vendredi, 16 mars 2007

L'assassin habite au 21 - Stanislas-André Steeman - 1939

bibliotheca l assassin habite au 21

Londres est terrorisé par un mystérieux assassin. Sept victimes en deux mois et demi. Toujours la même méthode, la victime marchant seule dans le brouillard londonien se fait fracasser le crâne à l'aide d'un sac de sable. L'assassin ensuite signe son méfait en abandonnant un bristol sur les lieux comportant toujours le même nom: Mr. Smith. La police n'arrive pas à trouver de motif liant les différentes victimes entre elles, et n'a aucun indice sur l'identité réelle du meurtrier, sauf peut-être ce nom de Smith extrêmement courant en Grande-Bretagne. La police piétine sans voir d'issue, alors que la population panique de plus en plus. Mais un beau jour un certain Toby Marsh est témoin d'un meurtre de Mr. Smith et décide de filer le meurtrier. Toby Marsh suit discrètement le meurtrier jusqu'au Russel Square où il voit celui-ci sortir ses clefs et entrer au numéro 21, une pension de famille hébergeant une dizaine de personnages. C'est donc là qu'habiterait l'assassin, au 21. L'affaire semble bouclée, il ne reste plus qu'à la police de démasquer le coupable parmi les différents locataires de cette pension.

L'assassin habite au 21 est l'un des plus grands classiques du genre du polar. Il s'agît du parfait roman à énigmes au style très british, même s'il a été écrit par un écrivain belge, Stanislas-André Steeman qui est un grand spécialiste du genre.
Le roman est admirable à plus d'un titre. Le lecteur apprend vite fait où habite l'assassin, il croit l'enquête finie, mais alors les choses se compliquent rapidement. Pas si évident que cela de trouver l'assassin parmi ce nombre limité de suspects. Steeman fournit peu à peu les indices nécessaires afin que finalement le lecteur ait toutes les cartes en jeu pour trouver lui-même l'identité de l'assassin. A un moment donné, vers la fin, Steeman s'adresse via un interlude directement au lecteur pour lui annoncer que maintenant il sait tout ce qu'il doit savoir pour trouver lui-même le fin mot de l'histoire. A partir de là suivent deux chapitres qui ne servent qu'à aider le lecteur en vue de la résolution finale, jusqu'aux toutes dernières pages dans lesquelles tout est révélé. Et ce n'est pas évident de trouver la solution de l'énigme. En effet, quasi dès le départ certains suspects ont l'air plus suspect que d'autres, mais comment le coupable a-t-il réussi son coup? Le lecteur devra jouer sur les mots, revoir et réinterpréter plusieurs scènes, et la vérité est bien plus difficile à appréhender qu'il n'y paraît au début.
Le roman superbement ficelé est écrit avec beaucoup de suspense, mais aussi avec une bonne dose d'humour. Pas de temps mort, tout avance à un rythme bien soutenu. Certains lecteurs reprocheront à ce roman son côté trop classique, mais c'est comme cela: L'assassin habite au 21 est l'une des oeuvres qui ont marqué le genre du polar à jamais, et dont on retrouve des traces à travers toute la littérature du genre.

Pour anecdote, ce roman a été écrit par Stanislas-André Steeman à son domicile au Square su Val de la Cambre à Ixelles, au numéro 21!

L'assassin habite au 21 sera adapté au cinéma en 1942 par Henri-Georges Clouzot. Le film deviendra également un grand classique.

Un véritable chef-d’œuvre, l'un des tout grands classiques du genre.

A (re-)découvrir absolument!

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Voir également:
- La maison des veilles - Stanislas-André Steeman (1936), présentation

lundi, 23 janvier 2006

La maison des veilles - Stanislas-André Steeman - 1936

Les locataires d'un immeuble bruxellois se lèvent un beau matin en retrouvant le cadavre d'un inconnu dans un des réduits du premier étage. La police arrive sur les lieux. L'enquête est menée par le juge d'instruction Faulx, un hypocondriaque bien plus préoccupé par ses médicaments que par le meurtre en question. Tous les habitants de l'immeuble seront suspectés, et tous auront une raison de se reprocher quelqu chose. Parmi ces locataires on retrouve pêle-mêle, une relieuse vieille fille confite dans sa virginité, un vieux baron essayant tant bien que mal de mener la grande vie, un jeune homme romantique et sa soeur trop maternelle, une divorcée qui se console au piano, un inspecteur de police sans illusions et désabusé, un auteur de contes pour enfants, qui teste ses histoires sur sa petite fille, deux ados marginaux trop gâtés par leur mère, un couple de Russes au passé trouble et toujours en guerre, une vieille dame cherchant dans les cartes l'oubli d'un délit ancien de son distant mari. Tous vont s'intéresser à ce meurtre, tous vont essayer d'influer sur le meurtre, qui les passionne; et qui d'ailleurs sera suivi d'un second.

Stanislas-André Steeman est un spécialiste du polar, dans le même genre que Georges Siménon. Le style de Steeman est d'ailleurs typique du genre policier, càd. un style précis et efficace se concentrant sur les faits, et ménageant le suspense à fin qu'on ne puisse pas deviner trop tôt qui est le coupable. cependant ici, Steeman, se concentre plus sur ces personnages, qu'il fait tous évoluer en parallèle en leurs donnant une réelle profondeur. Les points de vue du récit changent tout le temps, on nous conte l'histoire vue par chacun des protagonistes, l'un à la suite de l'autre. Cela apporte un réel plus à ce polar, qui de par son intrigue est, somme toute, bien classique. Mais cela apporte également le lecteur en confusion. On ne s'y retrouve pas toujours. Qui est en train de parler? Que faisait ce personnage déjà auparavant? La lecture va nécessiter une certaine concentration. L'intrigue quant à elle est bien ficellée, même si elle est sans surprise.

Un bon classique du polar, mais sans trop de surprises.

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Voir également:
- L'assassin habite au 21 - Stanislas-André Steeman (1939), présentation