vendredi, 06 juillet 2012

L’élixir - Mélanie Muller - 2009

melanie muller, erotisme, l elixir, l'elixir, romans erotiques, romans pornographiques, fantastique, litterature francaiseLouise est une fille quelconque. Ni jolie, ni moche, ni … ni rien en fait. Et c’est cela son problème. Elle n’attire personne et aucun homme ne s’intéresse jamais à elle. Ce qui pour une fille de vingt-cinq ans est assez pénible et fort déprimant. Pourtant elle essaie tout, fréquente des bars branchés, des sites de rencontres, mais rien n’y fait. Et cela jusqu’au jour quand, au comble du désespoire ; elle ouvre un livre de recettes aphrodisiaques et concocte un breuvage à base d’alcools et de plantes. Et le résultat va être foudroyant : d’un moment à l’autre elle devient le centre d’attention et l’objet de désir de tous les hommes qu’elle croise. Tous la veulent et ne cessent de lui tourner autour. Louise, désormais Lou (cela fait plus sexy), se donne à tous ces hommes, profitant enfin de tout cet amour qui jusque là lui manquait. Et desormais elle a des rendez-vous sans fin avec tous ces hommes accrochés à ses lèvres, tentant à tout moment de lui arracher ses vêtements, de la caresser même en public, et lui ouvrant enfin tous leurs cœurs… et leurs pantalons, la prenant n’importe où et n’importe quand…
Mais très vite la magnifique tigresse qu’est devenue Lou n’arrive plus à s’arrêter, et du manque d’affection elle passe à l’addiction et à l’overdose…

L’élixir de l’auteur français Mélanie Muller est un roman érotique qui sans concession et sur un rythme effréné nous fait découvrir les péripéties amoureuses et sexuelles d’une jeune femme transformée  après avoir pris une potion magique. Décrit avec un certain humour sur un rythme effréné, ce roman traite plus globalement de la passion amoureuse d’une femme, de son abandon dans l’addiction, ici le sexe, tout en en oubliant l’essentiel, qui est l’amour. Louise change, son entourage change, toutes ses relations changent… vers un supposé meilleur. Mais en réalité tout cela ne la rendra pas plus heureuse.
Ecrit dans un rythme effréné et d’une plume vive, sans concessions, le lecteur est vite pris par ce texte. Et malgré certaines longueurs et petits passages à vide le lecteur arrivera vite à bout de ce livre.

L’élixir de Mélanie Muller est un surprenant roman érotique qui ravira les amateurs du genre.

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Extrait : pris au hasard au chapitre deux

...

J’aurais peut-être dû ôter ma culotte sous ma nuisette transparente ? Mon rat de laboratoire semble complètement indifférent à mes charmes. Quand la bouteille est vide, je cherche une étincelle dans ses yeux, j’observe son entrejambe, je lui demande s’il sent quelque chose de spécial.

- Rien du tout, ma grande.

Rien. Nada. Autant d’efforts pour que dalle. C’est dans la bouteille que j’aurais dû glisser ma culotte ! Je me sens subitement affreusement ridicule dans mon déshabillé sexy. Je file à la cuisine et jette rageusement ce livre idiot à la poubelle. Un attrape-nigaud ! J’aurais dû m’en douter. L’abstinence me rend naïve et pathétique. Qui, hormis une fille stupide comme moi, aurait songé un seul instant qu’une bouteille de champagne fleuri puisse exciter quelque peu les garçons ? Je m’en veux d’avoir dépensé une fortune en alcools, liqueurs, graines et poudres en tout genre. Enfermée dans ma cuisine, je me serre un grand verre de Martini rosso, j’y rajoute du gin, de la Vodka, des herbes, du piment, et je bois tout, en glissant mes doigts dans ma culotte et en chantonnant un tas de formules aussi bizarres qu’inintelligibles. Je suis complètement pompette. Magicienne des temps modernes, ce livre de recettes aphrodisiaques n’est plus au goût du jour, et je vais agrémenter ces potions de toute mon imagination débordante de femme esseulée. Passoà, rhum, clous de girofle, feuilles de fucus, Ras el hanout, mixez énergiquement et filtrez le mélange ainsi obtenu avec une passoire ! J’ai dans ma cuisine de vieille fille tous les ingrédients et tous les accessoires pour concocter des miracles et devenir sorcière professionnelle. Je goûte, je bois, je trempe mes doigts dans mon sexe et les mélange frénétiquement dans mon verre, je bois, je chante, je danse, j’invoque les forces du ciel et de l’enfer pour faire de moi une femme fatale et irrésistible, j’en verse à côté, je fais un raffut de tous les diables. Je me bourre la gueule.

Hervé ouvre alors la porte de la cuisine pour voir ce que je fabrique et parce qu’il doit s’en aller. Je dois être dans un drôle d’état, hirsute et titubante, parce qu’il me toise comme s’il me voyait pour la première fois. Je lui souris aussi assurément que possible en me retenant au lave-vaisselle. Ses yeux roulent comme des billes sur ma bouche, mes seins, ma bouche, mes seins…

Ma bouche.

Mes seins.

Hervé se jette sur moi tel un fauve en rut. Me retourne, me plaque contre la machine à laver, relève ma nuisette et m’embrasse sauvagement dans le cou tandis qu’il arrache ma culotte en dentelle. Je perds à moitié l’équilibre et suffoque, contre mes fesses je sens son membre dur fulminer. Je le repousse avec force ; je n’avais pas envisagé qu’il puisse se mettre dans cet état. Au mieux, j’espérais un tendre baiser romantique. Tandis qu’il ôte avec précipitation son t-shirt et la ceinture de son pantalon, je lui dis en tremblant :

- Hervé, Hervé, calme-toi !

- Quoi ? QQuoi ? Quoi ? hurle-t-il ! J’ai envie de toi, là ! C’est bien ce que tu voulais non ? Viens là !

Ça y est. Il est fou. La recette fonctionne. Au secours. Je le repousse instinctivement.

- Louise ! Tu te trémousses tout l’après-midi devant moi dans ta nuisette transparente et maintenant tu fais ta mijaurée ? tu te fous de moi ?

Sa respiration est chaude et bruyante, il m’enlace violemment contre l’étagère, les pots de confiture s’écrasent sur le sol dans un brouhaha qui n’arrête pas mon agresseur, je glisse sur la purée de fraise et la gelée de groseille. A quatre pattes, le cul et les seins à l’air devant mon meilleur ami, ses mains torturant mes cuisses et mon ventre, je suis prise de panique. Je tente d’esquiver ses assauts périlleux et clame qu’on n’est pas obligé d’en arriver là.

- Obligés, Louise !O-bli-gés ! Tu es drôlement bandante tout à coup !

Je trouve que « Louise » et « bandante », ça ne va pas ensemble. Mais ce n’est pas le moment d’ergoter. La queue d’Hervé pointe son gros nœud.

- D’accord, Hervé, d’accord, mais je n’ai pas de capote ! Laisse-moi en chercher à la pharmacie, s’il te plaît, j’en ai pour deux minutes.

- Tu aurais pu prévoir ! Garce ! Allumeuse ! Dépêche-toi d’aller en chercher et ramène tout le distributeur !

J’enfile un jean et une veste sur ma nuisette presque déchirée et je cours. Je cours non pas pour me faire sauter au plus vite par Hervé mais parce que je suis terrifiée. Que vient-il de se passer ? Et comment expliquer à mon meilleur ami que je n’ai pas envie de lui, que c’était juste un jeu, une idée farfelue, une lubie sans intérêt, que si le résultat est édifiant, à présent j’aimerais mieux qu’il s’en aille ! ? Je ne souhaite pas coucher avec lui !

Devant la pharmacie, le tiroir du distributeur de capotes est bloqué. Je tire dessus comme une acharnée, en évitant autant que possible le regard des passants interloqués. J’essaie de ne pas penser qu’à travers ma nuisette, mes seins s’exhibent outrageusement. Un crissement de pneus retentit sur le boulevard. Une portière claque. Un homme vêtu de noir s’approche de moi tandis que j’essaye vainement d’obtenir grâce de cette foutue machine.

- Je peux vous aider mademoiselle ?

Je dis oui.

Avec aplomb, l’homme en noir fait tomber dans sa main trois boîtes de préservatifs et me les tend ; je le remercie, pétrifiée.

- Je peux vous inviter à boire un verre ?

- Non, pas maintenant, dis-je en tremblant.

Il me tend sa carte.

- Vous êtes absolument adorable et sexy, appelez-moi, j’aimerais beaucoup vous connaître… Promettes-moi de m’appeler…

Je prends la carte et promets : « oui, oui, promis ! » puis fonce jusqu’à chez moi, affolée. J’ai la tête qui tourne et les tempes mouillées.

Dans mon immeuble, face aux miroirs du hall d’entrée, je me reconnais à peine ; mes cheveux en pagaille ont des reflets roux flamboyants et, pour la première fois de leur vie, ils bouclent. Dans mes yeux noirs pétillent des éclats de strass et mes lèvres suintantes d’alcools gras se dessinent sur mon visage dans un rouge singulièrement indécent. Mes seins ont doublé de volume.

...

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Présente édition : J’ai Lu, 16 mai 2012, 192 pages
ISBN-10: 2290032158, ISBN-13: 978-2290032152