lundi, 12 novembre 2007

Traduit de la nuit (Nadika Tamin’ Ny Alina) - Jean-Joseph Rabearivelo - 1935

bibliotheca traduit de la nuit
Écrit en même temps que Presque-Songes, le recueil Traduit de la nuit en est une suite composée d'une trentaine de poèmes écrits directement en français et en malgache par l’écrivain Jean-Joseph Rabearivelo (1901 ou 1903-1937) et qui sera publié pour la première fois en 1935 à Tunis aux Editions des Mirages.
Alors que Rabearivelo est encore fort méconnu du public francophone en général, il est devenu cependant parfaitement célèbre au Madagascar où il compte parmi l’un des plus grands écrivains et poètes malgaches. Ayant au début écrit surtout des textes marquée par l‘invasion coloniale française, l’auteur se reconcentre dès les années 30 vers la littérature malgache en soi en créant un style propre qui connaîtra plus tard un vif succès.
Dans Traduit de la nuit Rabearivelo s’attaque dans un style subtil et fin aux images linguistiques et poétiques de la nuit, en commençant par une reconnaissance des confins des jours de la nuit et en s’y enfonçant de plus en plus pour en atteindre toute la compréhension poétique avant de s’y reperdre. Rabearivelo joue sans cesse sur les variations métaphoriques qui se jouent entre le jour et la nuit pour créer à la fin une réelle mystique autour de cette nuit.


Traduit de la nuit est un beau recueil de poésie de l’un des auteurs phares de la littérature malgache.

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Extrait : trois poèmes pris au hasard


1

Une étoile pourpre
Évolue dans la profondeur du ciel —
Quelle fleur de sang éclose en la prairie de la nuit
Évolue, évolue,
Puis devient comme un cerf-volant lâché par un enfant endormi.
Paraît s'approcher et s'éloigner à la fois,
Perd sa couleur comme une fleur près de tomber,
Devient nuage, devient blanc, se réduit :
N'est plus qu'une pointe de diamant
Striant le miroir bleu du zénith
Où l'on voit déjà le leurre
Glorieux du matin nubile.

4


Ce qui se passe sous la terre,
au nadir lointain?
Penche-toi près d'une fontaine,
près d'un fleuve
ou d'une source:
tu y verras la lune
tombée dans un trou,
et tu t'y verras toi-même,
lumineux et silencieux,
parmi des arbres sans racines,
et où viennent des oiseaux muets

13


Toutes les saisons sont abolies
dans ces zones inexplorées,
qui occupent la moitié du monde
et la parent de floraisons inconnues
et de nul climat.
Poussée de sang végétal provisoire
dans un enchevêtrement de lianes ténébreuses
où est captif tout élan de branches vives.
Déroute d'oiseaux devenus étrangers
et ne reconnaissant plus leur nid,
puis heurts d'ailes - éclairs -
contre des rochers de brume
surgis du sol
qui n'est ni chaud ni froid
comme la peau de ceux qui s'étendent
loin de la vie et de la mort.

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14:45 Écrit par Marc dans Rabearivelo, Jean-Joseph | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jean-joseph rabearivelo, poesie, litterature malgache | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!