vendredi, 17 mai 2013

Dôme, tome 1 (Under The Dome) - Stephen King - 2009

dome, stephen king, fantastique, science-fiction, litterature americaineL'homme s'arrêta. La marmotte comprit qu'elle avait été repérée. Sur sa droite, juste devant elle, il y avait un bouleau tombé au sol. Elle allait attendre qu'il soit passé, puis partirait à la recherche d'un morceau...

La marmotte n'alla pas plus loin dans ses pensées - même si elle avança encore de trois pas - car elle venait d'être coupée en deux. Elle s'effondra sur le bas-côté. Du sang jaillit par à-coups; ses entrailles se répandirent sur le sol; ses pattes postérieures s'agitèrent rapidement deux fois, puis s'immobilisèrent.

Sa dernière pensée, avant de plonger dans les ténèbres où nous sombrons tous, marmottes comme êtres humains, fut: Qu'est-ce qui s'est passé?

Un beau matin d’automne la bourgade de Chester Mill, dans le Maine, va connaître un événement aussi incroyable que terrifiant. D’un instant à l’autre, la ville va se retrouver isolée du monde par un champ de force invisible qui tel un dôme englobe en hauteur, et aussi en profondeur le territoire exact de la ville. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage, et les habitants de l’intérieur, après un moment de stupeur, vont commencer à s’organiser pour y survivre, car au fil des jours les ressources à l’intérieur de Chester Mill commencent à se raréfier. Le premier adjoint du maire Jim Rennie, a vite compris les avantages à tirer de cette situation en ordonnant un nouvel ordre social, le plaçant lui en tête, et avec sous sa coupe, par la terreur, la population entière de la ville. Tous ne l’entendent pas ainsi et une résistance s’organise autour de Dale Barbara, un vétéran de la guerre d’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville.

Vaste roman de plus de 1500 pages (en format poche) et publié en deux volumes, Dôme de Stephen King est un roman étonnant pas sa simplicité et son postulat et si efficace par le traitement qu’en fait ce grand auteur de fantastique, qui en main de maître dirige toute une galerie de personnages, la quasi-totalité de la population de Chester Mill à travers son funeste destin. Stephen King se concentre surtout sur ces relations humaines, qui rapidement se dégradent, à partir d’un postulat fantastique dont on ne sait encore si on en connaîtra la raison réelle, pour finir par donner une belle allégorie sur le totalitarisme, ainsi qu’une réflexion sur la nature humaine et sa résistance aux situations extrêmes.
Pour l’anecdote, Stephen King avait commencé à rédiger les bases de ce roman en 1976 avec une histoire nommée initialement The Cannibals et qui traitait à l’origine de locataires d’appartements qui se trouvent enfermés dans leur immeuble. Mais au bout de 75 pages l’auteur abandonnera le projet avant de le reprendre en 2007.
Il est à noter que l’entièreté de l’histoire se déroule à l’intérieur du dôme, et que les personnages sont très nombreux, même si quelques principaux surnagent. Cela pourrait paraître négatif ou fastidieux à la lecture, mais l’auteur sait y faire, et petit à petit on découvre la ville et ses habitants au point de tout connaître comme si on y avait vécu. Par contre les personnages ne sont pas toujours très attachants, on sent que l’auteur cherche à noircir le tableau, mais hélas, par moments, j’en arrivais à souhaiter que tous périssent sous ce foutu dôme.

Arrivé à la fin de ce long premier tome, qui ne représente qu’une coupure éditoriale, le lecteur se lancera immédiatement dans la suite, tant l’ensemble est prenant.

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Présente édition :  Le Livre de Poche, 6 mars 2013, 840 pages
ISBN-10: 2253169781 / ISBN-13: 978-2253169789

Voir également :
Cujo - Stephen King (1981), présentation
Christine - Stephen King (1983), présentation
L'année du loup-garou (Cycle of the Werewolf) - Stephen King (1983), présentation
La peau sur les os (Thinner) - Richard Bachman (Stephen King) (1984), présentation
Misery - Stephen King (1987), présentation
Ecriture : Mémoires d’un métier (On Writing : A Memoir of the Craft) – Stephen King (2000), présentation
Dreamcatcher - Stephen King (2001), présentation
Colorado Kid (The Colorado Kid) - Stephen King (2005), presentation
Cellulaire (Cell) - Stephen King (2006), presentation

lundi, 18 mars 2013

Guide de survie en territoire zombie (The Zombie Survival Guide) - Max Brooks - 2003

guide survie en territoire zombie, max brooks, litterature americaine, fantastique, zombies, guideQue faire lorsque tout autour de nous les morts marchent de nouveau et de plus se mettent à attaquer les vivants ? Bref, que faire face à une épidémie de zombies ?

Tel est le sujet de texte écrit en 2003 par l’américain Max Brooks qui se présente comme le guide de survie pour le cas d’une hypothétique attaque de morts-vivants. Ainsi ce guide se compose de 6 chapitres qui devront faire comprendre à tout citoyen le contexte, les risques encourus et surtout... comment survivre.
Le premier chapitre Les Morts-vivants : Mythes et réalités nous décrit ainsi l’origine des zombies, le virus dénommé Solanum, et aborde la transmission de la maladie d’un individu à l’autre, les traitements (rares) et la conduite à tenir en cas d’infection (suicide, amputions,...) Sont également présentés la physiologie du zombie et ses aptitudes.
Un second cahpitre est dédié aux Armes et techniques de combat, cela allant des armes à feu aux armes blanches.
Puis sont abordés dans le chapitre suivant les moyens de défense dont tout citoyen dispose, ou cdu moins comment réussir à se débrouiller.
Pour passer ensuite aux Fuites et déplacements, puis la Chasse du Zombie.
Le chapitre final nous décrit enfin comment survivre dans un monde post-apocalytpique, dans lequel les zombies auraient enfin réussi à renverser l’humanité, bien vivante.
S’ensuit en annexe une Liste des épidémies recensées avant de trouver un Journal de bord afin d’annoter les premières apparitions d’une probable épidémie.
Bref en cas d’épidémie de morts-vivants, le Guide de survie en territoire zombie vous sauvera la vie.

En tout cas telle est l’approche donnée par Max Brooks dans son Guide de survie en territoire zombie en nous livrant cet impressionnant guide, écrit comme si tout cela pouvait être bien réel. Mais la réalité en hélas bien loin, ce qui rend le tout par moments extrêmement drôle... du moins en principe. Car si l’idée d’un tel guide m’a de suite plu, le lire a été bien différent. On découvre ainsi un mélange de tous les clichés de ce genre fantastique, rassemblés en un, et étudiés de manière très sérieuse, mais cela ne vaut une histoire réelle. L’immersion du lecteur est censé se faire ici par l e livre-objet en soi et non pas par ce qu’il raconte. Le principe est intéressant, mais en réalité cela ne fonctionne pas toujours. Néanmoins les fans de gore et principalement d’histoires de revenants s’en amuseront. Certains passages sont plus réussis que d’autres. Et pour ma part, ce qui m’avait le plus marqué a été la liste des épidémies recensées, qui reprend une multitude d’épidémies imaginaires, même si on y croirait presque, qui seraient intervenus depuis les débuts de l’humanité, toujours avec un bref descriptif de ce qui se passa, et comment le problème fut résolu. Ce chapitre n’arrivant qu’à la fin est celui qui m’a finalement réconcilié qui jusque là ne me paraissait que peu intéressant.

A noter que le roman World War Z du même auteur et paru en 2006 se base en partie sur ce texte-ci. Le roman est d’ailleurs bien plus intéressant et représente à mes yeux une véritable réussite du genre.

Bref, le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks se base sur une idée et un principe très intéressants. C’est parfaitement construit, mais, hélas, à la lecture on se rend également compte des limites du principe.

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Présente édition : traduit de l'américain par Patrick Imbert, Le Livre de Poche, 3 novembre 2010, 384 pages
ISBN-10: 2253134643 / ISBN-13: 978-2253134640

Voir également:
- World War Z (2006), présentation 

mercredi, 09 janvier 2013

Baltimore : une année dans les rues meurtrières (Homicide: A Year on the Killing Streets) - David Simon - 1991

david simon, homicides, the wire, baltimore, une année dans les rues meurtrieres, david simon, litterature americaine, reportage, baltimore, police, essaiBaltimore en 1990 est l’une des villes américaines connaissant l’un des taux de criminalité les plus élevés des États-Unis. Mais la police veille, du moins elle suit... en tout cas elle essaie... et chaque jour son retard se creuse et de plus en plus de dossiers se classent sans être résolus. Le département d’élite de la police de Baltimore est sans nul doute la celui dédié aux homicides. Et c’est dans ce service que le jeune journaliste du Baltimore Sun David Simon va passer une année en suivant jour après jour les inspecteurs de l’unité des homicides de la ville, cela jour et nuit en fonction des affaires qui s’accumulent. Depuis le premier coup de fil annonçant un meurtre jusqu’au classement du dossier, David Simon observe, inlassablement, derrière l’épaule des enquêteurs, sur les scènes de crime, dans les salles d’interrogatoire, au service des urgences.
Des tensions raciales aux circuits de la drogue, en passant par les décisions politiques, judiciaires et administratives, parfois aberrantes, David Simon passe en revue chacun des aspects de l’homicide à Baltimore, pour en donner une vision à la fois terrible de réalisme mais aussi très humaine.

Et le tout est bien loin de l’image impeccable qu’il en est donné dans de nombreux films et séries télévisés américaines.

Pourtant Baltimore  : une année dans les rues meurtrières a été adapté dans les années 1990 au petit écran pour l’excellente série Homicides créée par Paul Attanasio et produite par Barry Levinson. L’auteur David Simon abandonnera d’ailleurs le journalisme pour la télévision où il connaîtra encore de nombreux succès, dont celui de The Wire (Sur écoute).david simon, homicides, the wire, baltimore, une année dans les rues meurtrieres, david simon, litterature americaine, reportage, baltimore, police, essai


Il est dommage que les éditeurs français aient attendu 2012 pour traduire et publier ce roman, surfant ainsi sur le succès actuel de David Simon, alors que moi-même je l’avais il y a près de 20 de cela. Du coup on s’étonne parfois qu’un document qui se veut réaliste ait déjà 20 ans (cela se constate notamment dans de nombreux détails décrivant le quotidien des policiers, ainsi que la situation soci-économique de l’époque qui était nettement différente). Mais mieux vaut tard que jamais... même si cette deuxième et récente lecture m’ait bien moins convaincue que la première, celle faite à l’époque de sa première publication.

Baltimore  : une année dans les rues meurtrières  de David Simon est certainement un livre à découvrir, mêmes’il a fortement perdu de son actualité.

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Présente édition : traduit de l’américain par Héloïse Esquié, Sonatine, 27 septembre 2012, 936 pages
ISBN-10: 2355841225 / ISBN-13: 978-2355841224

mercredi, 02 janvier 2013

L’année du loup-garou (Cycle of the Werewolf) - Stephen King - 1983

stephen king, l annee du loup-garou, cycle of the werewolf, bernie wrighston, peur bleue,loup-garou, horreur, fantastique, litterature americaineTarker Mills dans les forêts profondes du Maine. C’est en janvier qu’a eu lieu le premier meurtre, une nuit de pleine lune. La victime est un employé des chemins de fer et elle vient d’être la première victime d’u loup-garou. Un mois plus tard, une femme est attaquée à son domicile. Et ainsi de suite, à chaque pleine lune, des grondements à moitiés humains se font entendre dans la nuit, et partout, les empreintes d’un monstre que rien ne semble pouvoir rassasier. Et cela jusqu’à ce qu’un héros bien particulier en vienne à bout.

L'Année du loup-garou de Stephen King est un court roman, paru 1983 et divisé en douze chapitres, un pour chaque mois de l’année correspondant à chacune des apparitions du loup-garou. Le texte est illustré par Bernie Wrighston, auteur américain de bandes dessinées.
L’origine de ce texte orignal date de 1979 alors qu’un éditeur commande au célèbre auteur de romans d’horreur Stephen King, une série de petites vignettes de 500 mots, illustrées ensuite par l'artiste Bernie Wrightson. L'auteur se met alors au travail, mais des vignettes il fait de véritables chapitres, et du calendrier un livre.
Outre sa forme de calendrier le roman est un récit fantastique assez classique traitant destephen king, l annee du loup-garou, cycle of the werewolf, bernie wrighston, peur bleue,loup-garou, horreur, fantastique, litterature americaine lycanthropie. Si le modèle du Bien triomphant le Mal est respecté, ceux-ci prennent toutefois des tournures quelque peu particulières, étant donné que le Mal (le loup-garou) est en fait un homme d'église frappé par un sort inexpliqué qui se verra triompher par le héros incarné par un jeune garçon handicapé semblant plus vulnérable que n'importe quel autre personnage. Question écriture Stephen King varie les styles de mois en mois, rendant ce texte particulièrement fort et poignant, sans non plus trop marquer le lecteur qui pourrait s’attendre à plus de la part du grand maître de l’horreur.
Les dessins quant à eux, bien nombreux, coloriés ou en noir et blanc, sont tout à fait classiques de ce qui se faisait dans le domaine de la bande dessinée américaine à la fin années 1970 et au début 1980, quelque chose de finalement assez vieillot de nos jours.

Une adaptation au cinéma a été réalisée en 1985 par Daniel Attias sous le titre de Peur bleue, Silver Bullet en version originale, à partir d’un script écrit par Stephen King lui-même.

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Présente édition : Albin Michel, 31 octobre 2012, 130 pages
ISBN-10: 222624512X / ISBN-13: 978-2226245120

Voir également :
- Cujo - Stephen King (1981), présentation
- Christine - Stephen King (1983), présentation
- La peau sur les os (Thinner) - Richard Bachman (Stephen King) (1984), présentation
- Misery - Stephen King (1987), présentation
- Ecriture : Mémoires d’un métier (On Writing : A Memoir of the Craft) – Stephen King (2000), présentation
- Dreamcatcher - Stephen King (2001), présentation
- Colorado Kid (The Colorado Kid) - Stephen King (2005), presentation
- Cellulaire (Cell) - Stephen King (2006), presentation
- Dôme, tome 1 (Under The Dome) - Stephen King (2009), présentation

mardi, 13 novembre 2012

Marionnettes humaines (The Puppet Masters) - Robert A. Heinlein - 1951

the pupett masters, marionnettes humaines, litterature americaine, robert a heinlein, robert anson heinlein, science-fiction, invasion extra-terrestreL’invasion extra-terrestre a commence en 2007… et personne ne s’en est rendu compte.
En effet plusieurs soucoupes ont atterri en divers points stratégiques des Etats-Unis d’Amérique, et les extra-terrestres, en espèces parasites ont pris le contrôle des êtres humains locaux, et via leurs « hôtes » ils ont pris le pouvoir politique, contrôlent les communications, le gouvernement et l’industrie.
Seule un service d’élite des Renseignements américains est au courant de l’affaire, et à l’aide de l’agent Sam Cavanaugh, un agent surentraîné prêt à tout pour sauver son pays, elle va tout tenter pour sauver ce qui reste et redonner les pouvoirs au président des Etats-Unis.
Mais pour arriver à bout de cette invasion, il faut accepter d’en payer le prix, et le tribut sera lourd...

Marionnettes humaines (The Puppet Masters) est un roman de sicence-fiction de Robert A. Heinlein paru en 1951. Il fait penser au plus célèbre L’invasion des profanateurs de Jack Finney, pourtant sorti quatre années plus tard. Ce roman est également paru sous le nom de Maîtres du monde, titre sous lequel il connaîtra une adaptation cinématographique en 1994.Le roman a également été longtemps publié en version abrégée, et les deux versions se mélangent dans la mesure où les éditeurs américains ont fait paraître les deux versions sous le même numéro ISBN.
Le roman en soi se veut un thriller haletant dans lequel on retrouve un agent secret surentraîné amené à combattre en quasi solitaire une invasion d’extra-terrestres qui en parasites se collent sur les humains pour en prendre le contrôle. Cela a l’air assez passionnant, d’ailleurs le roman commence plutôt bien, mais force est de constater, que, depuis 1951, le tout a bien trop vieilli. Difficile d’y croire encore aujourd’hui, tant l’action paraît incrédible et que le monde futuriste imaginé par l’auteur sonne faux et bien loin de tout progrès connu par l’humanité depuis. L’histoire se déroule en effet à partir de 2007 pour un roman écrit en 1951. De plus le style de narration, à la première personne, ne convainc guère plus.the pupett masters, marionnettes humaines, litterature americaine, robert a heinlein, robert anson heinlein, science-fiction, invasion extra-terrestre

 
Et pourtant le roman garde encore un bel intérêt, cela par la paranoïa de l’époque, car 1951 c’est bien le début de la Guerre froide. Lorsque Heinlein décrit comment seuls les Etats-Unis d’Amérique se font envahir par des êtres prenant possession de la pensée des hommes libres, il faut évidemment comparer ces aliens aux communistes et soviétiques, dont les idées avaient un certain succès au début des années 1950. L’Amérique était sur le point d’être envahie mentalement par les « Rouges », du moins c’est ce que craignaient certains, et cela a conduit à une véritable chasse aux sorcières menée par le sénateur MacCarthy qui mena à une épuration de tous les éléments subversifs de la société américaine. Et il ne faut pas compter sur Heinlein pour traiter ce sujet de façon critique. Non, ici cet envahisseur insidieux est bien réel ; et tous les moyens sont bons pour combattre ces ennemis qui prennent possession de l’esprit des bon Américains.

A noter le paragraphe suivant lorsqu’il est question de l’URSS : « La machine de propagande des Russes ne tarda pas à se répandre en invectives contre nous, dés qu’ils eurent mis leur tactique au point. Toute l’affaire fut qualifiée d’invention des impérialistes américains. Je me demandai en passant pourquoi les larves ne s’étaient pas d’abord attaquées à la Russie : c’était un pays qui leur serait allé comme un gant. A la réflexion je me demandai si elles ne l’avaient pas fait. En réfléchissant davantage encore, je me demandai quelle différence cela aurait pu faire de toute façon ! ».

Mais Marionnettes humaines, au-delà de ses idées politiques douteuses, est aussi le parfait exemple de cette littérature de la paranoïa et de l’hystérie qui fleurissait à l’époque.

Marionnettes humaines de Robert A. Heinlein vaut donc avant tout pour son contexte historique et le reflet d’une époque qu’il en donne aujourd’hui, car sans doute certains amateurs de science-fiction trouveront ce roman encore plaisant, mais avoueront qu’il ne présente plus rien de transcendant, avec des personnages superficiels, un manque évident de descriptions, un rythme de narration souvent trop rapide... et le tout qui paraît aujourd’hui bien vieillot. Bien sûr l’auteur a du talent, et on se laisse quand même emporter par ce récit fort divertissant.

Bref, Marionnettes humaines n’est certes pas un chef-d’oeuvre, mais il garde un certain intérêt qui fait de lui un classique de la littérature du XXème siècle.

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Présente édition : traduit de l’américain par Alain Galatigny et complété et révisé par Pierre Paul Durastani, Folio SF / Gallimard, 7 avril 2011, 416 pages
ISBN-10: 2070441261 / ISBN-13: 978-2070441266

Voir également :
En terre étrangère (Stranger in a Strange Land) – Robert A. Heinlein (1961), présentation 
Révolte sur la Lune (The Moon is a Harsh Mistress) - Robert A. Heinlein (1966), présentation

vendredi, 12 octobre 2012

World War Z - Max Brooks - 2006

max brooks, litterature americaine, fantastique, world war z, zombis, zombies, romans catastropheLa guerre des zombies a eu lieu, une guerre d’envergure mondiale, la Guerre Z, qui a failli en quelques mois éradiquer l’entièreté de l’humanité. Mais les humains ont réussi à vaincre les morts-vivants, laissant un monde chaotique qui tente tant bien que mal de se reconstruire sur les ruines du passé.
Un envoyé de l’ONU, ou ce qu’il en reste,  parcourt le monde pour recueillir les témoignages de tous ceux qui ont vécu au plus proche cette guerre, cela depuis les débuts de l’épidémie en Chine, sa rapide évolution pandémique jusqu’à la guerre totale. Il est amené à parcourir des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d’âmes et les endroits les plus inhospitaliers de la planète, refuges ultimes de certains survivants. Il réussit ainsi à retracer tout le déroulement de cette guerre, cela sous tous ses aspects, en donnant un document unique sur la survivance humaine.
Car il importe de prendre connaissance de ces comptes rendus parfois à la limite du supportable, car nul ne sait si cette Guerre mondiale Z sera la dernière.

Ecrit en 2006, le roman World War Z de l’auteur américain Max Brooks fait suite à son premier roman le Guide de survie en territoire zombie (The Zombie Survival Guide), paru en 2003. Il tente ici de retracer l’évolution d’une invasion zombie avec le plus de réalisme possible en faisant s’enchaîner de multiples témoignages qui permettent de voir le sujet de par tous ses aspects.
Et cela fonctionne admirablement. Dès les premières pages on y croit. On y est. Et Max Brooks pense pratiquement à tout, ce qui rend le tout encore plus crédible. Faire raconter son récit par plusieurs voix permet aussi de changer les genres, d’autant que les visions de chacun d’un même événement peuvent donner des histoires différentes qui peu à peu se complètent pour donner un tableau final impressionnant. Certains passages sont particulièrement choquants, d’autres un peu plus drôles, parfois ironiques ou satiriques... Bref tout y est.
C’est tellement complet que l’on est droit de se demander si ce genre fantastique du mort-vivant peut encore survivre à une oeuvre si complète et si forte, tant on a l’impression que tout a été dit.
J’ai été happé dès les premières pages, et n’ai plus pu relâcher ce texte avant d’arriver à la fin, cela malgré certains passages un peu moins forts ou convaincants.

World War Z de Max Brooks serait-il le roman ultime sur les morts-vivants ? Si non, on en est sûrement pas loin. En tout cas il s’agît d’un roman impressionnant à plus d’un titre et qui plaira à un public des plus larges. D’ailleurs, depuis sa parution en 2009 en français, le succès commercial a déjà été immense.

Il est certain que World War Z de Max Brooks fera à jamais parti des classiques du fantastique.


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Présente édition : traduit de l'anglais par Patrick Imbert, Le Livre de poches, 3 novembre 2010, 544 pages
ISBN-10: 2253129909 / ISBN-13: 978-2253129905

Voir également:
- Guide de survie en territoire zombie (The Zombie Survival Guide) - Max Brooks (2003), présentation 

vendredi, 28 septembre 2012

Le Barrage (The Dam) - Robert Byrne - 1981

robert byrne, le barrage, the dam, litterature americaine, thrillers, romans catastropheLe barrage du Sierra Canyon en Californie est le plus grand barrage en enrochements du monde. Que ce soit par ses dimensions, ou alors par les technologies utilisées, ce fantastique édifice semble être à l’épreuve de tout. Même un tremblement ne pourrait le détruire, d’ailleurs le dernier en date ne l’a même pas fait vaciller. Pourtant derrière les apparences ce séisme a provoqué de nombreux dégâts, invisibles, mais qui peu à peu font craquer le barrage.
Philip Kramer est un jeune ingénieur fraîchement engagé par le bureau d'études Roshek, Belch & Benedetz, le bureau responsable de nombreux barrages dans le monde, y compris celui du Sierra Canyon. Grâce à un programme informatique, développé par lui-même durant ses études, Philip va découvrir l’horrible vérité sur le barrage : le Sierra Canyon cèdera, et cela même très prochainement. Or que faire lorsque ni sa hiérarchie, ni les autorités ne veulent entendre quoique ce soit à ce sujet. Philip s’engage dès lors dans une course-poursuite infernale afin de sauver le plus de gens possible de cette catastrophe qui semble inévitable.

Le Barrage de l’auteur américain Robert Byrne est un thriller sorti en 1981, plus disponible aujourd’hui, et qui fut un certain succès à son époque. Ce thriller et roman catastrophe nous conte l’histoire d’une catastrophe, et d’un héros qui, seul contre tous, tente le tout pour le tout pour sauver le monde.

Bref du bon divertissement, beaucoup de suspense mais rien de bien surprenant. 

N.B. : Pour ma part il m’intéressait de lire un roman mettant en scène un problème barrage, raison pour laquelle j’avais déniché ce roman dans une brocante. Résultat : j’ai été satisfait.

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lundi, 10 septembre 2012

Les Visages (The Genius) - Jesse Kellerman - 2008

jesse kellerman, litterature americaine, romans policiers, les visages, artEthan Muller est un ambitieux galeriste d’art contemporain installé à New York et qui tente le tout pour le tout de percer. Et l’occasion se présente à lui le jour où il met la main sur tout un paquet de dessins, des cartons entiers, d’une qualité exceptionnelle présentant une galerie incroyable de visages. L’artiste, un dénommé Victor Crack, est un inconnu qui de plus a totalement disparu. Et de plus on ignore tout de la personne, sauf qu’il a vécu pendant quarante reclus dans un appartement pour y faire ses multiples dessins. Bref pour Ethan Muller tut cela est une aubaine, et de plus il ne doit rien reverser à l’auteur, celui-ci ayant disparu. Et dès qu’il rend les dessins publiques, la critique est unanime : C’est le travail d’un génie!
Mais les ennuis commencent pour Ethan le jour où il reçoit un coup de fil d’un vieux policier à la retraite. Celui-ci reconnaît sur les dessins les portraits d’enfants victimes des années plus tôt d’un mystérieux tueur en série. Victor Crack serait-il l’assassin ? Sceptique au départ, Ethan Muller va peu à peu se lancer dans l’enquête pour peut-être enfin pouvoir résoudre ce mystère. Mais son enquête va lui révéler bien d’autres vérités : d’abord sur lui-même, le monde de l’art et même sur sa famille. Car tout est lié et tout va s’effondrer comme un château de cartes...

Les Visages est le premier roman de l’auteur américain Jesse Kellerman à avoir été traduit en français, et ce fut un succès immense en librairie l’année de sa sortie en France en 2010, d’autant plus qu’il était bien soutenu par les médias. Et après lecture il faut avouer qu’il s’agît là d’une sorte de polar très réussie, bien loin du thriller annoncé ou du roman policier traditionnel. D’ailleurs y a-t-il réellement enquête ?Mais la force du roman vient avant tout de son idée originale de base, celle des dessins d’enfants assassinés dans les années 1970 et dont l’auteur n’est que mystère. Après c’est la découverte du monde de l’art contemporain et celle de son personnage principal dont l’évolution au cours du roman est tout aussi forte qu’elle ne le rend attachant. Et de par ce narrateur, fort cynique au départ, on nous fait part d’une belle réflexion sur l’existence dans la société d’aujourd’hui, le succès, l’échec, la création artistique et son génie. Le titre original peut-être mieux choisi est en effet The Genius, ou dans la version britannique The Brutal Art. Plus décevants par contre sont les interludes dédiés à la famille de Muller, qui, sans manquer de qualité et on s’en doute bien guère le fruit du hasard, vont donner de façon assez prévisible la solution de l’énigme. Certaines longueurs viennent également nuire à l’ensemble.

Bref, Les Visages de Jesse Kellerman est un beau roman plutôt réussi et aux multiples intérêts, mais qui risque de décevoir ceux qui lisent sa quatrième de couverture, car il ne s’agît pas d’un thriller. Peut-être qu’à l’avenir son marketing sera revu.

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Présente edition : Traduit de l’américain par Julie Sibony, éditions Pointdeux, 9 juin 2011, 774 pages
ISBN-10: 2363940180 / ISBN-13: 978-2363940186

mardi, 10 juillet 2012

La Patrouille du temps (La Patrouille du temps, tome 1) - Poul Anderson - 1955-1975

poul anderson, time patrol, litterature americaine, science-fiction, la patrouille du temps, voyages dans le temps- Vous ferez l'affaire. Sans conteste.

- L'affaire pour quoi ? Everard se pencha ; il sentit son pouls s'accélérer.


- Pour la Patrouille. Vous allez devenir une sorte de policier.


- Ouais ? Où ça ?


- Partout. Et en tout temps. Préparez-vous à une surprise... Voyez-vous, notre société, quoique légale, ne constitue qu'une façade... et une source de fonds. Notre vraie fonction, c'est de patrouiller le temps.


C’est suite à cet entretien que Manse Everard est recruté pour intégrer une police d’une genre tout à fait nouveau, intemporelle et de tout temps à la fois. En effet le voyage dans le temps a été découvert, et a été bien utilisé. Rien de plus facile dès lors d’essayer de modifier le passé afin de changer une situation dans l’avenir.
Mais cette situation est vite devenue intolérable pour les Danelliens, une branche humaine faite d’êtres supérieurs et qui naîtra d’ici quelques millions d’années. Ils craignent qu’un incident créé dans le passé puisse empêcher leur apparition. ils ont donc poussé l’humanité à créer La Patrouille du temps, une organisation tentaculaire présente dans le monde entier et à travers tous les âges, et qui a pour mission au maintien de l’histoire.
Et dorénavant Manse Everard fait partie de la Patrouille et ses aventures à venir seront tout aussi nombreuses qu’incroyables.


La Patrouille du temps de l’auteur américain Poul Anderson est un recueil de cinq nouvelles écrites entre 1955 et 1975, ayant toutes la même trame centrale, celle des voyage de son héros Manse Everard à travers les âges afin de résoudre des problèmes temporels de tout ordre, afin d’empêcher tout fanatique et autre illuminé avide de réécrire l’histoire. Débuté dans les années cinquante, lâge d’or américain de la science-fiction, ces nouvelles gardent de ce “courant” littéraire tous les éléments : aventures fantasques, une crédibilité bien moyenne, une écriture quelque peu expéditive... bref le but était de faire rêver les lecteurs vite fait bien fait, et cela à moindre coût. Le genre a tout de même quelque peu vieilli de nos jours et et force est de constater que La Patrouille du temps de Poul Anderson a connu la une évolution quelque peu semblable. Ces textes se lisent bien, mais l’intérêt n’est pas toujours immense. Bien sûr les cinq nouvelles tentent d’approcher le phénomène du paradoxe temporel, parfois de façon intéressante mais aussi de temps à autre de façon très farfelue. Certains problèmes de cohérence entre les nouvelles existent aussi, mais cela s’explique facilement par le fait qu’elles ont été écrite sur un intervalle de près de vingt ans.


Pour ceux qui apprécient, d’autres nouvelles de la Patrouille du temps existent, et un second recueil, le tome 2 a d’ailleurs été publié en français.

En bref, La Patrouille du temps est un recueil de science-fiction assez léger et loin d’être parfait, mais le tout reste plaisant aux amateurs du genre.

Liste des nouvelles reprises dans le recueil :
- La Patrouille du Temps (The Time Patrol, 1955),
- Le Grand Roi (Brave to Be a King, 1959),
- Les Chutes de Gibraltar (Gibraltar Falls, 1975),
- Echec aux Mongols (The Only Game in Town, 1960),
- L’Autre univers (Delenda Est, 1955).

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Présente édition : éditions Le Livre de Poche, 31 octobre 2007, 286 pages
ISBN-10: 225311877X /ISBN-13: 978-2253118770

Voir également :
- Le Chant du Barde : Les meilleurs récits de Poul Anderson - Poul Anderson (2010), présentation

jeudi, 28 juin 2012

Amazonia - James Rollins - 2002

James Rollins, litterature americaine, jungle amazonienne, amazonie, bresil, romans d aventures, thrillersIl y a quatre une expédition scientifique disparaissait en pleine jungle amazonienne, cela sans laisser de trace. Les recherches ont été infructueuses jusqu’à ce que, aujourd’hui, l’un des quatre disparus refait surface dans un piteux état, rongé par de multiples et très violents cancers et tumeurs. Il meurt hélas avant de pouvoir expliquer ce qui lui est arrivé. Des scientifiques américains sont fortement intrigués par l’affaire, d’abord par cette histoire de cancers, puis par l’apparition d’une drôle d’épidémie de fièvre qui surgit  à tous les endroits depuis le Brésil au Etats-Unis où le corps rapatrié a transité, puis par l’examen des deux bras du disparu : car avant son départ en expédition l’homme, suite à un accident, n’en avait plus qu’un ! Aurait-il trouvé en pleine jungle des remèdes pour faire repousser des membres ? Est-ce même possible de l’envisager ? Quoiqu’il en soit, les autorités américaines décident d’envoyer une expédition sur place pour retrouver les traces de celle disparue il y a quatre ans de cela. Et ils décident d’y mettre les moyens, en faisant accompagner les quelques scientifiques par un groupe de Rangers surentraînés et surarmés.
Mais d’autres sont également intéressés par cette affaire, les laboratoires pharmaceutiques notamment qui espèrent y trouver un remède, et une deuxième équipe menée par un dangereux mercenaire et trafiquant français se met également en route, avec pour seul but de saboter le travail de l’équipe américaine et de lui voler ses découvertes.
Hélas tout ce beau monde ignore tout des dangers qui les guettent, surtout qu’au fin fond de la jungle la nature semble se livrer aux mutations les plus folles.

L’auteur américain James Rollins est un habitué du roman à succès type thriller bien formaté pour happer son lectorat de la première à la dernière page.
Et Amazonia est le parfait exemple de ce genre de best seller, avec une intrigue montée avec l’efficacité d’un scénario de film, des personnages bien trempés rassemblant toutes les caractéristiques que l’on a l’habitude de trouver dans des films d’aventures, des énigmes se mêlant la science à l’irrationnel et aux légendes, des rebondissements bien nombreux et survenant à bon rythme au gré des surprises et découvertes, et évidemment un dénouement qui nous laissera tous pantois…
Du moins c’est censé l’être, car à force de rassembler en un tout ce qui marche et qui est déjà connu, le résultat devient fort prévisible. Certaines invraisemblances viennent aussi un peu entacher l’ensemble.
De plus je m’énerve de cette tendance, apparue depuis les années 2000 dans de nombreux best-sellers américains, de donner des rôles de vils méchants à des personnages français. (voir notamment Pirates (Pirate Latitudes, 2009) de Michael Crichton, lu il y a quelques jours). Conséquence des années Bush, d’une Guerre en Irak à laquelle la France s’est opposée, … qui sait.

Néanmoins le divertissement est là et c’est bien ça qui compte. 
Donc pour ceux qui recherchent de l’aventure musclée et du suspense, ils seront servis avec Amazonia de James Rollins.

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Présente édition : éditions Pocket, 12 avril 2012, 595 pages

mardi, 26 juin 2012

Pirates (Pirate Latitudes) – Michael Crichton - 2009

michael crichton, pirates, romans d aventures, litterature americaine, piraterie1665. La Jamaïque est l’une des rares colonies britanniques au milieu des Caraïbes dominées pr l’Espagne. De plus la couronne ne lui verse que bien peu de ressources l’obligeant à se débrouiller comme elle peut pour survivre. Pour le gourveneur de l’île Sir James Almont il n’y a qu’une solution : avoir recours à la piraterie pour se défendre et améliorer le commerce par le vol. Et ainsi Port Royal, la capitale de l’île, est devenu le repère de tous les pirates de la région, un véritable coupe-gorge où se bousculent les tavernes, rhumeries et autres bordels.
Le capitaine Charles Hunter est l’un de ces pirates devenus corsaires au service de la couronne britannique. Et pour lui cette terre si dangereuse est pourtant remplie de promesses. D’ailleurs la rumeur circule bientôt qu’un navire espagnol bourré d’or  serait à quai dans le port voisin de Matanceros. Cette possession espagnole réputée imprenable est gouvernée par le terrible Cazalla, un favori du roi d’Espagne. Hunter, sur ordre du gouverneur Almont, met rapidement sur pied une équipe qui aura pour mission de s’infiltrer sur l’île pour s’emparer du galion.

Avant toute chose il faut rappeler concernant ce roman Pirates paru en 2009, que l’auteur américain Michael Crichton est mort en … 2008. Cela explique certainement ce qui va suivre sans pour autant rien excuser, car il a tout de même était relu par des éditeurs bien vivants.

Car après lecture de ce roman, alors que j’ai été attiré par la promesse de palpitantes aventures sous le soleil des Caraïbes, alors que la piraterie devient un sujet plutôt rare, et de m’emballer pour un texte écrit par un auteur réputé dans le thriller et le roman d’aventures, je n’ai trouvé qu’un texte bâclé accumulant tous les clichés du genre sans jamais réussir à me passionner d’une façon ou d’une autre. On retrouve ainsi tous les poncifs de la piraterie, entre batailles navales, tempêtes infernales et attaques de monstres marins ( ? ... si, si ), des personnages à peine esquissés de leurs gros caractères, vus mille fois auparavant, dont les pirates intrépides, les politiques corrompus, les vils traîtres et méchants (tous des espagnols ou français comme par hasard), des femmes qui sont toutes des putes et enfin des sauvages plus sauvages que de raison. S’ajoutent certains chapitres qui ressemblent plus à des trames d’histoire qu’à des textes finis, une intrigue sans aucune surprise, des dialogues insipides et inutiles  et une écriture sans saveur ni envie. Citons encore que la traduction semble à peine relue tant elle regorge de coquilles…

Concluons enfin par dire qu’il n’est jamais bon de déterrer un manuscrit d’un auteur mort, car si ce dernier n’avait pas envie de publier son texte de son vivant, c’est qu’il avait peut-être ses raisons. Reste à saluer tous ces éditeurs prêts à publier n’importe quoi pour faire leur argent, et les médias qui, sans jamais en avoir lu un seul, annoncent chaque roman de Crichton comme un événement.


Bref, Pirates de Michael Crichton est un roman tout simplement nul et médiocre.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Christine Boucheraine, éditions Pocket, 1 juin 2011, 347 pages

Voir également:
- L’homme terminal (The Terminal Man) – Michael Crichton (1972), présentation
- La Variété Andromède (The Andromeda Strain) - Michael Crichton (1980), présentation
- Congo - Michael Crichton (1980), présentation
- Les prisonniers du temps (Timeline) - Michael Crichton (1998), présentation
- Proie (Prey) - Michael Crichton (2002), présentation
- Etat d'urgence (State of Fear) - Michael Crichton (2004), présentation

mardi, 28 février 2012

Le Camion-Poubelle (Søppel) - Max Estes - 2010

max estes, le camion-poubelle, soppel, romans jeunesse, litterature norvegienne, litterature americaineSimon et Oskar sont deux éboueurs qui tous les matins à bord de leur camion-poubelle parcourent les rues de la ville pour rammasser nos déchets. Et ainsi ils nous invitent à les suivre lors de leur journée de travail.
Et cela cébute très tôt, alors qu'il fait encore nuit, et finissent à l'heure du déjeuner. Et c'est par tous les temps qu'ils sillonnent les rues, ramassent et trient les déchets, permettant à la plupart d'entre eux d'être recyclés.
Car que serait le monde sans Simon et Oskar ?

Max Estes, illustrateur et cartooniste américain vivant à Oslo, nous présente ici un magnifique livre, coloré et amusant, fabriqué sur base de collages de toutes sortes de papiers récupérés (carton, emballage de chewing-gum, tickets de caisse, paquets de clopes,...) et qui donnent à ce livre un aspect très particulier, beau et graphique sur ces hommes qui travaillent dans l'ombre de notre société à une tâche souvent dénigrée mais pourtant si importante. Et l'auteur en profite pour y ajouter une petite leçon de recyclage et d'écologie, qui en apprendra tout autant aux parents.

Le Camion-poubelle de Max Estes est un magnifique album très coloré à l'aspect unique qui plaira à tous les enfants au-delà de 5 ans.

A découvrir pour les plus jeunes !

Petit aperçu en vidéo :


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Présente édition : traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, éditions La Joie de lire,  février 2012, 48 pages

mardi, 22 novembre 2011

L’Homme qui voulait vivre sa vie (The Big Picture) - Douglas Kennedy - 1997

douglas kennedy, l'homme qui voulait vivre sa vie, roman policier, litterature americaineQue veut dire « avoir réussi dans la vie» ? La société a pour habitude d’émettre un certain nombre de critères pour y répondre, et il est clair que Ben Bradford, la trentaine, avocat de compétence en passe de devenir associé de l’un des plus grands cabinets de Wall Street, correspond parfaitement à ces critères. Il a un gros salaire, une belle maison en banlieue, une femme et deux enfants. Bref, la vie rêvée.
Pourtant Ben déteste sa vie. Avocat de talent il avait pourtant préféré devenir photographe. Les affaires, même s’il y excelle, ce n’est pas son truc. Et à force de se détester, lui et sa vie, sa vie de couple en pâtit. Son épouse lui montre de plus en plus de froideur, ce qu’il attribue faussement à une dépression post-natale. Et lorsqu’il soupçonne une liaison extraconjugale à sa femme, il perd les nerfs. Très vite il découvre même l’identité de l’amant qui n’est autre que leur voisin et dont la profession est justement d’être photographe pour les grands reportages. Ben Bradford n’en peut plus, sa jalousie est à son comble, et dans un coup de sang, il va voir son voisin et le tuer.
Un problème de plus dans une vie déjà ratée et un mariage en échec : un meurtre. Mais alors une drôle d’idée s’impose à lui. S’il prenait la place du mort et vivrait sa vie. Personne ne reconnaîtrai ce photographe aventurier un peu solitaire et peut-être que Ben Bradford pourra ainsi enfin vivre la vie qu’il désirait.


L’auteur américain Douglas Kennedy sait comment nous décrire des tranches de vie à première vue banale qui basculent dans tout autre chose tout en y dévoilant tous les défauts qu’elles cachent. Dans L’Homme qui voulait vivre sa vie, publié à l’originale en 1997 l’auteur nous décrit bien comment la dite réussite de Ben Bradford est fausse et trompeuse. Le lecteur se réjouira de suivre au pas narrateur qui s’évadera en laissant sa vie derrière lui pour en embrasser une bien plus mouvementée, aventureuse et passionnante. Ecrit à la première personne le lecteur s’identifiera immédiatement au narrateur, Ben Bradford, en comprenant bien ses motivations et désirs. De plus, un certain suspense accompagne le tout (le meurtre, la fuite, …), sans toutefois que le roman ne tombe dans le genre du policier.


L'Homme qui voulait vivre sa vie de Douglas Kennedy est un beu roman, passionnant et très divertissant sur la condition d'un homme d'aujourd'hui.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Bernard Cohen, éditions Belfond, 21 octobre 2010, 358 pages

 Voir également :
- Cul-de-sac (The Dead Heart) - Douglas Kenendy (1994), présentation
- La femme du Ve (The Woman in the Fifth) - Douglas Kennedy (2007), présentation et extrait

jeudi, 17 novembre 2011

Le Livre des Morts (Library of The Dead) - Glenn Cooper - 2009

glenn cooper, litterature americaine, thrillers, le livre des morts, fantastique, romans policiersNew York, 2009. Six personnes trouvent la mort. Elles n’ont aucun point commun entre elles, ni, semble-t-il, leurs meurtriers. Pourtant elles ont toutes reçu quelques jours auparavant une carte postale illustrant une pierre tombale et annonçant la date de leur mort.
La police se lance dans l’enquête. Si rien ne semble relier ces crimes, elles doivent pourtant être l’œuvre d’une même personne, ou du moins se faire dans un dessein commun. Et hormis la police, la presse s’empare également de l’affaire titrant ses unes avec les crimes du mystérieux « Tueur de l’Apocalypse ». En quelques jours la panique est semée dans toute la ville.
Will Piper, un ancien profiler d’élite dont la carrière a brutalement été interrompue à la suite d’un drame personnel, cherche en vain des indices et va tout mettre en œuvre pour faire arrêter ces meurtres. Mais très vite il est mené dans l’un des secrets les mieux gardés du pays, dans la Zone 51, où se trouve un étrange manuscrit écrit par des moines de l’île britannique de Wight plusieurs siècles plutôt, Le Livre des Morts dans lequel toutes ces victimes seraient inscrites il y a des siècles de cela.

Le thriller Le Livre des Morts de l’auteur américain Glenn Cooper a tout pour plaire : un beau mélange des genres entre polar, fantastique et roman historique, une idée bien originale, des personnages attachants, une écriture belle et efficace… et pourtant le roman ne m’a convaincu qu’à moitié. Par moment trop léger, on s’en lasse assez vite, surtout que le suspense ne tient pas vraiment. On connaît ou devine assez rapidement les tenants et aboutissants de l’intrigue, la quatrième de couverture nous en dit déjà bien assez, et le développement qui en est fait par l’auteur ne passionne pas vraiment. Il reste néanmoins que Le Livre des Morts de Glenn Cooper reste un thriller très divertissant, original et souvent bien intéressant, mais pas plus que cela.

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Présente edition : traduit de l’américain par Carine Chichereau, éditions Le Cherche Midi, 25 mars 2010, 419 pages

 
 
 

lundi, 19 septembre 2011

Contre-jour (Against The Day) - Thomas Pynchon - 2008

Thomas Pynchon, litterature americaine, romans d aventures, romans historiquesExposition universelle de Chicago de 1893. Le dirigeable Le Désagrément, orné d’une banderole aux couleurs de l’Amérique, prend son envol avec à son bord cinq jeunes hommes appartenant au célèbre club aéronautique des Casse-cou, une communauté volante, qui, pour se défaire de tous liens politiques s’est installé à bord d’aéronefs de tous genres en ne recevant d’ordre que de ceux qui les paient.
Et une fois le Désagrément parti, c’est le début d’une multitude d’aventures pour ces cinq jeunes héros qui vont découvrir le monde terrestre duquel leurs nombreuses aventures les ont tenus éloignés. Inventions miraculeuses, turpitudes capitalistes, complots, meurtres, espions salariés, nouvelle passion pour la vitesse, jolies femmes du bout du monde, tentations, argent… et cela à travers les continents et les temps jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, qui va provoquer un brutal retour sur Terre pour ces idéalistes aériens.

Roman vertigineux de près de 1500 pages à l’écriture dense, Contre-jour de l’écrivain américain Thomas Pynchon, émerveille par son foisonnement d’histoires et impressionne à tout moment par ses incroyables qualités,

Le tout tourne autour d’un équipage et d’une famille, les Traverse, dont le destin politique coïncide avec la jonction des XIXème et XXème siècles, et qui résume à lui seul les contradictions d’un monde qui s’écroule avec la Première Guerre mondiale. Car c’est bien de cela qu’il s’agît : d’un roman de fin de monde, l’aboutissement et l’échec d’une période, celle des sciences et de l’expansion à outrance qui n’aura su produire qu’un immense carnage dans lequel s’engouffre l’humanité.
Et pour nous faire vivre tout cela, Thomas Pynchon, dans son roman, va superposer les styles, les genres et les situations. Humour, western, tragique et fantastique cohabitent le plus sérieusement du monde dans ce fourre-tout de références parfois obscures, parfois limpides, mais dont l’extrême cohérence fait de cette accumulation d’histoires un tableau général d’une saisissante beauté. Très politique et très engagé, Contre-Jour fonctionne par emboîtement : le récit d’une personne développé pendant des pages, puis d’une personne qui en rencontre une autre, développée à son tour, qui en rencontre encore une autre… et ainsi de suite. Bien sûr le fil central de la narration se complexifie, se perd, en laissant certainement de temps à autre quelques lecteurs à l’arrière, mais malgré tout, le roman fonctionne et passionne.

Contre-jour de Thomas Pynchon est plus qu’un roman mais un véritable monument littéraire. Dense, profond et aussi joyeux et divertissant ce texte ne cesse d’émerveiller. L’abord est certes difficile, le texte d’une longueur qui en découragera plus d’un, mais malgré tout, c’est certainement l’un des grands romans de ces dernières années.

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Présente édition : traduit de l’anglais (américain) par Claro, éditions Le Seuil / Point, 19 novembre 2009, 1467 pages