dimanche, 14 octobre 2007

Terra Nullius (Terra Nullius - En resa genom ingens land) - Sven Lindqvist - 2005

bibliotheca terra nullius

Dans ses récents carnets de voyages de succèdent et s'entre-mêlent choses vues, souvenirs et rêves d'enfance, et surtout renvois incessants à l'histoire. Il emporte avec lui des valises pleines de disquettes et de livres, farfouille là-dedans, exhume des faits et des théories oubliés, va sur place, hante les musées et bibliothèques et tout cela à la recherche de ce qui nous sommes, nous Occidentaux, et de ce que nous avons faits.
Après avoir voyagé à travers l'Afrique pour son livre Exterminez toutes ces brutes! (Utrota varenda jävel, 1992) qui retrace les massacres perpétués par les coloniaux, Sven Lindqvist s'attaque cette fois-ci à l'Australie et à son trouble passé qu'on essaie depuis de faire oublier. Il parcourt ainsi plus de 10.000 kilomètres sur la trace des anciens Européens depuis le XIXe siècle.
Ainsi par exemple à Pinjarra en Austealie, il se procure une brochure de l'office du tourisme qui propose certes une promenade touristique mais ne dit rien sur le seul événement qui l'a rendu célèbre, à savoir la prise en 1834 par le capitaine britannique Sterling d'immenses et riches terres verdoyantes considérées comme Terra nullius, càd. une terre qui n'appartient à personne, du moins à personne digne de ce nom. Car ces terres appartenaient aux Aborigènes, peuple natif du continent australien. Sterling avait investi dans ces terres, mais peu à peu il s'est rendu compte que les Aborigènes étaient plus nombreux que prévus et lorsqu'ils commençaient à se rebeller il ne reste plus qu'une solution, les chasser de là, voire les exterminer. Accompagné de onze soldats et de cinq soldats Sterling fait une attaque surprise dans le camps de la tribu nyungar. Résultat: une centaine de morts suivie d'une vague de terreur à travers toute la région.
Les Aborigènes étaient à l'époque considérés comme inférieurs, et comme le prédisait Charles Darwin: dans une période future, les races civilisés de l'homme extermineront et remplaceront les races sauvages partout dans le monde. Et ce massacre de Sterling n'était que le début de ce qui va conduire à une réelle extermination des Aborigènes sur plus de cent ans. A partir de là, Sven Lindqvist nous relate une multitude d'exemples similaires qui se sont déroulés au cours du temps à travers toute l'Australie et comment les survivants ont été maltraités depuis. Et malgré ces multiples descriminations que cette ethnie va subir, Linqvist dcrit aussi comment celle-ci va essayer de survivre malgré tout et s'affirmer, notamment ar son art.
Mais Lindqvist se pose aussi l'essentielle question de la dette qu'a la société d'aujourd'hui sur les massacres d'hier. Les Australiens d'aujourd'hui ne peuvent être tenus responsables des crimes de leurs aïeuls, pourtant ils en profitent via l'héritage qui leur a été laissé.

Terra Nullius
est un livre édifiant, toujours troublant et dont le sujet continue tel un cauchemar à vivre en nous.

A lire absolument!

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Extrait : les premiers chapitres

1

Terra nullius. Du latin terra, terre, sol, pays, et nullius, personne.
En d’autres termes : la terre qui n’appartient à personne. Ou du moins à personne digne de ce nom.

À l’origine, la terre qui n’appartient pas à l’Empire romain. Au Moyen Âge, la terre qui n’appartient à aucun souverain chrétien. Plus tard, la terre qu’aucun pays européen n’a encore revendiquée. La terre qui revient de droit au premier pays européen à l’envahir.

Une terre vide. Une terre déserte. Une terre qui redeviendra déserte puisque ses habitants, jugés si peu nombreux, sont les représentants d’une race inférieure, naturellement vouée à disparaître.

Terra nullius. Concept juridique apparu au XIXe siècle pour justifier l’occupation par les Européens de grandes parties de la surface du globe. Ce concept s’est avéré d’une grande utilité pour justifier l’invasion de l’Australie par les Britanniques.

2

Moorundie ? Morrundie ?… Au Royal Automobile Club d’Adélaïde, ce nom ne disait rien à personne.

– C’est pourtant là qu’ont eu lieu les premiers affrontements entre Blancs et Noirs dans le sud de l’Australie, dis-je.Tout un peuple a été exterminé : le peuple Ngaiawong, qui vivait là depuis plus de cinq mille ans. Il doit bien y avoir une plaque commémorative ou quelque chose de ce genre ?

Non, aucune trace de ce nom sur leurs cartes ou leurs itinéraires. Ils me conseillèrent d’aller voir au South Australian Museum où, là non plus, personne ne put me renseigner. Par le biais d’expositions dans les musées, les indigènes vivent de nos jours dans un présent permanent, un maintenant éternel sans avenir ni passé. Aucune trace, aucun témoignage ne subsiste de ce qui est arrivé à ces peuples lors de l’invasion par les Blancs.

– Pourtant c’est là que l’explorateur Edward John Eyre a mené sa recherche scientifique sur les premiers habitants de l’Australie, insistai-je. C’est précisément à Moorundie qu’il a rassemblé le matériau nécessaire à la rédaction de son traité, Manners and Customs of the Aborigines of Australia, qui est à l’origine de tout ce que ce musée présente sur les Aborigènes…

Non, le bureau d’informations du musée ne pouvait rien pour moi et me priait de m’adresser à l’office du tourisme, lequel me renvoya vers un autre office du tourisme, tout aussi incompétent en la matière. Moorundie semblait avoir été définitivement rayé de la carte.

3

Autour de moi, à Adélaïde, les préparatifs en vue du “Jour de la Réconciliation” allaient bon train. “Sorry”, pouvait-on lire sur des affiches. “Pardon”, clamaient cinquante mille manifestants à la peau blanche protestant contre le refus du gouvernement d’exprimer publiquement des regrets pour les torts causés – dans le passé et encore aujourd’hui – aux premiers habitants de l’Australie. Cinquante mille Blancs témoignaient de leur solidarité avec les Noirs en réclamant des excuses officielles.

Les neuf cent cinquante mille autres habitants d’Adélaïde, qui n’étaient pas descendus dans la rue, se rallièrent à eux en écrivant, les jours suivants, des lettres sur Internet. Pour tous il apparaissait clairement que “Sorry” n’était pas une simple formule de politesse. Si le gouvernement acceptait de présenter des excuses publiques aux Aborigènes, ne serait-ce qu’en murmurant un vague “Pardon”, la génération actuelle se rendrait responsable des exactions commises par les générations précédentes, théoriquement couvertes par la prescription. On assisterait alors à un déferlement de demandes de dédommagement émanant de personnes n’ayant en commun avec les victimes de ces anciens crimes que leur couleur de peau.

“Pardon pour quoi ?” rétorquaient leurs détracteurs. Comme si les crimes n’avaient été commis que d’un seul côté ! C’était dans la nature des choses que la civilisation la plus avancée sur le plan technique et militaire l’emporte, voilà tout. Il s’était passé en Australie le même scénario qu’en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Sibérie ou en Asie centrale. De grandes parties du globe étaient actuellement peuplées par des envahisseurs européens qui en avaient écarté le peuple d’origine. Lequel, à son tour, avait écarté un autre peuple encore plus ancien.

Faut-il alors rendre des comptes à chacun ? Auquel cas, qui va payer l’addition ? Et au nom de quoi ?

4

J’ai fini par localiser Moorundie/Morrundie sur un ordinateur du service de cartographie au ministère de l’Environnement. L’endroit était situé au bord du fleuve Murray, légèrement au sud de Blanchetown.

Par une belle et fraîche journée de juin, je quitte donc Adélaïde. C’est l’époque où chez moi, en Suède, les vignobles verdissent, l’époque où le blé d’automne, dans les champs, a des reflets roux et où les touffes de bruyère semblent constellées d’étoiles. Quelque part dans le Gotland, un chemin clair de gravillons trahit un sol calcaire, et, au loin, une colline dénudée aux lignes douces a un avant-goût d’Écosse.

Mais on ne trouve ici nul pin, sapin, bouleau, tilleul, chêne ou orme. Dans cette contrée ne poussent que l’acacia et l’eucalyptus, un point c’est tout. À ceci près qu’en Australie ces deux espèces peuvent prendre n’importe quelle forme. Étant les seuls à pousser, ces deux arbres revêtent une richesse de formes qui sur d’autres continents est répartie plus équitablement entre différentes espèces de végétaux.

Les cimes des arbres se balancent tels des nuages dans le ciel. La verdure semble flotter dans l’air, comme appuyée contre le vide. Soudain quelque chose – un bouquet d’aneth – se détache de cette ligne verte. Et voilà que le paysage, dans le poing humide d’une racine, nous tend un bouquet d’arbres en contrebas.

En aval de Blanchetown, le fleuve coule lentement et charrie du limon qui rend son lit humide et fertile. Un sentier longe le fleuve. Le nom de Moorundie vient d’une île formée de limons, au milieu du fleuve.

5

C’est ici qu’est venu John Eyre le 15 juin 1839, et il crut être arrivé au paradis. On y trouvait en effet tout ce qui était nécessaire pour vivre bien : de l’eau, de grands arbres, une terre fertile ainsi que des milliers d’oiseaux et de poissons. Oui, c’était vraiment l’endroit rêvé pour s’installer. Il se dépêcha de rentrer à Adélaïde pour acquérir du tout nouveau gouvernement colonial mille quatre cent onze arpents de terrain près de Moorundie. Il devenait ainsi propriétaire terrien au paradis.

La condition d’achat était que cette terre n’appartînt à personne d’autre, qu’elle fût, comme on disait alors, terra nullius : la terre de personne, une terre inhabitée.

Mais il y avait un hic : Moorundie était tout sauf une terre inhabitée. Les Aborigènes vivaient là depuis au moins cinq mille ans et entendaient bien y rester. Chaque fois qu’un troupeau de bétail traversait le continent en provenance des anciennes colonies pénitentiaires de Sydney et Melbourne, à l’est, pour rejoindre la nouvelle colonie d’immigrants à Adélaïde, il y avait des problèmes à la hauteur de Moorundie. Un expert de l’époque décrivit la situation en ces termes : “Dès lors que les Blancs furent d’une force suffisante, on ne pouvait s’attendre qu’à un massacre généralisé des Noirs.”

Eyre nota dans son journal : “Les hommes n’avaient qu’une idée en tête : se venger, c’est-à-dire tuer chaque indigène qu’ils voyaient.” Tirer sur tout ce qui bougeait permettait peut-être sur le moment de dégager la voie. Mais cela rendait d’autant plus difficiles le prochain passage de bétail et a fortiori l’installation définitive de Blancs dans la vallée.

C’est ce qui se passa : les altercations s’intensifièrent au fil des ans pour culminer en 1841 dans un véritable massacre. Les soldats blancs décimèrent les Aborigènes, sans aucune distinction d’âge ou de sexe. Les chiffres officiels ne firent état que de trente morts parmi la communauté noire alors que le nombre réel de victimes était largement supérieur.

Après le massacre, Eyre fut envoyé à Moorundie avec pour mission de mieux connaître les indigènes et de mettre un terme à ces échauffourées.Trois ans plus tard il confia que, durant son séjour là-bas, les Européens n’avaient pas eu à subir de dommage sérieux ni d’attaque en règle de la part des autochtones. Eyre parvint ainsi à limiter certains abus de pouvoir exercés par les Blancs, tout en posant les fondations d’un régime paternaliste qui prévoyait la distribution mensuelle de lait et de sucre. Cependant il ne put éviter à la communauté aborigène de se sentir spoliée, humiliée et honteuse. Les Noirs succombèrent en masse aux maladies introduites par les Blancs, qui eurent tôt fait de les contaminer. Les hommes blancs, en manque de femmes, couraient en effet après les femmes noires et leur transmettaient des maladies vénériennes. En 1841, celles-ci étaient encore inconnues à Moorundie. Trois ans plus tard, beaucoup d’Aborigènes se trouvaient à l’article de la mort.

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Voir également:
- Exterminez toutes ces brutes ! (Utrota varenda jävel) - Seven Lindqvist (1995), présentation et extrait

jeudi, 04 octobre 2007

Exterminez toutes ces brutes ! (Utrota varenda jävel) - Sven Lindqvist - 1992

bibliotheca exterminez toutes ces brutes

"Vous en savez déjà suffisamment. Moi aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conséquences."

Sven Lindqvist



Dans le roman Au cœur des ténébres (Heart of Darkness, 1899) l’écrivain Joseph Conrad fait écrire à son personnage le colon Kurtz en conclusion d ‘un rapport sur la mission civilisatrice de l’homme blanc en Afrique la phrase suivante « Exterminez toutes ces brutes ! ». Pourquoi Kurtz résume-t-il sa mission en de tels mots et que signifiaient ces mots pour Conrad et ses contemporains. C’est ce que cherche à découvrir via ce livre l’écrivain et voyageur Sven Lindvist. Il remonte le temps aux origines des massacres faits au nom de la civilisation en étudiant un certain nombre d’actes commis lors du colonialisme (dont principalement ceux du Congo Belge et de l’Empire britannique) pour arriver au génocide des juifs par les nazis. Les exemples son bien connus, même s’ils sont souvent volontairement oubliés, tels par exemple les massacres systématiques des Indiens des Amériques, celui des Tasmaniens par les Australiens, des Guanches sur les Iles Canaries en 1541, des Herero par les troupes allemandes à partir de 1890, lors de tueries organisées, et de l'enfermement en camps de concentration. L'exemplarité française n'est pas oubliée : Lindqvist rappelle à notre bon souvenir l'histoire de la colonne Voulet et Chanoine, qui traça un sillon de feu et de sang sur les bords du fleuve Niger. Le livre de Lindqvist est hanté d'un questionnement essentiel : animés par quelle raison les Européens ont-ils perpétré les catastrophes génocidaires que l'on connaît ? Lindqvist rassemble des témoignages de l’époque de Conrad, de scientifiques ou autres qui par les paroles donnent une justification quelque part à ces massacres, dont entre autres : Darwin et la sélection naturelle, dont les travaux sont réinterprétés en un Si les peuples indigènes, moins ou non développés, disparaissent, c'est en vertu d'une loi naturelle raciale qui voit l'extermination des non-européens, Lyell, Cuvier, … Il reprend également certaines œuvres de grands écrivains de l’époque dont H.G. Wells, important opposant aux massacres de l’époque, dont il cite La Guerre des Mondes (The War of the Worlds, 1898). A Linqvist de conclure qu’une part non négligeable de la pensée européenne baigne dans ces eaux racistes qui justifient les pires actes.
Mais ce voyage dans le temps s’accompagne d’un voyage bien réel à travers l’Afrique où Lindvist s’accompagne de son ordinateur et écrit petit à petit son livre. Car pour Lindvist la compréhension de tout cela ne peut que s’accompagner d’un voyage en Afrique pour enfin disparaître dans le désert et ainsi en quelque sorte refaire le voyage de Kurtz au fin fond de ces mondes hostiles.
Mais attention il ne s’agît ici certainement pas d’un travail académique (même si de nombreuses références sont donnés en fin de livre), mais plutôt d’une réflexion libre présentée sous une forme très agréable et écrit dans un style très soigné et vivant. Les 169 chapitres sont souvent courts, très compacts, et touchent directement.
Il est cependant à regretter que ce que Linqvist nous explique à l’aide de multiples exemples historiques se retrouve de façon certes moins explicative et moins détaillée mais bien plus puissante dans l’excellent roman Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness, 1899) de Joseph Conrad qui est à la base de ce livre.

Un livre immense, très troublant et essentiel afin de comprendre les méfaits du colonialisme.

A noter que Sven Lindqvist, auteur de très nombreux livres dont assez peu sont traduits en français, a également écrit sur un sujet semblable Terra nullius (Terra nullius - en resa genom ingens land, 2005) qui retrace l'anéantissement des Aborigènes australiens.

Extrait :

Vers In Salah

1

Vous en savez déjà suffisamment. Moi aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c’est le courage de comprendre ce que nous savons et d’en tirer les conséquences.

2

Le Tademaït, “le désert des déserts”, est la région la plus morte du Sahara. Pas la moindre trace de végétation.Toute vie est éteinte. Le sol est seulement recouvert de ce vernis du désert, noir et brillant, que la chaleur a arraché à la pierre.

Le bus de nuit, le seul qui circule entre El Golea et In Salah, prend, avec un peu de chance, sept heures de route. Pour trouver un siège, il faut se battre avec une douzaine de soldats en gros godillots qui ont appris à faire la queue à l’école de combat rapproché de l’armée algérienne, à Sidi Bel Abbes. Le passager qui porte sous le bras le cœur de la pensée occidentale stocké sur un vieux disque dur est clairement handicapé.

Au début de la route transversale, vers Timimoun, on sert de la soupe de patates chaude et du pain par un trou dans le mur. Puis l’asphalte défoncé prend fin et le bus continue à travers le désert.

C’est le rodéo garanti. Le bus se comporte comme un jeune pur-sang sauvage. Dans un concert de tremblements de vitres et de grincements d’amortisseurs, il saute, retombe et rebondit, transmettant chaque secousse au disque dur que je tiens sur les genoux ainsi qu’au tas de blocs de construction oscillants que forment les disques, mous, de ma colonne vertébrale. Quand il n’est plus supportable de rester assis, je m’accroche à la barre du toit ou je m’accroupis.

C’est exactement tout cela que j’ai craint. C’est cela que j’ai désiré.

La nuit est fantastique sous le clair de lune. Heure après heure, le désert blanc défile : pierre et sable, pierre et gravier, pierre et sable – le tout brillant comme la neige. Heure après heure. Il ne se passe rien, sauf quand un feu surgit dans l’obscurité, signalant à l’un des passagers de descendre, et de s’enfoncer droit dans le désert.

Le bruit de ses pas disparaît dans le sable. Il disparaît à son tour. Et nous disparaissons aussi dans les ténèbres blanches.

3

Le cœur de la pensée européenne ? Oui, il existe une phrase, une phrase simple et courte, qui résume l’histoire de notre continent, de notre humanité, de notre biosphère, de l’holocène à l’“Holocauste”.

Elle ne dit rien sur l’Europe en tant que foyer originel de l’humanisme, de la démocratie et du bien-être sur Terre. Elle ne dit rien sur ce dont nous tirons fierté à juste titre. Elle exprime seulement la vérité que nous préférons oublier.

J’ai étudié cette phrase pendant plusieurs années. J’ai réuni une quantité de documentation que je n’ai jamais pris le temps de dépouiller. J’aimerais disparaître dans ce désert où personne ne peut me joindre, où j’ai tout le temps possible. Disparaître et revenir seulement quand j’aurai compris ce que je sais déjà.

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Voir également:
- Terra Nullius (Terra Nullius - En resa genom ingens land) - Sven Lindqvist (2005), présentation et extrait