dimanche, 04 mai 2008

La Pipe de Maigret - Georges Simenon - 1947

bibliotheca la pipe de maigret

Sept heures et demie, le commissaire Maigret se trouve seul dans son bureau du Quai des Orfèvres à Paris. La journée de travail est enfin terminée et Maigret cherche sa pipe fétiche pour fumer une dernière fois avant son départ. Mais la pipe a disparue, sa préférée, celle légèrement courbe que sa femme lui a offerte il y a dix ans et qu’il appelle sa bonne vieille pipe. Mais aucune trace nulle part de la pipe. A huit heures il rentre sans pouvoir oublier sa pipe. Qu’a-t-il pu bien en faire. Maigret n’arrive à se débarrasser de ce souci certes minime mais inexplicable. Pendant le repas, Mme Maigret devine que son mari a l'air préoccupé. Ce n'est qu'au moment de servir les liqueurs que le commissaire se souvient de la visite reçue quelques heures plus tôt à son bureau du Quai des Orfèvres. Une femme, qui n'avait pas de rendez-vous, et qui avait insisté pour le voir. Il avait accordé si peu d'importance à cette visite que, maintenant, il peinait à se souvenir des détails. Il s’agissait d’une certaine Madame Leroy, une triste veuve de quarante-cinq ans, accompagnée de son fils de dix-huit ans, le dénommé Joseph. La pauvre dame est persuadée que, durant son sommeil ou son absence, quelqu'un fouille sa maison de Charenton. Pourtant, rien n'a disparu et elle ignore ce qu'on y cherche. Le jeune homme travaille dans un salon de coiffure, comme l'a voulu sa mère, qui s'est plainte à plusieurs reprises d'avoir eu à l'élever seule. Elle a même fait surveiller son fils, afin de s'assurer que c'est n'est pas lui l'intrus. Comme elle a trouvé un jour la lettre d'une jeune fille dans son pantalon, elle s'inquiète du fait qu'il pourrait l'amener à la maison dès qu'elle est sortie. Mais cette surveillance n'a rien donné… En bref, selon Maigret, Madame Leroy exagère certainement et s’il n’y a pas eu vol, pourquoi mener une enquête. Toutefois Maigret décide de prendre l’affaire en main, car maintenant qu’il s’en souvient, il est bien sûre d’une chose : cela ne peut être que le jeune Joseph qui lui subtilisé sa pipe. Pourquoi a-t-il fait cela ? Et puis cette drôle d’affaire ne cacherait-elle pas autre chose.
Le lendemain Madame Leroy revient au commissariat : son fils a disparu. Maigret comprend de suite qu’il faut agir vite…

La Pipe de Maigret est un excellent roman policier de l’écrivain belge Georges Simenon mettant en scène son plus célèbre personnage : le commissaire Maigret. Ce roman ressemble plus à une nouvelle et l’affaire narrée n’est pas des plus développées, comme d’ailleurs souvent chez Georges Simenon, ce n’est pas la qualité de l’intrigue qui prime, mais plus les personnages et l’ambiance générale.
Tout part de la perte d’une pipe qui pousse Maigret à mener une enquête qui le mène à sauver un jeune homme des griffes d’un important criminel. Georges Simenon a le talent de nous raconter cette histoire avec une certaine distance, car ce qui intéresse Maigret avant tout n’est pas l’affaire Leroy, mais sa pipe. Le tout est alors racontée du point de vue de Maigret et ses pensées et humeurs tiennent une place importante dans le récit.

Ce court récit est parfait de tout aspect et peut être considéré comme une parfaite introduction pour tout lecteur dans les aventures du commissaire Maigret et dans l’œuvre plus générale de Georges Simenon.

Vivement conseillé !

 Voir également :
- Le chat - Georges Simenon (1967), présentation

16:56 Écrit par Marc dans Simenon, Georges | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : georges simenon, litterature belge, romans policiers, le commissaire maigret | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mardi, 21 mars 2006

Le chat - Georges Simenon - 1967

Un vieux couple marié, Emile 73 ans et Marguerite 71 ans, est assis auprès de la cheminée, observant silencieusement l'un l'autre. Au bout d'un instant Emile prend une petite feuille de sa poche, y inscrit deux mots, la plie et la donne à sa femme. Toujours sans dire le moindre mot. Sa femme ouvre le petit billet et y découvre le message suivant: "Le chat". Marguerite, à son tour et toujours en silence, lui envoie un petit billet contenant le message suivant: "Le perroquet". Emile est certain que sa femme a empoisonné Joseph, son chat. Marguerite n'avait en effet jamais aimé le chat. Elle, par contre, s'était choisi un perroquet. Celui -ci mourra également de façon mystérieuse. La guerre est déclarée. Ils ont rompu tout dialogue, ne communiquant plus que par petits billets, et uniquement dans le but d'attaquer l'autre.

Chacun essaie de survivre et d'échapper à ce ménage désastreux à sa façon, mais ils se rendent vite compte que leur relation leur est nécessaire. La haine semble en effet être la seule chose qui unit ce vieux couple marié sur le tard. Chacun de son côté, ils ruminent leur rancune tenace, qui les conduit dans une suite de jours sombres et égaux, d'une écrasante monotonie. Toute vie a disparue pour faire place à de la méfiance réciproque. Mais la seule question qui leur importe est de savoir comment faire durer les reproches.

Le chat est un magnifique petit roman du grand maître du polar belge Georges Simenon. Le style de Simenon est tout en simplicité; pas un mot ni une syllabe de trop. Les deux personnages sont décrits avec la rigueur d'un documentariste, donnant de plus une réelle profondeur à ces deux caractères hors norme. Simenon nous conte le tout de façon directe, avec tant de complaisance et de sympathie pour ses personnages, que leurs comportements deviennent parfaitement crédibles et compréhensibles. Il fait preuve de beaucoup de force dans cette étude de ces deux personnes âgées, de leurs obsessions et relations catastrophiques. Les perceptions psychologiques de l'auteur sont plus aigues que jamais donnant un roman rare et ramarquable, de la part d'un écrivain plus que remarquable.

 

Voir également :
- La Pipe de Maigret - Georges Simenon (1947), présentation

23:56 Écrit par Marc dans Simenon, Georges | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : georges simenon, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!