mercredi, 10 février 2010

Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres - Antony Meray -1862

bibliotheca restaurer livres

Faisant suite à Les diverses façons d'aimer les livres, Antony Meray, en grand bibliophile et bibliomane, nous fait part de quelques façons simples de restaurer des vieux livres. Ce texte date d'une époque durant laquelle les livres étaient encore des objets plutôt précieux, que souvent il fallait garder, et n'étaient souvent guère remplaçables. Tel dans son texte précédent, il transparaît ici l'immense amour de Meray pour l'objet du livre.

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Texte intégral :

Les livres deviennent rares ! Cela s'est toujours dit, surtout dans les périodes de calme, pendant lesquelles l'élégante passion du bibliophile peut se développer en toute liberté. Les étalages en plein air se dégarnissent alors de volumes intéressants, complets et bien conservés. Nous sommes maintenant dans une de ces époques où les quais sont surveillés et dépouillés avec acharnement. II faut l'avouer pourtant, les rencontres précieuses n'ont jamais été très-communes, surtout pour les amateurs qui suivent la mode et s'attachent exclusivement aux ouvrages dont le caprice des ventes fait hausser le prix.

Si nous étions encore au temps des Génies, et qu'il prît fantaisie à l'un d'eux de venir en aide aux quartiers pauvres en semant leurs rues de vieux sequins par une brumeuse nuit de novembre, les habitants de ces quartiers sauraient-ils reconnaître le précieux métal sous la vétusté de l'empreinte ? Prendraient-ils le soin d'en enlever la patine et la boue ? Assurément oui. Ils ne dédaigneraient pas les pièces d'or des siècles passés, sous prétexte qu'elles ne sont plus de mode aujourd'hui. Que les bibliophiles de goût suivent donc leur exemple, qu'ils aident aux libéralités du hasard. Les belles rencontres de la chasse aux livres existent encore, il faut savoir les deviner.

De nombreux exemplaires des éditions recherchées au siècle dernier se moisissent à présent sur les quais. Les boîtes des libraires étalagistes regorgent d'admirables volumes italiens édités à Venise, quand florissaient les Alde, les Sansovino, les Giolito, les Sessa et les Valgrisi ; on y rencontre de beaux classiques de Lyon et de Paris signés par les Simon de Colines, les Gryphes, les Marnef, les Estienne et les Langelier. Des bizarreries philosophiques, de petits traités historiques, imprimés en Hollande et sur les bords du Rhin, appartenant à la charmante collection des Elzeviers, achèvent, à défaut d'amateurs, de racornir leurs robustes reliures au soleil et à la pluie. Un artiste de mes amis, désolé de voir se perdre ces jolis chefs-d'oeuvre de l'imprimerie avec les marques originales de leurs éditeurs, leurs lettres historiées et les vignettes délicates de leurs frontispices, se décidait souvent à en acheter, bien qu'il ne comprît ni le latin, ni l'italien.

Les voyages dans tous les coins du monde, les mémoires les plus piquants, les traités d'horticulture, les pamphlets, les poëtes des dix-septième et dix-huitième siècles, imprimés chez les de Luynes, chez les Cramoisi, les Pacard, les Nivelle et les Barbin, surabondent également à bas prix. Il semble que personne n'en veuille. Que faut-il cependant pour les remettre en vogue ?

Si demain la fantaisie éclairée d'un homme d'esprit les signale, chacun consentira à payer, au centuple de leur valeur actuelle, les volumes qu'il dédaigne à présent. Charles Nodier n'a-t-il pas mis en vogue le goût des éditions originales, auxquelles on ne pensait guère avant lui ? Le roman des Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas n'a-t-il pas fait monter de 20 sous à 20 francs les Mémoires de d'Artagnan de Sandras de Courtilz ? L'excellente collection Jannet, qui eût dû, à mon avis, obtenir une subvention nationale à son courageux éditeur, n'a-t-elle pas remis en valeur quantité de bons ouvrages à peu près oubliés ?

Un jour viendra où de fort bons livres délaissés reparaîtront dans les riches bibliothèques, et où beaucoup de ceux qu'un goût passager avait fait rechercher reprendront leurs places sur les quais ; avis aux bibliophiles qui suivent trop facilement la mode. Quant à ceux dont la délicatesse recule devant le mauvais état d'un livre, malgré la sonorité du nom de l'auteur ou de l'éditeur et le charme de son titre, cette petite notice, où je résume de mon mieux la chimie du bibliophile, a surtout pour but de les rassurer, en leur indiquant les moyens de ne pas laisser à terre le sequin taché de boue.

Je vais, si vous le permettez, procéder par des faits, afin d'être mieux cru et mieux compris.

Le premier livre que j'ai osé soumettre aux hasards d'une restauration, le Thrésor de santé ou mesnage de la vie humaine (Lyon, Huguetan, 1607), était probablement tombé dans la friture. Ses feuilles, humides d'une huile encore récente, adhéraient entre elles ; le feuilleter était tout un travail. Il m'a fallu du courage pour le payer 50 centimes, bien qu'en bon état il ait une valeur réelle. J'avais pour voisin un jeune chimiste ayant l'honneur de travailler avec M. Thenard ; il vint obligeamment à mon secours. Nous fîmes tremper préalablement les feuillets décousus dans une dissolution de potasse caustique qui commença à s'emparer de la matière grasse. Cette opération avait aminci et rendu savonneux le papier, qui conservait une couleur rance très-désagréable. Un bain d'eau de Javel mêlée d'un quart d'eau ordinaire le débarrassa entièrement de cette vilaine trace. Restait à enlever le chlore introduit par l'eau de Javel ; une dissolution de sulfite de soude réussit à chasser cet actif destructeur.

Notez bien que ces diverses opérations s'étaient faites feuillet à feuillet, et que le bain d'eau de Javel avait dû être renouvelé, à cause de son affaiblissement rapide, après chaque lavage de trois cahiers. Cependant le papier était réduit à sa plus simple impression, la colle en avait disparu avec l'huile ; le marteau du relieur eût mis le livre en pâte du premier coup. Pour lui rendre sa première fermeté, il fallut lui faire prendre un dernier bain destiné à l'encoller ; puis il partit pour la reliure, qu'il supporta à merveille.

Un second exemple nous expliquera le mode d'encollage. Le Réveil-matin des François, attribué à Théodore de Bèze, et le Cabinet du roy de France, attribué à Nicolas du Crest, ont, chacun le sait, tous leurs exemplaires en papier cotonneux et facile à s'effranger ; les miens étaient de plus mouillés et zébrés d'humidité. Pour réparer ce dommage, j'ai fait dissoudre des plaquettes de gélatine blanche dans de l'eau bouillante, une plaquette par litre d'eau, y ajoutant un peu d'alun, afin de décourager les vers que pourrait attirer la gélatine. Dans ce mélange devenu tiède, j'ai trempé un à un tous mes feuillets. Cette opération ayant réussi à leur rendre la teinte uniforme et la fermeté du papier de Hollande, je les suspendis isolément à des cordes tendues.

Cependant je ne tardai pas à m'apercevoir qu'en séchant, la matière légèrement épaisse de cette solution s'amassait autour de la corde, marquant d'une trace foncée le dos des feuilles ainsi que leur coin inférieur, où l'amas avait de la peine à s'évaporer. Cet inconvénient avait lieu surtout lorsque j'avais teinté ma colle à l'aide de caramel brûlé ou de tabac, pour atténuer la trop grande blancheur due à l'emploi de l'eau de Javel, comme dans le cas du Thrésor de santé. Dans le but d'éviter cela, j'imaginai de déposer préalablement mes feuillets humides de colle sur des linges étendus. Ainsi soulagées, mes feuilles suspendues séchaient également et avec rapidité.

Est-il besoin de dire qu'il faut beaucoup de patience et d'ordre dans ce minutieux travail ? Soit en trempant les feuilles, soit en les relevant délicatement, on doit suivre avec exactitude la pagination ou mieux la signature, qui est généralement moins fautive, afin d'assembler plus facilement le volume, une fois l'opération accomplie.

Ces deux exemples nous donnent déjà la manière de délivrer les livres des traces d'huile et d'humidité, et de rendre la solidité au papier cotonneux. Le dernier procédé, celui de l'encollage, dont l'emploi est si facile et si peu coûteux, est surtout très-utile ; il est applicable aux pamphlets imprimés, la plupart, en cachette, à la hâte et sur le premier papier venu ; il l'est également à presque tous les livres imprimés en France au commencement du dix-septième siècle, notamment aux éditions de Troyes et de Rouen. Il sert encore à raffermir les titres fatigués et souvent les derniers feuillets.

Si le volume est maculé d'encre, s'il porte des signatures sur le titre et des notes insignifiantes sur les marges, si les pages ont revêtu une sorte de masque d'un brun foncé, il faut essayer, sur un feuillet séparé, l'effet des acides à employer. L'acide oxalique, l'acide chlorhydrique et l'eau de Javel peuvent servir, l'un ou l'autre, selon la ténacité de l'encre et la gravité des taches ; mais le premier étant des trois le moins dangereux, s'il suffit, il faut s'en tenir à lui, comme je l'ai fait dans le cas suivant :

J'avais trouvé sur le quai un exemplaire du charmant ouvrage de Boccace : Ameto, comedia delle nimphe fiorentine (in Vinegia per Melchiore Sessa, 1534) ; le prix en était on ne peut plus modique, car des notes banales, couvrant ses marges d'une broderie noirâtre, en avaient dégoûté l'amateur. J'eus la patience de passer sur chacune des pages un pinceau imbibé d'une dissolution tiède d'acide oxalique, sans dérelier le volume, ayant soin d'enlever à l'eau ordinaire la trace laissée par mon pinceau. Pour faciliter ensuite le séchage des feuillets, je séparai chacun d'eux par autant de doubles feuilles de papier buvard, et, quelques heures après, mon volume pouvait rentrer avec honneur dans les rayons d'une bibliothèque. Il faut bien se garder de confondre l'acide oxalique avec le sel d'oseille du commerce, dont l'effet est beaucoup plus faible. Je dois dire aussi que l'on ne peut pas opérer, sans dérelier un livre, si le papier n'en est solide et ferme comme le papier de Hollande ou celui de Venise, le roi des papiers ; autrement l'humidité gagnerait les marges du fond, elle tacherait et endommagerait la reliure que l'on cherche à conserver.

Si l'encre est tenace, si les pages ont le masque brun ou si elles sont fortement mouchetées, il faut, comme dans les premiers exemples, découdre le volume cahier par cahier, et avoir recours à l'eau de Javel étendue légèrement d'eau ordinaire.

J'avais acheté, au coin du pont des Arts, un Machiavel en quatre volumes petit in-12, à la Sphère, à la date de 1680, sans désignation de ville et sans nom d'éditeur. Ces quatre volumes, bien complets, attendaient piteusement l'acheteur dans la boîte à cinq sous ; on eût difficilement rencontré, il est vrai, un livre en plus méchante condition ; ses pages étaient d'un aspect noirâtre, et semblaient barbouillées de bitume. Cet ouvrage est assurément un de ceux qui m'ont donné le plus de peine à nettoyer. Je dus faire baigner, les uns après les autres, chacun des interminables feuillets de mes quatre tomes dans de l'eau de Javel presque pure, où je les laissais tremper une ou deux minutes. La teinte brune céda assez vite, plus vite même que je n'osais l'espérer ; mais il fallait à chaque instant renouveler le bain d'eau de Javel (à chaque lavage de trois cahiers à peu près), le chlore perdant rapidement son efficacité. J'étais aussi obligé de surveiller avec soin mon travail, de peur qu'une minute de retard ne permit à l'active dissolution d'attaquer l'encre d'imprimerie. Au sortir de ce premier bain, je trempai mes feuillets dans une autre cuvette où j'avais fait dissoudre un fragment de sulfite de soude, de la grosseur d'une noix, destiné à détruire les traces de chlore, comme je l'ai déjà dit. Puis l'encollage à la gélatine teintée de caramel brûlé ; puis l'essuyage sur des linges étendus ; enfin le séchage sur des cordes, feuillet à feuillet, comme je l'ai expliqué plus haut.

Au reste, l'eau de Javel ne doit s'employer qu'en tâtonnant ; si elle réussit merveilleusement à faire disparaître l'encre d'écriture, les taches rousses et souvent l'huile elle-même, elle arrive très-vite, si l'on n'y prend garde, à faire pâlir l'encre grasse du texte et à brouiller les lignes d'impression. Il y a même des encres d'imprimerie sur lesquelles ce terrible effet se produit instantanément, quelque précaution qu'on y emploie ; un essai préalable sur un coin de page est toujours prudent. Il faut bien se garder surtout de confier au chlore les livres gothiques et la plupart des éditions de Lyon et de Genève ; les incunables et leurs successeurs directs ne résistent guère à cet héroïque traitement. J'ai expérimenté pour mon malheur les dangers de l'eau de Javel sur la table de la première édition des Illustrations des Gaules, de Lemaire de Belges et sur deux pages d'un précieux Comines de 1529.

Mon voisin le chimiste me tira encore une fois d'embarras. Il me conseilla d'employer, pour ces vénérables reliques, l'acide chlorhydrique, qui attaque l'encre d'écriture, tout en épargnant celle du texte et la teinte paille du vieux papier. J'en fis l'épreuve sur le Pimander d'Hermès Trismégiste, édit. 1494, et sur les Vitæ summorum pontificum de Platine, Venise, 1485. Un bain d'acide chlorhydrique étendu d'eau les débarrassa très-bien de notes nombreuses et de griffonnages inutiles ; mais comme cet agent chimique laisse au papier une apparence molle et humide, il fallut laver mes feuillets à grande eau, puis détruire les traces de l'acide au moyen d'une dissolution de bicarbonate de soude, avant de procéder à l'encollage.

Le plus souvent les vieux livres sont simplement jaunis par la poussière et bigarrés de mouillures, un bain prolongé d'eau tiède, mêlée d'un peu d'alun, suffit ordinairement alors à les restaurer. Il y a encore une précaution très-utile à prendre en déreliant les volumes, dont souvent les cahiers adhèrent entre eux par la colle du relieur. Pour éviter les déchirures, il faut, après avoir enlevé le cuir, barbouiller le dos du livre avec un peu de colle de pâte, ou simplement le tremper dans l'eau chaude, de manière à enlever la rigidité du vieil appareil ; et les cahiers se séparent sans aucune lésion.

Restent les traces de cire, la boue et l'empreinte des doigts ; ces trois sortes d'ordures font le désespoir des amateurs raffinés. Les gouttes de la bougie jaune consciencieusement élaborée par l'abeille ne s'en vont complétement ni au grattoir ni au frottement du caoutchouc ; elles reparaissent malgré l'application d'un fer chaud sur du papier buvard, et en dépit de la sandaraque et de la terre bolaire. Quant à la boue et à l'empreinte des doigts, elles cèdent souvent au frottement léger, patient et prolongé du grattoir et du caoutchouc blanc préparé à cet effet.

Il y a encore d'autres vilenies peu disposées à céder la place. J'ai trouvé, par exemple, dans un bel exemplaire gothique des très-élégantes Annales de Nicole Gilles, l'empreinte non équivoque et plusieurs fois répétée d'une calotte molle et grasse qu'un érudit y avait laissé séjourner jadis, le prenant pour un Plutarque à mettre des rabats. Une autre fois, dans le Jardinier françois, dédié aux dames, 1631, j'ai vu des macules dues à la chute de roupies de tabac, lesquelles s'étaient étoilées en tombant du nez de quelque lecteur du dix-huitième siècle. On peut atténuer le vilain aspect de tout cela ; cependant si l'on a la chance assez fréquente à Paris de rencontrer des incomplets du même format, on remplacerait les feuillets par trop salis ; ce serait, dans ces derniers cas, le procédé qui vaudrait le mieux.

J'aurais bien à dire encore quelques mots sur la réparation des piqûres de vers, sur la façon de remboîter les reliures précieuses, sur l'emploi du maroquin antique, qui laisse à ces vénérables contemporains des Valois leur physionomie d'autrefois ; mais il ne faut pas encombrer d'un même sujet les pages précieuses de l'Annuaire du Bibliophile. Je me contenterai d'ajouter que le vase le plus inoxydable, le meilleur à employer pour les diverses opérations chimiques du nettoyage des livres, est la cuvette plate de porcelaine, en forme de carré long, dont se servent les photographes.

Je répète que ces procédés rapidement indiqués ici sont d'une efficacité assurée ; ils ont tous été expérimentés par moi-même et m'ont aidé à sauver de la boutique du droguiste beaucoup de bons livres devenus rares. Que l'amateur consciencieux suive donc mon exemple, qu'il soit prudent et ne se décourage pas de quelques échecs, et le trésor commun qui fait la joie des bibliophiles s'enrichira d'une notable quantité de raretés littéraires prêtes à faire à tout jamais naufrage.

Chaque essai réussi de ces délicates restaurations fera éprouver combien, en outre de l'économie réalisée, il y a plus de plaisir à faire rentrer dans l'or et le maroquin un vieux livre arraché à la destruction, qu'à mettre simplement dans sa bibliothèque un exemplaire bien conservé. N'y a-t-il pas d'ailleurs une glorieuse satisfaction à rendre à la postérité ces témoins des vieux siècles, qui ont égayé et nourri l'âme de nos pères et préparé les éléments de nos sciences et de nos progrès d'aujourd'hui ?

Nous avons à peine écorné, dans ces quelques pages, le vaste champ de la glorification des livres ; cependant chacun des efforts de nos ancêtres pour échapper aux ténèbres de la longue nuit du moyen âge est digne, au plus haut dégré, d'occuper notre attention. Chacune des nobles préoccupations qui rattachent les penseurs modernes à la glorieuse série des activités intellectuelles du passé, doit entrer dans le cadre intéressant de ce travail. Aussi comptons-nous bien reprendre un nouveau fragment de ces attrayantes études, chaque fois que le temps aura rendu nécessaire une nouvelle livraison de l'Annuaire du Bibliophile, en jetant une nouvelle gerbe de douze mois à la rapide moisson des âges.

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Voir également :
- Les diverses façons d'aimer les livres - Antony Meray (1861), texte intégral

09:47 Écrit par Marc dans Meray, Antony | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : essais, litterature francaise, livres, antony meray, bibliophilie, loisirs divers | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 15 janvier 2010

Les diverses façons d'aimer les livres - Antony Meray - 1861

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Bibliophile passionné, l'auteur de ce texte, l'écrivain français Antony Meray, nous fait découvrir son amour des livres, du livre en tant qu'objet dans une langue magnifique. Ecrit en 1861 ce texte garde toutefois sa valeur de nos jours, alors que les livres, en tant qu'objets, sont de plus en plus menacés en faveur d'autres formats, notamment électroniques.

Ce texte, repris ci-dessous dans son intégralité, trouve particulièrement sa place sur ce site dédié à la lecture, et aussi aux livres.

Antony Meray est l'auteur de nombreux textes et essais dont La Vie au temps des Cours d'Amour. Croyances, usages et moeurs intimes des XIe, XIIe & XIIIe siècles d'après les Chroniques, Gestes, Jeux-Partis et Fabliaux (1876).

Bonne lecture !

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Texte intégral :

Les diverses façons d'aimer les livres

par

Antony Meray

Le petit travail bibliographique, où nous allons essayer d'expliquer certains goûts particuliers, certaines préférences, certaines délicatesses de l'esprit, certaines variétés de l'amour des livres, n'a nullement pour but de justifier la passion d'élite qui nous pousse à rechercher ces précieux témoins des accroissements de l'âme humaine à travers les générations. L'amour des livres, dont les alléchements variés à l'infini se rattachent à toutes les glorieuses activités de la pensée n'a nul besoin d'être justifié, c'est glorifié qu'il faut dire, quand on réfléchit qu'aucun art, aucune science, aucune forme de protestation railleuse ou grave, réaliste ou mystique, battant en brèche l'ignorance et la sottise, n'échappe aux rayons de nos bibliothèques.
 
Grâce aux livres, le bibliophile traverse à son gré les mers et les temps ; il pénètre sans crainte d'y être coudoyé dans les foules de toutes les époques, et s'y choisit librement ses guides dans le nombre des esprits supérieurs qui lui ont légué les préoccupations de leurs contemporains. La masse n'assiste qu'à cette partie du grand drame terrestre qui se joue devant ses yeux ; pour le bibliophile, l'action se déroule entière depuis le lever du rideau, dans ses moindres épisodes historiques. L'enchantement des actes qui ont précédé l'heure moderne lui fait comprendre, d'une façon plus nette, le sens de la scène incomplète dont le hasard l'a fait acteur.
 
Là est le secret de cet appétit des livres qui affame les intelligences d'élite dont les rangs deviennent chaque jour plus serrés et plus nombreux. Cette passion a, d'ailleurs, mille manières d'envahir ceux qui passent à la portée de son influence ; aucune autre n'offre à ses adeptes un champ aussi vaste et des objets aussi merveilleusement variés. Tous ceux qui aiment ces glorieux trophées des siècles n'ont pas, à un même degré, le désir de surprendre la pensée de nos pères à sa source ; le goût du bibliophile a de nombreuses nuances tournant toutes au respect de ces vénérables épaves de la pensée.
 
On peut classer, tout d'abord, les bibliophiles en deux grandes catégories : ceux qui jouissent de la substance des livres, qui les traquent pour en extraire le contenu et s'imprégner de leur esprit, et ceux qui, les saisissant au passage pour s'en faire les conservateurs, en contemplent amoureusement la forme, les restaurent, les revêtent de pourpre et d'or et les sauvent des profanations du vulgaire.
 
Dans la première classe de ce vaste culte, on aime le livre pour ce qu'il contient ; on le recueille sous toutes ses formes et dans l'état où il se présente. Ces fervents investigateurs ne jetteront pas avec mépris le volume désiré, parce que les vers l'ont troué et dentelé ; ils ne s'offusqueront pas trop des taches d'encre et de cire, des annotations oiseuses, des mutilations de marges, ni des mouchetures rougeâtres produites sur le texte par l'humidité. La bonne condition est pour eux un point secondaire ; souvent même ils béniront l'accident qui a fait dédaigner une oeuvre rare, de l'opulent accapareur, pour la jeter entre leurs mains. Dans les rangs de ce groupe, les différences de goûts portent plus sur le fond que sur la forme.
 
Certains d'entre eux recherchent spécialement les oeuvres d'une langue déterminée, d'autres sont en quête de celles produites dans telle ou telle spécialité d'étude. Ceux-ci guettent les chroniques à légendes, les mémoires chaudement imprégnés de couleur locale, les compilations pittoresques, les commentaires historiques semés de savoureuses indiscrétions ; ceux-là s'attachent aux travaux des philosophes, aux poétiques rêveries des mystiques, aux hardiesses des penseurs prime-sautiers. D'autres récoltent les premiers efforts de la science sous leurs formes étranges et empiriques : les recueils d'alchimie et d'astrologie, les cosmographies aux détails fabuleux, les histoires naturelles et surnaturelles, les discussions pour ou contre la sorcellerie et la démonomanie. Aux uns il faut des poëtes et des conteurs ; aux autres, des satiriques et des pamphlétaires ou des hérésiarques avoués, heurtant audacieusement, au péril de leurs têtes, les idées de leurs temps.
 
Les bibliophiles de cet ordre ont sans doute un grand bonheur à posséder de beaux livres purs de texte, grands de marges, riches de reliure et élégants de format ; mais ce n'est pas le but principal de leur visée ; quand ils ne peuvent l'atteindre, ils s'en consolent, et leur joie en souffre peu. M. Quatremère, malgré la rare richesse de son immense collection, appartenait à cette grande variété. Ce qu'a dévoré de feuilles imprimées ce Gargantua intellectuel est inimaginable ; en fait de livres, tout ce qui était bon intrinsèquement, beau ou laid de forme, faisait son affaire, quitte à échanger plus tard l'ouvrage imparfait contre le même, s'il passait à sa portée dans un meilleur état. L'illustre savant guettait les catalogues et écrémait les quais. Dans son immense bibliothèque, le bouquin incomplet, piqué, sans titre, émargé et vêtu de guenilles, coudoyait les gothiques sans tache du XVe siècle et les splendides manuscrits de l'Orient.
 
Dans la seconde classe des bibliophiles, celle où l'on approfondit moins le texte, où l'on est plus particulièrement conservateur, les goûts sont bien autrement difficiles à contenter. Là se rencontrent les plus curieux groupes de collectionneurs et les plus pittoresques à étudier. Il faut à ces derniers des exemplaires irréprochables, demeurés vierges de toutes souillures dans leur reliure originelle, ou tout au moins des volumes qui puissent se purifier du contact de lecteurs peu soigneux, et rentrer avec honneur dans l'or et le maroquin. S'ils consentent à accueillir des exemplaires malmenés par de négligents possesseurs, c'est dans l'espoir d'en rencontrer d'autres dont les feuillets soigneusement triés feront un livre sans reproche de plusieurs exemplaires maculés. Mais à cela ne s'arrête pas la fantaisie de ces chercheurs passionnés ; chacun des zélés de cette nombreuse famille a son caprice de prédilection.
 
Les uns aiment par-dessus tout les incunables, ces beaux et rudes produits de l'enfance de l'imprimerie avec leurs brillantes majuscules peintes et leurs types gothiques vigoureux de ton et de fermeté ; les autres préfèrent les chefs-d'oeuvre sortis des presses infatigables du XVIe siècle : les Alde, les Estienne, les Vascosan, les Galliot du Pré, les Colines, les Angelier, les Plantin. Ceux-ci recherchent avec avidité les Elzevier, les Blauew, les Jansson, les Wolfgang, et toutes ces gracieuses productions de l'art typographique nées au XVIIe siècle en Hollande et sur les bords du Rhin ; ceux-là s'attachent aux élégantes éditions plus modernes des Coustelier, des Bodoni, des Crapelet et des Didot ; d'autres portent leur attention sur la reliure, véritable cuirasse chargée de protéger l'intelligence que renferment ces feuillets fragiles. Le veau antique à dessins estampés, les panneaux de bois recouverts de peau de truie au grain robuste, les maroquins de toutes nuances, si doux à l'oeil et au toucher, sont appréciés par autant d'amateurs différents.
 
A tous ces attraits déjà suffisamment variés pour défrayer bien des curiosités de bon goût, viennent s'ajouter les livres à gravures et à vignettes ; autre veine opulente à fouiller, depuis les illustrations naïves des premiers temps de l'imprimerie, les mordantes caricatures d'Holbein, les vigoureuses compositions des artistes allemands de l'école d'Albert Durer et de Lucas Cranach, les délicates vignettes du Petit Bernard et de Jean Cousin, jusqu'aux sensuelles et spirituelles gravures du siècle dernier.
 
Enfin, il y a les amateurs de manuscrits ; ceux-là veulent contempler des témoins plus anciens, plus vivants, plus patiemment élaborés, du travail de la pensée à sa source directe. Ces feuillets à écriture bizarre que les moines ornaient d'or, de pourpre et d'outremer sont pour eux l'effluve vraiment sainte des générations passées,
 
Pour compléter cette énumération rapide, il faut citer encore le groupe des mutilateurs de livres, qui font le désespoir des véritables bibliophiles. Nous désignons ainsi ceux qui collectionnent les marques d'éditeurs, les titres, les frontispices, les lettres à vignettes, les sujets intercalés dans le texte, les majuscules peintes. Ces profanateurs ne craignent pas de mutiler de nobles volumes et de leur arracher leurs plus précieux ornements. C'est là un zèle impie dont j'ai particulièrement connu des sectateurs effrontés. Ces vandales ne rougissaient pas de lacérer des romans de chevalerie et de merveilleux incunables pour remplir leurs albums de ces récoltes sacrilèges.
 
Cependant, afin de pas laisser le lecteur sous l'impression de cette destruction sauvage, ajoutons que cette coupable manie disparaît avec celle des albums. Si les ciseaux de quelques marchands d'images ou de puérils découpeurs d'estampes attaquent encore nos vieux trésors, ils ne le font plus guère que sur les exemplaires dépareillés ou sur les in-folio de théologie et de métaphysique latins.
 
Ici vient se placer tout naturellement la grave question de la préférence accordée par les bibliophiles à telles ou telles éditions. Le choix consciencieux des livres si bien légitimé par les besoins de l'érudit et les délicatesses de l'homme de goût, a souvent excité le sourire du demi-lettré et de l'ignorant ; à leurs yeux, le titre d'un volume suffit à en prouver le contenu, quels que soient la date et le nom de l'éditeur. Rechercher plus spécialement certains exemplaires leur paraît une manie ; il ne faut pas une attention bien soutenue cependant, pour arriver à se rendre compte de cette préférence qui constitue la préoccupation majeure, le véritable cachet du bibliophile.
 
Il y a d'abord les exigences artistiques, le goût de la forme ; est-il besoin d'en donner les détails ? Préférer le beau, quand on a le choix, est une chose bien naturelle. Qui pourrait hésiter entre les impurs stéréotypes des colléges avec leur papier spongieux, leurs lignes maculées et compactes, et les magnifiques éditions classiques des Alde, des Estienne, des Morel, des Plantin et des Didot ? Nous citons à dessein ces deux extrêmes de la vaste série des livres ; la distance typographique qui les sépare est de nature à frapper tous les yeux ; elle dispose l'esprit à mieux saisir les nuances intermédiaires. Pense-t-on maintenant qu'il y ait moins de choix entre les élégants produits des presses de Venise et de la Hollande et les ignobles in-12 français au format rachitique, dont le règne a duré près de deux siècles, et qui attristent encore les quais par la nuance funèbre de leurs robes en veau bistré ?
 
Un de nos illustres contemporains, grand ami des livres, se plaît, en montrant sa riche bibliothèque, à déclarer qu'il étudie avec plus de facilité dans un bel exemplaire, et qu'il choisit toujours pour cela celui dont le papier est le plus ferme au toucher et la justification typographique la plus agréable à l'oeil. Nous sommes tout à fait de son avis : il sort d'un beau livre une sérénité calme, une heureuse harmonie qui rendent attrayants les plus graves travaux. En vérité, c'est une chose très-désirable dans un livre que la bonne condition ; elle annonce presque toujours d'ailleurs la bonne édition dont la recherche indique un nouveau genre de préférences, plus sérieuses que les préférences artistiques.
 
L'attention se porte ici directement sur la pensée de l'auteur ; l'homme instruit et sans préjugé la veut complète et pure, les éditions expurgées, retouchées, accommodées au goût du temps, avec remaniement de style et d'orthographe, lui sont particulièrement désagréables. Il permet à l'auteur seul de revoir son oeuvre ; c'est le jet sans mélange, la lancée originale qu'il lui faut. Il veut, et il a raison, embrasser le rayonnement intellectuel tel qu'il a jailli du cerveau du penseur.
 
Celui qui essayerait de refranciser le Pantagruel commettrait une monstruosité : la langue châtiée et raisonnable de notre époque ne saurait supporter la forme grasse et extra-libertine de cette satire universelle dont le style, mieux encore que l'esprit, convenait aux oreilles érotiques des contemporains des Valois. Et pourtant cette étrange métamorphose a été opérée au commencement du dernier siècle. Quelques années auparavant, un arrangeur aussi ingénu s'était escrimé sur l'Heptaméron ; non content d'en restaurer le style à sa façon, il crut augmenter l'attrait des contes de Marguerite de Navarre, en les débarrassant des intermèdes si caractéristiques où les interlocuteurs commentent mutuellement leurs récits. Le même procédé a été mis en oeuvre vers le même temps par les traducteurs de Bocace dont le Décaméron fut mutilé tout aussi largement. Malheureusement ce sont les éditions de ces contes ainsi châtrés que Romeyn de Hooghe a illustrées de ses curieux dessins. Chacun connaît encore les singuliers travestissements imposés par Tressan à Floire et Blancheflor, à Jehan de Saintré et à tant d'autres de nos vieux romans du moyen âge. Mais aujourd'hui, grâce au zèle que mettent nos éditeurs modernes à restituer les textes primitifs, ces mascarades de nos vieux chefs-d'oeuvre n'abusent plus le goût public.
 
Lorsque les mutilations dues à un excès de goût ou aux scrupules d'un faux zèle n'atteignent que certaines phrases, quand les corrections ne portent que sur quelques tournures, sur quelques expressions vieillies, la distinction entre les éditions diverses d'un même texte est moins facile à saisir, elle demande toute la sagacité du bibliophile. En général, les éditions faites sous les yeux de l'auteur sont celles que l'on doit préférer ; elles semblent conserver les traces de la main du maître ; la mise au jour de son oeuvre surveillée par lui-même est un acte de notoriété authentique et irrécusable. Il y a cependant des exceptions à cette règle.
 
L'auteur a pu réserver, par prudence, à compléter son travail après sa mort ; en ce cas les éditions posthumes, dirigées par les héritiers de sa pensée, sont les préférables. Ou bien l'opinion, les susceptibilités politiques ou religieuses l'auront contraint à retrancher de son livre déjà imprimé certaines allusions trop fortes, certains passages trop vifs ; l'édition princeps est alors la plus appréciée de l'érudit, jusqu'à ce que les presses d'un pays libre aient reproduit la copie originale, comme il est arrivé pour la Sagesse de Charron et l'Apologie pour Hérodote d'Henry Estienne. En général, il faut se défier des éditions postérieures imprimées dans les pays où fonctionnaient l'inquisition et la censure ; les éditeurs d'Italie et d'Espagne surtout furent contraints à mutiler bien des livres. Ainsi, dès le milieu du seizième siècle, le célèbre éditeur vénitien, Francesco Sansovino, avait dû expurger l'admirable histoire d'Italie de Fr. Guicciardini. Trois passages très-importants où il discute les droits de la papauté à la domination temporelle, et la manière dont elle en use ont été supprimés par ordre supérieur. Le fameux fragment, surtout, où l'illustre historien donne de terribles renseignements sur la famille d'Alexandre VI, n'existe dans aucune des éditions du XVIe siècle.
 
Souvent le texte a été simplement nettoyé comme dans le Commines publié par Godefroy, qui s'est permis de changer les titres et le nombre des chapitres, et de remplacer de temps en temps le mot inusité, au lieu de l'expliquer par une note ; ce qui s'est fait également dans les éditions de l'Apologie pour les grands hommes soupçonnés de magie de G. Naudé, qui sont postérieures à la petite édition de Paris de 1669, laquelle reproduit encore fidèlement celle de 1625. Sans doute ces changements minimes n'altèrent pas le sens de la pensée, mais ils lui en enlèvent cette fleur de personnalité, ce parfum originel que l'on aime à retrouver dans les écrits des temps passés. Aux yeux du bibliophile, ce zèle maladroit est un manque de respect à la mémoire de nos vieux auteurs.
 
Pour les oeuvres écloses avant la découverte de l'imprimerie, la question change ; le choix des exemplaires dépend de la bonté du manuscrit dont l'éditeur a fait usage, et ce ne sont pas ordinairement les premières éditions qui l'emportent, sinon en rareté, du moins en fidélité. On se contentait jadis d'une seule copie d'un ouvrage, qu'on livrait sans contrôle à l'impression. Souvent même, on faisait subir au manuscrit un remaniement plus ou moins considérable. Ainsi le roman de la Rose a été restauré et fortement retouché par Villon, qui eut, à son tour, ses poésies rhabillées par Clément Marot ; ainsi l'histoire de Joinville s'est vue soumise à une sorte de traitement orthopédique par son premier éditeur, Anthoine Pierre de Rieu, qui en a capricieusement renversé l'ordre, changé la dédicace, tiraillé le style, retranchant et ajoutant à sa convenance, et s'acharnant surtout contre les gracieux détails de la vie privée de monseigneur saint Louis.
 
Reste le chapitre des éditions plus ou moins correctes. La beauté de la forme n'annonce pas toujours la pureté du fond ; les éditions à la Sphère, par exemple, malgré leur élégance, sont loin d'être irréprochables sur ce point. Ainsi dans le Charron des Elzevier de 1646, entre autres contre-sens, on est tout étonné de lire au ch. V du livre II : toutes (les religions) ont leur commandement petit, faible, etc., pour toutes ont leur commencement ; ce qui, dans un passage aussi essentiel, n'est pas tout à fait la même chose. Les Rabelais des mêmes éditeurs ne sont pas non plus sans taches, et leurs jolies réimpressions des poëtes italiens, que Sébastien Leclerc a ornées de si belles eaux-fortes, donnent souvent des entorses au sens littéral. Comment faire cependant pour résister à ces charmants bijoux de l'imprimerie ? Le seul remède est de leur adjoindre des exemplaires signés La Monnoye, Lenglet Dufresnoy, Leduchat ou tout autre nom d'éditeur consciencieux qui garantisse l'intégrité littéraire d'une édition.

On le voit, par cet aperçu trop rapide, la question du choix des livres est d'un intérêt bien légitime. Elle peut se résumer dans cette simple formule : N'accepter pour livres véritables que ceux dont on n'a ni raturé les lignes, ni sali les pages, ni détourné le sens, ni déchiré les feuillets.

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Voir également :
- Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres - Antony Meray (1862), présentation


20:34 Écrit par Marc dans Meray, Antony | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres, antony meray, litterature francaise, bibliophilie, essais, loisirs divers | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!