mercredi, 15 mai 2013

SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie - Gérard De Villiers - 2013

sas,malko linge,gerard de villiers,197,les fantomes de lockerbie, tunisie,lockerbie, lybie,espionnage,romans d espionnage,litterature francaise,thrillers, litterature erotiqueUne voiture sortit du parking situé sur la gauche de l'hôtel et vint s'arrêter devant, juste en face de la porte tournante où Malko était coincé.

Une Alfa-Roméo blanche.

Malko vit sa glace s'abaisser pour laisser passer le canon d'une Kalachnikov.

Il était piégé comme un rat.

21 décembre 1988, un Boeing de la PanAm explose au-dessus du village écossais de Lockerbie. La Lybie est montrée du doigt, mais les Américains suspectent un autre commanditaire : l’Iran. Avec le temps qui passe l’enquête ne tient plus à grand-chose. Sauf que, depuis les révolutions arabes et la mort de Khadafi, certains ainsi hauts dignitaires libyens sont en fuite et l’un d’entre eux, Choukri El Jallah, pourrait révéler toute la vérité aux Américains. Seul problème il refuse de parler, d’ailleurs il se fera rapidement tuer. L’agent très spécial Malko Linge est chargé de trouver la maîtresse de El Jallah, la magnifique Jezia, qui pourrait avoir récupéré des données de son amant. Mais elle aussi devient rapidement la cible de mystérieux assassins...


Evidemment les romans de Gérard de Villiers avec leur mélange d’action, de sexe et d’espionnage, ne sont guère des chef-d’œuvre, mais hélas avec ce 197e tome de la série SAS : Les fantômes de Lockerbie, on touche le fond, tant l’ensemble manque d’un quelconque intérêt, et on y retrouve guère les quelques qualités habituelles de ces romans. L’auteur remplit ses 300 pages avec une histoire qui jamais ne devient réellement crédible et surtout ne nous emporte jamais.

Bref, mieux vaut ne pas s’attarder ici, ceci aussi pour les fans de la série

Dommage.

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Extrait : premier chapitre

Le timbre de la sonnette avait un son assourdi par l’épais battant d’acajou de l’unique porte palière. Malko attendit après avoir sonné, prêtant l’oreille. Aucun bruit ne filtrait de l’appartement, situé au dernier étage de cet immeuble moderne du bord de mer, avenue Kafr El Dinh, juste avant l’énorme mosquée aux minarets bleus, construite par feu Rafik Hariri en bas de l’ancienne place des Canons devenue place des Martyrs.


Malko n’avait croisé personne depuis qu’il avait garé sa voiture de location dans le parking en plein air, à côté de la mosquée. La porte de cet immeuble luxueux au sol de marbre s’était ouverte sans difficulté lorsqu’il avait composé le code fourni par Mitt Rawley, le chef de Station de la CIA à Beyrouth.

Aucun gardien dans le hall. Juste du marbre grège et de grands miroirs. On se serait cru dans la maison de la Belle au Bois Dormant. Malko appuya de nouveau sur la sonnette de l’appartement du septième étage.

Sans plus de résultat.

Il colla son oreille au battant, sans percevoir le moindre bruit venant de l’intérieur.

Agacé, il laissa alors carrément son index sur le bouton de la sonnette. On ne pouvait pas ne pas l’entendre. Ou l’appartement était vide ou on ne désirait pas ouvrir. Il prit alors son portable et appela Mitt Rawley.

– Vous êtes sûr qu’il est là ? demanda-t-il, lorsque l’Américain eut répondu.

– Certain, affirma le chef de Station de la CIA. Il ne sort pratiquement pas. Il faut insister. Cet enfoiré se terre. Il doit être mort de peur.

– Je ne peux quand même pas enfoncer la porte, objecta Malko.

– Insistez, répéta l’Américain. Il va bien finir par ouvrir.

– Vous êtes optimiste !

Quand Malko remit son portable dans sa poche, la situation en était au même point. Il essaya d’ébranler le battant, sans parvenir à le faire bouger d’un millimètre. C’était de l’acajou épais, et, en plus, il devait être renforcé par une plaque de blindage comme cela arrivait souvent à Beyrouth, dans les appartements de luxe. Il demeura planté sur le palier, furieux qu’on lui ait confié cette mission idiote.

Un quart d’heure s’écoula encore, ponctué par les coups de sonnette exaspérés de Malko. Sans le moindre résultat. Choukri El Jallah, le responsable officiel des investissements du Fonds souverain libyen en Afrique, n’avait pas envie de recevoir de visites.

La CIA le traquait depuis le moment où il avait quitté la Libye par la route, afin de gagner la capitale du Niger, Niamey. C’est là que, pour la première fois depuis son départ précipité de Libye, fin 2011, l’Agence américaine avait retrouvé sa trace.

Il s’appelait désormais officiellement Mohammed Arlit, avait la nationalité nigérienne et un magnifique passeport diplomatique qui lui permettait de se déplacer à travers le monde sans trop de problèmes. À condition de sélectionner ses points de chute.

La rumeur à Niamey disait qu’il n’avait payé son passeport que 50 000 dollars, somme modeste en regard des bontés qu’il avait eues jadis pour le Niger, via son Fonds souverain. Après Niamey, il s’était envolé pour Zurich en compagnie d’une magnifique jeune femme qui aurait pu être sa fille et qui voyageait, elle aussi, avec un passeport nigérien, le jumeau de celui de Choukri El Jallah.

Depuis son départ de Niamey, des agents de la CIA s’étaient relayés pour le suivre à la trace, sans pouvoir faire plus, à cause de son statut de diplomate.

Ce n’était pas pour lui arracher les secrets de ses investissements africains, mais pour une raison beaucoup plus sérieuse. En sus de son rôle officiel, Choukri El Jallah était le financier de toutes les opérations clandestines commandées par le responsable des Services libyens, Abdallah Senoussi. Choukri El Jallah avait donc les archives de tous les attentats financés par la Libye, ce qui intéressait beaucoup la CIA.

En effet, Abdallah Senoussi, le responsable de tous les coups tordus des Libyens avait été livré au nouveau pouvoir libyen et on ne risquait pas de le revoir de sitôt, les thuwars 1 s’étant appliqués à lui arracher tout ce qu’on pouvait arracher du corps d’un homme sans le tuer.

Le seul récipiendaire atteignable des secrets libyens était donc Choukri El Jallah.

Après Niamey, il avait été à Genève où résidaient sa femme et ses trois enfants, qu’il avait mis à l’abri depuis longtemps dans une somptueuse villa de Cologny, face au lac, achetée pour la modique somme de vingt-deux millions de francs suisses.

De là, toujours suivi par les agents de la CIA, il avait gagné Zurich par le train pour rendre visite à une succursale de l’Arab Bank, où il avait procédé à des opérations financières que la CIA n’avait pas pu percer à jour. Il était ensuite retourné à Genève, dans sa famille, tandis que sa ravissante compagne s’était installée au Noga Hilton.

Sous le nom de Mabrouka Arlit.

De Genève, il avait gagné Vienne, en Autriche, s’installant dans une suite de l’Hôtel Impérial. Son séjour avait duré six mois et il en avait profité pour faire la tournée de plusieurs banques. Transférant ou vidant systématiquement les comptes ouverts à son nom. Sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit.

Après Vienne, il avait gagné Beyrouth, à la grande surprise de la CIA. En effet, les Libyens kadhafistes n’étaient pas en odeur de sainteté auprès des Chiites libanais, depuis la disparition, dans les années quatre-vingt, de l’imam Moussa Sadr, haute autorité religieuse chiite qui était arrivé en Libye, mais n’en était jamais ressorti.

Un homme porteur de son passeport avait bien pris un vol Tripoli-Rome, mais la police italienne avait découvert que la photo du document avait été changée.

Les Chiites libanais étaient persuadés que le colonel Khadafi avait fait assassiner l’iomam Moussa Sadr à la demande de l’ayatollah Khomeiny qui jalousait son autorité religieuse…

Aussi, depuis son arrivée à Beyrouth, Choukri El Jallah s’était-il montré extrêmement discret… Seule la CIA connaissait son adresse, cet appartement de l’avenue Kafr El Dinh, appartenant au beau-frère libanais de Choukri El Jallah, marié à la sœur de ce dernier. Évidemment, à Beyrouth, il n’était pas aussi en sécurité qu’en Suisse ou en Autriche.

Les Libyens du nouveau régime auraient donné n’importe quoi pour le capturer et le découper en morceaux, d’autres l’auraient volontiers attrappé vivant pour lui faire livrer les secrets de ses comptes bancaires où dormaient encore beaucoup de millions.

En plus, pas mal de gens mêlés aux opérations clandestines de Kadhafi auraient bien aimé le voir mort, car les morts ne parlent pas…

La CIA avait découvert rapidement la raison de ce séjour à risques au Liban : Choukri El Jallah venait vider un certain nombre de comptes bancaires sur lesquels il avait transféré des sommes importantes. Le Liban était un des rares pays au monde où on pouvait sortir d’une banque avec des valises de billets sans le moindre problème. Son séjour ne pouvait se prolonger : les Américains avaient appris que Choukri El Jallah avait demandé l’asile politique à la Suisse et qu’il avait de grandes chances de l’obtenir, étant donné sa surface financière et son profil de retraité.

Une fois dans sa somptueuse villa de Cologny, il pourrait couler des jours tranquilles. Il avait largement de quoi s’offrir une armée de gardes du corps. De toute façon, les autorités suisses détestaient que les étrangers viennent régler leurs comptes chez eux.

Quelques années plus tôt, ils avaient expulsé une équipe du MI 6 britannique qui avait l’intention d’assassiner le président yougoslave Milosevic en leur disant sèchement : « Allez faire vos saletés ailleurs ! »

La neutralité suisse n’était pas un vain mot.

Si la CIA avait fait appel à Malko, l’arrachant à ses bals de la Haute-Autriche, c’était à la demande de Mitt Rawley qui l’appréciait beaucoup, lui et sa connaissance du Liban.

Ils avaient peu de temps devant eux. Une fois en Suisse, Choukri El Jallah garderait ses secrets. Or, il y en avait un que les Américains tenaient particulièrement à percer…

Malko appuya une ultime fois sur la sonnette. Pour un résultat identique. Il commençait à avoir faim et se dit qu’il n’allait pas passer la nuit là.

Il se retourna pour appuyer sur le bouton de l’ascenseur. Son pouls grimpa au ciel : le voyant rouge clignotait, la cabine était en train de monter.

Il se pencha pour voir le dessus de la cabine se rapprocher. Comptant les étages.

Troisième, quatrième, cinquième, sixième... L’appareil continuait à monter. Quelques secondes plus tard, Malko ne se posa plus de questions : l’ascenseur venait à son étage. D’ailleurs, celui-ci s’arrêta quelques instants plus tard au septième et la porte en verre dépoli s’ouvrit, poussée par l’occupant de la cabine.

Le battant fut repoussé d’une main vigoureuse et une femme émergea de l’ascenseur.

Malko en eut le souffle coupé : c’était une des créatures les plus séduisantes qu’il ait jamais croisées. Une grande brune, avec les cheveux attachés en queue de cheval, encadrant un visage longiligne avec d’immenses yeux noirs aux cils interminables.

Elle était vêtue d’un cachemire noir moulant une poitrine aiguë et d’un jean très ajusté, glissé dans des bottes à hauts talons. Une large ceinture terminée par une grosse boucle dorée pendait sur son ventre plat.

En plus d’une plastique parfaite, cette inconnue dégageait une sensualité animale palpable, mais elle n’avait rien d’une Poupée Barbie. Le regard qu’elle posa sur Malko était totalement inexpressif. Silencieuse, elle lui tint pourtant la porte de l’ascenseur pour qu’il puisse la remplacer dans la cabine. Il saisit la poignée de la porte et la laissa se refermer, restant sur le palier.

Le regard de l’inconnue s’assombrit imperceptiblement.

1. Résistants.

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Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation
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SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait