jeudi, 17 septembre 2009

Les femmes de Stepford (The Stepford Wives) - Ira Levin - 1972

bibliotheca les femmes de stepford

Joanna et Walter, jeune couple de citadins, quittent la grande ville pour déménager dans la tranquille bourgade de Stepford, dans le Connecticut. Ils espèrent y trouver la quiétude parfaite pour épanouir leur ménage et voir grandir leurs enfants. Alors que Walter passe ses journées au boulot, navettant quotidiennement entre Stepford et la ville, Joanna tente de se faire à la vie locale. C'est une jeune femme active qui partage les tâches ménagères avec mari et enfants tout en gardant une activité de photographe de presse à temps partiel. Très facilement elle fait contact avec les autres femmes de Stepford, cependant il y a quelque chose qui cloche : toutes sont très gentilles et attentionnées et ont pour seule passion de faire le ménage. D'ailleurs elles sont toutes habillés de façon, certes parfaite, mais totalement vieillotte. En quelque sorte le parfait contraire de Joanna. Et d'ailleurs l'entente ne jamais au-delà de conversations des plus banales. Pourtant Joanna apprend que, il n'y a que peu de temps, les femmes de Stepford se réunissaient en club pour organiser toutes sortes d'événements, et certaines d'entre elles avaient même un emploi. Aujourd'hui elles sont toutes femmes au foyer, et le seul club existant dans la ville est le club des hommes, dont personne ne peut lui expliquer exactement ce qui s'y fait. Joanna finit toutefois par rencontrer Bobbie Markowe, une jeune femme comme elle, tout aussi étonnée par le comportement des autres femmes de la bourgade.
Les deux femmes sentent que quelque chose d'étrange se passe à Stepford, quelque chose d'inquiétant. Toutes les femmes y arrivant se transforment lentement mais sûrement en de parfaites ménagères. A quoi est dû ce changement ? Et que se passe-t-il dans ce fameux club des hommes ?
En effet Walter, qui a toujours soutenu son épouse commence à changer d'attitude après avoir intégré lui aussi ce club. Et puis Bobbie, de retour d'un weekend avec son mari, se trouve elle aussi changée à l'égal des toutes les autres braves épouses de Stepford.
Joanna enquête. S'agît-il d'un empoisonnement ? D'une hypnotisation ?
Mais elle ne trouve rien... Jusqu'au jour où, tentant de quitter la ville, elle se retrouve face au terrible secret qui règne à Stepford...

Entre fantastique, science-fiction et satire sociale, l'étonnant roman Les femmes de Stepford de l'écrivain américain Ira Levin sort en 1972 dans une Amérique en plein bouleversement moral, notamment dû à l'émergence du féminisme et la part de plus en plus importante qu'ont pris les femmes depuis dans la société. Ira Levin imagine pour cela un lieu idéal, sorte de quasi utopie où les femmes sont restés telles qu'elles étaient dans le stéréotype américain des années 1940 à 1960 : braves, dociles et uniquement occupés à leur cuisine et leur ménage. Mais cette utopie cache une vérité terrible que l'héroïne du roman, Joanna, va découvrir à ses dépens. L'histoire est racontée du point de vue de Joanna et le lecteur, en même temps qu'elle, découvre peu à peu les anomalies des femmes de Stepford en suivant également son enquête vers une femme très surprenante. Le suspense tient surtout par ce secret qui se dévoile dans les dernières pages. Et l'auteur monte soigneusement son intrigue, avec une grande efficacité, en multipliant les fausses pistes pour surprendre le lecteur par une fin totalement inattendue... en tout cas cela était vrai pour l'époque. Aujourd'hui, suite à l'immense succès du roman et à deux adaptations au cinéma, en 1975 par Bryan Forbes (de loin la meilleure adaptation) et en 2004 par Frank Oz, l'histoire est connue par beaucoup sans même avoir lu le livre. Et connaissant la fin, pour un roman qui se base surtout sur la surprise générée par celle-ci, la lecture perd énormément de son intérêt. Reste à profiter du style épuré et très efficace de l'auteur, ainsi que d'admirer la magnifique construction de l'intrigue. Le personnage de Joanna, son évolution, ses désirs et ses angoisses, sont parfaitement rendues, l'identification au personnage en devient dès lors très forte.

Les femmes de Stepford est un grand classique de la littérature fantastique américaine, un roman au suspense redoutable, qui cependant perd quelque peu de son effet dû à sa célébrité.

Pour commander ce livre :

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Voir également :
- Un bébé pour Rosemary (Rosemary's Baby) - Ira Levin (1967), présentation
- Un bonheur insoutenable (This Perfect Day) - Ira Levin (1969), présentation

15:10 Écrit par Marc dans Levin, Ira | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ira levin, litterature americaine, science-fiction, horreur, fantastique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mercredi, 30 avril 2008

Un bonheur insoutenable (This Perfect Day) - Ira Levin - 1969

bibliotheca un bonheur insoutenable

"- Bob, nous ne sommes pas libres. Ni toi ni moi. Aucun membre de la Famille n'est libre.

- Comment veux-tu que je t'écoute comme si tu étais en bonne santé, quand tu dis des choses pareilles ? Evidemment, que nous sommes libres! Libres de la guerre, du besoin et de la faim, libres du crime, de la violence, de l'agressivité, de l'ego...

- Oui, oui, nous sommes libres "de" certaines choses, mais nous ne sommes pas libres de "faire" des choses. Tu dois comprendre cela, Bob. Etre "libre de quelque chose" n'a rien à voir avec la liberté.

Bob plissa le front.

- Libres de faire quoi ? demanda-t-il.

Ils descendirent de l'escalator, firent un demi-tour et s'engagèrent sur le suivant.

- De choisir notre propre classification... d'avoir des enfants lorsque nous le désirons, d'aller où nous le voulons et de faire ce qui nous plaît, de refuser les traitements quand nous ne les voulons pas..."

Dans un futur proche, les nations ont aboli toutes les guerres et la misère en créant UniOrd, un ordinateur central qui gère la vie de tous afin que tout le monde puisse vivre dans la paix et la prospérité. LI RM35M4419 est un jeune garçon tout ce qu'il y a de plus normal : il suit ses traitements contre les maladies mortelles, se confesse toutes les semaines auprès de son conseiller, chante des chansons en hommage au Christ, Marx et Wei, et éprouve le plus grand respect pour les décisions d'UniOrd.
Pourtant un jour à la cour d’école LI RM35M4419 apprend par l’un de ses petits collègues qu’il existerait des incurables : des gens qui ont refusés de se soumettre à UniOrd et aux différents traitements pour volontairement vivre dans la misère. Choqué LI RM35M4419 va directement se confesser auprès de son conseiller, son traitement est adapté et le petit garçon va à nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais cette question de libre arbitre l’a cependant intrigué. Et comme pour en rajouter, son grand-père, qui le surnomme sans cesse Copeau, lui tient de temps en temps des propos étranges au sujet de ses désirs ou de ses rêves. Mais LI RM35M4419 n’a pas de désirs, il suit ce que UniOrd lui dicte et est parfaitement heureux d’aider ainsi à la prospérité de l’humanité. Après tout, UniOrd sait ce qui est bon pour chaque membre de la famille. Il sait pour quel métier on est destiné, si on doit se marier ou avoir des enfants. Alors à quoi bon "vouloir" quand tout est prévu au mieux pour nous. Mais un jour son grand-père lui demande de vouloir très fortement quelque chose et cela durant la nuit qui précède son traitement. Et les idées se mettent lentement en place dans la tête de LI RM35M4419. Y aurait-il une autre façon de vivre, autrement que sous les ordres de UniOrd ? Pourrait-on agir uniquement pour soi et non pour la famille ? Et si les traitements n'avaient pour but que d'abrutir les cerveaux, et non de prémunir de maladies mortelles? Est-ce que LI RM35M4419 est réellement libre ? Ou est-ce que UniOrd ne représente que le gardien d’une prison dorée.
Et LI RM35M4419 va devenir Copeau, un individu qui va tenter de se libérer d’UniOrd. Mais cela n’est guère chose facile dans une société où des conseillers ne cessent d’examiner l’état et l’évolution psychologique de chacun et où l’on peut facilement se faire par tout un chacun qui ainsi croit agir pour le meilleur.

L’auteur américain Ira Levin s’est durant toute sa carrière distingué en s’attaquant un peu à tous les genres littéraires. Avec Un bonheur insoutenable, il s’attaque cette fois à la science-fiction pure et dure de type dystopique dans la lignée d’œuvres telles que 1984 (1948) de George Orwell, Le meilleur des mondes (1932) d’Aldous Huxley ou de Fahrenheit 451 (1953) de Ray Bradbury. Ira Levin nous décrit donc un monde parfait qui très vite s’avérera pas si parfait que cela, et même totalement inhumain. L’individualité de chacun est inhibée, et cela grâce à des traitements faits à base de dépresseurs. Et comme chacun ne peut plus s’exprimer, il ne reste plus qu’à suivre la voie dictée par l’ordinateur central. Mais ici, contrairement à d’autres romans dystopiques du genre, cet état totalitaire n’est pas produit par la violence, mais est dirigée, justement, dans le bien de la plus grande masse. Petite originalité pour l’époque de publication du roman, Ira Levin décrit comment un ordinateur gère toute la société malgré elle en prévoyant déjà l’impact qu’aura l’informatique sur la société. Ira Levin, toutefois, se rétracte un peu bêtement sur la fin en montrant comment une main humaine garde cependant le contrôle de l’ordinateur. Toute l’histoire se concentre d’ailleurs sur les personnages humains la composant et l’auteur ne se perd guère dans des descriptions techniques futuristes qui dans ce domaine (informatiques, ordinateurs centraux) n’auraient guère gardé de crédibilité dans le temps.
Certains éléments ont quand vieilli et mal supportés, mais le roman reste très bon, trop bon. Dans son style il ressemble trop à des grands classiques du genre dont il ne réussit guère à démarquer et souffre ainsi d’un véritable manque d’originalité.

Un bonheur insoutenable
est un bon roman se science-fiction et d’anticipation dystopique, mais qui manque un peu d’originalité par rapport à d’autres romans du genre.

 Voir également :
- Un bébé pour Rosemary (Rosemary's Baby) - Ira Levin (1967), présentation
- Les femmes de Stepford (The Stepford Wives) - Ira Levin (1972), présentation

15:04 Écrit par Marc dans Levin, Ira | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : ira levin, litterature americaine, science-fiction, dystopies | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

lundi, 05 novembre 2007

Un bébé pour Rosemary (Rosemary's Baby) - Ira Levin - 1967

bibliotheca un bebe pour rosemary

Un jeune couple, Rosemary et Guy, emménagent dans un appartement situé dans un immeuble de rêve à New-York. Il s'agît d'un vieil immeuble gothique très classe qui les fait rêver à une vie meilleure. Pourtant Hutch, un ami de Rosemary, tente de les dissuader d'y emménager car l'histoire de l'immeuble serait assez trouble et de plus entachée de nombreux faits divers assez inquiétants: taux de suicide assez élevé, ancienne demeure de deux soeurs cannibales et d'un adorateur de Satan, etc. Rosemary et Guy ne tiennent cependant guère compte de ces avertissements qui tiennent plus de la superstition que de la raison et finissent par s'installer dans leur nouvel appartement. Or rapidement après leur emménagement une jeune fille logeant dans un appartement voisin se suicide en sautant par la fenêtre. Ce drame reste cependant un cas isolé. Mais tout commence à changer lorsque le jeune couple fait la connaissance de leurs voisins, les Castavets, un vieux couple très gentil et très prévenant, trop même. Rosemary commence à être hantée par d'affreux cauchemars, son mari change de caractère et devient de plus en plus étrange, et puis lorsqu'elle tombe enceinte, elle commence à se rendre compte que plus rien ne tourne rond dans son entourage. Quelqu'un semble en vouloir à son bébé pour des motifs des plus obscures. Rosemary est encore loin de se douter de ce qui l'attend.

Un bébé pour Rosemary est un roman de suspense et d'horreur de l'écrivain américain Ira Levin publié en 1967. Le livre a rapidement connu un gros succès en librairie qui s'est vu confirmer une année plus tard par la sortie au cinéma d'une impressionnante adaptation réalisée par Roman Polanski.
Ce roman est un excellent thriller, réussi en tout point, qui se base plus sur le suspense que l'horreur vraie en utilisant un cadre bien réel dans lequel le fantastique est plus supposé que réellement confirmé. Ira Levin conte l'histoire lentement afin de bien tout installer et rendre l'ambiance de plus en plus forte et sombre. Au fil des pages le lecteur est de plus en plus accroché et difficile d'arrêter la lecture avant la fin, une fin certes attendue mais toujours surprenante. Durant tout le roman jusqu'aux dernières pages avant le fin, il est difficile, voire impossible, de juger si Rosemary a raison ou tort dans ses soupçons, tant toutes les possibilités restent parfaitement possibles. Afin de créer un tel suspense Ira Levin fait preuve d'un véritable talent dans la façon de monter son intrigue. L'écriture reste simple et efficace, mais attention à la traduction française qui est un peu plate. De plus, même si le roman au niveau de certains éléments, il garde la même efficacité qu'à l'époque.

A noter que l'auteur a écrit une suite à Un bébé pour Rosemary dénommée Le Fils de Rosemary (Son of Rosemary) en 1997.

Un bébé pour Rosemary est un grand classique du genre.

A lire absolument!

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Voir également :
- Un bonheur insoutenable (This Perfect Day) - Ira Levin (1969), présentation

- Les femmes de Stepford (The Stepford Wives) - Ira Levin (1972), présentation

18:49 Écrit par Marc dans Levin, Ira | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fantastique, rosemary, thrillers, romans de mystere, litterature americaine, ira levin, horreur | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!