vendredi, 12 mai 2006

La tour des rêves (Tower of Dreams) - Jamil Nasir - 1999

Dans un futur proche, l’américain Blaine Ramsey travaille comme prospecteur d’images pour le compte d’une importante compagnie publicitaire. Il doit se plonger dans la culture du pays afin de faire ressortir de son subconscient un Image qui pourra être utilisée pour des publicités psychoactives. Lors d’un voyage au Proche-Orient, à Kraïma au bord du Jourdain, il rêve l’image parfaite : une magnifique jeune femme arabe au bord d’un mur de sa maison. Mais son rêve se transforme en cauchemar et il va vivre, toujours en rêve, la mort violente et atroce de cette femme. Mais ce rêve ne cesse de revenir nuit après nuit, et au bout de quelque temps, la femme lui apparaît à l’état d’éveil. Cependant Ramsey va vite découvrir que cette femme existe dans le monde réel, c’est une icône très célèbre du cinéma égyptien qui réside au Caire. Blaine Ramsey va alors partir pour la capitale égyptienne afin de rencontrer cette actrice. Mais il se rend vite compte qu’il n’est pas le seul à être fasciné et à rêver sans cesse de cette actrice...

La tour des rêves est un roman de science-fiction à première vue plutôt inhabituel. On était jusqu’alors habitué à un genre très anglo-saxon, voir à moindre mesure européen. Jamil Nasir est quant à lui fils d’un réfugié palestinien, vivant aux Etats-Unis, et place donc son roman en ses terres d’origine. Le point de vue du roman est clairement arabe, et cela constitue une forte originalité dans un genre trop souvent auto-référant. Jamil Nasir y excelle dans la description très vivante du Caire, gigantesque et étouffante métropole du Tiers-Monde, entre la misère de la majorité et luxe indécent de certains. Mais à l’époque où se déroule l’histoire, le Caire est au bord d’une guerre civile et est continuellement ravagée par des tremblements de terre. Mais c’est avant tout un roman très onirique, au sens où le héros semble continuellement être plongé dans un rêve dont il ne serait qu’un spectateur.
Mais tout n’est pas aussi positif. L’histoire commence fortement avec l’interaction des rêves de Blaine avec un subconscient collectif et finit de façon assez décevante en replaçant simplement le mystère dans un autre plus vaste. Ce qui est plutôt frustrant. De plus l’intrigue ne tient pas toujours, un certain ennui apparaît au fil de l’intrigue où certains éléments se répètent sans faire avancer notre héros pour autant. Il est également à noter, que d’un point de vue science-fiction, Jamil Nasir semble un peu manquer d’idées sauf peut-être pour le concept des psycho-actives. En effet on nous décrit des voitures volantes, certains objets aux noms inconnus, la situation politique et démographique du Caire qui est une exagération de la situation actuelle mais n’a absolument rien de révolutionnaire. On regrette également que, malgré l'aspect culturel arabe du livre, Jamil Nasir n'ait trouvé mieux que de choisir pour son personnage principal un américain (vraissemblablement pour des raisons marketing). 

En résumé je dirai que La tour des rêves est un roman partiellement réussi, mais qui vaut capendant la peine d’être découvert.

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23:45 Écrit par Marc dans Nasir, Jamil | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jamil nasir, science-fiction, fantastique, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!