mardi, 16 mai 2006

L'ultime rivage (The Farthest Shore) - Ursula Kroeber Le Guin - 1972

Des rumeurs des plus étranges et inquiétantes arrivent à Roke, l’île des sorciers. A l’Ouest, les dragons semblent avoir oublié le langage sacré et s’entretuent. Du lointain sud et du Nord-ouest, on colporte la nouvelle que la magie s’est perdue et que les habitants vivent dépourvus de toute joie de vivre. Ged, devenu l’Archimage de Roke y voit le signe que son temps est venu et qu’il faut faire face à son destin, quitte à l’accomplir jusqu’aux portes de la mort. Accompagné du jeune Arren, l’héritier d’Enlad en lequel il voit un grand avenir, il part au large vers les rivages ultimes afin de découvrir et faire cesser le mal qui semble mettre en péril l’archipel de Terremer. C’est l’équilibre de l’univers qui est menacé, équilibre entre les vivants et les morts cette fois-ci. En effet, il semble qu’un mage, utilisant la sapience des sorciers de Paln, ait bouleversé l’harmonie de Terremer. Seule solution pour rétablir l’équilibre : s’aventurer au-delà de l’ultime rivage, celui de la vie, situé à l’extrême ouest, afin de pénétrer dans la contrée aride, le pays des ténèbres, résidence des défunts pour l’éternité.

Troisième livre de la saga de Terremer après Le Sorcier de Terremer (A Wizard of Earthsea, 1968) et Les tombes d’Atuan (The Tombs of Atuan, 1970), L’ultime rivage met fin à la première trilogie imaginée par Ursula K. Le Guin sur le monde de Terremer (d’autres voulmes suivront cependant par la suite). Une fois de plus, l’auteur déplace le point de vue de l’histoire mettant au centre du récit le jeune noble Arren. Beaucoup d’imaginaire, une très belle écriture, Ursula K. Le Guin reste fidèle à son style et fait de cette trilogie l’une des plus belles du genre du fantasy. Beaucoup de voyages à nouveau menant nos héros aux confins du monde connu à la rencontre des enfants de la Mer ouverte, peuple vivant sur radeaux en symbiose avec la mer, jusqu’aux Terres arides, qui semblent être le contraire de Terremer.

Donc un très beau livre, concluant une œuvre majeure du genre.

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Voir également:
- Le Sorcier de Terremer (A Wizard of Earthsea) - Ursula Kroeber Le Guin (1968), présentation
- Les tombes d'Atuan (The Tombs of Atuan) - Ursula Kroeber Le Guin (1970), présentation

jeudi, 11 mai 2006

Les tombes d'Atuan (The Tombs of Atuan) - Ursula Kroeber Le Guin - 1970

Atuan est l’une des quatre îles de l’archipel de Terremer appartenant aux Kargues. Ceux-ci se caractérisent fortement des autres habitants de l’archipel : ils sont blancs de peau alors que le reste de la population de Terremer est de teinte beaucoup plus sombre. Ils sont déistes, croyant aux Innommables, aux Dieux-rois, … et rejettent la magie des mots alors que les autres sont généralement athés et vivent en profitant des bienfaits de la magie.

Tenar est née sur l’île d’Atuan la nuit pendant laquelle la grande prêtresse des Innommables meurt. Elle est donc vraisemblablement la réincarnation de cette prêtresse, et choisie en tant que telle par les prêtresses d’Atuan. Là commence un long enseignement, éloignée des filles de son âge car elle est la prêtresse ressuscitée. Elle doit apprendre les rituels mais surtout redécouvrir ce qu’elle a en elle, étant donné qu’elle est une réincarnation. Aussi elle doit s’approprier son domaine : les Tombes d’Atuan et son Labyrinthe, partant de l'En-dessous des Tombeaux et allant jusqu'à la chambre du Grand Trésor où se trouve l'anneau d'Erreth-Akbe.

Mais un jour, alors qu’elle se ballade dans les couloirs obscurs du Labyrinthe où elle évolue sans lumière, elle aperçoit un homme s’illuminant son chemin à l’aide d’un bâton de mage. Cet homme est le mage Ged et il est venu dérober l’anneau ayant appartenu au plus grand des secrets. A ses côtés Ahra, vivant de façon recluse et isolée jusque là, va découvrir qu'un monde existe au-delà des tombeaux, au-delà de la chaleur et du désert, et aussi que même les Innomables ont des noms.

Le roman Les tombes d’Atuan est une belle et digne suite au Sorcier de Terremer (A Wizard of Earthsea, 1968), souvent d’ailleurs préféré au premier. Alors que Le sorcier de Terremer faisait voyager le personnage principal, Ged, aussi pour faire découvrir le monde de Terremer, ici Ursula Le Guin se concentre sur ses personnages. Elle laisse même de côté pendant un certain temps le personnage de Ged pour s’attacher à Tenar, une Kargue, et ce qui va faire découvrir au lecteur un autre point de vue de ce monde. L’interaction des subjectivités humaines semble d’ailleurs être le sujet principal de ce roman. Il y a différences de points de vue entre Ged et Tenar, mais aussi entre les différentes prêtresses entre-elles. Pour le reste, le style d’Ursula Le Guin reste le même, aussi efficace et poétique que dans le premier volet de la Saga de Terremer.

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Voir également:
- Le Sorcier de Terremer (A Wizard of Earthsea) - Ursula Kroeber Le Guin (1968), présentation
- L'ultime rivage (The Farthest Shore) - Ursula Kroeber Le Guin (1972), présentation

jeudi, 04 mai 2006

Le Sorcier de Terremer (A Wizard of Earthsea) - Ursula Kroeber Le Guin - 1968

Terremer est un monde composé de nombreuses îles au milieu de nombreuses mers, mais c’est aussi un monde dans lequel la magie et la sorcellerie règnent. Sur l’une de ces îles, à Gont, le jeune Dan démontre dès son enfance une inclinaison à la magie. Sa tante va l’élever et lui apprendre à se servir de ses pouvoirs. Mais Dan semble très doué, un mage-né peut-être. Il est surnommé Epervier. Mais un grand pouvoir est dangereux pour soi-même et pour autrui sans la connaissance. Attiré par la publicité de ses exploits juvéniles le mage de Ré Albi Ogion dit le Silencieux le baptise de son vrai nom : Ged. Puis il le prend un temps sous son aile pour l’éduquer. Mais, l’initiation est périlleuse car l’élève est d’une curiosité insatiable. Il doit apprendre à maîtriser sa force et à en user à bon escient car si le don de magie prend toute sa puissance dans l’utilisation du Vrai Langage, où le nom de la chose est la chose elle-même, il comporte sa part de bien et de mal. En effet la magie n’est ni bonne ni mauvaise, elle est les deux à la fois. Aussi, après lui avoir donné le choix, Ogion le recommande auprès de l’Archimage de l’école de magie de Roke. A cette école, Ged deviendra mage. Sa première éducation terminée, il est envoyé en mission pour affronter mille dangers dans un monde plein de fantastique. Mais ses voyages représentent également une fuite face à une ombre que Ged a ramené du néant lors de sa jeunesse. Il devra combattre cette ombre, mais pour la vaincre il devra avant tout apprendre à la connaître et donc apprendre à se connaître lui-même.

Ursula K. Le Guin, plusieurs fois primée pour sa saga de Terremer, nous offre ici un univers unique où la magie règne en maître. Mais dans l’univers de Le Guin, la magie suit une pleine logique quasi scientifique, rendant le tout très réaliste. Cette logique provient d’ailleurs du côté des religions orientales, notamment le Taoïsme. Mais aussi le type de narration est impressionnant et très dense. Ursula Le Guin endosse le rôle de conteuse de ce récit initiatique de construction individuelle qui est au fait une sorte de flash-back et place le lecteur ainsi sur le même plan que les supposés habitants de Terremer le mettant ainsi dans une position plus active. On y apprend vraiment autant que les personnages du roman à se construire ou à se reconstruire.

Mais Le Sorcier de Terremer est avant tout un récit intimiste très agréable à lire, premier volet de la grande et belle saga de Terremer. A ne pas manquer.

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Voir également:
- Les tombes d'Atuan (The Tombs of Atuan) - Ursula Kroeber Le Guin (1970), présentation  
- L'ultime rivage (The Farthest Shore) - Ursula Kroeber Le Guin (1972), présentation