mercredi, 01 décembre 2010

God of War - Matthew Stover et Robert E. Vardeman - 2010

bibliotheca god of war.jpgLa novelisation est un principe littéraire bien connu, consistant à transposer sous forme de roman le contenu d’un autre média culturel, souvent des films de cinéma ou des séries télévisées). Avec la place de plus en plus prépondérante que prennent les jeux vidéos dans le paysage culturel en ce 21e siècle, il fallait bien s’attendre à des novélisations se faisant à partir de ces jeux.

C’est notamment le cas de God of War, une série de jeux vidéo d’action lancée en 2005 par Sony Computer Entertainement et sous la direction de David Jaffe. Les différents jeux en s’inspirant de la mythologie grecque invitent le joueur à incarner le guerrier fantôme Kratos, un guerrier brutal et esclave des Dieux anciens, prêt à tout pour s’affranchir. Les jeux connaissent un immense succès populaire, présents depuis 2005 sur la majorité des consoles de jeux existantes. 2010 verra d’ailleurs un nouvel épisode paraître sur PSP, on comprend donc que Sony ait voulu mettre un maximum sur le marketing pour bien accompagner cette sortie.

Or qu’en est-il donc réellement de ce roman ? Etant moi-même un fan du jeu j’ai été pris par la curiosité et je me le suis donc vite procuré. Ce roman, écrit par deux auteurs adeptes des novélisations en science-fiction et fantasy, sortes de mercenaires de l’écriture, ne fait finalement que reprendre très fidèlement le scénario du jeu. C’est quelque part le principe d’une novélisation. Mais où cela devient plus dérangeant c’est qu’à aucun moment les auteurs n’apportent le moindre détail en plus à l’histoire déjà bien connue des joueurs, comblant les 400 pages du livres d’évidences inutiles. Une certaine logique de jeu et d’énigmes subsiste même dans le texte, éléments totalement inappropriés à la lecture qui devient de plus en plus lourde et pénible au fur et à mesure où l’on avance dans ce texte à l’écriture pourtant efficace. De plus le personnage de Kratos, certes idéal pour incarner le héros d’un jeu, devient dans un roman bien trop superficiel. Car n’oublions pas qu’il s’agît avant tout d’un jeu d’action pure, malgré certains éléments de scénario bien dosés. Bien trop léger pour en faire un roman.

Dès lors la question qui se pose est de savoir à qui s’adresse ce livre. Les amateurs du jeu connaissent déjà tous les tenants et aboutissants de l’histoire et ils feraient mieux de retourner à leur console de jeu pour la revivre. Les autres, intéressés par ce jeu, feraient également mieux de se procurer le logiciel.

Car ce livre, au final, est comme le jeu, avec l’interactivité et les animations en moins, et qui de plus réussit à mettre en évidence des manques scénaristiques qui ne dérangent pas sur écran.

Pour tous ceux qui sont intéressés par cette exceptionnelle série de jeux qu’est God of War, mieux vaut retourner à leurs manettes et consoles !

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Présente édition : Editons Milady, 19 novembre 2010, 416 pages