mardi, 28 février 2006

Ceux de la glèbe - Camille Lemonnier - 1889

À vous,
Gens de la terre,
Ruffians et pâtiras,
Pouacre engeance,
Ô survivants des primordiales races,
Et des mornes édens !
Ce livre où, de la plume, comme d'un soc,
J'ai foui
Vos âmes pierreuses et les glèbes revêches
En qui éternellement
Vous trépassez et revivez,
Durs Paysans,
Cœurs de silex aiguisés au fer des faux,
Fangeux et noirs héros des hostiles
Labours.

Recueil reprenant les nouvelles suivantes: Genèse - La glèbe - Les concubins - Les Pidoux et les Colasse - Le Pèlerinage - Le suaire d'amour - Un marché. Le lecteur peut au départ être choqué par le ton très cru, voire gore, utilisé par Lemonnier, pour nous raconter ces terribles destins du dur monde rural de la fin du dix-neuvième siècle. Cependant le lecteur s'habituera petit à petit au style sans concessions de Lemonnier afin d'apprécier parfaitement ces nouvelles qui essaient de nous peindre toutes les facettes du monde rural de l'époque.


Voir également:
- L'homme qui tue les femmes - Camille Lemonnier (1893), présentation
- Les deux consciences - Camille Lemonnier (1902), présentation

22:43 Écrit par Marc dans Lemonnier, Camille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camille lemonnier, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 04 novembre 2005

L'homme qui tue les femmes - Camille Lemonnier - 1893

Le 19 février 1893 est publié dans Gil Blas, l'excellente nouvelle de Camille Lemonnier L'homme qui tue les femmes.

De nombreuses versions de cette nouvelle existe. Celle publiée dans Gil Blas varie d'ailleurs fortement de celle du recueil Dames de volupté (1882) qui lui est antérieure. Cependant c'est cette version-ci qui va valoir à Camille Lemonnier de nombreux problèmes judiciaires. Il sera en effet poursuivi par le parquet de Paris en 1893. Le texte, sous forme de mémoires d'un tueur de femmes, peut effectivement être assez choquant. Lemonnier y décrit sans prendre de gants dans un style très violent et sensuel (pour l'époque) ce qui se passe dans la tête de ce tueur psychopathe, inspiré par Jack l'Eventreur, avant, pendant et après ces actes de violence.

Voir également:

- Les deux consciences - Camille Lemonnier (1902), présentation

- Ceux de la glèbe - Camille Lemonnier (1889), présentation

17:46 Écrit par Marc dans Lemonnier, Camille | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : romans policiers, camille lemonnier, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mercredi, 19 octobre 2005

Les deux consciences - Camille Lemonnier - 1902

Un écrivain belge, Joris Wildmann, est poursuivi par le parquet de justice de Portemonde pour avoir publié un livre. Son crime, selon le parquet, est d'avoir, par ses écrits, porté atteinte aux bonnes moeurs. Wildmann va voir sa vie basculer en tentant de défendre ses livres, ses idées, ses pensées,... Toute sa personne sera mise en cause par la justice.

Les deux consciences est un véritable plaidoyer pour la liberté d'expression et contre toute forme de censure. Camille Lemonnier y décrit comment l'écrivain Wildmann (Wildmann = homme sauvage en flamand) s'oppose au système rigide de cette justice inquisitrice qui se veut gardienne de la morale (dans le texte "... l'auteur n'a qu'à écrire en fonction de la morale en cours...").

De plus Camille Lemonnier sait parfaitement de quoi il parle. A l'époque de nombreux écrivains seront attaqués par la justice en Belgique et aussi en France, dont Lemonnier lui-même. L'enfant du crapaud (1888) le fera poursuivre par le parquet de Paris. L'homme qui tue les femmes (1893) le fera poursuivre par le parquet de Bruxelles, et L'homme en amour (1897) le fera poursuivre par le parquet de Bruges (signalons que la ville imaginaire de "Portemonde" n'est autre que Bruges; indications diverses dont la fameuse "Portemonde-La-Morte", allusion au célèbre livre de Rodenbach Bruges-La-Morte). Citons qu'à la même période, Georges Eekhoud accumulera, pour ses livres aux descriptions aux tendances homosexuelles à la fois les prix et les procès.

Les deux consciences est pour moi l'un des meilleurs romans de Camille Lemonnier, qui n'hésite pas à utiliser le l'humour, mélangé au grotesque at à l'absurde, pour nous raconter cette tragédie.


Voir également:
- Ceux de la glèbe - Camille Lemonnier (1889), présentation
- L'homme qui tue les femmes - Camille Lemonnier (1893), présentation

22:45 Écrit par Marc dans Lemonnier, Camille | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camille lemonnier, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!