mardi, 31 mai 2011

Les déportés du Cambrien (Hawksbill Station) – Robert Silverberg – 1968

robert silverberg, litterature americaine, science-fiction, voyages dans le tempsDurant les années 2020 le gouvernement américain a trouvé un moyen tout à fait original pour se débarrasser de ses opposants politiques. Ils les déportent loin, très loin de chez eux, mais non pas géographiquement, mais dans le passé. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps , dépose tous les prisonniers politiques dans le Cambrien, à des centaines de millions d’années d’ici. De là-bas ils ne pourront plus revenir et de plus ils ne pourront avoir d’influence sur l’avenir. Mais comment survivre dans un monde où la vie n’a pas encore quittée les océans et surtout un monde dans lequel ces survivants n’ont à jamais plus aucun avenir. Hawksbill Station, tel est le nom de ce campement cambrien, est gouverné par un roi sans couronne, Jim Barrett, qui tente tant bien que mal de gérer cette communauté d’un peu plus d’une centaine de personnes en proie à la folie et au désespoir tout en accueillant du mieux qu’il peut les nouveaux venus. Une drôle de routine s’est mise en place dans cette drôle de prison jusqu’au jour où est déporté parmi eux le dénommé Lew Hahn, un jeune homme taciturne et peu bavard et qui ne ressemble en rien à prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ? Le gouvernement commencerait-il à envoyer d’autres types de prisonniers ? Des plus dangereux ? Ou alors et-il là dans un tout autre but ?
Tout en observant ce nouveau venu Jim Barrett repense à son passé d’activiste tantôt révolutionnaire, tantôt contre révolutionnaire, son cheminement qui l’a conduit jusqu’à Hawksbill Station et s’interroge sur le châtiment cruel dont lui et ses camarades ont été victimes. Tout cela valait-il réellement la peine ? Et que reste-t-il comme avenir pour ces déportés du Cambrien ?

Paru en 1968 et traduit en français dix années plus tard le court roman Les déportés du Cambrien de la part du très prolifique auteur américain de science-fiction Robert Silverberg nous fait vivre une belle histoire, bien poignante, d’un jeune activiste à travers le temps jusqu’à son châtiment qui donne lieu à une belle réflexion sur la survie d’une société totalement isolée dans un environnement hostile. Bref, y sont traités à la fois des aspects sociologiques et psychologiques, que ce soit par l’isolement et la lente déchéance des prisonniers condamnés à perpétuité ou par les souvenirs et désillusions du révolutionnaire Jim Barrett qui malgré les causes communes fortes a vu  les individualismes ronger le tout jusqu’à conduire à la trahison. Silverberg y livre aussi une belle réflexion assez cynique sur le militantisme et son évolution dans le temps, en effet Jim Barrett, même lorsque son camp l’emporte se sent obligé de se remettre dans l’opposition, un peu comme si l’ordre établi constituait un problème rien que par sa présence et non pas par sa nature. Et peut-être qu’un personnage comme Jim Barrett trouvera sa satisfaction là où on l’attend le moins. Finalement le sujet de ce roman n’est pas tant que ça cette société du futur, ses activités politiques et ses méthodes de répression mais plus la psychologie et l’évolution de ce Jim Barrett dans les aspirations révolutionnaires duquel tout le monde se retrouvera quelque peu.
Le tout est bien mené, sans superflus ni temps morts et Silverberg réussit à bien nous emporter dans son histoire. Quelques erreurs scientifiques existent quant à la description de l’ère cambrienne, mais s’agît-il de raccourcis pris par l’auteur ou alors de méconnaissances répandues à l’époque de l’écriture ?

Bref Les déportés du Cambrien de Robert Silverberg est un roman de science-fiction bien mené, assez poignant et riche en réflexions mais peut-être pas non plus un grand chef-d’œuvre.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Guy Abadia, éditions Le Livre de Poche, 17 avril 2002, 192 pages

Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Stepsons of Terra (aka. Shadow on The Stars) - Robert Silverberg (1958), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
- Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg (1967), présentation
- L'oreille interne (Dying Inside) - Robert Silverberg (1972), présentation
- En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait
- Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990), présentation

lundi, 17 août 2009

Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg - 1990

bibliotheca le retour des tenebres

Imaginez un monde qui ne connaît pas l'obscurité. Kalgash est une planète constamment éclairée par six soleils de taille de variable qui tournent autour de lui dans un mouvement complexe. Ses habitants n'ont jamais connu l'obscurité, sauf certains volontaires qui en ont fait l'expérience dans une célèbre attraction foraine. Mais ceux-ci sont tous devenus fous. La lumière est une évidence ! Mais que se passerait-il si elle venait à disparaître? Une secte religieuse prédit en effet une apocalypse qui plongera le monde dans les ténèbres. Les scientifiques aussi prennent peur. En effet, en unissant leur efforts, des astronomes, un psychologue et une archéologue sont arrivés à la conclusion que des périodes existent, se répétant de façon régulière, durant lesquelles Kalgash serait plongé dans l'obscurité la plus totale. Le six soleils viendraient-ils à disparaître? Et, dans ce cas, comment survivre à une telle épreuve? Car les scientifiques en viennent aussi à la conclusion que leur civilisation n'y survivrait pas...

D'abord il s'agissait d'une nouvelle publiée par l'écrivain américain Isaac Asimov en 1941 dans le magazine Astounding Science Fiction, traduite sous le titre de Quand les ténèbres viendront. Deux ans avant sa mort, l'auteur décide de s'associer à l'écrivain Robert Silverberg, autre grand maître de la science-fiction américaine, pour faire un véritable roman de cette nouvelle, devenue depuis un grand classique du genre.. Et c'est ainsi que naît Le retour des ténèbres. Le but d'en tirer un roman était aussi pour les auteurs de la réactualiser d'un point de vue scientifique. Car en effet il s'agît bien de hard science, un sous-genre de la science-fiction se voulant très recherché d'un point de vue scientifique. On connaît le talent d'Asimov pour ce sous-genre, Silverberg y apporte une pointe de dépaysement qui fait vivre cet univers. Mais la difficulté du roman est de faire comprendre au lecteur pourquoi le passage jour-nuit, un événement si anodin avec lequel nous vivons depuis notre naissance, peut représenter un tel bouleversement pour les habitants de la planète Kalgash. Et cela est parfaitement réussi dans la première partie qui décrit un monde vivant encore dans l'insouciance, mais qui commence en même temps à avoir des doutes alimentés par les sectes religieuses tout d'abord, puis par les scientifiques. Cette partie s'attarde notamment beaucoup à décrire le combat des scientifiques qui tentent de préparer leurs concitoyens au pire. la deuxième partie décrit l'arrivée de la nuit, et ainsi la fin de la civilisation qui renaîtra dans la troisième partie, les deux dernières parties ressemblant plus à un roman catastrophe. Ce qui impressionne est la facilité avec laquelle les deux auteurs réussissent à rendre les discussions scientifiques à la fois intéressantes et toujours divertissantes. L'aspect politique est également très important (comment préparer la fin du monde, comment en convaincre les masses et les autorités et surtout comment en sortir). Tout est bien construit, parfaitement réfléchi dans tous les détails et le roman en devient assez fascinant. Hélas le roman vaut surtout pour son postulat de base, une belle réflexion, mais reste toutefois assez artificiel. Peut-être qu'il aurait mieux valu adapter la nouvelle de base sans forcément en faire un roman (le choix d'en faire un roman est vraisemblablement lié plus à des impératifs commerciaux qu'autre chose). Les personnages eux aussi sont typiques de ceux des nouvelles : simples et ne servant que trop parfaitement les éléments de l'intrigue. Sur la fin le tout s'enlise quelque peu, laissant le lecteur quelque peu déçu.

Le retour des ténèbres est un très intéressant roman du duo Isaac Asimov et Robert Silverberg, hélas pas toujours convaincant.

A découvrir toutefois pour tous les amateurs de science-fiction.

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Voir également :
- Les Robots (I, Robot) - Isaac Asimov (1950), présentation
- Les Cavernes d'acier (The Caves of Steel) - Isaac Asimov (1954), présentation
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Stepsons of Terra (aka. Shadow on The Stars) - Robert Silverberg (1958), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
- Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg (1967), présentation
- L'oreille interne (Dying Inside) - Robert Silverberg (1972), présentation
- En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait

samedi, 13 janvier 2007

L’oreille interne (Dying Inside) – Robert Silverberg - 1972

bibliotheca l oreille interne

David Selig est un juif new-yorkais quadragénaire, célibataire et plutôt discret. Sa vie est un véritable chaos. Il n’a jamais réussi à mener quelque chose à bien et gagne péniblement sa vie en écrivant des dissertations pour des étudiants fainéants. Selig pourtant avait tout pour réussir. Dès sa naissance il est en effet doté d’un don miraculeux : il est télépathe et est ainsi capable de lire les pensées de toute personne qu’il approche. Mais ce don va vite devenir un handicap pour lui. Depuis tout petit, il sait tout de nos mauvais jugements, de nos désirs honteux, de nos méchancetés secrètes... il en a profité quelques fois, mais ce don s’est vite retourné contre lui. Il a commencé à avoir des scrupules et se sent comme un voyeur, un paria… un monstre. Selig se retire de plus en plus de ces contemporains, le seul l’unissant à eux est son don. Mais ses capacités de télépathe semblent petit à petit disparaître. Son seul lien avec le reste de l’humanité risque de se rompre en le laissant seul avec lui-même.

L’oreille interne est le roman incontournable dans la bibliographie de l’auteur de science-fiction Robert Silverberg. Si certains éléments de ce roman sont empruntés au genre de la science-fiction, notamment celui de la télépathie, il s’agît avant tout d’un grand roman psychologique d’un personnage en doute entre ce qu’il est et la société qui l’entoure. L’œuvre est d’ailleurs fortement autobiographique, de nombreux parallèles existants entre la vie de Selig et celle de Silverberg. Le sujet, un homme qui perd un don qui lui paraît essentiel, est admirablement traité avec à la fois beaucoup d’humour et de mélancolie. Selig aurait pu devenir une sorte de super-héros, mais à cause de ce don il va tout rater. Et quand ce don disparaît, il se sent encore plus perdu. Selig et son don, en réalité, c’est un peu chacun d’entre nous livrés au monde, sous le regard pesant des autres, ce regard qui fait si mal et qui nous est pourtant indispensable. Silverberg nous parle des douleurs et des doutes de Selig, qui finalement se rapprochent fortement de ceux de tout le monde. Le philosophe Jean-Paul Sartre disait que « l’enfer, c’est les autres » et Silverberg répond dans ce roman que le moi n’est pas forcément meilleur. Il évite tous les pièges d’une trop importante dramatisation, ainsi que ceux du genre de la science-fiction. Le style d’écriture est très vif et le type de narration varie faisant de Selig alternativement le narrateur et une personne externe au récit (en vue d’opposer la vision qu’a Selig de lui-même et celle qu’il pourrait donner aux autres).

L’oreille interne est un roman psychologique exceptionnel, qui aujourd’hui encore est considéré comme un immense chef d’œuvre et le roman le plus marquant de l’écrivain américain Robert Silverberg, qui nous avait plus habitué à des romans de science-fiction.

A lire absolument !

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Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Stepsons of Terra (aka. Shadow on The Stars) - Robert Silverberg (1958), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
- Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg (1967), présentation
- Les déportés du Cambrien (Hawksbill Station) - Robert Silverberg (1968), présentation
- En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait

- Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990), présentation

dimanche, 26 novembre 2006

En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg - 1988

bibliotheca en un autre pays

"Pour l'été, ils s'étaient rendus à Capri, à la villa d'Auguste qui était alors à l'apogée de son règne; pour l'automne, ils avaient effectué un pèlerinage à Canterbury. Ils comptaient passer Noël à Rome, afin d'assister au sacre de Charlemagne. Mais c'était pour l'instant le printemps de leur merveilleux voyage, ce magnifique mois de mai de la fin du XXe siècle qui s'achèverait dans le fracas d'une hécatombe et le rougeoiement d'un ciel enfumé. Emerveillé, presque en extase, Thimiroi voyait la brume effacer de son esprit les murs de pierre de Canterbury et une ville bien différente se matérialiser autour de lui. Une vision à même de réveiller le poète qui sommeillait toujours en lui. Une vision à même de réveiller le poète qui sommeillait toujours en lui. il se sentait très jeune, débordant de vie, ouvert... vulnérable."

Dans un futur lointain les voyages dans le temps ont été rendus possibles. Et leur but est avant tout touristique. On suit ainsi un groupe de touristes en voyage organisé qui se retrouvent à la fin du XXe siècle dans la ville de Canterbury. Le but de leur voyage est d'assister au grand cataclysme qui mettra fin à la civilisation si brouillonnante e ce siècle. En effet, un météorite va atterrir à Canterbury changeant le monde à jamais. Thimiroi, l'un des ces touristes temporels, compte bien profiter de son voyage. Il est impressionné par la vie du XXe siècle. Mais les choses vont tourner mal. En effet, peu de temps avant la cataclysme, Thimiroi tombe amoureux d'une femme de cette époque. Dans le désespoir de la savoir mourir il va tout faire pour empêcher les choses d'arriver. Mais a-t-il un quelconque pouvoir là-dessus.

Robert Silverberg a écrit ce court roman (novella en anglais) à la demande de l'éditeur Martin H. Greenberg. Ce dernier édite en effet une collection dans laquelle il republie des grands classiques de la littérature de science-fiction en leur joignant un roman contemporain se basant sur la même histoire et complétât celle-ci. Pour Robert Silverberg le modèle choisi a été La saison des vendanges (Vintage Season, 1946) de Catherine Lucille Moore. Dans ce roman de C.L. Moore le lecteur suit l'histoire de Oliver Wilson, un propriétaire d'immeuble, qui voit son bien loué par de bien étranges personnages. Silverberg, dans ce roman complémentaire, nous décrit la même histoire en se palçant du point de vue de l'un de ces voyageurs. Le personnage de Oliver Wilson apparaît donc bien évidemment aussi dans En un autre pays. Robert Silverberg est en effet un grand admirateur de C.L. Moore, de plus on connaît son penchant pour les histoires traitant du sujet des voyages dans le temps avec l'éternel dilemme de ce voyageur d'agir ou non sur les événements qui se déroulent sous ses yeux.

En un autre pays présente une lecture très agréable, légèrement, mais volontairement, vieillotte pour le genre afin de rejoindre l'oeuvre de C.L. Moore. D'ailleurs les deux romans en question valent amplement la peine d'être lus.

Il est à noter que cette novella appraît en France publié dans un recueil (voir couverture ci-dessus) contenant également les novellas suivantes: Cache-cache (They Hide, We Seek, 1990), Ça chauffe à Magma City (Hot Times in Magma City, 1995) et L'arbre dans le ciel (The Tree that Grew From the Sky, 1991).

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Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Stepsons of Terra (aka. Shadow on The Stars) - Robert Silverberg (1958), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
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- Les déportés du Cambrien (Hawksbill Station) - Robert Silverberg (1968), présentation
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lundi, 02 octobre 2006

Regan's Planet - Robert Silverberg - 1964

regansplanet

En 1492 Christophe Colomb découvrit l'Amérique. Et 500 ans plus tard, les Etats-Unis d'Amérique veulent célérer cet événement en organisant une gigantesque exposition mondiale. La Guerre froide fait rage et justement c'est l'occasion de s'affirmer face aux clans ennemis. Mais les travaux n'avancent guère. Le président des Etats-Unis décide alors de faire appel à l'homme d'affaires Claude Regan, l'un des hommes les plus riches et les puissants de la Terre. Celui-ci se laisse convaincre de mener ce projet d'exposition mondiale. Il prend tout en main, impose petit à petit ses idées et le tout se met en route. Regan est ambitieux, il veut marquer le monde de son empreinte. Et très vite il se rendra compte que le monde ne suffit pas à ses ambitions. L'exposition aura bien lieu, mais Regan l'organisera sur un satellite artificiel, qui sera spécialement construit pour l'occasion, en orbite à 50.000 lieues de la Terre. Ainsi va commencer pour Regan l'un des pus majestueux projets de toute l'humaité. Mais tout ne tournera pas toujours comme sur des roulettes. Regan se met en avant, risque tout pour ce projet. Et certaines personnes de son entourage n'hésiteront pas à lui tomber dans le dos.

Regan's Planet, qui sera publé en 1964, est un petit roman de space-opera sans trop de prétention. Le tout sert avant tout à divertir et y réussit très bien. Le lecteur suit avec enthousiasme cet homme d'affaires dans l'élaboration de son fantastique projet et comment celui-ci déjouera tous les problèmes qui se poseront à lui. Regan n'a peur de rien et est prê à tout pour réussir, allant jusqu'à kidnapper une bande d'extra-terrestres pour s'en servir comme d'une attraction pour son expo. Mais Robert Silverberg profite également de l'occasion pour faire passer très subtilement un message plus politique sur les événements qui ont suivis la découverte de Christophe Colomb. Déjà certains personnages du roman mettent un doute sur cette découverte de Colomb. En effet peut-on parler de découverte alors que des hommes, les Indiens, y vivaient déjà. Sans compter les vikings, chinois, etc... qui sont passés par là bien avant le navigateur gênois. De plus le sort des Indiens est mis en avant par le traitement des humains et de Regan face aux populations martiennes (on connaît par d'autres romans déjà la sympathie de Robert Silverberg pour les poulations amérindiennes). Et puis que penser du fait que ce soit un homme d'affaires qui finalement soit l'homme le plus puissant des Etats-Unis, alors que le président des Etats-Unis passe pour un pantin à la tête d'un pays en chute et sans plus de réelles valeurs.
Robert Silverberg, passé maître du genre depuis, fait ici en tout cas preuve de beaucoup de talent et d'imagination, et cela pour notre plus grand plaisir.

En 1968 sortira une suite à ce roman intitulée World's Fair 1992.

Note: je n'ai hélas trouvé aucune trace d'une quelconque traduction française de ce roman, ainsi que de sa suite.

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Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
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- En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait
- Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990), présentation

lundi, 17 juillet 2006

Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg - 1967

Un mystérieux éclair apparaît dans le ciel du Texas. La plupart des témoins croient y voir une météorite, et tel sera la version officielle donnée par les autorités. Mais en réalité cet éclair a été causé par l'explosion d'une soucoupe volante venant de la planète Dirna, dont l'équipage de 3 membres, a pu s'éjecter du vaisseau juste avant l'explosion. La soucoupe volante avait pour mission de surveiller, sans jamais intervenir, la vie sur Terre. Hélas les trois membres ont été séparés durant leur chute et devront s'en sortir tout seul et dans ce but ils seront bien obligés de se faire aider par la population locale. D'apparence humaine (ils portent en fait une coquille qui ressemble à s'y méprendre à la forme humaine), ils vont se cacher en attendant d'être récupéré par les leurs en se mêlant un peu à la population. Vorneen, le chef de la mission, est recueillie par Kathryn Mason, une jeune veuve habitant seule. Glair, la femme de l'équipage, est retrouvé par Tom Faulkner, un militaire désabusé, et Mirtin en se cachant dans le désert va rencontrer un jeune Indien de onze ans avec lequel il va se lier d'amitié. Pendant ce temps-là, les Dirnéens tentent par tous les moyens de récupérer l'équipage disparu. Mais le temps presse. La planète rivale de Dirna, Kranaz, organise elle aussi une mission pour récupérer les trois extra-terrestres.

Ceux qui veillent est souvent considéré comme l'une des dernières oeuvres de jeunesse de Robert Silverberg, écrite juste avant que celui-ci n'arrive enfin à imposer de pleine puissance son style propre en se détachant de la littérature pulp à laquelle il a été condamnée pendant si longtamps. Ceux qui veillent est donc, malgré un début prometteur, une oeuvre peu aboutie de Robert Silverberg. Le tout se lit très rapidement et est écrit avec un style fort agréable et très efficace. On ne s'ennuie pas, mais cela manque fortement de profondeur. Souvent, mieux vaut ne pas trop réfléchir, afin de garder le tout plus ou moins crédible. Certains éléments ne tiennent pas du tout la route (p.ex. comment Faulkner a-t-il réussi à ramener Glair chez lui sans attirer l'attention de ses collègues? qu'arrive-t-il de l'ambitieux capitaine Bronstein?...) De plus Silverberg évite de trop décrire la culture des extra-terrestres. On n'apprend que bien peu de choses sur les planètes Kranaz et Dirna, ce qui est bien étrange alors que le sujet principal du livre est justement la rencontre entre extra-terrestres et humains.

En bref, on constate hélas bien vite que ce roman a été écrit à la va-vite et que Silverberg ne s'y est que très peu investi. C'est bien dommage, car certaines idées valaient la peine d'être approfondies.

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Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
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- Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990), présentation

jeudi, 29 juin 2006

The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg - 1956

En 2062 la dernière guerre mondiale éclate détruisant quasi toute civilisation sur terre. Suit alors une période de près de 500 ans où les quelques survivants tentent de reconstruire la civilisation humaine. Les machines qui contrôlaient le monde disparaissent laissant derrière elle une civilisation bien plus primitive. Le pouvoir sur Terre sera pris par les douze Ducs comme ils aiment s'appeler. Douze personnes et chacune ayant survécu miraculeusement à la guerre et semblant immortelle. Ils vont petit à petit conquérir le pouvoir et se diviser le monde entre eux afin de mieux le régner. Ainsi la Terre semble vivre au ralenti, dirigé par des êtres qui ont tout le temps devant eux. Mais des rumeurs des plus étranges commencent à circuler. Un royaume des plus puissants se serait constitué en Antarctique, continent qui fut libéré des glaces peu avant le début de la guerre et protégé depuis par une immense barrière infranchissable. En 2527 la barrière sera franchie par un messager à la recherche d'un dénommé Dale Kesley, vivant dans le Duché de l'Amérique du Nord. Kesley, modeste agriculteur, détiendrait au plus profond de lui un immense secret, effacé de sa mémoire, et qui une fois révélé au monde, en bouleversera l'ordre à jamais.

The Thirteenth Immortal, paru en 1956, est généralement considéré comme étant le premier roman adulte de Robert Silverberg qui a ensuite fait une carrière des plus impressionnantes dans le genre de la science-fiction. Le roman est plus du type space-opéra, beaucoup d'aventures et de rebondissements, et se déroule dans un monde post-apocalyptique dans lequel Robert Silverberg mélange déjà les deux genres qui lui sont chers et qui feront son succès : la science-fiction et le fantasy. Le roman, même si pas tout à fait abouti, reste un excellent divertissement à l'histoire et au contexte plutôt bien développé. Il est d'ailleurs à mon avis bien dommage que les éditeurs aient un peu négligé ce roman qui, s'il n'est pas le meilleur, est bien loin d'être le plus mauvais de l’œuvre de Robert Silverberg.

A découvrir!

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Voir également:
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
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lundi, 19 juin 2006

Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg - 1956

Au 37e siècle les voyages dans l'espace sont devenus possibles, mais posent un grand. En se deplaçant à une vitesse se rapprochant de celle de la lumière, l'équipage de ces mêmes vaisseaux subit une contraction temporelle. Ainsi, lorsqu'ils partent pour une mission qui pour eux ne dure que quelques semaines, au fait c'est plusieurs années qui s'écoulent sur Terre, par exemple pour se rendre à Alpha Centauri il faut six semaines alors que sur Terre neuf années s'écoulent. Ce qui a conduit les membres des équipages de vaisseaux spatiaux à vivre entre eux avec leurs familles à leur propre rythme et à se déconnecter petit à petit de la Terre. Alan Donnell, fils du capitaine d'un vaisseau interplanétaire, va tout faire pour trouver une solution à cette contraction temporelle. Il a de bonnes raisons pour être déterminé tel qu'il l'est: son frère jumeau Steve avait quitté le vaisseau, afin de mettre un terme à la viue routinière des voyageurs de l'espace et pour découvrir le monde, il y a quelques lors d'un arrêt sur Terre, ce qui fait que aujourd'hui une dizaine d'années séparent Alan de son jumeau. Alan décide d'abord de se rendre sur Terre afin de retrouver son frère, mais la Terre est devenu un environnement fort hostile, surtout des gens qui passent leur temps entre les étoiles.

Au temps pour l'espace est l'un des premiers romans de Robert Silverberg et il s'agît plutôt d'un roman de jeunesse de la part de l'un des futurs plus grands auteurs de science-fiction. Oeuvre de jeunesse, ce roman, peu abouti, part un peu dans tous les sens. Entre space-opéra typique des années cinquante et roman d'anticipation sociale, Au temps pour l'espace a du mal à se situer. Le monde décrit par Silverberg est une société consommatrice surpeuplée, dans laquelle les emplois sont très rares et ou beaucoup de gens sont obligés de s'adonner au jeux de hasard (légaux) afin de survivre. C'est dans cet univers que le héros va vivre toutes sortes d'aventures. Même si certaines idées sont bonnes, le tout reste très naïf. Le tout n'a aujourd'hui d'intérêt finalement plus que pour les nombreux fans de Robert Silverberg.

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vendredi, 02 juin 2006

Stepsons of Terra - Robert Silverberg - 1958

Cela fait maintenant plus de 500 ans que le monde colonial de Corwin n'a plus eu de contact avec la Terre-mère. Mais Corwin est menacé par l'attaque d'une horde d'extra-terrestres sans merci venant d'une autre galaxie. Corwin décide de demander de l'aide à la Terre. Mais celle-ci ne répond pas aux appels à l'aide. Ewing, habitant de Corwin est alors envoyé en tant qu'ambassadeur vers la Terre pour trouver de l'aide coûte que coûte. Mais la Terre, qui pourtant a colonisé plus d'un millier de mondes à travers l'univers, n'est plus ce qu'elle était. Ewing se rend vite compte que la Terre est dans l'incapacité la plus totale d'aider son monde, de plus il semble que la Terre soit de plus en plus sous contrôle d'une autre planète, une ancienne colonie du nom de Sirius IV. Ceux-ci voient d'un mauvais oeil l'arrivée d'un ambassadeur venant du monde de Corwin et vont tout faire pour se débarrasser de lui. Ewing finalement espérera trouver de l'aide auprès d'une société secrète de Terriens qui aurait développé une machine à voyager dans le temps.

Shadows on the Stars (ou Stepsons of Terra) est déjà le sixième roman de l'auteur Robert Silverberg encore peu connu à cette époque qu'il écrira en octobre 1957. Ce roman, il va l'écrire pour le magazine Science Fiction Adventures qui lui demande un pur space-opera, mais Silverberg va essayer de subtilement modifier le genre. Plus question de belles princesses à sauver, ni terribles méchants, ni maîtres féodaux qui croisent entre les étoiles, etc. Non, Robert Silverberg a écrit un petit roman dans un cadre bien établi sur le paradoxe temporel. Il est à noter que l'élément de la flotte Klodni de 775 vaisseaux, qui peut paraître aujourd'hui comme n'ayant rien à faire là, était une demande de l'éditeur qui voulait un roman mettant en scène une terrible menace extra-terrestre. Silverberg a donc intégré cet élément dans son histoire, sans toutefois y mettre trop d'accent. Le combat final contre cette terrible flotte n'est d'ailleurs pas la fin en soi, Silverberg préférant se concentrer sur le paradoxe temporel que va subir son héros. Le roman a été publié en 1958 dans le magazine Science Fiction Adventures et fut un plutôt grand succès, et Silverberg a vite été classé dans la lignée d'écrivains comme Robert A. Heinlein et E. E. Smith, même si lui-même avouera s'être plus inspiré d'A.E. Van Vogt. Le livre a ensuite été racheté par Donald A. Wollheim et a été republié sous le titre Stepsons of Terra. Aujourd'hui le roman est surtout connu sous ce titre là.

Stepsons of Terra (ou Shadow on the Stars) est donc un plutôt habile roman de space-opera, l'un des premiers de Robert Silverberg qui est devenu l'un des tous grands du genre. Le style est habile et on y reconnaît la grande capacité de narration de l'auteur, et qui réussit en se basant sur des règles d'un genre un peu vieillot à écrire un petit roman certes sans trop de profondeur mais plutôt original et très prenant.

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Voir également:
- The Thirteenth Immortal - Robert Silverberg (1956), présentation
- Au temps pour l'espace (Starman's Quest) - Robert Silverberg (1956), présentation
- Regan's Planet - Robert Silverberg (1964), présentation
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Ceux qui veillent (Those Who Watch) - Robert Silverberg (1967), présentation
- Les déportés du Cambrien (Hawksbill Station) - Robert Silverberg (1968), présentation
- L'oreille interne (Dying Inside) - Robert Silverberg (1972), présentation
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En un autre pays (In another Country) - Robert Silverberg (1988), présentation et extrait
- Le retour des ténèbres (Nightfall) - Isaac Asimov et Robert Silverberg (1990), présentation