dimanche, 11 janvier 2009

Femmes : Poèmes d'amour et de combat (All about women) - Taslima Nasreen - 2002

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Femmes : poèmes d'amour et de combat est un recueil de poésie de la romancière, journaliste et poète Taslima Nasreen, née au Bangladesh en 1962, et qui en cesse de dénoncer l'oppression des femmes dans son pays et dans le monde. Condamnée à mort par les fondamentalistes musulmans depuis 1993, pour avoir osé dénoncer dans ses écrits le sort réservé aux femmes par la religion, elle vit en exil depuis 1994 et réside aujourd'hui en Suède.
Au fil des poèmes repris ici, Taslima Nasreen, dans une écriture servie de mots simples et directs tout en violence et en émotions, npous évoque la condition de la femme dans son inégalité face aux homme, sa soumission dans l'amour et son asclavage dans de multiples sociétés. Mais à travers ces vers vibrent aussi la solitude, les déceptions et le désespoir de l'auteure aujourd'hui exilée.

Femmes : poèmes d'amour et de combat
est un recueil poignant qui en laissera personne indifférent.

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Extraits : quelques poèmes pris au hasard

Vivre

Je vis ma vie dans un cercueil,
Cent cafards et quelques vers
M'accompagnent.

Je vis parce que
Je n'ai aucune autre alternative
Que de vivre.
Les cafards et les vers
N'ont pas d'autre chix,
Eux non plus.

Des âmes vivent dans un cercueil
Nous nous toisons tous d'un oeil vitreux
Nous nous mangeons,
Nous nous buvons,
Les uns les autres
En nous demandant
Pourquoi nous vivons!

Je ne connais pas la réponse,
Les cafards et les vers
L'ignorent eux aussi.


Pleine lune

Je suis seule.
La lune là-haut est seule aussi.
Moi qui suis la plus malheureuse sur la terre,
Je cntemps lebonheur dans le scintillement du clair de lune.
Me voyant, la lune est si embarrassée
Qu'elle se voile aussitôt la face
De honte derrière un nuage.

La lune ne savait sans doute pas
Qu'un être humain pouvait être aussi seul.
La lune a une cour aussi vaste que le ciel
Et des bandes de filles-nuages avec lesquelles jouer.

Mais moi, qui ai-je?


Ni ne vibre ni ne résonne

Tant de choses vibrent et résonnent,
Les celules à l'intérieur du corps,
Les clochettes aux chevilles quand elles dansent,
Les bracelets d'argent au poignet.
La pluie de la mousson rebondit sur la fenêtre, et les vitres, en musique, vibrent et résonnent.

Dès que les nuages s'entrechoquent, le tonnerre vibre et résonne.
Les rêves résonnent, imposent au temps leur rythme,
Puis, dans un grand chamboulement intérieur,
La solitude vibre et résonne.

Seule la cloche intime de ma porte ne vibre ni ne résonne.


Solitaire

(Un jeune homme pense à une autre femme)

Cela arrive à chaque fois qu'on n' a nulle part où aller.
Une cour sinistre, un arbre fruitier, un chat solitaire, je marche
De long en large entre les citronniers.
Quand il n'y a nulle part où aller, on sort d'une pièce pour aller dans la cour
Puis on revient dans la même pièce.
Certains soirs d'huver semblent si longs
Qu'on voudrait les repousser le plus loin possible
Pour laisser place à une nuit profonde et paisible
Ou à une matinée éclatante de soleil.
Les journées passeraient ensuite à rêvasser
Et à bavarder.
Quand il n'y a nulle part où aller,
Je m'assois tranquillement sur la véranda,
Me fraie mentalement un chemin à travers la brume
Et entre dans une autre pièce.
Qui le beau jeune homme serein
Assis là attend-il?
Je n'ai nulle part où aller.
En regardant fixement ces pièces si familières, la cour, le mur,
Les soirs d'hiver,
Je frappe mentalement à une autre porte,
Toc, toc, toc,
je retiens les larmes qui montent de mon coeur brûlant
Et je crie
Jeune homme, qui attends-tu?

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15:33 Écrit par Marc dans Nasreen, Taslima | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poesie, taslima nasreen, litterature bangladeshie | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!