lundi, 10 septembre 2012

Les Visages (The Genius) - Jesse Kellerman - 2008

jesse kellerman, litterature americaine, romans policiers, les visages, artEthan Muller est un ambitieux galeriste d’art contemporain installé à New York et qui tente le tout pour le tout de percer. Et l’occasion se présente à lui le jour où il met la main sur tout un paquet de dessins, des cartons entiers, d’une qualité exceptionnelle présentant une galerie incroyable de visages. L’artiste, un dénommé Victor Crack, est un inconnu qui de plus a totalement disparu. Et de plus on ignore tout de la personne, sauf qu’il a vécu pendant quarante reclus dans un appartement pour y faire ses multiples dessins. Bref pour Ethan Muller tut cela est une aubaine, et de plus il ne doit rien reverser à l’auteur, celui-ci ayant disparu. Et dès qu’il rend les dessins publiques, la critique est unanime : C’est le travail d’un génie!
Mais les ennuis commencent pour Ethan le jour où il reçoit un coup de fil d’un vieux policier à la retraite. Celui-ci reconnaît sur les dessins les portraits d’enfants victimes des années plus tôt d’un mystérieux tueur en série. Victor Crack serait-il l’assassin ? Sceptique au départ, Ethan Muller va peu à peu se lancer dans l’enquête pour peut-être enfin pouvoir résoudre ce mystère. Mais son enquête va lui révéler bien d’autres vérités : d’abord sur lui-même, le monde de l’art et même sur sa famille. Car tout est lié et tout va s’effondrer comme un château de cartes...

Les Visages est le premier roman de l’auteur américain Jesse Kellerman à avoir été traduit en français, et ce fut un succès immense en librairie l’année de sa sortie en France en 2010, d’autant plus qu’il était bien soutenu par les médias. Et après lecture il faut avouer qu’il s’agît là d’une sorte de polar très réussie, bien loin du thriller annoncé ou du roman policier traditionnel. D’ailleurs y a-t-il réellement enquête ?Mais la force du roman vient avant tout de son idée originale de base, celle des dessins d’enfants assassinés dans les années 1970 et dont l’auteur n’est que mystère. Après c’est la découverte du monde de l’art contemporain et celle de son personnage principal dont l’évolution au cours du roman est tout aussi forte qu’elle ne le rend attachant. Et de par ce narrateur, fort cynique au départ, on nous fait part d’une belle réflexion sur l’existence dans la société d’aujourd’hui, le succès, l’échec, la création artistique et son génie. Le titre original peut-être mieux choisi est en effet The Genius, ou dans la version britannique The Brutal Art. Plus décevants par contre sont les interludes dédiés à la famille de Muller, qui, sans manquer de qualité et on s’en doute bien guère le fruit du hasard, vont donner de façon assez prévisible la solution de l’énigme. Certaines longueurs viennent également nuire à l’ensemble.

Bref, Les Visages de Jesse Kellerman est un beau roman plutôt réussi et aux multiples intérêts, mais qui risque de décevoir ceux qui lisent sa quatrième de couverture, car il ne s’agît pas d’un thriller. Peut-être qu’à l’avenir son marketing sera revu.

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Présente edition : Traduit de l’américain par Julie Sibony, éditions Pointdeux, 9 juin 2011, 774 pages
ISBN-10: 2363940180 / ISBN-13: 978-2363940186