mardi, 23 janvier 2007

Réseau Bouclier : La vendetta Lazare (The Lazarus Vendetta, 2004) - Robert Ludlum et Patrick Larkin - 2004

bibliotheca la vendetta lazare

Le Teller Institute à Santa Fe est un laboratoire à la pointe de la recherche en nanotechnologie, considérée comme l'une des technologies les plus prometteuses du siècle. Mais ces machines à l'échelle moléculaire, en lesquels les scientifiques portent leur plus grands espoirs, sont également grandement critiqués par de nombreux mouvements écologistes qui se sont amassés à l'entrée du centre de recherche, dont le plus célèbre est le Mouvement Lazare, une organisation à la structure mystérieuse et qui compte des membres à travers le monde entier. Alors que le président des Etats-Unis a prévu de se rendre à Santa Fe, afin de tenir un discours au Teller Institute, les services secrets sont sur leurs gardes. Ils craignent un attentat contre le président et suspectent le Mouvement Lazare de préparer quelque chose. Ce groupe écologiste s'est en effet petit à petit radicalisé dans son mouvement. Jon Smith, médecin militaire et membre du très secret « Réseau Bouclier », est envoyé par le Pentagone à Santa Fe pour observer les recherches sur les nanotechnologies de l'Institut Teller. Mais alors que Jon Smith observe tranquillement les progrès scientifiques faits dans le laboratoire, il aperçoit les membres des services secrets s'agiter étrangement en vue de l'imminente visite du président des Etats-Unis. Il découvrira très vite que ces agents sont des imposteurs. Mais dans quel but se sont-ils introduits à l'intérieur du centre? La réponse est imminente: plusieurs explosions secouent le bâtiment libérant un nuage de nanomachines qui s'attaquent aux manifestants à l'extérieur de l'institut. La plupart des membres du Mouvement Lazare présents sont tués instantanément. Mais comment ces nano-robots produits dans un but thérapeutique ont-ils pu se transformer en des machines tueuses? Et qui est à l'origine des explosions? Jon Smith va mener l'enquête qui lui fera découvrir un terrible complot mondial directement lié au mouvement Lazare et à son mystérieux leader.

Bien que décédé depuis 2001, Robert Ludlum continue à nous livrer des romans via des manuscrits inachevés qui sont repris, retravaillés et terminés par d'autres auteurs: ici l'écrivain Patrick Larkin. On peut cependant se demander ce que ces romans ont encore en commun avec le célèbre auteur de thrillers Robert Ludlum. En effet l'histoire de La Vendetta Lazare relate une histoire typique de l'ambiance internationale d'après 2001 avec un groupe terroriste d'envergure mondiale aux attentats fortement meurtriers. Mais même si ce roman n'a plus grand-chose de son auteur original, il reste cependant un très bon thriller plutôt réussi. L'auteur se concentre plus sur le côté politique de son histoire n'utilisant le domaine de la nanotechnologie uniquement comme contexte. Il s'agît donc avant tout d'un thriller politique, d'espionnage et surtout écologique (fort à la mode en ce moment) et non d'un techno-thriller. L'intrigue est fort bien menée et assez complexe, même si les personnages sont plutôt convenus et peu travaillés. La lecture est agréable mais hélas le récit souffre également d'un certain manque de suspense. Il n'y a que peu de rebondissements, certains points de l'intrigue sont plutôt prévisibles et la fin manque totalement d'originalité.

Un thriller écologique agréable à lire, mais sans rien d'exceptionnel.

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EXTRAIT :

Le lieutenant-colonel Jonathan (" Jon ") Smith, docteur en médecine, quitta la route Old Agua Fria et gagna le portail principal de l'Institut. Il plissait les yeux tant le soleil matinal était lumineux. A sa gauche, ses rayons inondaient déjà les pics coiffés de neige de la chaîne Sangre de Cristo. Ils éclairaient les pentes abruptes couvertes de trembles aux feuilles d'or, de hauts sapins, de pins imposants, de chênes majestueux. Plus bas, au pied de la montagne, les plus petits pins du Colorado, les genévriers et les bosquets d'armoise entouraient les épais murs d'adobe couleur sable de l'Institut encore plongés dans l'ombre.

Les contestataires qui campaient le long de la route commençaient à s'extraire de leur sac de couchage. Ils regardèrent passer la voiture. Quelques-uns agitèrent des pancartes : STOP A LA SCIENCE QUI TUE, NON AUX NANOTECHNOLOGIES, SUIVONS LAZARE. La plupart ne bougèrent pas, redoutant d'affronter l'aube de ce mois d'octobre. Santa Fe est à 2 300 mètres d'altitude, et les nuits étaient déjà fraîches.

Smith eut un élan de sympathie à leur égard. Malgré le chauffage dans sa voiture de location, il sentait le froid traverser son blouson en cuir brun et son pantalon kaki au pli impeccable.

Au portail, un vigile en uniforme gris lui fit signe de s'arrêter. Jon baissa sa vitre et lui tendit sa carte d'identité de l'armée américaine. Sur la photo, le gardien vit un bel homme, la quarantaine à peine passée, un homme à qui ses pommettes hautes et ses cheveux noirs raides donnaient un air de fier cavalier espagnol. Quand il le regarda pour le comparer à la photo, il crut lire de l'arrogance dans les yeux bleu sombre de Smith.

" Bonjour, mon colonel ! " dit le vigile, Frank Diaz, un vétéran qui avait servi dans les Rangers.

Après avoir étudié la carte, il se pencha et regarda à travers les fenêtres de la voiture pour s'assurer que Smith était seul. Par prudence, sa main droite s'était placée à la ceinture, tout près de son Beretta 9 mm, dont l'étui était ouvert pour qu'il puisse rapidement dégainer, si nécessaire.

Smith s'étonna. D'ordinaire, la sécurité était plus légère, à l'Institut Teller ; rien à voir en tout cas avec celle du laboratoire nucléaire top secret de Los Alamos. Mais le président des États-Unis, Samuel Adams Castilla, devait venir visiter l'Institut dans trois jours et une énorme manifestation antitechnologie avait été organisée pour coïncider avec son discours. Les manifestants à la porte ce matin n'étaient que la première vague de milliers d'autres qu'on s'attendait à voir arriver du monde entier. Il retourna un pouce par-dessus son épaule : " Ils vous causent des ennuis, Frank ?

- Pas tellement, jusque-là, admit Diaz avec un haussement d'épaules. Mais on les surveille quand même. Cette manifestation fait une peur bleue au gouvernement. Le FBI dit que ce sont des vrais dangers publics qui en ont pris la tête - le genre de gars qui adorent jeter des cocktails Molotov et casser des vitres. "

Smith fronça les sourcils. Les manifestations de masse étaient une aubaine pour les anarchistes portés à la violence et à la destruction. Gênes, Seattle, Cancún et une demi-douzaine d'autres villes dans le monde avaient déjà vu leurs rues transformées en champs de bataille entre des émeutiers masqués et la police.

Cette pensée en tête, il esquissa un bref salut à l'intention de Diaz et se dirigea vers le parking. Il n'appréciait guère la perspective de se retrouver au milieu d'une émeute. Surtout qu'il était au Nouveau-Mexique en vacances, soi-disant.

Voir également :
- La mémoire dans la peau (The Bourne Identity) - Robert Ludlum (1980), présentation
- La mort dans la peau (The Bourne Supremacy) - Robert Ludlum (1986), présentation