jeudi, 12 juin 2008

Imperium - Robert Harris - 2006

bibliotheca imperium

Tiron, ancien esclave de l'Empire romain, revient sur les années passées au service d'un jeune et ambitieux sénateur, Marcus Tullius Cicéron, qui marquera à jamais l'histoire de l'empire. N'étant ni de haute naissance et sans fortune réelle, Cicéron va cependant ambitionner de conquérir le pouvoir suprême. Maîtrisant parfaitement le droit et ayant un réel talent d'orateur il va prendre ne charge devant les tribunaux la défense d'un homme contre Gaius Verrès, cruel et corrompu gouverneur de Sicile, qui l'aurait spolié. Cicéron espère par cette affaire faire parler de lui comme jamais auparavant et ainsi gravir les échelons de la hiérarchie politique romaine. Mais pour réussir Cicéron devra jouer un dangereux jeu politique qui peut tout aussi bien lui valoir une fulgurante ascension dans la société qu'une terrible chute.

L’écrivain britannique Robert Harris, auteur de plusieurs romans historiques, publie avec Imperium son deuxième roman, après Pompéi (Pompeii, 2003), se déroulant dans l’Antiquité et plus précisément dans l’Empire romain. Ici il s’agît en quelque sorte de la biographie romancée du célèbre orateur Marcus Tullius Cicéron (né le 3 janvier 106 av. J.-C., à Arpinum en Italie et mort le 7 décembre 43 av. J.-C. près d'Arpinum), un personnage ambigu de l’époque dont la vie politique a été fortement commentée et critiquée : intellectuel égaré au milieu d’une foire d’empoigne, parvenu italien monté à Rome, opportuniste versatile, instrument passif de la monarchie rampante de Pompée puis César, mais aussi certainement une parfaite illustration de l’homme politique d’aujourd’hui.
Robert Harris nous relate ici surtout son ascension dans l’imperium romain qui débuta par un retentissant procès, celui contre le gouverneur Gaius Verrès. Le lecteur est complètement plongé dans le monde politique et judiciaire romain, décrit avec beaucoup de précision, avec ses luttes d’influence et ses institutions fragiles. Les rouages de l’appareil judiciaire romain sont également parfaitement documentés de par le procès contre Verrès qui occupe une place centrale dans le roman. L’aspect politique et judiciaire retrouve d’ailleurs parfaitement écho dans le monde d’aujourd’hui et l’on se rend vite compte que dans les principes finalement bien peu de choses ont changé.
Mais outre ce côté politique et judiciaire, Cicéron s’est également distingué dans l’histoire en tant philosophe, aspect trop peu traité dans ce roman, mais qui, espérons-le, figurera dans l’une des suites prévues, Imperium étant le premier volume d’une trilogie sur la vie de Cicéron. De plus cette vision trop politique et judiciaire du personnage risque d’ennuyer un certain nombre de lecteurs.

Imperium
est un parfait roman historique et politique, très vivant et parfaitement documenté.

Un excellent roman historique !

dimanche, 04 novembre 2007

La louve de Subure - Laurent Guillaume - 2007

bibliotheca la louve de subureRome, an 105 après Jésus-Christ, alors que l'empereur Trajan prépare une nouvelle guerre en Dacie (l’actuelle Roumanie), un complot s’organise celui-ci au sein de Rome. Falco, un jeune officier de l’armée de retour des champs de bataille, va malgré lui être petit à petit mêlé à cette conspiration. Mais outre ces conspirations politiques la ville de Rome semble également être victime d’une bête monstrueuse qui rôde dans les bas-fonds de la capitale, notamment dans le quartier malfamé de Subure, en causant petit à petit une véritable panique parmi la population. De plus, cette créature démoniaque semble suivre au pas les agissements du jeune Falco.
Pendant ce temps-là sur les rives du Danube, Andaric poursuit avec ses guerriers germains une grande quête qui a pour but de retrouver la célèbre épée de Thuidan, véritable objet sacré pour les peuples goths, alors que les Romains préparent leur prochaine guerre dans cette même région.

Le roman La Louve de Subure, paru en 2007, est le premier roman de l’auteur français Laurent Guillaume, un officier de police passionné d’histoire antique et d’écriture. Il s’agît d’un roman historique plutôt ambitieux qui nous fait revivre l’époque des guerres daces de l’Empire romain ainsi que le règne de l’empereur Trajan à Rome à travers une intrigue faite de multiples aventures et rebondissements souvent à la limite du fantastique. Entre les conspirations politiques, la menace de la mystérieuse bête qui rôde et la quête sacrée des goths, éléments qui tous finissent par se rejoindre plus ou moins, Laurent Guillaume réussit parfaitement son affaire en tenant le lecteur jusqu’à la fin, et cela malgré un début un peu moins accrocheur. Il nous offre une belle galerie de portraits de l’époque qui rend bien réelle l’époque en question. Particulièrement intéressant et plutôt rare dans ce genre de romans, me semble-t-il, est d’avoir intégré dans son récit la sorcellerie et les croyances existantes à ce sujet durant cette époque.
Mais le roman La Louve de Subure souffre hélas également de certains défauts classiques du premier roman, notamment un montage de l’intrigue parfois un peu maladroit et une première édition qui comporte un certain nombre de fautes de frappes, voire d’impressions.

En bref La Louve de Subure de Laurent Guillaume reste un plutôt bon premier roman, un roman historique très divertissant et qui intéressera de nombreux amateurs du genre.

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

mardi, 16 octobre 2007

La dernière légion (L’Ultima Legione) - Valerio Massimo Manfredi - 2002

bibliotheca la derniere legion

L’Empire romain finit par succomber aux incessantes attaques barbares. L’an 476 en sera d’ailleurs la fin officielle car c’est l‘année quand sera détrôné l’enfant empereur Romulus Augustule par le chef goth Odoacre après que celui-ci ait vaincu la dernière légion romaine, la fameuse Nova Invicta. Le Barbare épargne cependant la vie de l’enfant âgé que de douze ans et le condamne à vivre en captivité jusqu’à la fin de ses jours. Mais quelques rescapés de la Nova Invicta, guidés par le vaillant Aurélius et la mystérieuse Vénitienne Livia, vont tout faire pour faire s’évader l’empereur qui est à leurs yeux le seul espoir, aussi infime qu’il soit, de voir renaître un jour un grand Empire. Dans sa fuite Romulus Augustule emporte avec lui la mythique épée de César que celui-ci utilisa pour conquérir la Gaule pour l’amener en Bretagne suivre une prophétie qui y prédit la création d’un nouveau royaume.
Cependant Odoacre va tout mettre en œuvre pour reprendre le jeune empereur déchu et lance à ses trousses ses troupes guidées par le puissant Wulfila.
Mais pourra-t-il empêcher ce qui doit arriver : la naissance d’un mythe nouveau.

La dernière Légion de l’écrivain, historien et archéologue Valerio Massimo Manfredi est un roman historique racontant l’épopée du dernier Empereur romain lors de la fin de tout l'Empire. Il imagine la capture et la fuite de Romulus Augustule, encore adolescent à l'époque, et comment celui-ci grâce à l'aide de son précepteur et de quelques soldats lui étant restés fidèles réussit à partir pour la Bretagne en possession d'une mythique épée, celle de Jules César. On le comprend vite, Valerio Manfredi tente de lier la chute de l'Empire avec la naissance en Bretagne de la cour arthurienne et des légendes qui y sont attachés.
L’intrigue est au fait une immense course-poursuite pleine de rebondissements à travers toute l’Europe occidentale ressemblant de temps à autre à une quête mythique.
Hélas ce roman qui laissait prévoir une magnifique et grandiose fresque historique ne prend pas. Les personnages sont assez convenus et peu attachants, les scènes d’action sont nombreuses et peu prenantes et de plus il est difficile pour le lecteur de s’intéresser aux enjeux des personnages tant ceux-ci sont mal présentés. Le manque de descriptions géographiques et détails historiques empêche la création d’une véritable ambiance dans laquelle le lecteur pourrait se plonger. Après tout cela il ne reste plus qu’à se plaindre de l’immense nombre de pages qui finira par en lasser plus d’un avant la fin.

La dernière légion est un roman historique assez décevant et qui intéressera avant tout les amateurs des romans traitant de l’Antiquité.

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

lundi, 16 avril 2007

Pompéi (Pompeii) - Robert Harris - 2003

bibliotheca pompei
An 79. Dans la baie de Naples la chaleur est intense et pesante. Les Romains y passent les derniers jours de l’été dans l’insouciance la plus totale. Attilius, jeune ingénieur responsable du gigantesque réseau d’aqueducs qui alimente toute la région en eau potable, est inquiet. Il vient de reprendre ce poste il y a quinze jours à peine suite à la disparition mystérieuse de son prédécesseur et constate certaines anomalies avec le réseau d’eau. Du soufre apparaît dans l’eau dévastant des élevages de poissons, des évaporations d’eau anormales ont lieu, de la fumée apparaît à divers endroits du réseau. Quelque chose est en train de se préparer, mais Attilius n’arrive pas à découvrir de quoi il s’agît. Pourtant il pressent une immense catastrophe aux conséquences imprévisibles. Soucieux il continue son enquête et doit affronter pour avoir à bout du mystère la mauvaise volonté de ses congénères à collaborer qui préfèrent profiter dans le calme de leurs derniers jours d’été. Pendant ce temps-là le Vésuve surplombe toute la baie d’un air calme et nul ne doute encore que dans quelques jours il sera la cause de l’une des plus grosses catastrophes de l’Antiquité.
Cette course contre la montre va mener Attilius de Misène au sommet du Vésuve, pour se terminer dans les rues d'un Pompéi sur le point d'être recouvert par la lave. Il rencontrera notamment Pline, qui jusqu'au bout chroniquera l'évènement spectaculaire...

Ecrivain, dramaturge et journaliste, Robert Harris signe avec Pompéi son premier roman historique ayant pour contexte l’antiquité. L’approche qu’utilise l’écrivain britannique ici est fort différente de tous les autres romans traitant du même sujet. On est bien loin de du grand classique Les derniers jours de Pompéi (The Last Days of Pompeii, 1834) de Edward Bulwer-Lytton. L’approche est plus scientifique. Harris préfère un ingénieur comme héros que des personnages plus romantiques et folkloriques tels des gladiateurs ou autres ? On est ici bien loin des images romanesques de cette cité recouverte de cendres, et on sent revivre une société bien plus réaliste. Le roman est parfaitement documenté et la société romaine devient parfaitement convaincante. Mais cet Empire romain décrit ici est aussi une vive allégorie des Etats-Unis d’Amérique : une population insouciante du monde qui l’entoure, des self-made men qui font la grandeur de la société et son arrogance (notamment le personnage d’Ampliatus, ancien esclave affranchi, des hommes d’affaires et promoteurs immobiliers sans scrupules, des notables corrompus, etc.

En utilisant comme héros de son roman un scientifique, Robert Harris met également bien avant l’aspect scientifique de la catastrophe. Il est d’ailleurs fait de nombreuses références à des romans de vulcanologie pour mieux expliquer les phénomènes précédant l’éruption et ceux qui suivent.
L’intrigue est parfaitement montée et le suspense prend admirablement. La fin du roman est évidemment connue de tous : Pompéi sera totalement détruite. Pourtant Harris réussit parfaitement à mettre en place un immense suspense qui s’intensifie sans cesse au fil des pages. En véritable thriller le récit prend la forme d’un immense compte à rebours sur deux avant l’éruption fatale du volcan. Les personnages sont bien développés même si certains sont un peu caricaturaux. Il est cependant dommage que Robert Harris fasse vivre à son héros Attilius une insipide histoire d’amour qui n’apporte absolument rien au roman.

Pompéi
est un excellent et très intéressant roman historique plein de suspense et de rebondissement.

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

Voir également :
-
Enigma - Robert Harris (1995), présentation
- Imperium - Robert Harris (2006), présentation