mercredi, 23 avril 2008

Les bienveillantes - Jonathan Littell - 2006

bibliotheca les bienveillantes

Un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale Max Aue, directeur d’une fabrique de dentelles en France, décide d’écrire ses mémoires afin de révéler son passé lors de la guerre au sein des forces nazies. Son histoire est celle d’un homme trentenaire franco-allemand (né en Alsace), à la formation de juriste, cultivé (grand amateur de Lermontov, Stendhal ou encore Flaubert)..., perturbé par une relation incestueuse avec sa soeur (dont les fantasmes le hanteront toute sa vie), tout en s'adonnant par intermittence à des expériences homosexuelles qu'il refoule. Un homme plein de perversités et de nombreuses hypocrisies. Fonctionnaire convaincu, il rêve de servir son pays avec une abnégation qu'on ne pourrait que louer... Cet homme érudit, doué d'un esprit de synthèse peu commun, se voit mandater par sa direction pour effectuer des missions à l'étranger. Objectif : améliorer le rendement ou encore perfectionner les infrastructures ferrovaires entre l'Allemagne et ses voisins frontaliers ; aller toujours plus loin et plus vite. Laborieusement, il met tout son coeur à l'ouvrage, assistant à d'incessantes réunions avec ses collègues, se rendant sur "le terrain", n'hésitant pas à mouiller sa chemise auprès de ses subalternes... Mais en réalité son boulot ne consistait qu’à œuvrer à la destruction de l’Est, au génocide des juifs, des tziganes, des polonais et communistes au sein des Einsatztruppen SS. Il oeuvrait dans l’inconscience la plus totale, parfaitement endoctriné… et sans aucun regret.

Les bienveillantes a fait la une des médias lors de sa sortie en 2006. Ce livre a été présenté comme magistral avant même sa sortie et il a évidemment obtenu le prix Goncourt de cette même année. Et heureusement d’ailleurs pour son jeune auteur, car sinon jamais personne n’aurait lu cet immense pavé indigeste (plus de mille pages quand même). Tout a été exagéré, que ce soit le talent de l’auteur, la grande qualité de la documentation, voire le style d’écriture, tout en présentant faussement ce roman comme le premier à raconter les horreurs nazies du point de vue de l’un des bourreaux.
Jonathan Littell, auteur américain francophone, nous conte ici le destin d’un homme volontairement embrigadé dans les mécanismes nazis et qui va parcourir l’Europe au service des SS. Et le but pour Littell est de choquer sans cesse, que de violences physiques et sexuelles, que d’horreurs. Ecrit comme un récit confessionnel, à la première personnes, le lecteur suit jour après jours, les aventures de ce Max Aue qui parfois revient sur son passé d’avant la guerre, et ainsi les détails nombreux et sans sens de ce voyage s’accumulent sans fin. Le narrateur n’est pas toujours très crédibles et les aventures qu’il vit non plus. C’est un peu comme si toute l’horreur nazie ne se concentrait que sur lui et cela tous les jours durant. L’auteur donne également dans la surenchère en essayant de noircir autant que possible ce personnage. Mais tout cela donne un résultat peu crédible. Toutefois le roman semble quand même fort bien documenté avec beaucoup de détails historiques, d’anecdotes d’époque pris dans des articles traitant de cette époque, mais à plusieurs reprises on s’aperçoit que l’auteur semble incapable de comprendre l’Histoire dans son ensemble. Voulant faire trop réaliste, trop documenté à tort et à travers, l’auteur passe complètement à côté de ce pourquoi ce livre a été vanté.
De plus le style est vieillot, ennuyeux, et cela à un point qu’il est bien difficile à croire que ce roman ait été écrit en 2006 et non au XIXème siècle, au moins. L’histoire est mal montée, donnant de nombreux passages totalement superflues, et aucun moment le moindre suspense, la moindre tension, n’apparaît. Le texte original n’a guère été relu, cependant que le lecteur se rassure, la version poche a été discrètement corrigée par l‘auteur. Malgré toutes ces critiques il faut cependant dire que le début du roman, les vingt premières pages environ, est quand même bien réussi.

En bref le roman Les bienveillantes est un roman totalement raté de la part d’un auteur n’ayant guère le moindre soupçon de talent. Et cela nous prouve à nouveau que la récompense du Prix Goncourt n’indique en rien la qualité littéraire d’un roman et l’on peut se demander à juste titre à quoi ce prix peut bien servir en fin de compte.

En me relisant je constate que mes propos sont durs mais ils ne reflètent que ma déception suite à la lecture difficile de ce roman indigeste dont les médias traditionnels n’ont cessé de vanter des mérites inexistants.

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