il l’avait vue franchir la grille donnant via di Porta Angelica et se diriger aussitôt vers lui. Il faisait froid et elle était enveloppée dans un manteau de fourrure qui ne laissait voir que la masse de ses cheveux acajou et ses superbes yeux bleus.

Avec son immense béret et sa tenue bleue, Stephan Martigny se sentait un peu ridicule. Encore heureux qu’il n’ait pas arboré son grand uniforme, avec le heaume surmonté d’une aigrette rouge, l’armure à mi-corps et l’épée ! Parfaitement adaptée au XVe siècle, cette tenue immuable évoquait plutôt un déguisement de théâtre, à la fin du XXe. Dieu merci, les Gardes Suisses ne portaient cet accoutrement que dans les grandes occasions… Le reste du temps, leur travail consistait à garder les six portes du Vatican et celles des appartements privés du pape, dans des tours de garde qui additionnaient jusqu’à soixante-dix heures par semaine. Lorsque Loretta Obinski s’était approchée de lui, ce jour-là, il allait bientôt terminer le sien.

— Prego. Où est la pharmacie ? lui demanda-t-elle.

En même temps qu’elle lui mettait sous les yeux une ordonnance pour un antibiotique, elle lui avait expliqué que son pharmacien en ville n’avait pu lui fournir le médicament et lui avait conseillé de s’adresser au Vatican. La pratique était courante, la pharmacie du Saint-Siège étant la mieux achalandée de la capitale et aussi la moins chère, la TVA étant inconnue au Vatican. Par souci humanitaire, les consignes des Gardes suisses étaient de ne jamais refuser l’accès à la pharmacie, située juste au-dessus du bureau de poste du Saint-Siège, mais d’y accompagner les visiteurs. Aussi, Stephan Martigny avait-il guidé l’inconnue jusqu’à l’officine. L’observant tandis qu’elle se faisait servir, il avait pensé qu’à côté de cette rousse resplendissante, sa petite amie Gina lui semblait tout à coup bien fade.

Une fois servie, elle s’était retournée vers lui, avec un sourire éblouissant.

— Merci !

Stephan Martigny, intimidé, avait rougi et il l’avait raccompagnée jusqu’à la grille. Le claquement de ses hauts talons sur les pavés lui avait apporté quelques instants de rêve. La vie de Garde suisse n’était pas drôle, entre les interminables tours de garde, la solde misérable et les multiples brimades infligées par les quatre officiers suisses allemands qui détestaient les francophones.

Juste avant de disparaître dans la via di Porta Angelica, l’inconnue rousse s’était retournée, plongeant ses yeux bleus dans les siens.

— Vous avez de la chance de travailler ici ! avait-elle soupiré. Cela doit être fascinant…

Stephan Martigny avait rougi encore plus, et balbutié :

— Oh non, pas vraiment…

A brûle-pourpoint, la rousse lui avait soudain demandé :

— Cela vous ennuierait de me parler de la vie au Vatican ?

— Maintenant ?

S’il s’attardait trop avec un visiteur, il risquait d’être puni.

— Non, bien sûr. Quand serez-vous libre ?

Ebloui par sa chance, Stephan Martigny avait lâché rapidement :

— Demain, je suis encore de garde ici et je termine à deux heures. Le temps de me changer, je peux être dehors un quart d’heure plus tard.

— Où cela ?

— Ici, Porte Sainte-Anne.

La belle rousse avait fait la moue.

— Vous connaissez l’hôtel Columbus, via della Conciliazione ?

C’était l’avenue monumentale, bordée d’obélisques supportant des lampadaires, qui descendait de la place Saint-Pierre au Tibre.

— Oui, bien sûr.

— Je vous attendrai au bar. C’est très agréable. Vous pouvez venir à pied.

Ne croyant pas à sa chance, Stephan n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Le lendemain, Loretta Obinski était au rendez-vous. Il avait tout appris d’elle : d’origine tchèque, elle était mariée à un Italien qui la délaissait, ne pensant qu’à ses affaires. Propriétaire d’un petit chantier naval, il voyageait beaucoup.

Cette première fois, ils avaient beaucoup parlé du Vatican… Puis, au fil de leurs rencontres, l’intérêt de Loretta Obinski pour le Saint-Siège s’était émoussé. Le jour où d’une voix égale elle avait proposé à Stephan d’aller prendre un verre dans le studio qu’elle avait gardé depuis ses premiers jours à Rome, le jeune Garde suisse, qui n’était pas idiot, avait compris que son heure était arrivée.
Il l’avait retrouvée près du Vatican au volant du gros 4X4 noir Subaru qu’elle conduisait et elle l’avait emmené vicolo del Bologne dans la drôle de petite maison. Tandis qu’il se tenait gauchement au milieu de la pièce, examinant les lieux, Loretta avait ouvert une bouteille de Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 1990 et rempli deux coupes.

Stephan Martigny n’avait jamais bu de champagne. Les bulles lui étaient rapidement montées à la tête tandis que Loretta Obinski remplissait sans cesse sa coupe de liquide pétillant. C’était comme dans un rêve. Ils étaient assis sur le même canapé rouge, et Loretta croisait et décroisait ses longues jambes découvertes par la courte jupe de son tailleur vert. Par l’échancrure de la veste, il apercevait le feston de dentelle d’un soutien-gorge noir bien rempli. Et il y avait le regard insistant, amusé et trouble, posé sur lui. Quand il s’était penché, glissant une main maladroite entre les revers de la veste pour saisir un sein lourd et ferme, Loretta s’était simplement penchée et lui avait offert sa bouche et sa langue.

De lui-même, Stephan avait trouvé le chemin de son ventre, alors qu’elle décroisait les jambes pour l’aider. Elle avait gémi, massant son membre raidi à travers son jean. Comme il n’arrivait pas à défaire sa jupe, elle s’était levée et, en quelques gestes, s’était dépouillée de son tailleur, ne gardant qu’un soutien-gorge, une culotte de dentelle noire, et une élégante Breitling Callistino au bracelet de crocodile orange.

Elle l’avait tiré par la main jusqu’au lit, se débarrassant de sa culotte au passage. Bandant comme un cerf, Stephan s’était retrouvé fiché en elle jusqu’à la garde, la martelant comme s’il voulait l’ouvrir en deux. Loretta tanguait sous lui, la bouche ouverte, les traits déformés par le plaisir, ses mains accrochées dans son dos, clouée comme un papillon par son membre puissant qui n’avait jamais été à pareille fête… Loretta haletait, repliée comme une grenouille, ses longs cheveux acajou épars autour d’elle. Lorsque Stephan s’était répandu dans son ventre et qu’elle avait hurlé, il s’était senti le maître du monde.

Ils étaient tous les deux inondés de sueur. Loretta avait les yeux au milieu du visage et les quelques mots qu’elle avait soufflés dans l’oreille de son jeune amant l’avaient propulsé au comble du bonheur.

— Quand je t’ai vu la première fois, je t’ai trouvé très beau et j’ai eu tout de suite envie de toi.

Lorsque Stephan Martigny avait regagné sa chambre, au troisième étage du quartier des Gardes Suisses, il flottait sur un petit nuage rose. Claude, son meilleur copain, l’avait accroché dans le couloir.

— Qu’est-ce que tu as ? Tu as l’air bizarre.

— Rien ! avait juré Stephan, avant de filer dans la chambre qu’il occupait seul grâce à son grade de vice-caporal.

Là, étendu sur son lit, il s’était repassé le film des dernières heures. Dans un état second.

Comment une femme aussi belle que Loretta avait-elle pu s’intéresser à un jeune homme un peu fruste déguisé la moitié du temps en soldat d’opérette, pour gagner un million huit cent mille lires par mois ?

Les semaines avaient passé. Ils s’étaient revus régulièrement, pas assez souvent au goût de Stephan. Ils allaient au restaurant, à la plage d’Ostie, dans sa vieille Alfa 33 blanche, dans des trattorias, ou visiter des musées. Le jeune Garde suisse était éperdument amoureux. Loretta était devenue, plus que sa maîtresse, sa confidente, son conseil. Stephan était plus intime avec elle qu’avec sa mère.

Hélas, Loretta ne le voyait qu’au compte-gouttes, lorsque son mari lui en laissait le loisir. Parfois, même lorsqu’ils n’avaient pas rendez-vous, Stephan Martigny venait rôder vicolo del Bologne, flairant les lieux comme un animal.

En dépit de sa liaison, il avait conservé sa « fidanzata », Gina, une brune piquante qui lui reprochait sa nouvelle froideur : il était incapable de tromper Loretta. Avec Gina, il sortait avec ses copains, allait au cinéma, manger des glaces ou faire du roller, mais il taisait jalousement à tous l’existence de Loretta, qui lui avait fait jurer de garder le silence sur leur liaison. Il n’y avait qu’une exception à cette règle : le Père Hubertus, son confesseur, à qui Stephan avait voulu présenter sa conquête. Même à sa mère, qui vivait en Suisse, il n’en avait pas parlé.

Toutes leurs rencontres se déroulaient de la même façon. Stephan se jetait sur Loretta et lui faisait l’amour avec violence, le plus longtemps possible. Ensuite, nus, ils bavardaient en vidant une bouteille de Taittinger. Une fois, Stephan, qui devait rentrer à une heure, s’était endormi, pour ne se réveiller qu’à sept heures du matin… L’incartade lui avait valu une sévère punition.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 17 octobre 2012, 313 pages
ISBN-10: 2360532863 / ISBN-13: 978-2360532865

Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
- SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
- SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

lundi, 31 décembre 2012

Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo - 2011

serge brussolo, thrillers, séries télévisés, agence 13, le chat aux yeux jaunes, litterature francaise,romans policiersHollywood est un monde ingrat. On a beau y connaître un succès planétaire, et pourtant y vieillir est rude. Et de la gloire et la fortune toute vedette peut très vite tomber dans l’oubli et la misère.
Dans les années 60, l'actrice Peggy McFloyd a connu un succès planétaire grâce à la série télévisée « First Lady ». Aujourd'hui riche et âgée, elle s'est reconvertie dans l'action caritative en érigeant sur sa propriété, une immense demeure type hispano-texan du nom d’Esteranza, une maison de retraite où elle accueille ses vieux camarades de scène. Il semblerait toutefois que depuis quelque temps, ce petit paradis soit le théâtre d'événements aussi étranges qu'inquiétants. Des rumeurs circulent. Et certains mystères de cette ancienne série qu’était « First Lady » risquent de refaire surface. En effet certains parlent d’une série maudite. Qu’est-il arrivé à l’acteur principal Lawrence Brickstone, disparu mystérieusement après avoir sombré dans la folie ? Qu’en est-il de la vitrioleuse, féministe acarnée dans les années 1960 aujourd’hui bigote adoratrice du Christ qui semble mener une double vie ? Esteranza est-elle effectivement une noble et caritative maison de retraite, ou plutôt une prison servant à garder prisonniers tous les anciens acteurs de « First Lady »? Et quel est le rôle de cet horrible chat empaillé aux yeux jaunes, dont on dit qu’il fut instigateur d’un crime.
Et tous ces mystères vont refaire surface alors que Mickie Katz, de l’Agence 13 est engagée par Peggy McFloyd pour redécorer les appartements très spéciaux de l’ancienne starlette.

Le Chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo est, même si l’histoire est indépendante, censé être le troisième tome de la série Agence 13 après Dortoir interdit (2009) et Ceux d’en bas (2010). Et pourtant il ne reste plus grand chose de cette série sauf le nom du protagoniste prinicipal Mickie Katz, personnage et héros brussolien bien classique, et quelques lignes par-ci par-là faisant référence à cette dite Agence 13 et au père de l’héroïne qui ajoué un petit rôle, du moins marqué de sa présence les tomes précédents. On sent bien que Serge Brussolo, peut-être lié par contrat, a dû fournir un troisième volume à cette série, mais qu’il ne s’est guère donné grand peine. Car au final Le Chat aux yeux jeunes de Serge Brussolo est un thriller des plus classiques dans la bibliographie de l’auteur, n’apportant absolument rien de neuf avec tous les éléments récurrents de quasi tous ces romans. Ici comme d’habitude on en sait jamais ce qui est vrai de tout ce qui se raconte, des légendes qui circulent concernant l’affaire. L’héroïne toujours aussi crédule se laisse prendre au jeu... Hélas le lecteur lui sera moins crédule, les propos ici étaient bien moins convaincants que dans d’autres romans semblables de l’auteur.
Reste le plaisir pour le lecteur de se plonger dans l’univers des séries télévisés des années 1960, celles avec des scénarios minces comme des feuilles de cigarettes,  des décors en carton et des stars et starlettes qui ne brillaient guère par leur jeu d’acteur. Et cela, ici, en vaut amplement la peine.

Le Chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo est un thriller qui ne convainc pas toujours, assez inégal, et qui pourtant m’a procuré un certain plaisir par moments. Mais ce n’est certainement pas le meilleur de l’auteur.

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Présente édition : Pocket, 15 novembre 2012, 320 pages
ISBN-10: 2266220446 / ISBN-13: 978-2266220446

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
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 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
L'héritier des abîmes - Serge Brussolo (2009), présentation
Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo (2010), présentation
Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation

vendredi, 23 novembre 2012

SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers - 2012

gerard de villiers, panique a bamako, bamako, 195, sas, malko linge, litterature francaise, romans d espionnage, islamistes, mali, bamako, litterature erotique, thrillers, romans erotiques- Boubacar, cria Malko, ouvrez votre chemise !

Le Malien commença à déboutonner l'ample chemise bleue portée par-dessus son pantalon.

Malko sentit son sang se figer. Entre la chemise et le torse de Boubacar Wagué, il y avait un véritable plastron d'explosifs, maintenu par une armature de cerceaux métalliques qui l'empêchait de s'en débarrasser.

Ils allaient mourir tous les deux.

2012 au Mali. Le Nord du pays a été pris par des groupes islamistes armés qui peu à peu avancent vers la capitale, Bamako, délaissée par l’armée qui s’est évaporée.
Lorsque Malko arrive au Mali, appelé par la CIA afin de reprendre en main une tortueuse opération de renseignement visant à découvrir les intentions des islamistes, la situation est déjà désespérée. Quand vont-ils frapper ? Nul ne sait. Et pour la CIA il faut coûte que coûte découvrir les intentions de l’ennemi dans l’espoir de trouver de quoi les contrer.
Tout va reposer sur les épaules de Malko qui a en face de lui des adversaires féroces et rusés. Lorsque sa source revient de Gao transformée en bombe humaine, destinée à les transformer tous les deux en chaleur et lumière, tout semble perdu.
C’est un concours de circonstances extraordinaire qui va lui permettre, in extremis, de renverser la situation. Grâce à son sens de l’observation et à son astuce...

Déjà la 195ème aventure du Prince Malko Linge, parcourant le monde en mission pour la CIA et cela sous la plume de l’infatigable auteur et reporter Gérard De Villiers. Toujours la même recette... celle qui marche... action, espionnage et sexe baignant un contexte d’actualité. Hélas ici, Panique à Bamako n’est guère le meilleur de la série. L’intrigue ne prend pas vraiment et c’est bien dommage, car sinon le roman procure un certain plaisir à découvrir une ville abandonnée de tout pouvoir et dans l’attente de ses futurs occupants.

Pour les amateurs de la série.

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Extrait : premier chapitre

Souha, souple comme une liane, sa croupe cambrée moulée dans un pantalon de toile noire serré comme un gant trop petit, les bras noués autour du cou de Ted Schackley, son amant américain, se balançait languissamment contre lui, plantée au milieu de la piste de danse du « Bla-Bla », éclairée par à-coups par des stroboscopes, au son rythmé d’un zouk ivoirien.

La boîte était presque vide: depuis le coup d’État du 22 mars fomenté par le capitaine Amadou Haya Sanogo, officier des «Bérets verts » de l’armée malienne, Bamako s’était vidée comme un évier de la plupart de ses toubabs et ceux qui étaient restés sortaient moins.

Les Maliens n’étaient pas des sanguinaires. Peuple commerçant, pratiquant un islam africanisé, c’est-à-dire extrêmement modéré, ils n’aimaient pas la violence.

Le vieux président ATT chassé du pouvoir, après quelques combats dans le centre de la ville, pour la possession de l’immeuble de la radio-télévision et des heurts à l’aéroport, un calme précaire était revenu dans Bamako, surveillé avec inquiétude par la CDAO.

Le capitaine Sanogo s’était retrouvé tout seul, avec sa Révolution sur les bras et, pour tout arranger, la débâcle de l’armée malienne chassée des grandes villes du nord du pays: Tombouctou, Gao, Kidal, par une coalition improbable de Touaregs de la « Légion islamique » du colonel Kadhafi, revenus de Libye armés jusqu’aux dents, et d’islamistes fanatiques, agglutinés en plusieurs mouvements, sous la houlette de l’AQMI.

Ceux-ci avaient égorgé sauvagement les quelques soldats maliens qui n’avaient pas couru assez vite vers le Sud, abandonnant leurs armes et matériel, puis s’étaient installés dans l’Azawad, la zone désertique du Mali remontant jusqu’à l’Algérie, qui représentait 80 % de la surface du pays.

Proclamant, sous les étendards noirs brodés de sourates du Coran, un califat pur et dur, semblable au régime des Talibans.

Allant jusqu’à « chicoter » les enfants qui osaient encore jouer avec des « playstation », réputées instruments du Diable. Saccageant les bars et les restaurants, interdisant l’alcool et forçant les femmes à se voiler.

Certes, ils n’étaient encore qu’à huit cents kilomètres de Bamako, la capitale du Mali, allongée paresseusement au bord du Niger, mais il n’y avait rien pour les arrêter.

Désormais, une police islamique féroce veillait sur la morale. Un couple ayant eu des relations sexuelles hors mariage avait été fouetté en public à Tombouctou, sous le regard effaré et terrifié de la population.

Alors, Bamako, calme en apparence, vivait au ralenti, la majorité des Blancs ayant fui. Les restaurants étaient vides. L’Hôtel de l’Amitié, 200 chambres en plein centre, avait dû fermer, faute de clients, envoyant les deux seuls qui lui restaient au «El Farouk », planté au bord du fleuve, juste à l’ouest du Pont des Martyrs.

En ce samedi, la vie nocturne avait repris un peu dans les quelques discothèques encore ouvertes. Pour la plus grande joie des quelques toubabs demeurés sur place, la plupart des diplomates demeurant claquemurés dans leurs ambassades respectives.

Ted Shackley, déjà bien imbibé, décida de ne plus bouger, debout au milieu de la piste, Souha, gluée à lui comme un Bernard-l’Hermite à son rocher, son regard légèrement bovin dans le vague, mais son ventre s’agitant efficacement contre celui de l’Américain.

Très jeune pute marocaine, au corps fin et à la morale absente, elle considérait comme une importante promotion sociale d’être la favorite d’un diplomate américain, de surcroît plutôt bel homme, même s’il avait trente ans de plus qu’elle. Sentir son désir se développer contre elle la remplissait de joie.

Du coup, elle accéléra un peu son balancement, et Ted Shackley resserra un peu plus son bras autour de sa taille, l’incrustant contre son érection.

Les ventilateurs marchaient bien et la douce musique rythmée du zouk le plongeait dans un état quasi euphorique. Normalement, il aurait dû se trouver devant sa télé, dans son petit cottage niché au fond des bois, à Mac Lean, en Virginie. Heureux retraité après trente-cinq ans de bons et loyaux services à la Central Intelligence Agency, qui l’avait recruté à la sortie de l’Université. D’abord analyste, puis officier traitant et enfin, chef de Station, il avait été affecté un peu partout dans le monde, en Irak, au Zaïre, au Pakistan, dans tous les points chauds. Divorcé, sans enfant, il s’était laissé pousser la barbe et s’était mis à boire un peu plus que modérément. Faisant honneur au pot d’adieu donné un an plus tôt à Langley pour fêter son départ en retraite de « Senior Officer ».

Retraite qui n’avait duré que quatre mois.

En effet, la CIA cherchait un OT expérimenté pour le nommer à Bamako, au Mali.

N’en trouvant pas!

La plupart des OT étaient mariés et pères de famille. Pas vraiment désireux de quitter la civilisation pour une ville plantée au milieu de l’Afrique. Sans parler des épouses, encore plus réticentes, et des risques courus: violences, mort, kidnapping.

Tout le monde s’était défilé; la CIA, qui comptait de moins en moins de héros, avait fait appel à lui, lui proposant un contrat CDD de deux ans, avec des émoluments agréables. Élément qu’elle n’aurait pas pu proposer à un OT en activité.

Ted Shackley avait signé des deux mains: il commençait à s’ennuyer au fond des bois.

Il ne le regrettait pas, retrouvant avec plaisir l’environnement exotique et sensuel de l’Afrique.

Souha s’agita un peu contre lui et, mentalement, il imagina la grosse bouche se refermant sur son sexe, ce qui faillit le faire éjaculer.

Observatrice, la jeune pute marocaine colla ses lèvres tièdes à son oreille gauche et murmura:

– Tu veux qu’on aille derrière?

– Qu’est-ce qu’elle est bandante, cette salope! murmura Joe Kovarski, affalé sur la banquette de velours rouge, face à la piste du « Bla-Bla », une main crispée sur la cuisse de sa voisine, Bella, une longue Bambara à la poitrine aiguë, gentille pute ramassée à l’Appaloosa, restaurant du centre ville. L’Américain n’arrivait pas à détacher les yeux du couple oscillant sur la piste.

Avec son crâne rasé, ses épaules de Superman, ses traits brutaux et ses pectoraux monstrueux, Joe Kovarski faisait peur. C’est ce qu’il fallait pour être admis dans les « Spécial Forces » américaines. Cent quatre-vingt dix centimètres de muscles. Ses cuisses énormes faisaient éclater son pantalon de toile. La bosse qui grandissait en haut de ses cuisses intéressait beaucoup Bella. Discrètement, elle posa sa main sur le sexe serré dans la toile. Se disant que, dans très peu de temps, elle l’aurait au fond de son ventre. Maîtresse régulière de Joe Kovarski, elle avait pu, grâce à sa générosité, acheter un petit commerce d’alimentation qui faisait vivre sa famille.

À sa droite, son voisin, Dave Nichols, «Special Forces » lui aussi, le clone de Joe, lui tournait presque le dos, occupé à triturer sur toutes les coutures sa compagne Linda, autre jeune Marocaine qui s’efforçait de l’empêcher de lui arracher sa culotte.

Pour les deux membres des «Special Forces », c’était une récréation inespérée. Venus pour entraîner l’armée malienne, ils se retrouvaient au chômage, celle-ci s’étant évaporée dans les sables du désert.

Défaite par les quelques centaines de combattants de la rébellion islamo-touareg.

La plupart des « Spécial Forces » s’étaient repliés sur une base au Burkina-Fasso, ne laissant à Bamako qu’une poignée d’entre eux.

Joe Kovarski et Dave Nichols se contentaient désormais d’escorter l’ambassadrice américaine, lorsqu’elle se hasardait en ville, et de servir d’officiers de sécurité à Ted Shackley, les membres de la CIA n’ayant pas le droit de sortir seuls, la nuit tombée.

Le zouk s’arrêta brutalement et Ted Shackley, précédé par son érection, regagna le box.

D’autorité, le barman apporta une bouteille de champagne. Personne n’eut le cœur de refuser.

Les trois Américains n’avaient plus qu’une idée: profiter amplement de cette soirée de détente bien commencée à l’Appaloosa, de l’autre côté du fleuve, un restaurant tenu par un Français où on mangeait correctement.

Plus sûr que ceux des Libanais. Ceux-ci passant leur temps, par économie, à décongeler et à recongeler leurs gambas importées d’Abidjan par des camions vaguement frigorifiques. En y goûtant, on avait une chance sur deux de mourir ou de rester paralysé.

La bouteille de champagne ne dura que le temps d’une rose. Tous rêvaient désormais d’une bonne récréation sexuelle. Ted Shackley regarda son chronographe et lança:

– On va y aller!

Les deux « Spécial Forces » étaient déjà debout. Le vieil OT de la CIA était leur diamant! Ils l’escortaient souvent lorsqu’il rendait visite à ses contacts, dans des quartiers excentrés.

Pendant qu’il payait, Joe Kovarski se leva, tirant sa copine par la main et fonça vers la sortie, en lâchant:

– On va sécuriser!

Chacun d’eux portait un petit revolver « deux pouces » dans un « anckle holster » G.K. dissimulé par leur pantalon de toile.

Dave Nichols le suivit et ils se retrouvèrent tous les quatre dans la sombre allée de latérite où il y avait encore un peu de vie. Des marchands ambulants, quelques putes en solde et des Maliens appuyés au mur, dormant debout.

Après un regard circulaire, Joe Kovarski lança à son copain :

– Va lui dire que c’est OK. All clear.

Après la clim relative de la boîte, les 38° humides de la nuit tropicale vous tombaient dessus comme une couverture brûlante.

À peine dans la Land-Cruiser, Bella, la fiancée de Joe Kovarski, se colla à lui, massant discrètement le pantalon de toile.

– Où on va? demanda-t-elle.

Évidemment, ils ne pouvaient pas se rendre à l’ambassade américaine.

– On va au Farouk, annonça Joe Kovarski. Il y a la clim et de la bière.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 3 octobre 2012, 320 pages
ISBN-10: 2360530534 / ISBN-13: 978-2360530533

 

Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
- SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
- SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

mardi, 20 novembre 2012

De la Terre à la Lune, Trajet direct en 97 heures 20 minutes - Jules Verne - 1865

jules verne, litterature francaise, science-fiction, de la terre a la luneAu bout de quatre années de violences la Guerre de Sécession a enfin aboutie à une paix nationale dans les Etats-Unis d’Amérique. Cette paix est célébrée de par le pays, or pourtant à Baltimore certains s’en inquiètent. Il s’agît là des membres du Gun Club, une association rassemblant tous les hauts dignitaires de l’industrie de l’armement, qui voient en cette paix la fin de leurs activités. Ne manquant guère de ressources leur président, un dénommé Barbicane, leur soumet un nouveau projet, bien loin de leurs activités guerrières. Alors que le Gun Club assemble tous les experts en artillerie, pourquoi ne pas unir leurs forces afin de construire le plus grand et puissant canon de l’histoire afin d’envoyer un projectile sue la Lune.
Rapidement le monde entier qui s’emballe pour ce projet. Et rapidement le projectile à envoyer est replanifié pour permettre son habitation par des scientifiques.
Et c’est ainsi que débute la première conquête humaine de la Lune.

Après avoir fait découvrir de nombreuses contrées du monde à ses lecteurs de par ses Voyages Extraordinaires  Jules Verne se devait « d’organiser » un périple vers le Lune. C’est ainsi que paraît du 14 septembre au 14 octobre dans le Journal des débats ce roman De la Terre à la Lune, Trajet direct en 97 heures 20 minutes qui raconte et explique comment l’homme pourra se rendre sur la lune.
De la Terre à la Lune forme la première partie d'un diptyque, qui se clôt avec Autour de la Lune, paru quatre ans plus tard.
Il s’agît ici évidemmentde d’un roman d’anticipation, de science-fiction même, car l’homme ne marchera sur la Lune que plus d’un siècle plus tard. Et pourtant à la fin du XIXème siècle de nombreux scientifiques réfléchissaient déjà sur cette question. Et à Jules verne dont faire ici un résume, sous la forme narrative d’un roman de fiction. Et il est étonnant de lire aujourd’hui, comment à cette époque on pouvait s’imaginer ce genre de voyage spatial. Et par moments cela en devient même drôle, voire rigolo. C’est à se demander si nous-mêmes n’aurons pas l’air bien ridicules avec nos conceptions scientifiques actuelles. Certainement...
Toutefois, et contrairement à ce qui est souvent prétendu, Jules Verne n’est pas le premier à avoir imaginé un tel voyage, la littérature regorge de ce genre d’exemples, et puis l’auteur des Voyages Extraordinaires n’a hélas rien d’un grand visionnaire, tant la description de ces aventures semblent bien lointaines de toute crédibilité, cela toujours en comparaison d’autres récits de l’époque (p.ex pourquoi avoir privilégié le principe du canon à celui de la fusée, pourtant bien connu à l’époque).

Que reste-t-il donc aujourd’hui de ce roman d’une anticipation passée ? Finalement plus grand-chose. L’auteur se consacre principalement à l’émerveillement scientifique et technologique, au point de délaisser toute intrigue. Ce que les gens voulaient à l’époque, ils ne le veulent peut-être plus aujourd’hui, et ce roman a certainement perdu tout son intérêt.
Sauf peut-être celui, pourtant important qui m’a fait lire ce texte jusqu’au bout, de découvrir les réflexions scientifiques d’antan, datant d’une époque où l’on pouvait même imaginer le Lune habitée par une population extra-terrestre, celles qui vont amener à la construction du super canon et l’envoi de la première navette vers la Lune.
La suite que Jules Verne donnera à ce roman quatre ans plus tard avec Autour de la Lune fera découvrir au lecteur ce qu’il adviendra de ces premiers spationautes après ce premier lancement.

A découvrir, donc ! et cela malgré tout !

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Texte intégral :

De La Terre a La Lune - Jules Verne - 1865

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Voir également:
Cinq semaines en ballon - Jules Verne (1863), présentation et texte intégral
Voyage au centre de la Terre - Jules Verne (1864), présentation et extrait
Les forceurs de blocus - Jules Verne (1865), présentation
Les enfants du Capitaine Grant - Jules Verne (1868), présentation
Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne (1869), présentation
- Autour de la Lune - Jules Verne (1869), présentation et texte intégral
Une ville flottante - Jules Verne (1871), présentation et extrait
Le Tour du monde en Quatre-vingts jours - Jules Verne (1872), présentation et extrait
L'île mystérieuse - Jules Verne (1874), présentation
Les Indes noires - Jules Verne (1877), présentation
Les 500 millions de la Bégum - Jules Verne (1879), présentation et extrait
Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne (1879), présentation et extrait
Kéraban-le-Têtu - Jules Verne (1883), présentation et extrait
L'Etoile du sud - Jules Verne (1884), présentation et texte intégral
Robur le Conquérant - Jules Verne (1885), présentation
Le Château des Carpathes - Jules Verne (1889), présentation
L'île à hélice - Jules Verne (1895), présentation et extrait
Le village aérien - Jules Verne (1901), présentation et extrait
Maître du monde - Jules Verne (1904), présentation et extrait

vendredi, 09 novembre 2012

La Voilette bleue - Fortuné du Boisgobey - 1885

fortune du boisgobey, la voilette bleue, romans policiers, litterature francaise, feuilleton, texte integralParis, fin de dix-neuvième siècle. Deux amis, l’intenre en médecine Daubrac et le philanthrope Mériadec, se prélassent en observant le va-et-vient sur le parvis de Notre-Dame. N’ayant rien à faire ils se racontent des histoires sur ceux qu’ils voient, et sont particulièrement attirés par ce qui semble être un couple d’amants. Ils décident de le suivre, mais en arrivant face à Notre-Dame, un attroupement attire leur attention : une jeune femme portant une voilette bleue identique à celle de la femme aperçue auparavant au bras de son amant est retrouvée sans vie au bas des tours. Qui est cette femme? S'est-elle suicidée ou bien l'a-t-on précipitée dans le vide? Et qu'est-ce que le capitaine de Saint-Briac, arrêté à sa descente des tours, a à voir dans cette affaire? C'est ce que Daubrac et Mériadec, aidés de Rose Verdière, la charmante fille du gardien des tours, et de Fabreguette, peintre farfelu et témoin oculaire du drame, vont tenter de découvrir en même temps que M. de Malverne, juge d'instruction et intime de Saint-Briac.

Fortuné du Boisgobey était en son temps un célèbre feuilletoniste qui publiait dans plusieurs journaux avant de se faire engager de façon plus durable par Le Figaro. Et à l’époque ses textes ont souvent été comparés à ceux d’Emile Gaboriau, qui pourtant marquera plus l’histoire littéraire. Ses romans, dont plusieurs ont déjà été traités ici sur ce site et comme celui-ci La voilette bleue, se démarquent par un parfait calibrage au format du feuilleton, une intrigue policière pas trop complexe, des personnages gentils et naïfs à qui tout finit par réussir, un certain humour léger et le hasard qui décidément fait bien les choses dans un Paris qui ressemble à un petit village dans lequel tout le monde finit par se rencontrer.
Bref rien de parfait, ni de palpitant, le genre policier n’aura pas attendu ce cher Fortuné du Boisgobey pour connaître ses heures de gloire. Et pourtant l’auteur réussit tout de même dans La voilette bleue à bien divertir le lecteur par ses romans bien légers. C’est une joie de suivre ses personnages, la lecture est rapide et gaie, et même si après le dénouement attendu on oublie vite le contenu du roman, on y aura passé quelques belles heures de divertissement.


Bref, je ne m’en lassa pas.

N. B. Les romans de Fortuné du Boisgobey ne sont plus que rarement publiés et les textes se retrouvent donc plus facilement en téléchargement (gratuit, car faisant partie du domaine public).

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Texte intégral :

La voilette bleue - Fortuné de Boisgobey - 1885

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Voir également :
Le crime de l'omnibus - Fortuné du Boisgobey (1881), présentation et extrait
Le pouce crochu - Fortuné du Boisgobey (1885), présentation et extrait
La main froide - Fortuné du Boisgobey (1889), présentation et extrait

vendredi, 02 novembre 2012

Du bois pour les cercueils - Claude Ragon - 2010

claude ragon, litterature francaise, romans policiers, du bois pour les cercueils, polarsJura, en plein hiver. Une usine de transformation de bois est le théâtre d’un crime mystérieux. Son directeur est en effet retrouvé mort dans un atelier, broyé par une machine. Les gendarmes locaux concluent vite à l’accident, et pourtant il y a quelque chose qui cloche. Le commissaire Gradenne et son jeune inspecteur Bruchet, rouvrent l’enquête. Mais tombant malade, c’est le jeune policier qui devra mener à bien cette enquête sur le meurtre d’un homme détesté de tous dans un pays où semble régner la loi du silence.

Le roman policier Du bois pour les cercueils de l’auteur français Claude Ragon a obtenu en 2011 le Prix du Quai des Orfèvres, un prix littéraire récompensant justement des romans policiers. Et s’il s’agît bien d’un polar bien construit, avec précision et réalisme, le roman ne vaut pas vraiment la peine d’être découvert, tant le style est plat et de nombreux éléments sans intérêt. Guère d’originalité dans la mesure où l’on suit un enquêteur au gré de ses interrogatoires, entrecoupés d’états de santé concernant le commissaire et de descriptions sans grand intérêt, autour d’un meurtre en chambre close comme il en a déjà été vu des tas par le passé. le roman est-il mauvais pour autant ? Pas forcément. Les amateurs du genre apprécieront sa construction précise, et si ce roman n’avait pas été lauréat d’un prix littéraire, on en aurait certainement attendu bien moins.
Notons également en positif ce portrait d’une France provinciale en train de disparaître tels les usines qui la peuplaient jadis, ainsi d’un descriptif technique bien précis de la part d’un auteur, ancien ingénieur dans le domaine.

En bref, beaucoup de déception pour un roman qui peut-être n’est pas si mauvais que cela.

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Présente édition : Fayard, 24 novembre, 2010, 368 pages
ISBN-10: 2213654700 / ISBN-13: 978-2213654706

vendredi, 26 octobre 2012

Le jeu des sabliers - Jean-Claude Dunyach - 1987

Jean-claude dunyach, le jeu des sabliers, science-fiction, fantasy, litterature francaiseQuatre étranges personnages se voient réunis pour une quête encore plus étrange. D’abord il y a Olym, un mystérieux vieillard et poète accompli qui se croit dépositaire d’une prophétie. Puis il y a l’insouciant jongleur Jern, un homme déraciné et désabusé qui parcourt l’univers allant de cirque en cirque. Ensuite Alena la guerrière invincible si fougueuse et consumée par son art qui la ronge comme une tumeur par un symbiote qui lui donne la force tout en lui prenant la vie. Et finalement Dorian, le bouffon difforme à l’esprit rempli de bien trop de savoir et de connaissances.
Et ces quatre aventuriers ne sont ni plus ni moins les quatre lames majeures issus du Tarot en quête des Sabliers du Temps, reliquaires de la précieuse ressource qui consume inexorablement toute chose, et qui représentent pour chacun une finalité autre et personnelle.
Mais ces quatre aventuriers sont loin de se douter de la nature exacte de leur quête et de ce qu’elle représente.

Le Jeu des sabliers est l’un des premiers romans publiés, le second en fait, de l’auteur français de science-fiction et fantasy Jean-Claude Dunyach. Mélange de genres et inspiration claire du jeu de Tarot, ce texte souffre toutefois de la jeunesse d’alors de l’auteur. Tels les symboles qu’ils représentent, les personnages sont aussi minces que les cartes du jeu divinatoire et leurs aventures souvent confuses et pas toujours intéressantes. L’auteur semble vouloir donner dans tous les sens, cela pour une histoire trop lisse et bien artificielle qui ne passionnera que peu le lecteur. L’intrigue n’offre guère de suspense et la poésie de certains éléments en font plus une curiosité littéraire qu’un réel roman qui tient la route.

Reste tout de même un roman d’aventures SF ou fantasy (comme on veut) divertissant par moments et que certains amateurs apprécieront.

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Présente édition : Folio Gallimard, 31 mai 2012, 336 pages
ISBN-10: 2070442179 / ISBN-13: 978-2070442171

dimanche, 21 octobre 2012

Pulsions de femmes - Collectif - 2006

recueil de nouvelles, recueils, recueils de nouvelles, nouvelles érotiques, romans pornographiques, romans erotiques, pulsions de femmes, litterature francaisePulsions de femmes est un recueil de 23 nouvelles érotiques, autant d’histoires non pas d’amour mais de pulsions sexuelles et féminines racontées par 23 auteures qui, l’une après l’autre se livrent avec des inspirations diverses dans ce jeu érotique. Inspirations diverses et plus ou moins inspirées ce recueil varie les jeux, les tons et les situations, la femme désireuse y est prête à tout, ou du moins le croient-elles.

Paru initialement en 2006 aux éditions Blanche ce recueil varie par ces auteurs, ces styles, mais aussi une qualité assez inégale des textes. A chacun ses fantasmes, et pas tout le monde ne s’y retrouvera à chaque texte.

Néanmoins les amateurs du genre apprécieront.

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Extrait : première nouvelle

TGV 6969 - Corine Allouch

Il était là, juste en face d’elle, comme un électron libre pris au piège de ses lèvres.

Au début, lorsqu’ils étaient tous les deux face à face, debout, juste au départ, avant de trouver sa place, il l’avait regardée droit dans les yeux. Du moins, c’est l’impression qu’elle avait eue. Elle avait soutenu son regard et là, le temps d’un quart de seconde, elle avait ressenti ce drôle d’envoûtement déjà connu, déjà vécu. Lui bien sûr, elle ne l’avait jamais vu, mais ce qu’il déclenchait en elle, elle le percevait, elle le reconnaissait, elle pouvait déjà mettre un nom dessus. Rivés l’un à l’autre, ils ne se lâchaient pas et bien qu’elle sût d’avance qu’elle céderait la première, elle s’amusait à se faire peur, en ne bougeant pas, en ne respirant pas, en ne quittant pas le fond de son iris. Vert, bien sûr, il ne pouvait être que vert puisque les hommes qu’elle préférait de tout temps étaient bruns aux yeux verts. Alors celui-là qui s’était posé en face d’elle comme dans un film, il était exactement comme dans ses rêves. Long, mince, carré, les cheveux en bataille, le regard clair et le visage ravagé par la vie qu’il n’avait pas vécue et celle à laquelle il s’astreignait.

Elle, en le fixant, se demandait quel effet elle pouvait bien lui faire et si c’était le même... Toute droite, bien calée sur ses deux pieds comme à son habitude en situation de danger et surtout pour éviter que ses jambes ne tremblent, elle sentait déjà le flux léger remonter de sa cavité. Elle adorait cet instant où le désir devenait concret pour se liquéfier d’abord dans sa tête avant de prendre corps très haut, entre ses cuisses. Cet homme-là, toujours en face d’elle, qui ne bougeait pas plus qu’elle, même pas pour s’asseoir, devinait le filet qui doucement filait de sa tête à son corps. Elle serrait les jambes aussi fort qu’elle le pouvait comme si, tout à coup, ce filet devait grossir, devenir énorme, large, dense, incontrôlable, comme s’il allait lui échapper pour se transformer en immense flaque sous sa robe et que chacun pourrait y lire le désir pressant, inconditionnel, absolu qu’elle avait de cet homme-là, rivé en face d’elle depuis de longues minutes. Lorsqu’elle quitta son regard, ce fut pour descendre le long de son torse et s’accrocher à son ceinturon. Elle ne voulait pas plus. Elle ne voulait pas descendre. Elle s’interdisait d’aller plus bas. Pour éviter l’inévitable, elle songea à ses impôts, évalua sa charge de travail, réfléchit à son planning... Elle tenta de se concentrer sur les choses les plus désagréables qui soient pour elle, tout ce qui la retenait à terre, la piégeait dans un quotidien professionnel, pour ne pas descendre, pour ne pas chuter, pour ne pas constater ce qu’elle savait déjà : elle le faisait bander autant qu’il la faisait mouiller.
C’était bon ce sentiment de faire triquer un homme, un inconnu, surtout lorsque l’homme est beau et qu’il ne regarde que vous. Pour prolonger cette extase de l’instant qui ne revient jamais, ce désir insensé d’une peau, d’un ventre, d’une verge et de couilles à saisir, elle se força à refaire le chemin inverse, à remonter le long de ses tétons qu’elle percevait durs et prêts pour elle, à effleurer son cou et à faire une longue pause sur sa bouche. Et là, elle n’aurait pas dû, là fut son erreur. Lorsqu’elle fixa sa bouche, il était en train de la mordre au sang, lui révélant par ce simple geste l’envie furieuse qu’il avait d’elle. Elle n’aurait pas dû s’attarder sur ses deux ourlets de chair si bien dessinés qu’ils se suffisaient à eux-mêmes pour provoquer le désir fou de les engloutir, de les mouiller, de les saliver, de les avaler, de les sucer.
Lorsqu’elle tomba sur sa bouche, indépendante de tout le reste de son visage et de son corps, le filet qu’elle avait réussi à bloquer entre ses cuisses commença à lui échapper. Elle le serra alors si fort qu’elle aurait pu jouir là tout de suite, sans effleurement, sans doigts, sans langue, rien qu’avec son regard sur la vulve entrouverte de l’homme et l’idée de sa queue gonflée, accessible, vivante et prête. À ce moment précis, lorsqu’elle sentit que l’orgasme montait dans sa tête, elle détourna le regard et décida de s’asseoir. Avec un peu de chance, la place libre juste en face d’elle n’était pas celle de l’homme. Avec un peu de chance, il renoncerait, partirait d’elle pour aller se poser ailleurs. Lorsqu’elle s’assit, elle sentit le filet poisseux coller ses cuisses l’une contre l’autre. Elle perçut une légère odeur, l’odeur bien connue du désir, du sexe et de la mort. Elle s’en voulait terriblement de mouiller ainsi pour lui qu’elle ne connaissait pas, et en même temps, elle se sentait de nouveau si belle, si jeune, si vivante. Ses yeux fixés sur elle et son mordillement de lèvres avaient suffi à la transporter ailleurs et maintenant elle luttait pour ne pas y revenir. Assise, elle osait à peine desserrer les jambes. Elle avait ouvert son imperméable pour qu’il la voie, qu’il la sente, qu’il la hume. Bien sûr ça, elle ne l’aurait jamais avoué, aurait prétexté le long trajet à venir et la chaleur d’une fin d’été. Pendant qu’elle s’installait, il ne l’avait pas quittée des yeux, il savait et cela l’amusait de savoir qu’elle se demandait où était sa place. Mais sa place bien sûr était en face d’elle, sur elle, au fond d’elle. Il savait que bientôt, elle et lui allaient se fondre, se boire, se déguster, se baiser, se troncher, se bousculer, se bouleverser. Ce qu’il ignorait c’était quand, car il avait bien l’intention de lui laisser l’initiative. Lui, il était là, posé en face d’elle, pour elle, il l’attendait, il savait déjà ses frémissements, ses hésitations, ses regards, son musc, sa fuite, son odeur. Il savait déjà. Sa queue lui avait déjà tout raconté. Il savait depuis le départ que sa queue voulait sa chatte et que sa chatte voulait sa queue. Il savait qu’elle luttait mais que, chaque fois, son regard revenait sur le braquemart interdit.

Elle pensait ne pas le regarder. Il savait que même lorsqu’elle tournait la tête ou se concentrait sur son imperméable, elle ne pensait qu’à ça, ne voulait que ça, avec lui. Alors, il la faisait descendre le long de ses jambes, lui posait une main tendre et douce sur la tête en l’attirant vers sa bosse énorme, brûlante, pleine de ce jus qu’il allait lui déverser dessus, dedans et ailleurs, partout où elle le lui demanderait. Car il voulait que ce soit elle qui réclame, qui quête, qui supplie du regard et du corps lorsqu’elle n’en pourrait plus de sa petite douleur au creux de ses lèvres, là au bord du string. Il la savait trempée, tremblante presque jouissante. Il l’avait lu dans son regard lorsqu’en s’asseyant, elle avait serré les jambes pour éteindre le feu, stopper la tempête, canaliser le flux. Il l’avait lu lorsque la tête baissée, elle avait prié pour qu’il ne s’assoit pas en face d’elle. Il l’avait définitivement compris lorsqu’elle avait ouvert son imper pour qu’il voie ce qui jusqu’à présent lui avait été caché, ses hanches, son ventre, ses seins, son décolleté. Lorsqu’elle les lui avait offerts sans le regarder, il s’était mis à triquer comme un fou. C’était à son tour d’avoir l’impression d’exploser. Alors, comme elle, il s’était assis pour se calmer, pour endiguer le flot de sperme qui montait et qu’il n’était pas sûr de pouvoir contrôler. Comme elle, il avait détourné un instant le regard pour oublier cette femme, posée en face de lui, les jambes serrées, les seins tendus, les mains à portée de ses bourses. S’il s’était écouté, il se serait jeté à sa vulve, là tout de suite, il aurait remonté sa jupe, vite, sans ménagement, et il l’aurait léchée sur son string. Elle n’attendait que cela, il le savait, elle aurait joui instantanément, elle aurait coulé dans sa gorge et il aurait crié de sentir sa bite exploser sous l’odeur de cette femme, mais loin de ses mains, loin de ses lèvres, loin de tout attouchement. Là où ils en étaient, ils le savaient, l’un et l’autre, ils pourraient jouir rien qu’en se regardant. Un autre mordillement sur une lèvre, une langue mouillée qui s’échappe, un doigt dans la bouche, un regard sur un téton, un frôlement de seins, tout, rien et n’importe quoi auraient pu à cet instant précis leur arracher le cri du musc et du sperme mêlés. Mais ni l’un ni l’autre ne le voulaient déjà. Ce qu’ils désiraient plus que tout, sans mot, sans regard tant ils étaient fatigués de se vouloir, c’était se désirer encore et se tarder l’un l’autre. Lorsqu’il s’était assis en face d’elle, comme elle le redoutait, et qu’il avait baissé la tête pour reprendre moralement le pouvoir sur sa bite, elle en avait profité pour l’observer. Elle aurait adoré passer sa main dans sa tignasse brune, soulager ses épaules qu’elle sentait contractées sous le pull, débarrasser ses tétons de cette incroyable tension qu’elle percevait et surtout, surtout, elle aurait adoré plus que tout se mettre à genoux, sentir sa main d’homme posée sur ses cheveux de femme et regarder l’autre déboutonner son jean.

Elle adorait les hommes en jean, elle adorait imaginer leur bite flottant sous cette toile souple et rugueuse. Elle adorait l’idée de sa main qui la dirigeait vers son centre de vie. Elle adorait l’idée qu’il ne pourrait pas lui résister et qu’il ne ferait rien pour retenir son jet et taire son cri.
À genoux entre ses jambes, elle le humait, elle le reniflait et elle commençait à le laper comme un jeune chiot affamé. À chaque fois qu’il sentait son petit bout de langue rose se poser sur ses couilles, sur sa queue ou sur son gland, il sursautait. Il ne voulait pas qu’il parte de là et, en même temps, il rêvait de le sentir ailleurs, plus haut, plus bas, il ne savait plus, il la voulait partout à la fois mais l’idée qu’il préférait, c’était celle de son petit bout de langue doux et très rose, dans son trou à lui. Souvent, il avait rêvé de cet instant unique où il ouvrirait sa plus grande intimité à la femme qui choisirait de la découvrir. Souvent, il avait imaginé une bouche, un doigt, un gode, jamais il n’avait osé rêver à ce petit bout de chair si tendre et si précis. Le jean à mi-jambes, il écartait les cuisses pour ce petit bout de vie qui ne voulait que lui. Il sentait le bonheur absolu se frayer un chemin doucement, langoureusement jusqu’à son cul. Il percevait de très loin cette femme à genoux devant lui et il adorait sentir ses cheveux sur ses couilles, ses yeux sur les gouttes de sperme qu’elle lui arrachait malgré lui, sa bouche gourmande qui prenait sans demander. Épuisé, il releva la tête d’un geste brusque, presque violent, dégagea son front de la mèche qui lui avait permis de récupérer quelque contenance et planta de nouveau son regard dans ses yeux, juste dans ses yeux. Rattrapée par l’attention qu’il lui portait, elle ravala son fantasme et tenta un regard autour d’elle. Rien, elle ne voyait rien. Il y avait bien là-bas, cette étudiante rivée à son ordinateur, un livre de latin à côté d’elle. Il y avait bien cet homme somnolent dans l’autre allée. Il y avait bien cette jeune femme et son bébé jappant de temps en temps des areu, areu. Il y avait bien... Mais en fait, il n’y avait qu’eux, elle et lui, l’un en face de l’autre, prêts à se sauter dessus dès qu’ils l’auraient décidé, enfin qu’elle l’aurait décidé, mais ça, elle ne le savait pas, elle attendait que lui le fasse, qu’il lui parle, qu’il lui raconte n’importe quoi pourvu qu’il fasse le premier geste et qu’il la prenne. Lui pour entamer leur danse, une jambe croisée sur l’autre, attendait le signal de celle qu’il ne quittait plus du regard. Elle revenait inlassablement à son visage, à l’image qu’il lui renvoyait d’elle : une femme soumise à son désir et entièrement dévouée à la pulsion sexuelle qu’il avait fait naître et émerger à fleur de clitoris. Si elle prenait là, maintenant, le risque de bouger, ne serait-ce que d’écarter les jambes comme elle en rêvait, il plongerait son regard dedans, elle en était sûre, et il l’enserrerait sans la toucher pour la faire couler de ses lèvres à sa bite qu’il lui tendrait ensuite pour qu’elle la glisse et l’avale au plus profond de sa gorge. Si elle continuait à le regarder ainsi et qu’il continuait à la chercher en passant de ses yeux à ses seins, de ses seins à son ventre, de son ventre à son vagin, trempé, dégoulinant de lui, c’est sûr, elle allait lui céder. S’il continuait à lui braquer sa verge droit dans les yeux, à lui tendre sa braguette, l’air de rien, comme ça, simplement en se tournant vers elle, elle allait tomber, venir mourir à ses pieds et le faire jouir et jouir avec lui infiniment longtemps et si vite.
Son flux et son sperme se mêleraient comme deux êtres connus totalement indépendants d’eux et pourtant si dépendants de leur mental qu’ils jouiraient ensemble entièrement, absolument tendus l’un vers l’autre sans se toucher. Mais tout à coup, l’idée de ne pas le toucher une fois, une seule fois, juste le temps de sentir sa bite si grosse au creux de sa main, lui parut insupportable. Alors elle s’avança tout au bord de son fauteuil, écarta nettement les jambes, lui offrit sa vulve qui avait taché son petit slip blanc de jeune fille et se rapprocha de plus en plus près de lui en faisant glisser son cul sur le fauteuil. Arrivée tout au bord, dépouillée de toute décence, la tête et le corps exclusivement occupés par l’envie de sa bite dans son con, de son doigt dans son cul et de sa langue dans sa bouche, elle se jeta contre lui, dans un soupir de bord de jouissance. Mais là, quelque chose ne se passa pas. Contre toute attente, l’homme ne bougea pas. Il ne la reçut pas dans ses bras, ne l’attira pas contre son ventre, ne lui tendit pas les bras, ne la prit pas à pleines lèvres, ne lui toucha pas les seins, n’essaya pas de se faufiler le long de son slip blanc maculé par le désir de lui, ne l’écarta pas pour la pénétrer, ne lui tendit pas son sexe énorme et dur, ne lui offrit pas ses couilles... Contre toute attente, l’homme ne broncha pas. Pas un mot, pas un râle ne sortit de sa bouche rouge aux dents blanches, si blanches. L’homme ne cilla pas. Ses yeux étaient verts, si verts. Rien n’en sortait. Ils n’exprimaient rien. Tout à coup, ses iris, tout à l’heure entièrement rivés à ses lèvres, ne lui parlaient plus, ne l’attiraient plus, ne soudoyaient plus son désir. Autour d’elle, la jeune fille refermait son ordinateur, le bébé dormait dans les bras de sa mère, l’homme somnolent était réveillé, et tous la regardaient. Elle était debout, les jambes écartées, tremblantes, les yeux hagards, les mains projetées en avant, les yeux braqués droit devant elle, son corps mou, si mou la portait à peine. Elle était debout, les jambes légèrement fléchies, le corps en déroute, la tête dans son rêve: l’homme en face d’elle ne la regardait plus. Elle était sur lui. Il ne la voyait plus. Indifférente à son entourage, elle lui baisa les lèvres doucement, tendrement, posa un doigt sur ses yeux, toucha son sexe à travers son jean de papier et se rassit tranquillement en face de l’homme sur l’affiche. Un long signal sonore venait de mentionner l’arrêt du 6969. Assise, seule, en face de lui, elle releva sa jupe, écarta son string, lui montra ses bas haut perchés sur ses cuisses ruisselantes, mouilla son doigt lentement et le glissa dans sa vulve, le regard perdu dans ses iris verts. Ses yeux de nouveau à hauteur de ses lèvres pulpeuses, il l’encouragea en lui rendant son désir. Elle s’ouvrit davantage et partit loin, très loin, là-bas avec lui. Trempée, gonflée, elle se fit jouir jusqu’au bout du désir de lui.

On entendit son cri, très longtemps et très loin là-bas sur le quai où son amour l’attendait.

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Présente édition : Pocket, 24 août 2007, 245 pages
ISBN-10: 2266162101 / ISBN-13: 978-2266162104

Voir également :
- Folies de femmes (2011), présentation

Un Pèlerin d’Angkor - Pierre Loti - 1912

pierre loti, camboge, angkor, un pelerin d angkor, un pelerin d'angkor, recits de voyage, litterature francaise1901. Eternel voyageur, Pierre Loti profite d’une escale de son bateau dans le golfe du Tonkin pour réaliser un rêve d’enfant, celui de découvrir les ruines d’Angkor.
Son périple le mène de Saïgon vers Phnom Penh, lui fait traverser le lac Tonlé Sap et entre-apercevoir la ville de Siem Reap, avant de découvrir les ruines des deux principaux temples angkoriens : Angkor Vat et le Bayon.
Et comme à son habitude Loti en profite pour découvrir seul ces magnifiques trésors laissés à l’abandon, et où il en profite pour s’adonner à la contemplation de ces merveilles.
Son escapade n’est hélas que de courte durée (elle commence le 23 novembre 1901 et se termine le 03 décembre de la même année) mais elle lui permet malgré tout de découvrir les derniers témoignages de la grandeur khmère d'antan.

Les écrits de Pierre Loti ont toujours été des témoignages hors norme et d’une beauté exceptionnelle, pleins de poésie dans la contemplation, des voyages d’antan. Si vous voulez découvrir le monde tel qu’il a été, rien de mieux que de lire un Pierre Loti. Avec Un pèlerin d’Angkor, écrit en 1912, Pierre Loti nous fait découvrir les ruines d’Angkor, celles d’avant le déluge touristique, à travers le regard subjectif d’un voyageur romantique. Evidemment il n’y a guère d’intrigue ici, tout n’est que contemplation, et pourtant Pierre Loti réussit sans cesse à passionner le lecteur.
Ce texte a été réédité en 1930 et augmenté de magnifiques illustrations de F. de Marliave.

A découvrir ! Pour Angkor, et pour cette magnifique écriture de Pierre qui nous y transpose au tournant de quelques pages.

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Texte intégral :

Un Pélerin d'Angkor - Pierre Loti - 1912


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Voir également :
- Aziyadé - Pierre Loti (1879), présentation
- Suleïma - Pierre Loti (1882), présentation
- Madame Chrysanthème - Pierre Loti (1887), présentation
- Au Maroc - Pierre Loti (1890), présentation

dimanche, 07 octobre 2012

Le Service, tome 1 : Premières armes 1960-1968 - Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et Alain Paillou - 2011

le service, bd, bande dessinee, bandes dessinees, france, services secrets, litterature francaise, jean-blaise djian, olivier legrand, alain paillou, tome 1, premieres armes 1960-1968C'est un secret bien gardé au plus haut sommet de l'Etat. Des hommes de pouvoir ont créé, au sein de la Ve République, une police secrète. Durant les années 60 à 90, cette police a agi dans la plus grande clandestinité. C'est l'histoire de cette organisation ayant pour nom de code " Le Service " qu'un journaliste d'investigation raconte. Il a retrouvé la trace d'un de ses tueurs. Il se nomme Paul Galland. Témoin privilégié, il ne se livre pas, il agit.
En effet au début des années 60, alors que la guerre d’Algérie arrive à son terme, le soldat Galland ets blessé et hospitalisé. Pour lui et bien malgré lui, la guerre est finie et le retour en France imminent. Mais pour Galland  c’est un grand vide qsui se crée : il est soldat, il est fait pour... et ne peut rien faire d’autre. Alors lorsque le Lieutnant Charrière, l’un de ses anciens supérieurs, lui propose d’intégrer le “Service”, il n’hésite pas une seconde. Ainsi Galland va intégrer ce service secret dont le but est d’éliminer par n'importe quel moyen tous les éléments subversifs qui pourraient mettre en danger le gouvernement gaulliste. Et en effet le travail ne manque pas en ces temps troubles, alors que la guerre d’Algérie se négocie dans le sang, y compris dans les rues de Paris, et que de nombreux mouvements de jeunesse, contestataires, naissent un peu partout. Mai 1968 s’approche à grands pas.


Le Service, tome 1 : Premières armes 1960-1968, sorti en 2011, est le premier tome d’une série de bande dessinée du duo de scénaristes Jean-Blaise Djian et Olivier Legrand, aidés par le dessinateur Alain Paillou.
L’idée originale nous fait redécouvrir les moments sombres de la Ve République française, du point de vue d’un service secret, imaginaire (?) ou peut-être pas tant, prêt à tout pour conserver à sa place le régime du Général. Ce genre de “services” ont souvent été traités dans la fiction, mais plutôt du côté américain, et pas tant que cela en Europe et en France.
La série est prévue en quatre tomes, avec une publication par an, le second étant prévue pour cette année 2012, et couvrant chacun une décennie de l’histoire française.
A la lecture de ce tome, ce qui marque avant tout est la force et l’intelligence du scénario, ainsi que la gravité du sujet. Le dessin, très beau et efficace, m’a tout de même quelque peu moins convaincu, pour des questions de goût. Néanmoins le résultat est impressionnant et marquera plus d’un lecteur.

Vivement le second tome !

Extrait : une planche au hasard

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Présente édition : éditions Emmanuel Proust, 22 septembre 2011, 64 pages
ISBN-10: 2848103523 / ISBN-13: 978-2848103525