samedi, 14 juillet 2012

Gunnm, tome 9 - Yukito Kishiro - 1990-1995

La saga Gunnm de Yukito Kishiro et ce dernier tome fera l’effet d’une bombe.

gunnm,manga,yukito kishiro,bande dessinee,science-fiction, tome 9Gally a enfin réussi à s'affranchir du lien qui l'attachait à Zalem. Libre pour la première fois de sa vie, elle affronte Desty Nova sans autre objectif que d'assouvir une vengeance personnelle. Mais, face à la mort, le savant fou joue sa dernière carte et tente d'échanger sa vie contre le secret de Zalem.
"Tu possèdes le corps d'une machine animé par un cerveau humain. Moi, j'ai un corps humain animé par le cerveau d'une machine..." lui annonce-t-il.
Lequel des deux est, à proprement parler, vivant ? C'est pour le savoir que Gally va se lancer corps et âme dans son dernier combat...

Le dernier tome qui enfin résoud tout, ou presque, tout en offrant une fin magnifique à cette série. Il est à noter toutefois que lorsque l’auteur lance par la suite la série Gunnm Last Order, il en modifie la scène afin de faire coller les différentes histoires.
Cette série n’a cessé d’aller crescendo du premier au dernier tome avec un scénario et des personnages qui s’étoffent tout au long, et de bien nombreuses surprises également, car au début j’étais bien loin d’imaginer où l’histoire aller me mener. Yukito Kishiro a réussi, par son dessin époustouflant, à nous entraîner dans un monde utopique bien à part, un monde dans lequel hommes et machines semblent avoir peu à peu fusionnés, et malgré ses extravagances d’une crédibilité et cohérence immense.
Les amateurs de manga, ainsi que ceux de science-fiction, l’ont vite compris et en ont rapidement fait dès sa parution un immense succès en librairie. L’oeuvre est depuis devenue culte, gardant à jamais toute sa force et ne cessera d’acquérir de nouveaux lecteurs.

A découvrir, à redécouvrir !!!

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Extrait : les premières planches

 

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 Présente édition : traduit par Vincent Zouzoulkovsky, éditions Glénat, 22 avril 1998, 254 pages
ISBN-10: 2723424308 / ISBN-13: 978-2723424301

Voir également :
- Gunnm, tome 1 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 2 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 3 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 4 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 5 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 6 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 7 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 8 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

09:33 Écrit par Marc dans BD, Kishiro, Yukito, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gunnm, manga, yukito kishiro, bande dessinee, science-fiction, tome 9 | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 13 juillet 2012

Opération Khéops - Guillaume Richez - 2012

litterature francaise, romans erotiques, thrillers, guillaume richez, operation kheops, En Egypte, début 2011 : la révolution arabe se fait peu à peu et le pays succombe de plus à plus à la colère de la foule.
Un cyberdissident est enlevé par des hommes cagoulés. De son côté, la CIA met tout en oeuvre pour le retrouver, espérant ainsi avoir une carte en main pour faire tomber le régime. Mais l’opération s’annonce bien plus complexe que cela. Cela se fera avec l’aide d’une tueuse du Mossad, ainsi que, et surtout, la fille de cette dernière : Kathryn Moore, américano-israélienne, un mètre soixante-dix de grâce pour cinquante-quatre kilos de muscles. Malgré ses grandes connaissances des arts martiaux, cet agent préfère parfois utiliser des méthodes d'interrogatoire très très personnelles... plutôt sensuelles... et bien convaincantes.

Le thriller d’espionnage érotique Opération Khéops de l’auteur Guillaume Richez  est publié en 2012 après avoir remporté un jeu-concours, dénommé SAS au féminin, sur une communauté d’écriture sur le Web, encadrée par l’éditeur en question.
Appréciant fort la série SAS de Gérard de Villiers, malgré leurs nombreux défauts, je tente donc cette lecture.
Hélas ce roman s’avère vite être une grosse déception. Pas si évident de faire du SAS, finalement, car ce SAS au féminin est clairement un raté. L’auteur ne semble pas avoir bien saisi quelle est la réelle recette des romans de de Villiers : un écriture vive et simple, une savante réutilisation de tous les clichés du genre de l’espionnage depuis James Bond, tout en en gardant le ton quelque peu désuet, un ancrage dans l’actualité immédiate et une vision politique du monde bien désabusée de tous ses principes.

Ici on a droit à un roman d’espionnage avec un faux air de modernité, une intrigue mal ficelée et sans suspense qui suit une héroïne sans charme ni crédibilité. S’y ajoutent des scènes érotiques peu nombreuses et bien plates, une écriture inégale ainsi qu’une idéologie quelque peu douteuse.
On voit ainsi une étudiante semi-nympho découvrir la vraie vie de sa mère, celle d’assassin politique, lui emboîter le pas du jour au lendemain pour le service qui l’emploie, cela de suite avec le plus grand talent, pour résoudre un complot égyptien fantaisiste.

Question thriller d’espionnage, facile de trouver mieux, question érotique tout autant. Finalement que reste-t-il ici ?

Pas tout n’est à jeter pour autant. L’auteur ne semble pas dénué de talent, je suspecte bien plus que son projet ait été mal choisi ou mal dirigé, peut-être même écrit à la va-vite pour pouvoir répondre au concours dont il a fini lauréat.
La fin ouverte indique une possible suite, espérons quelle sera plus réussie et surtout bien plus convaincante.


Opération Khéops est selon moi un roman à éviter. Dommage.

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Présente édition : éditions J’ai Lu, 21 mars 2012, 318 pages

jeudi, 12 juillet 2012

Charly 9 - Jean Teulé - 2011

jean teule, jean teulé, litterature francaise, romans historiques, charly 9, charles IXCharles IX, roi de France au XVIe siècle, n’aurait guère laissé de trace dans l’Hisotoire s’il n’avait ordonné en août 1572 la nuit de la Saint-Barthélemy, un massacre sans précédent de protestants à Paris. Mais comment cet homme faible, peu déterminé avec guère de convictions a-t-il pu prendre une telle décision ? Bien sûr en étant poussé par son entourage, d’abord par sa mère Catherine de Médicis, puis par une bonne partie de la noblesse de France, catholique, et certains dirigeants militaires. Ce crime, un véritable génocide sera condamné par quasi toute l’Europe, sauf l’Espagne et le Vatican qui y voient la bienheureuse volonté de Dieu.
Mais cet acte va surtout pousser ce roi dans la folie, la maladie et une mort bien rapide.
Guère d’histiriens ou de romanciers ne se sont attardés au sujet de ce roi qui tour à tour est passé pour cruel, sot ou fou, surtout qu’il a vite été compris qu’il ne possédait même aucun pouvoir réel.

L’auteur français Jean Teulé va pourtant s’y attacher en écrivant en 2011 le roman Charly 9 où il nous raconte depuis la planification des massacres de la Saint-Barthélemy la rapide et terrifiante descente aux enfers que connaîtra ce malheureux monarque. Il en décrit les extravagances et bêtises qui marqueront depuis son règne : comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes ou le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu'il croyait être une sorte de salade ; comment il provoqua l'invention du poisson d'avril en officialisant le changement de date du début de l'année du 1er avril au premier janvier ; comment il crut remplir les coffres vides du royaume en fabriquant de la fausse monnaie... et bien d'autres folies encore, aussi saugrenues que sanglantes.
Non, c’est sûr ! Charly 9 n’était pas un grand homme, cela malgré son titre, et c’est peut-être bien pour cela que l’on s’y attache autant dans le récit de Jean Teulé, un récit historique bref et concis, qui sans cesse en vient à l’essentiel, avec les incomparables verve et humour dont l’auteur a déjà fait preuve dans ses romans précédents.
Et le point fort de ce texte est peut-être justement que l’Histoire peut  à la fois être simple, triste, horrible et drôle à la fois.

Pour mieux sans convaincre, je reproduis ici le premier chapitre du livre qui donne bien le ton de l’ensemble.

Charly 9 de Jean Teulé est certainement un roman à lire ! Facile à lire et divertissant, il plaira au plus grand nombre de lecteurs.

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Extrait : premières pages

Un mort ?

Un gentil garçon semblant à peine sorti de l'adolescence - il vient d'avoir vingt-deux ans - écarquille ses grands yeux :

- Quoi ? Vouloir que j'ordonne, pour cette nuit, l'assassinat d'un convalescent surpris en plein sommeil ? Mais vous n'y pensez pas, ma mère ! Et puis quel homme, l'amiral de Coligny que j'appelle "mon père". Jamais je ne scellerai cet édit !

Tout loyal, franc, ouvert du coeur et de la bouche, le garçon, à haute fraise blanche entourant sa gorge jusqu'au menton, s'étonne :

- Comment pouvez-vous venir me réclamer la mort de mon principal conseiller qui déjà hier matin, sortant du Louvre, fut arquebusé dans la rue par un tueur caché derrière du linge séchant à une fenêtre ?.. Il n'est que blessé. Ambroise Paré dit qu'il s'en tirera et je m'en réjouis.

- Pas nous, répond une voix de matrone au fort accent italien. D'autant que c'est ton jeune frère et moi qui avions commandité l'attentat.

- Quoi ? !

Le garçon, d'un naturel aimable et ayant de bonnes dispositions, n'en revient pas. Sous un bouquet de duvet de cygne à sa toque, il tourne lentement la tête vers les six personnages assis côte à côte devant lui. L'un d'eux, vieux gentilhomme vêtu d'une jupe de damas cramoisi, regrette :

- Sire, le seigneur de Maurevert, tueur professionnel mais mal habitué aux armes à feu, voulait faire ça à l'arbalète. Pour plus de sûreté, nous lui avons imposé l'arquebuse. Mal nous en a pris. Au moment du tir, Coligny s'est penché pour réajuster sa mule. Maurevert a manqué sa cible.

Le jeune roi aux joues arrondies hoche la tête d'un air consterné :

- Quand je pense que cet après-midi je suis allé rue de Béthisy, au chevet de l'amiral, lui promettre de faire rechercher et punir les coupables... C'étaient ma mère et mon frère !.. Mais pourquoi avez-vous décidé ça, tous les deux, mamma ?

Mamma, assise juste en face de son rejeton royal, porte autour du cou une immense collerette tuyautée en façon de roue de carrosse. Couverte d'une poudre de riz parfumée, celle-ci enfarine le haut des manches bouillonnées d'une robe noire de veuve. Yeux globuleux et joues molles, les lèvres lippues de la reine mère remuent :

- Charles, écoute-moi... Gaspard Coligny de Châtillon, certes grand amiral de France mais aussi chef du parti protestant, a maintenant trop d'emprise sur toi. Et depuis des semaines, il te presse en secret d'intervenir aux Pays-Bas espagnols sous prétexte que Philippe II y opprime les huguenots.

- Comment le savez-vous puisque c'est en secret ?

- Je le sais. Je sais tout ce qui se dit au Louvre.

- Encore l'escadron volant de vos espionnes, magicienne florentine ?.. sourit le doux roi indulgent.

Catherine de Médicis reprend : "Ton jeune frère Henri - Mes Chers Yeux -..." Charles a un tic à la mâchoire tandis que sa mère poursuit : "... ainsi que ton Conseil qui est ici, les Guise à la tête du parti catholique et moi, ne voulons pas de cette guerre."

- Mère, si des protestants sont maltraités quelque part, il faut sans doute aller les défendre.

- Eh bien non, il ne faut pas !

Elle s'explique :

- Lutter en Flandre contre la très dévote Espagne reviendrait à engager la France du côté des huguenots et à s'attirer la colère du pape.

L'imposante Italienne secoue un éventail à girouette - bâton au bout duquel est collé un petit drapeau fixe décoré de fleurs de lys et qui fait du vent :

- Ma ! Quelle chaleur encore à bientôt dix heures du soir... En tout cas, avant-hier jeudi, au chef protestant, tu as chuchoté que tu prendrais ta décision d'ici lundi.

- Vos espionnes ont l'ouïe fine... reconnaît le roi Charles.

- Tu allais céder à ce Coligny. J'en suis certaine. Alors oui, on a tenté de l'abattre afin qu'il ne te soit plus de mauvais conseil. Mais ça a raté alors on vient te demander l'autorisation de recommencer cette nuit même.

- En voilà bien, tout d'un coup, des scrupules, mamma ! s'amuse le monarque. Vous étiez moins embarrassée, hier vendredi, quand Maurevert avait le doigt sur la gâchette.

- C'est-à-dire que... hésite mamma, pour ce qu'on veut dorénavant accomplir, il nous faut obligatoirement ton autorisation qui a force de loi. Quand Coligny, cette fois-ci, sera exterminé à la hache, il faudrait ensuite aller égorger La Rochefoucauld.

- Foucauld, mon ami ? Lui aussi ?

- Deux morts ?

- Enfin, deux... balance en l'air, du plat de la main, un maréchal en uniforme. Un peu plus, Majesté... car on devra également cogner à l'huis de chez Andelot afin de l'éventrer comme on le fera dans la foulée, pendant qu'on y est, pour quelques autres... Disons les grands chefs protestants. En tout, on devrait arriver à six.

- Six morts ?

Près d'une petite table dans ce cabinet aux poutres dorées et murs alourdis d'allégories alambiquées, le monarque dilate ses pupilles naïves vers le maréchal :

- Mais, sieur de Tavannes, je croyais que, lundi, on avait marié ma catholique soeur Marguerite avec le protestant Henri de Navarre en signe de réconciliation entre les deux religions... Et en fait, ce samedi soir, vous voudriez faire tuer les chefs huguenots venus de la France entière pour assister à la noce ?

- Ben justement, réagit à la gauche du maréchal un gros duc empoudré et encombré de dentelles aux noeuds savants. On s'est dit que, puisque toute l'aristocratie protestante se retrouve providentiellement réunie à Paris, ce serait quand même dommage de ne pas en profiter...

Le garde des Sceaux, écharpe brodée en travers du buste, partage cet avis :

- Nevers a bien raison, Sire. Si vous voulez, c'est comme une opportunité... poursuit-il d'un air léger. Pouvoir en une nuit couper toutes les têtes du dragon de l'hérésie est une chance qu'on ne retrouvera pas de sitôt. Ils sont là. On en tue dix et c'est réglé.

- Dix, René de Birague ? J'avais entendu six.

- Oui, oh, six, dix... Vous chipotez, Majesté ! commente le capitaine de la première compagnie des gentilshommes de la Maison du roi. En tout cas, Sire, pas plus de cent.

- Cent morts ?

Charles, bouche bée, balaie du regard son Conseil aligné. Il en arrive à sa mère qui ne dit rien.
Bras droit accoudé à sa table envahie d'une arbalète et d'un cor de chasse sur des recueils de poésies, d'un filet pour attraper les oiseaux près d'une sonnette à rapace, le jeune roi ne comprend plus rien. Tout l'étonne. Alors que, près du mur, le capitaine s'adresse malignement à lui en termes de chasseur : "Nous tenons la bête dans les toiles. Hâtez-moi d'envoyer les piquiers", Charles contemple derrière le soldat une tapisserie où l'on voit un cerf qui a un oeil bleu. Le roi ne l'avait jamais remarqué. Encore un drôle de truc, ça ! Le souverain se lève.

Grand, mince et étroit d'épaules, ses longues jambes moulées dans des bas blancs vont sur les carreaux de faïence fleurdelisés du sol qui résonne du choc de ses éperons en forme de col de cygne avec une étoile roulante au bout. Descendant à mi-cuisse, sa "trousse" bouffante ressemble à une couche-culotte alors qu'il s'approche de l'intrigante tapisserie.

On peut y admirer un dix-cors bousculé par cinq chiens et même une chienne sautés ensemble sur lui. Un limier lui mord une oreille. D'autres le prennent à la gorge, fouillent vers son ventre, son coeur. Et le cervidé, cinq andouillers sur chacun des bois - à sept ans, c'est jeune pour vivre ça -, lève, de profil, sa tête aux abois vers les nuages. Il a un oeil bleu.

A hauteur de visage du monarque, l'iris tissé est gratté. Charles observe ensuite les particules de laine bleue restées sous son ongle : "Bizarre, ça. Un cerf a toujours l'oeil noir..."

Le roi de France pivote :

- Jamais, je n'ordonnerai ce que vous me réclamez. J'aimerais mieux que mon corps soit traîné dans la boue des rues de Paris !

Cette déclaration solennelle se retrouve suivie d'un ricanement dans le cabinet du souverain :

- Je vous l'avais dit qu'il n'oserait pas. C'est un chapon-maubec !

Celui qui vient de s'exprimer est debout derrière la mère et les membres du Conseil alors ils se retournent tous et lèvent la tête pour voir le roi venir postillonner dans la figure de l'insolent :

- Moi, poltron ? Henri, tu oses me dire ça, toi, le fot-en-cul !

C'est vrai que Henri a un genre... Menton ras, face pâle, geste efféminé, l'oeil d'un Sardanapale, voilà tel qu'il paraît en ce bal. Garni bas et haut de roses et de noeuds, visage de blanc et de rouge empâté, une coiffe en forme de coquillage comme un gros bulot rose sur sa tête, font voir l'idée : en la place d'un prince, une putain fardée. La reine Catherine intervient en mère de famille :

- Charles, laisse donc ton jeune frère à ses goûts et cesse tes jeux réservés à l'enfance !

Mais le roi n'en démord pas contre Henri :

- Cadet, n'oublie pas que tu n'es que duc d'Anjou !

L'autre, se hissant sur la pointe des pieds, car de plus petite taille, et rondelles d'os en boucles d'oreilles, rétorque :

- Qu'à Dieu plaise, si c'est moi qui avais eu un an de plus que toi et non le contraire, le Conseil royal n'aurait pas perdu autant de temps à me convaincre...

Catherine de Médicis - venin florentin - abonde en ce sens :

- Il est vrai, Charles, que Mes Chers Yeux aurait, sans hésiter, eu ce courage. Le connaissant, il aurait déjà deux fois fait passer par le fer les huguenots. Mais lui, c'est Mes Chers Yeux... Son ennemi, il ne l'appelle pas "Mon père".

Le monarque sensible, grosses larmes gonflant ses paupières, réplique : "Je me demande parfois si ce n'est pas celle que j'appelle "Ma mère", mon ennemie..." puis, alors que des chiens se mettent à grogner sous la table, Charles s'encolère après sa génitrice en la tutoyant : "Tu n'aimes que Henri ! Je passe mes jours à te l'entendre louer, à l'admirer. Je règne et c'est lui seul que tu chéris." On sent qu'il souffre beaucoup de cette préférence en faveur d'un frère tellement plus italien, plus Médicis que lui : "Sur l'échiquier politique, je suis le roi mais Anjou et toi ne me considérez que comme un pion ! Tuer les chefs protestants invités à la noce... quelle félonie ! Qui de vous deux a conçu ce plan machiavélique ?"

Sur la table, il s'empare de l'arbalète qu'il lève :

- Et si je vous tirais à tous deux un carreau dans la tête ?

Henri se marre :

- Avec ton courage de brebis ?

Face à l'air hautain et dédaigneux du duc d'Anjou, le roi piteux dépose l'arme et retourne s'asseoir en son royal fauteuil trop large pour lui.

Quoique derrière son dos la fenêtre du cabinet soit grande ouverte sur Paris, oppressé par la moiteur étouffante de cet été - l'air est chaud et lourd, ça sent l'orage -, Charles déboutonne sa fraise et les boutons de nacre du col de sa chemise. Il respire longuement :

- Capitaine Gondi, vous dites cent morts... mais dans les rues où logent des Coligny, Foucauld, Andelot et autres, vivent des voisins, souvent protestants, qui entendraient des cris et accourraient au secours des victimes. Que feriez-vous à ces huguenots-là ?

- On les tuera.

- Certains ont des épouses que vous assassineriez également j'imagine.

- Ah ben oui, quelques femmes aussi peut-être. On ne peut pas savoir.

- Il y aurait des vieillards...

- Ah ça, les vieillards, vous savez, Majesté, dans le noir, on ne voit pas trop l'âge non plus !

-... Et des enfants.

- Des enfants aussi, c'est possible. S'ils sont un peu trop à brailler, accrochés à la chemise de nuit de leur mère, je ne dis pas qu'il est inenvisageable que plusieurs reçoivent pareillement du fer.

Le roi blêmit et tandis que le garde des Sceaux minimise : "Il s'agira quand même de pêcher surtout les gros saumons sans trop s'amuser aux grenouilles...", Charles poursuit ses comptes :

- Ah, mais ça ne ferait pas cent mais mille morts peut-être...

"Peut-être", reconnaît avec désinvolture le duc de Nevers. Tavannes acquiesce.

- Mille morts ?

Le monarque lance mille injures à tous ceux présents dans son cabinet, les appelle assassins.

- Nous ne ferons qu'appliquer vos ordres, Altesse... plaisante le duc d'Anjou dans une profonde révérence de princesse.

Un lévrier s'approche de Charles, pose deux pattes sur ses genoux et lève la tête. Il ouvre sa large gueule et baille tandis que le roi lui gratte gentiment la gorge en regrettant :

- Pourquoi luthériens et papistes ne parviennent-ils pas à danser ensemble ?

- Les réformés ne prient pas Dieu comme les catholiques, rappelle Nevers.

- Et alors ? Ne sont-ils point aussi des chrétiens ?

- Leur façon de s'habiller et de manger est étrange, souligne Birague. Ils ne font pas maigre le vendredi.

- Si c'est leur choix...

Gondi s'enflamme en se signant :

- Que périssent ces choix d'hérétiques ! Et que cette nuit, un roi béni du ciel ose enfin commander d'abattre sa foudre sur les ennemis.

- Oui, mais qui sont ces ennemis ? s'agace Charles. Des Mongols, des Chinois... ? Nous sommes tous du même royaume que je sache. Par des mains de Français, des Français immolés ?

- Dieu attend que vous fassiez la grande lessive, plaide le garde des Sceaux, et qu'à coups de dagues vous...

- Arrêtez ! le coupe Charles. Loin de moi cet avenir horrible. Votre Dieu m'échauffe, me presse, il accable mes sens. J'en ai assez de ce XVIe siècle aux guerres de religion continuelles...

- C'est le malheur des temps qu'il faut en accuser, glousse Anjou. Alors, je sais bien, tu me diras : "La guerre c'est pas beau, la pluie ça mouille et les hommes pourraient être tous des frères..." Ils sont très jolis tes rêves mais il y a aussi la réalité, ricane le cadet.

- De là à détruire tant d'humains... soupire l'aîné.

- Ce ne sont quand même que des protestants, relativise Nevers.

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Présente édition : éditions Pocket, 1 mars 2012, 221 pages
ISBN-10: 2266220152 / ISBN-13: 978-2266220156

mercredi, 11 juillet 2012

Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo - 2010

litterature francaise, Serge brussolo, bretagne, romans policiers, romans de mystere, le vestiaire de la reine morte, thrillersBretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Bregannog est un village coupé du mondedans lequel survit une popultaion qui croit encore fermement aux légendes et superstitions celtiquess, tout autant qu’ils observent toutes les croyances implantées par les anciens druides. Mais pire que cela, on dit que Bregannog jadis n’était n'était peuplé que de brigands, de pillards et de naufrageurs, et qu’un sort leur donnerait à jamais protection au sein du village. Cela à moins que le nombre de crimes commis ne dépasse une certaine limite, dès lors une Bête surgira du fin fond des bois...
Marion passe tous chaque été ses vacances chez sa grand-mère à Bregannog. Elle a toujours été intrguée par toutes ces drôles d’histoires qu’on lui raconte sans cesse. Mais en étant trop curieuse Marion va mettre au jour des secrets qui la dépassent, jettent le doute sur sa propre famille, et ne tarderont pas à faire d'elle la cible de toutes les haines.

Ce qui commence comme un jeu d'enfant se terminera bien vite en un terrible cauchemar.

Le vestiaire de la reine morte est un thriller de Serge Brussolo, un roman dans lequel on retrouve tous les éléments classiques de l’auteur : une communauté vivant coupée du monde, des superstitions et légendes dont on doute jusqu’au bout quant à leur véracité, un personnage principal, féminin, qui va mettre à jour un terrible secret au prix de nombreuses épreuves, tout en jouant sur les peurs ancestrales de tous qui subsistent au fond des consciences... la recette est bien connue et marche toujours bien. Par contre ce roman s’adresse clairement à un public plus jeune, adolescent, et c’est là que cela passe un peu moins bien que pour d’autres romans de l’auteur. En effet ce texte de Brussolo est moins fort, moins terrifiant et angoissant que ses autres romans. Reste toutefois une belle évocation de cette période charnière où tout un chacun, tel Marion, se détache de ses rêves d’enfance pour découvrir un monde de libertés et de promesses, mais surtout et avant tout de déceptions, de peurs et d’incertitudes.

Le vestiaire de la reine morte de Serge Brussolo n’est certainement pas son meilleur roman, néanmoins cela reste très prenant, d’autant plus pour un public plus adolescent.

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Présente édition : éditions Plon, 4 mars 2010, 252 pages
ISBN-10: 2259211534 / ISBN-13: 978-2259211536

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
-
 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
- L'héritier des abîmes - Serge Brussolo (2009), présentation
- Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation
Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo (2011), présentation

mardi, 10 juillet 2012

La Patrouille du temps (La Patrouille du temps, tome 1) - Poul Anderson - 1955-1975

poul anderson, time patrol, litterature americaine, science-fiction, la patrouille du temps, voyages dans le temps- Vous ferez l'affaire. Sans conteste.

- L'affaire pour quoi ? Everard se pencha ; il sentit son pouls s'accélérer.


- Pour la Patrouille. Vous allez devenir une sorte de policier.


- Ouais ? Où ça ?


- Partout. Et en tout temps. Préparez-vous à une surprise... Voyez-vous, notre société, quoique légale, ne constitue qu'une façade... et une source de fonds. Notre vraie fonction, c'est de patrouiller le temps.


C’est suite à cet entretien que Manse Everard est recruté pour intégrer une police d’une genre tout à fait nouveau, intemporelle et de tout temps à la fois. En effet le voyage dans le temps a été découvert, et a été bien utilisé. Rien de plus facile dès lors d’essayer de modifier le passé afin de changer une situation dans l’avenir.
Mais cette situation est vite devenue intolérable pour les Danelliens, une branche humaine faite d’êtres supérieurs et qui naîtra d’ici quelques millions d’années. Ils craignent qu’un incident créé dans le passé puisse empêcher leur apparition. ils ont donc poussé l’humanité à créer La Patrouille du temps, une organisation tentaculaire présente dans le monde entier et à travers tous les âges, et qui a pour mission au maintien de l’histoire.
Et dorénavant Manse Everard fait partie de la Patrouille et ses aventures à venir seront tout aussi nombreuses qu’incroyables.


La Patrouille du temps de l’auteur américain Poul Anderson est un recueil de cinq nouvelles écrites entre 1955 et 1975, ayant toutes la même trame centrale, celle des voyage de son héros Manse Everard à travers les âges afin de résoudre des problèmes temporels de tout ordre, afin d’empêcher tout fanatique et autre illuminé avide de réécrire l’histoire. Débuté dans les années cinquante, lâge d’or américain de la science-fiction, ces nouvelles gardent de ce “courant” littéraire tous les éléments : aventures fantasques, une crédibilité bien moyenne, une écriture quelque peu expéditive... bref le but était de faire rêver les lecteurs vite fait bien fait, et cela à moindre coût. Le genre a tout de même quelque peu vieilli de nos jours et et force est de constater que La Patrouille du temps de Poul Anderson a connu la une évolution quelque peu semblable. Ces textes se lisent bien, mais l’intérêt n’est pas toujours immense. Bien sûr les cinq nouvelles tentent d’approcher le phénomène du paradoxe temporel, parfois de façon intéressante mais aussi de temps à autre de façon très farfelue. Certains problèmes de cohérence entre les nouvelles existent aussi, mais cela s’explique facilement par le fait qu’elles ont été écrite sur un intervalle de près de vingt ans.


Pour ceux qui apprécient, d’autres nouvelles de la Patrouille du temps existent, et un second recueil, le tome 2 a d’ailleurs été publié en français.

En bref, La Patrouille du temps est un recueil de science-fiction assez léger et loin d’être parfait, mais le tout reste plaisant aux amateurs du genre.

Liste des nouvelles reprises dans le recueil :
- La Patrouille du Temps (The Time Patrol, 1955),
- Le Grand Roi (Brave to Be a King, 1959),
- Les Chutes de Gibraltar (Gibraltar Falls, 1975),
- Echec aux Mongols (The Only Game in Town, 1960),
- L’Autre univers (Delenda Est, 1955).

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Présente édition : éditions Le Livre de Poche, 31 octobre 2007, 286 pages
ISBN-10: 225311877X /ISBN-13: 978-2253118770

Voir également :
- Le Chant du Barde : Les meilleurs récits de Poul Anderson - Poul Anderson (2010), présentation

lundi, 09 juillet 2012

Le Prix Atlantis - Willy Deweert - 2001

willy deweert, litterature belge, thrillers, le prix atlantis, atlantideUn éditeur au bord de la faillite décide de lancer un concours littéraire qui devra renflouer ses caisses au plus vite. Et pour cela un grand tapage médiatique est organisé autour de l’événement, mais aussi autour du sujet du concoures qui récompensera six auteurs qui par un roman proposeront de poursuivre et d’achever le célèbre dialogue interrompu de Platon, le Critias, qui évoque le mythe de l’Atlantide. Ce qui revient à proposer tout simplement le message de Dieu aux atlantes. A la fin du consours il y a bien six romans de sélectionnés. Parmi les vainqueurs se trouve la scientifique belge Morgane Delcourt qui signe là son premier roman. Et le succès est garanti. Au bout de quelques jours tous les six livres deviennent des best-sellers.
Tout semble donc aller pour le mieux si ce n’est que, peu après, la plupart des lauréats sont assassinés dans des circonstances mystérieuses ? Les soupçons se portent d’abord sur l’éditeur, prêt à tout pour créer un événement qui fera vendre. Mais peut-être que la réalité est toute autre. Et il semblerait bien que ce soient les écrits en soi qui seraient gênants. Les auteurs ont-ils entrevu quelques réalités gênantes en rédigeant leur exercice de style ? Faut-il voir la main d’une secte ou d’une organisation secrète ?
Morgane Delcourt, le chercheur Bouhovski, l’inspecteur de police Doris vont se lancer dans l’enquête chacun à leur manière… à la quête d’un des mythes les plus vieux du monde.


Le Prix Atlantis de l’auteur belge Willy Deweert est une œuvre impressionnante tenant à la fois du roman policier, du thriller ésotérique et de l'essai philosophique.
Dès la première page le roman part sur des chapeaux de roue, un prix, des livres, des lauréats … et des meurtres. Une simple enquête policière débouchera sur une quête bien plus profonde faite par deux des lauréats encore survivant, ainsi que d’une policière qui commence à entrevoir une autre dimension à l’affaire. Car si les meurtres ont peut-être été commis par une secte d’illuminés, l’histoire semble vite  couvrir un domaine spirituel bien plus vaste, celui de la lutte séculaire entre le Bien et le Mal, et le tout vu à la fois par des personnages croyants et d’autres parfaits athés. Le fantastique prendra même le dessus, de la science-fiction même, avec l’intervention d’éléments type univers parallèles et voyages spatio-temporels… Le développement ne cesse de surprendre, et une fois arrivé à la fin, on s’étonne du chemin parcouru. Vient s’ajouter à la qualité de l’intrigue une écriture magnifique et un montage parfaitement maîtrisé et bien étonnant.

Hélas par moments l’auteur se perd quelque peu, semblant hésiter entre le roman de fiction et l’essai dans lequel il cherche à placer ses idées. Ainsi des longueurs apparaissent, et certaines coupures dans la lecture, sans toutefois trop gêner le lecteur passionné.

Il reste juste à s’étonner qu’aujourd’hui ce texte n’est plus publié,  et que ceux qui veulent le découvrir le trouveront sur les marchés d’occasion, ou comme moi, en bibliothèque.

Devenu un peu difficile à trouver le roman Le Prix Atlantis de Willy Deweert vaut tout de même bien la peine d’être découvert.

Le Prix Atlantis de Willy Deweert  est un  roman à découvrir.

 

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Présente édition : éditions Desclée de Brouwer, 10 octobre 2001, 430 pages
ISBN-10: 2220050238 / ISBN-13: 978-2220050232

Voir également :
- Mystalogia - Willy Deweert (2000), présentation

dimanche, 08 juillet 2012

I.R.$., tome 14 : Les Survivants de Nankin - Bernard Vrancken et Stephen Desberg - 2012

(Suite directe de I.R.$., tome 13 : L’Or de Yamahita (2011))

bd,bandes dessinees,litterature belge,larry max,larry b max,irs,ir$,i.r.s.,i.r.$,thrillers,espionnage,finance,policier,les survivants de nankinMaître Ianfu, riche mafieux chinois s’implantant sur la côte ouest des Etats-Unis, compte retrouver l’or des Yamashita, un trésor familial perdu lors de la Seconde Guerre mondiale pendant le massacre de Nankin, pour étendre ses activités à Las Vegas et à New York. Avec l’aide de la sulfureuse Laroya, il contraint Larry Max, le célèbre et très efficace agent de la I.R.S. (International Revenue Service), à retrouver cet or sous les dix jours, sans quoi il sera dénoncé au FBI pour l’assassinat de Phoenix, le meurtrier probable de Gloria Paradise que Max recherchait à Bangkok au tome précédent. Pour ne rien arranger, le jeune héritier des Mayuzumi, ennemis historiques des Ianfu, entend lui aussi récupérer cet « héritage » par tous les moyens nécessaires.
Larry, accompagné de Laroya, se rend donc aux Philippines. C’est là qu’en 1945, sur fond du conflit sino-japonais, le général Yamashita, responsable du trésor dérobé au colonel Mayuzumi lors de la conquête de Nankin, a été exécuté sans avoir révélé où il avait caché cette richesse inestimable, refondue en trois gigantesques géants. C’est donc là que Larry devra trouver de nouveaux indices, et d’ailleurs il n’a pas d’autre choix. Car comment retrouver en 10 jours un trésor qui est activement recherché depuis plus de 60 ans ?

Dernier épisode (juin 2012) des aventures de Larry B. Max, ce 14e volume clôt aussi ce septième diptyque de la série. On y retrouve le célèbre agent Larry Max en position de proie, poussée de part et d’autre un vieux trésor disparu à la fin du dernier conflit mondial. Le récit est bien construit, le suspense tient quant à la culpabilité ou l’innocence de Max et l’existence du trésor. Les auteurs reviennent aussi sur le conflit de Nankin, ses massacres et conséquences, ainsi que les implications des mafias chinoises et japonaises. Le dessin de Vrancken est très beau, les planches illustrant les plongées sous-marines de Larry Max à la recherche des trois bouddhas sont particulièrement belles.

I.R.$., tome 14 : Les Survivant de Nankin de Barnard Vrancken et Stephen Desberg, est un album particulièrement réussi qui confirme nettement les qualités de cette déjà longue série.

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Extrait : première planche

 

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Présente édition : les éditions du Lombard, 15 juin 2012, 48 pages
ISBN-10: 2803630621 / ISBN-13: 978-2803630622

Voir également :
- I.R.$., tome 13 : L'Or de Yamashita - Bernard Vrancken et Stephen Desberg (2011), présentation et extraits 

 

samedi, 07 juillet 2012

I.R.$., tome 13 : L’Or de Yamashita - Bernard Vrancken et Stephen Desberg - 2011

(Alors que vient de sortir le tome 14, Les survivants du Nankin (2012), second volet du Cycle VII, je reviens sur ce treizième tome pour me relancer dans l’histoire de cette belle ssaga de bande dessinée crée par Stephen Desberg (scénario) et Bernard Vrancken (dessin).)

bd, bandes dessinees, litterature belge, larry max, larry b max, irs, ir$, i.r.s., i.r.$, thrillers, espionnage, finance, policier, l or de yamashitaMais d’abord de quoi parle I.R.S., ou I.R.$ plutôt : Son héros, Larry B. Max est un agent, le meilleur, de l’Internal Revenue Service, I.R.S., ce tout-puissant organisme gouvernemental américain de perception fiscale. Et cet agent traque le plus souvent au péril de sa vie les criminels de la haute finance, les poursuivant jusqu’au bout du monde. Et Larry n’est jamais au mieux qu’au coeur de grands complots financiers, aux prises avec de dangereux criminels. Et bien sûr dans ce monde fait d’argent le chemin de Larry croisera aussi celui de nombreuses belles femmes l’une plus attirante que l’autre. Avec l’une d’entre, Gloria Paradise, une certaine complicité naît, et cela jusqu’au drame.

L’Or de Yamashita : Larry B. Max se rend à Bangkok pour retrouver l’assassin de Glorian, mais il est loin de se douter qu’il va entrer dans un engrenage terrible, montée par les triades chinoises. En effet Maître Ianfu, éminent membre de la mafia locale lui livre la tête du meurtrier. En échange, il lui donne dix jours pour accomplir l'impossible : retrouver l'or des Yamashita, son trésor familial disparu à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Dix jours, pas un de plus. Faute de quoi l'I.R.S. et le F.B.I. recevront un dossier à charge sur la vendetta personnelle de Larry...

La série I.R.S, ou I.R.$, créée en 1999 par les deux belges Stephen Desberg (scénario) et Bernard Vrancken (dessin) est une série policière constituée de diptyques, chacun racontant une histoire à part. Et avec ce treizième tome c’est le septième cycle qui commence.
L’intrigue, mêlant haute-finance au policier et à l’espionnage, tient ici parfaitement la route. Le scénario est costaud et nous apprend beaucoup sur le passé de Larry Max. Vite arrivé à bout de ce volume, on a hâte de découvrir la suite et d’en savoir plus à la fois au sujet de ce famedux trésor, à l'aide de beaux flash-backs, ainsi qu’au dénouement qui arrive.
De plus le dessin est magnifique, et les couleurs tout autant, malgré un récent passage à l’informatique.

Evidemment il n’y a pas grand chose d’original ici, des bandes dessinées présentant des intrigues de ce genre ne manquent guère, mais l’excellence de l’ensemble donne une véritable valeur à cette série.

A lire !Les amateurs du genre s'y retrouveront pour sûr!

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Extrait : 3 planches du début

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Présente édition : éditions Le Lombard, 1 juillet 2011, 48 pages
ISBN-10: 2803628198 / ISBN-13: 978-2803628193

Voir également :
- I.R.$., tome 14 : Les Survivants de Nankin - Bernard Vrancken et Stephen Desberg (2012), présentation et extrait

Gunnm, tome 8 - Yukito Kishiro - 1990-1995

gunnm,manga,yukito kishiro,bande dessinee,science-fictionGally doit poursuivre sa quête contre les rebelles au nom de Zalem. A la recherche du maléfique professeur Desty Nova, elle rencontre Den, le chef du Barjack, une horde de barbares décidés à détruire Zalem. L’assaut contre la ville va être lancée. Mais elle sait que la cause de ces rebelles est juste, ou du moins plus juste que celle de Zalem.
Et peu à peu se dévoile de plus à Gally le véritable secret de Zalem, un secret terrifiant grâce auquel le tout se maintient.

Avant dernier tome de la saga Gunnm de Yukito Kishiro les choses ne cessent de s’emballer. Le scénario est costaud, la mise en scène parfaite et le dessin toujours aussi époustouflant. Et l’auteur donne dans tous les sens, en développant plusieurs aspects à la fois, en étoffant les personnages, en y mettant plus d’action, et aussi plus d’émotion même.

Bref, ce tome 8 de Gunnm est certainement le meilleur de la série. Et la fin risque bien d’être grandiose.

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Extrait : quelques planches prises au hasard

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 Présente édition : éditions Glénat, 1 septembre 1997, 224 pages
ISBN-10: 272342121X, ISBN-13: 978-2723421218

Voir également :
- Gunnm, tome 1 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 2 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 3 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

- Gunnm, tome 4 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 5 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 6 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits
- Gunnm, tome 7 - Yukito Kishiro (1990-1995), présentation et extraits

11:00 Écrit par Marc dans BD, Kishiro, Yukito, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gunnm, manga, yukito kishiro, bande dessinee, science-fiction | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 06 juillet 2012

L’élixir - Mélanie Muller - 2009

melanie muller, erotisme, l elixir, l'elixir, romans erotiques, romans pornographiques, fantastique, litterature francaiseLouise est une fille quelconque. Ni jolie, ni moche, ni … ni rien en fait. Et c’est cela son problème. Elle n’attire personne et aucun homme ne s’intéresse jamais à elle. Ce qui pour une fille de vingt-cinq ans est assez pénible et fort déprimant. Pourtant elle essaie tout, fréquente des bars branchés, des sites de rencontres, mais rien n’y fait. Et cela jusqu’au jour quand, au comble du désespoire ; elle ouvre un livre de recettes aphrodisiaques et concocte un breuvage à base d’alcools et de plantes. Et le résultat va être foudroyant : d’un moment à l’autre elle devient le centre d’attention et l’objet de désir de tous les hommes qu’elle croise. Tous la veulent et ne cessent de lui tourner autour. Louise, désormais Lou (cela fait plus sexy), se donne à tous ces hommes, profitant enfin de tout cet amour qui jusque là lui manquait. Et desormais elle a des rendez-vous sans fin avec tous ces hommes accrochés à ses lèvres, tentant à tout moment de lui arracher ses vêtements, de la caresser même en public, et lui ouvrant enfin tous leurs cœurs… et leurs pantalons, la prenant n’importe où et n’importe quand…
Mais très vite la magnifique tigresse qu’est devenue Lou n’arrive plus à s’arrêter, et du manque d’affection elle passe à l’addiction et à l’overdose…

L’élixir de l’auteur français Mélanie Muller est un roman érotique qui sans concession et sur un rythme effréné nous fait découvrir les péripéties amoureuses et sexuelles d’une jeune femme transformée  après avoir pris une potion magique. Décrit avec un certain humour sur un rythme effréné, ce roman traite plus globalement de la passion amoureuse d’une femme, de son abandon dans l’addiction, ici le sexe, tout en en oubliant l’essentiel, qui est l’amour. Louise change, son entourage change, toutes ses relations changent… vers un supposé meilleur. Mais en réalité tout cela ne la rendra pas plus heureuse.
Ecrit dans un rythme effréné et d’une plume vive, sans concessions, le lecteur est vite pris par ce texte. Et malgré certaines longueurs et petits passages à vide le lecteur arrivera vite à bout de ce livre.

L’élixir de Mélanie Muller est un surprenant roman érotique qui ravira les amateurs du genre.

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Extrait : pris au hasard au chapitre deux

...

J’aurais peut-être dû ôter ma culotte sous ma nuisette transparente ? Mon rat de laboratoire semble complètement indifférent à mes charmes. Quand la bouteille est vide, je cherche une étincelle dans ses yeux, j’observe son entrejambe, je lui demande s’il sent quelque chose de spécial.

- Rien du tout, ma grande.

Rien. Nada. Autant d’efforts pour que dalle. C’est dans la bouteille que j’aurais dû glisser ma culotte ! Je me sens subitement affreusement ridicule dans mon déshabillé sexy. Je file à la cuisine et jette rageusement ce livre idiot à la poubelle. Un attrape-nigaud ! J’aurais dû m’en douter. L’abstinence me rend naïve et pathétique. Qui, hormis une fille stupide comme moi, aurait songé un seul instant qu’une bouteille de champagne fleuri puisse exciter quelque peu les garçons ? Je m’en veux d’avoir dépensé une fortune en alcools, liqueurs, graines et poudres en tout genre. Enfermée dans ma cuisine, je me serre un grand verre de Martini rosso, j’y rajoute du gin, de la Vodka, des herbes, du piment, et je bois tout, en glissant mes doigts dans ma culotte et en chantonnant un tas de formules aussi bizarres qu’inintelligibles. Je suis complètement pompette. Magicienne des temps modernes, ce livre de recettes aphrodisiaques n’est plus au goût du jour, et je vais agrémenter ces potions de toute mon imagination débordante de femme esseulée. Passoà, rhum, clous de girofle, feuilles de fucus, Ras el hanout, mixez énergiquement et filtrez le mélange ainsi obtenu avec une passoire ! J’ai dans ma cuisine de vieille fille tous les ingrédients et tous les accessoires pour concocter des miracles et devenir sorcière professionnelle. Je goûte, je bois, je trempe mes doigts dans mon sexe et les mélange frénétiquement dans mon verre, je bois, je chante, je danse, j’invoque les forces du ciel et de l’enfer pour faire de moi une femme fatale et irrésistible, j’en verse à côté, je fais un raffut de tous les diables. Je me bourre la gueule.

Hervé ouvre alors la porte de la cuisine pour voir ce que je fabrique et parce qu’il doit s’en aller. Je dois être dans un drôle d’état, hirsute et titubante, parce qu’il me toise comme s’il me voyait pour la première fois. Je lui souris aussi assurément que possible en me retenant au lave-vaisselle. Ses yeux roulent comme des billes sur ma bouche, mes seins, ma bouche, mes seins…

Ma bouche.

Mes seins.

Hervé se jette sur moi tel un fauve en rut. Me retourne, me plaque contre la machine à laver, relève ma nuisette et m’embrasse sauvagement dans le cou tandis qu’il arrache ma culotte en dentelle. Je perds à moitié l’équilibre et suffoque, contre mes fesses je sens son membre dur fulminer. Je le repousse avec force ; je n’avais pas envisagé qu’il puisse se mettre dans cet état. Au mieux, j’espérais un tendre baiser romantique. Tandis qu’il ôte avec précipitation son t-shirt et la ceinture de son pantalon, je lui dis en tremblant :

- Hervé, Hervé, calme-toi !

- Quoi ? QQuoi ? Quoi ? hurle-t-il ! J’ai envie de toi, là ! C’est bien ce que tu voulais non ? Viens là !

Ça y est. Il est fou. La recette fonctionne. Au secours. Je le repousse instinctivement.

- Louise ! Tu te trémousses tout l’après-midi devant moi dans ta nuisette transparente et maintenant tu fais ta mijaurée ? tu te fous de moi ?

Sa respiration est chaude et bruyante, il m’enlace violemment contre l’étagère, les pots de confiture s’écrasent sur le sol dans un brouhaha qui n’arrête pas mon agresseur, je glisse sur la purée de fraise et la gelée de groseille. A quatre pattes, le cul et les seins à l’air devant mon meilleur ami, ses mains torturant mes cuisses et mon ventre, je suis prise de panique. Je tente d’esquiver ses assauts périlleux et clame qu’on n’est pas obligé d’en arriver là.

- Obligés, Louise !O-bli-gés ! Tu es drôlement bandante tout à coup !

Je trouve que « Louise » et « bandante », ça ne va pas ensemble. Mais ce n’est pas le moment d’ergoter. La queue d’Hervé pointe son gros nœud.

- D’accord, Hervé, d’accord, mais je n’ai pas de capote ! Laisse-moi en chercher à la pharmacie, s’il te plaît, j’en ai pour deux minutes.

- Tu aurais pu prévoir ! Garce ! Allumeuse ! Dépêche-toi d’aller en chercher et ramène tout le distributeur !

J’enfile un jean et une veste sur ma nuisette presque déchirée et je cours. Je cours non pas pour me faire sauter au plus vite par Hervé mais parce que je suis terrifiée. Que vient-il de se passer ? Et comment expliquer à mon meilleur ami que je n’ai pas envie de lui, que c’était juste un jeu, une idée farfelue, une lubie sans intérêt, que si le résultat est édifiant, à présent j’aimerais mieux qu’il s’en aille ! ? Je ne souhaite pas coucher avec lui !

Devant la pharmacie, le tiroir du distributeur de capotes est bloqué. Je tire dessus comme une acharnée, en évitant autant que possible le regard des passants interloqués. J’essaie de ne pas penser qu’à travers ma nuisette, mes seins s’exhibent outrageusement. Un crissement de pneus retentit sur le boulevard. Une portière claque. Un homme vêtu de noir s’approche de moi tandis que j’essaye vainement d’obtenir grâce de cette foutue machine.

- Je peux vous aider mademoiselle ?

Je dis oui.

Avec aplomb, l’homme en noir fait tomber dans sa main trois boîtes de préservatifs et me les tend ; je le remercie, pétrifiée.

- Je peux vous inviter à boire un verre ?

- Non, pas maintenant, dis-je en tremblant.

Il me tend sa carte.

- Vous êtes absolument adorable et sexy, appelez-moi, j’aimerais beaucoup vous connaître… Promettes-moi de m’appeler…

Je prends la carte et promets : « oui, oui, promis ! » puis fonce jusqu’à chez moi, affolée. J’ai la tête qui tourne et les tempes mouillées.

Dans mon immeuble, face aux miroirs du hall d’entrée, je me reconnais à peine ; mes cheveux en pagaille ont des reflets roux flamboyants et, pour la première fois de leur vie, ils bouclent. Dans mes yeux noirs pétillent des éclats de strass et mes lèvres suintantes d’alcools gras se dessinent sur mon visage dans un rouge singulièrement indécent. Mes seins ont doublé de volume.

...

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Présente édition : J’ai Lu, 16 mai 2012, 192 pages
ISBN-10: 2290032158, ISBN-13: 978-2290032152

jeudi, 05 juillet 2012

Un Livre Dont Vous Etes Le Héros : Défis Fantastiques, tome 19 : Le Pirate de l’Au-delà (Bloodbones) - Jonathan Green - 2006

ldvelh, un livre dont vous etes le heros, jonathan green, fantastique, steve jackson, ian livingstone, fighting fantasy, fantasy, livre-jeu, jeux, bloodbones, le pirate de l'au-delaOn dit que Cinnabar, le redoutable pirate qui a fait régner la terreur à travers les Douze Mers, est revenu d’entre les morts.
La rumeur court qu’il tenterait de reformer son équipage fait de la pire racaille, les Pirates du Crâne Noir, et de plus il semblerait qu’il soit devenu invincible grâce aux pouvoirs qui lui ont été conférés par Quezkari, une immonde déité  vaudoue. Et plus personne ne pourra jamais plus arrêter le célèbre Cinnabar, l’homme qui a tant tué qu’on lui a prêté le surnom de Millesang.
Mais fort heureusement rien de tout cela n’est encore fait. Il y a encore moyen de tout stopper.
Pour VOUS, c’est l’occasion de pouvoir enfin venger votre famille massacrée il y a de cela dix ans par justement ce terrible Cinnabar. Ainsi Vous vous rendez au Port des Crabes, repère de tout ce que l’océan compte en pirates pour commencer votre enquête. Et très vite VOUS vous rendez compte que de nombreuses personnes, des pirates mais aussi des prêtres vaudou, tentent de VOUS empêcher de progresser. C’est sûr Vous êtes sur la bonne voie...
Mais le temps compte, il faudra agir avant que tout ne sera trop tard t VOUS êtes encore loin de vous doutez jusqu’où et face à quels périls cette aventure vous mènera.

Et pour cela : Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance...

Un Livre Dont Vous Êtes Le Héros est de retour, et cela avec sa série phare des Défis Fantastiques (Fighting Fantasy) lancée au début des années 1980 par les deux auteurs britanniques Steve Jackson et Ian Livingstone. C’est avec un inédit en français, paru en anglais en 2006, que les éditions Gallimard Jeunesse relancent une série qui ravira à la fois les nostalgiques des années 1980-1990 et des plus jeunes lecteurs-joueurs, ainsi que, honnêtement, des joueurs de tous les âges.
Le Pirate de l’Au-delà a été écrit en 1998 par Jonathan Green et devait être le numéro 60 de la série originale. Or il ne paraître qu’en 2006 en Grande-Bretagne, et en 2012 en français au numéro 19 suite à la nouvelle numérotation de la série par les éditions Gallimard.

Grand joueur de l’époque je retrouve donc cette série avec plaisir, cela d’autant plus que Le Pirate de l’Au-delà de l’auteur Jonathan Green est un très bon livre du genre et bien dans l’esprit de la série. J’ai donc vite ressorti une paire de dés, crayon et papier pour jouer une partie qui m’aura pris deux longues soirées.
Pour rappel ce genre de livre-jeu consiste à entrer dans une histoire, commencer par le premier paragraphe, et, à la fin de celui-ci décider par soi-même des actions que l’héros entreprendra pour venir au bout de se mission, cela en se rendant à des paragraphes différents en fonction des choix faits. Au-delà des décisions que l’on prend soi-même, s’y ajoutent des combats aux règles strictes que l’on joue avec des dés, et des éléments dans lesquels interviennent la chance.
Et sur les 400 paragraphes que compte le livre, j’en ai parcouru environ 230. Cela prouve que même si l’histoire paraît linéaire, il me reste encore plus de la moitié à découvrir si je rejoue la partie en faisant d’autres choix. Et l’histoire, même si peu originale, devient vite passionnante dans le cadre de ce jeu et pour arriver à bout du pirate Cinnabar j’ai dû résoudre de nombreuses énigmes, menant plus d’une trentaine de combats qui incluent plus d’une cinquantaine d’opposants, j’ai plusieurs fois frôlé la mort. Parfois des retours en arrière étaient nécessaires (donc mieux vaut noter son parcours sur une feuille) car bien souvent on se retrouve face à la mort.
Au fil de la partie on découvre des repères de pirates, des cimetières hantés, des temples maudits, des bateaux fantômes, une île au trésor et toutes sortes de personnages plus ou moins originaux, mais souvent bien trouvés.
Notons aussi que l’auteur utilise de très nombreuses astuces pour rendre la lecture la plus interactive possible, en utilisant la notion de temps qui s’accumule (en effet surtout dans la première partie du jeu il faut faire vite), un système de mots de passe qui font qu’en passant au même endroit celui-ci peut envoyer le joueur tout à fait ailleurs à la fois suivante, des cartes, des énigmes en texte ou graphiques. Bref tout y est pour rendre l’aventure la plus complète et passionnante possible, et d’imaginer tout ce à quoi l’auteur a dû penser et réfléchir pour faire fonctionner son jeu donne vraiment le vertige. Par contre à deux reprises j’ai cru m’apercevoir d’erreurs dans la numérotation des paragraphes, ce qui peut devenir assez pénible.
L’écriture est efficace, mais se résume souvent au minimum. Les illustrations de Tony Hough apportent beaucoup à la partie et à l’ambiance au général.

Donc, à vos dés ! et amusez-vous bien !

Il n’est pas toujours possible d’allier jeux et lecture, donc autant en profiter !

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Présente édition : traduit de l’anglais par C. Degolf, Gallimard Jeunesse, 7 juin 2012
ISBN-10: 2070648109 / ISBN-13: 978-2070648108

Voir également :
- Défis Fantastiques, tome 20 : La Nuit du Nécromancien (Night of The Necromancer) - Jonathan Green (2010), présentation
- Défis Fantastiques, tome 21 : La Nuit du Loup-Garou (Howl of The Werewolf) - Jonathan Green (2007), présentation

mercredi, 04 juillet 2012

Un Livre Dont Vous Êtes Le Héros - Réédition d’une série culte de jeux en 2012

livre-jeu, un livre dont vous etes le heros, ldvelh, litterature interactive, fighting fantasy, loup solitaire, bloodbones, lone wolf, defis fantastiques, john dever, steve jackson, ian livingstone, le sorcier de la montagne de feu, la cite des voleur, le combattant de l'autoroute, le mercenaire de l'espace, fantasy, science-ficiton, jonathan GreenLe Livre-jeu a connu ses heures de gloire dans les années 1980, avant de disparaître au milieu des années 1990 suite à un long déclin associé à l’émergence des jeux d’aventures sur ordinateur.
De nombreuses séries ont été édités à l’époque, dont la célèbre a été Fighting Fanstasy créés par les auteurs britanniques Steve Jackson et Ian Livingstone, traduit en français par Un Livre Dont Vous Êtes Le Héros, aussi appelé sur le net LDVELH, et la célèbre série Défis Fantastiques, édité par Gallimard Jeunesse

Mais d’abord qu’est-ce un livre-jeu ?

Il s’agît d’un dérivé du jeu de rôle, en plus simple et se jouant en solo, ainsi que des jeux d’aventures textuels qui existaient sur les premiers ordinateurs personnels. Le tout est sous forme de livre, à la différence d’un roman classique où l’histoire est figée, celle d’un livre-jeu évolue en fonction des choix du lecteur. Ainsi lorsque le lecteur arrive à bout du premier paragraphe, numéroté 1, il lui est proposé plusieurs possibilités d’action, chacun renvoyant à un paragraphe différent. En fonction de son choix le lecteur se reporte donc au paragraphe indiqué et peu à peu se dessine son histoire bien à lieu, donnant lieu à une aventure qui le mènera jusqu’à la réussite ou à l’échec de l’aventure proposée par les auteurs. Le livre-jeu classique selon Jackson et Livingstone contient environ 400 paragraphes.
Généralement le livre contient des règles strictes faisant évoluer la vie, la forme et la chance du lecteur. Des combats existent, et le joueur-lecteur s’aidera d’une paire de dés et d’un crayon pour y jouer.

Bref, tout y était pour simuler ce que reprendront plus tard de nombreux jeux d’aventures sur ordinateur.

Le succès du livre-jeu

Après de nombreux essais infructueux de lecture interactive, paraît en 1982 Le Sorcier de la Montagne de Feu (The Warlock of Firetop Mountain) de Steve Jackson et Ian Livingstone, qui définit à la fois la fantasy comme genre de prédilection du livre-jeu. Il totalise aussi 400 paragraphes, énorme pour l’époque mais devenu classique depuis, et introduit un système de règles de jeu, avec trois caractéristiques à déterminer grâce à des dés par le joueur : son habileté, son endurance et sa chance. L’histoire est simpliste : Vous êtes un aventurieur qui cherche à s’emparer du trésor d’un magicien caché au fond d’un labyrinthe.

Ce livre battra tous les records de vente et sera à l’origine de la série Défis Fantastiques. D’autres auteurs s’y lancent aussi avec plus ou moins de succès.
En 1984, Joe Dever publie le premier tome de la série Loup Solitaire, qui se démarque des Défis fantastiques par la profondeur de sa toile de fond, l'univers du Magnamund, ainsi que par la continuité de ses livres : s'ils peuvent être lus indépendamment les uns des autres, ensemble, ils constituent l'histoire du dernier des Maîtres Kaï, Loup Solitaire. Les règles sont également caractéristiques, notamment par le choix offert dans une batterie de compétences, les Disciplines Kaï, que le lecteur doit choisir avec discernement pour faciliter son aventure. La fidélité des lecteurs est récompensée par une progression dans les rangs Kaï, qui se traduit par la possibilité de sélectionner une Discipline supplémentaire pour chaque livre déjà lu dans la série et l'opportunité de conserver les objets obtenus dans les tomes précédents.


Et peu à peu le genre s’ouvre à d’autres, intégrant la science-fiction, l’Histoire, le roman policier et même érotique.

Déclin et renouveau

Le déclin sera sévère et rapide, le jeu d’aventures ayant trouvé un nouveau support de prédilection : l’ordinateur. Les passionnés sont devenus collectionneurs, des clubs amateurs se sont créés et même de nombreuses créations d’amateur.

Mais dès 2003 la série est relancée en Grande-Bretagne avec l’édition d’inédits. En 2012 Gallimard Jeunesse relance la série en français avec la parution de l’inédit Le Pirate de l’Au-delà de Jonathan Green.
Le succès de ce renouveau est dû à plusieurs facteurs : d’abord la nostalgie des très nombreux anciens lecteurs-joueurs, puis succès phénoménal du moment de la littérature jeunesse, ainsi que de nouveaux supports informatiques, dont les tablettes et smartphones, qui conviennent parfaitement à ce genre de jeux interactifs de par leurs tailles et par l’utilisation qu’en font leurs utilisateurs. 

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Le Pirate de l'Au-Delà (Bloodbones) : l'inédit ! :livre-jeu, un livre dont vous etes le heros, ldvelh, litterature interactive, fighting fantasy, loup solitaire, bloodbones, lone wolf, defis fantastiques, john dever, steve jackson, ian livingstone, le sorcier de la montagne de feu, la cite des voleur, le combattant de l'autoroute, le mercenaire de l'espace, fantasy, science-ficiton, jonathan Green



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mardi, 03 juillet 2012

La Guerre olympique - Pierre Pelot - 1980

pierre pelot, la guerre olympique, science-fiction, litterature francaise, anticipation, jeux olympiques, guerres, portLa paix mondiale … Est-ce un rêve inatteignable ? Une utopie ? En l’an 2200 les gouvernements du monde ont trouvé la solution pour l’atteindre.

Ainsi tous les deux ans sera déclaré, entre le camps libéral Blanc et le camp socialo-communiste Rouge, la
Guerre olympique, durant laquelle s’affronteront devant des foules immenses au cours d’épreuves mortelles des champions surentraînés, dopés et élevés médicalement depuis leur plus jeune âge. Le camp gagnera les honneurs pendant deux ans, et le vaincu verra en son sein plusieurs millions de personnes mourir. Parmi ces derniers tout ce que compte la société de subversifs, délinquants et déviants à qui on a greffé une mini-bombe dans le cerveau qui explosera dès la proclamation des résultats.
Car au-delà de garantir la paix mondiale la Guerre olympique aide aussi au contrôle de la démographie, à la lutte contre la délinquance, à la faveur des régimes en place tout en exaltant le chauvinisme des peuples et l’amour du sport.

Bref, la Guerre olympique est la solution idéale à tous les maux de notre société. 

Lorsque l’écrivain français Pierre Pelot écrit le roman La Guerre olympique le monde était divisé en deux blocs et on s’apprêtait à célébrer les Jeux olympiques de Moscou en 1980, des jeux qui ont pour la première fois clairement mis en évidence l’aspect politique de ce genre d’événements, notamment par le boycott organisé par les pays occidents. Les deux grandes puissances mondiales qu’étaient alors les Etats-Unis d’Amérique et l’Union soviétique, ne cessaient depuis bien longtemps déjà à s’affronter pour voir lequel des deux allait gagner le plus de médailles. Et quasi tous les coups étaient permis : dopage, sportifs entraînés depuis le plus jeune âge, naturalisations de sportifs étrangers pour renforcer ses rangs... Et tout cela n’a pas tant changé que cela aujourd’hui. Car si le roman de Pierre Pelot décrit une dystopie dans les faits, de par l’attitude et les volontés politiques tout cela n’est que bien réel. Et ce n’est pas un hasard si ce roman se voit réédité en 2012, à la veille des Jeux olympiques de Londres.

Le lecteur est ainsi invité à suivre les pas de plusieurs personnages vivant cette Guerre olympique afin d’en découvrir tous les aspects. D’abord le champion français Pietro Coggio, figure de proue du sport français, spécialiste du pugilat et du lancer de hache, fait partie de ces athlètes adulés par un public fasciné par ses exploits sportifs et guerriers. Il est issu d’une manipulation génétique visant de produire le meilleur sportif au moment. Par contre il a quelque peu de mal à réfléchir mais ce n’est pas cela qu’on lui demande.
Ensuite il y a Yanni Bonnefaye qui fait partie des victimes potentielles et qui attend chaque résultat comme si sa vie en dépendait, car c’est bien sûr effectivement le cas. Et aussi le polonais Mager Cszorblovki, autre condamné mais de l’autre bloc, qui tente le tout pour le tout pour pouvoir retirer la mini-bombe logée dans son cerveau avant la fin des festivités. S’y ajoutent des journalistes, des entraîneurs, un entourage sportif peu sûr autour du champion français…
Chaque chapitre se termine de plus sur une note décrivant certains points plus techniques liés à ces Jeux du futur.

Et peu à peu Pierre Pelot réussit à nous donner une vision très probable, mais surtout glaçante de cet avenir dans lequel tout ne semble n’être fait que de violence. C’est époustouflant et le lecteur est tenu en haleine jusqu’au combat final, particulièrement gore.
Bien sûr ce roman n’a pas la force des grandes dystopies devenus des classiques littéraires (1984, Fahrenheit 451, Le meilleur des mondes… ), mais, sans nul doute, Pierre Pelot a réussi une œuvre difficilement imaginable et qui se lit d’une traite.

A lire !

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Extrait : les premières pages

Le 1er juillet 2222, fut déclaré ouvert, par le porte-parole des gouvernements, le 12e conflit international planétaire. Il se situait, cette année-là, sur le territoire des États d'Union d'Amérique du Nord (American Group, de la Confédération libérale), dans le camp BLANC.

Le premier conflit international planétaire programmé éclata en l'an 2200, sur le territoire national éthiopien (Fédération socialo-communiste) du camp ROUGE.

Le camp ROUGE fut vainqueur, avec une perte en vies humaines qui ne dépassait pas le chiffre de 3 millions. Le camp BLANC vaincu annonça plus de 8 millions de victimes.

Le deuxième conflit international planétaire programmé eut lieu en 2202.

Le troisième en 2204. Et ainsi de suite. Il éclatait régulièrement tous les deux ans - c'était ce qu'avaient décidé les Nations.

On l'appelait également LA GUERRE OLYMPIQUE.

La 12e GUERRE OLYMPIQUE de 2222 opposait comme à l'accoutumée les camps BLANC et ROUGE, le camp BLANC regroupant les États et nations de la Confédération libérale, le ROUGE les États et nations de la Fédération socialo-communiste.

Il y avait 26 pays inscrits pour le camp BLANC, et 27 pour le camp ROUGE. A l'issue des sélections restaient en lice 23 pays pour le camp BLANC, et 21 pour le camp ROUGE.

Ce qui portait le nombre des nations en guerre à 44.

Parmi les quelque 150 (cent cinquante) nations de la planète, on remarquait : 53 pays inscrits pour la GUERRE OLYMPIQUE, 9 éliminés, restaient 44 ; 12 pays neutres ; 2 pays opposants. Tous les autres pays non inscrits et non représentés demeuraient cependant étroitement alliés et inféodés à l'une ou l'autre des puissances en conflit, politiquement et économiquement, ce qui implique que les victimes de la GUERRE pouvaient fort bien se trouver, en partie et proportionnellement, dans leurs populations.

Il y avait sur Terre (y compris la Lune) 14 milliards 387 millions d'humains.

La 12e GUERRE OLYMPIQUE compterait un minimum de 9 millions de victimes. C'était prévu, calculé.

---

La voix tranquille, posée, rassurante, de Sanzo Papa Aeschillem s'éleva et lui emplit la tête : "Ne t'en fais pas, Pietro, ne t'énerve pas, tout va bien."

Coggio poussa un grognement profond et rageur - une manière d'acquiescement qui, à la fois, répondait à Sanzo Papa et libérait un peu de sa tension. Sanzo Papa ne l'abandonnait jamais, ne le laissait jamais seul, même là, sur le ring, où pourtant il était seul face à cette brute épaisse de Chinois. Sanzo Papa était toujours avec Coggio, et il avait les mots qu'il fallait, au bon moment. Toujours. Comment Sanzo Papa avait-il pu deviner que Coggio commençait à s'énerver ? Quels étaient les symptômes, les signes, qui l'avaient renseigné avec une infernale précision, là-bas, dans son angle lointain des soigneurs-dopemen ? Parfois, Coggio se disait que Sanzo Papa était tout à fait capable de lire dans ses pensées. C'était peut-être vrai.

Il se mit à danser, à petits pas, pour se calmer.

"C'est bien, Pietro", dit la voix de Sanzo Papa Aeschillem, dans la tête de Coggio. "C'est parfait, mon garçon. Ne l'attaque plus, c'est ce qu'il cherche. Ne te fatigue pas inutilement, laisse-le venir."

Oui, Sanzo, songea Coggio. C'est ce que je fais. Je le laisse venir.

" Ne t'en fais pas. Tiens-le encore un instant, pas longtemps. Laisse-le t'attaquer à son tour, et alors sonne-le. Ou bien il n'osera pas, il est fatigué. Alors profites-en. Je te dirai quand. Le round se termine dans cinq minutes. "

Cinq minutes ? Comme à chaque fois, Coggio avait totalement perdu la notion du temps. Si le round s'achevait dans les cinq minutes, cela voulait dire que Coggio et Lin Sovitch Pao (le Chinois) se battaient depuis plus d'une demi-heure. Quarante minutes exactement. L'ultime combat des champions pugilistes, pour la finale de cette discipline, se déroulait en deux rounds de quarante-cinq minutes chacun. Une abominable éternité, si l'on regardait les choses du dehors… mais en combat, le temps filait comme un boulet de canon. C'était peut-être les dopes ingurgitées qui étaient la cause de cette distorsion temporelle ? Peut-être oui… mais pas nécessairement. En combat, Coggio était parfaitement incapable de songer au temps qui passe. Pour n'importe quelle compétition, c'était pareil. Pugilat, lancer de haches, moto-glace, tir à l'arc, course de chars, haltérophilie, etc. C'était pareil.

Il vit venir le gros, sauta de côté au quart de seconde. Le coup de pied du Chinois glissa le long de sa cuisse et la semelle renforcée d'acier luisant ne fit que lui égratigner la peau, marquant le coup en rouge. Coggio plongea aussitôt, pour utiliser le déséquilibre de son adversaire. Il cogna en faucheur. Son poing crispé, alourdi par les mitaines plombées, toucha le gros homme au creux de l'épaule gauche, mais le type fit un rétablissement en catastrophe et évita partiellement le choc. Coggio tenta de doubler, du gauche ; l'autre se laissa tomber à genoux. Tout le ring trembla. Le Chinois hurla et cogna à son tour, les deux mains serrées, en faucheur lui aussi. Coggio n'eut que le temps d'effectuer un nouveau saut de côté : les mitaines frôlèrent les muscles de son abdomen luisant de graisse et de sueur.

Il tomba sur le pied droit, leva le gauche.

"Bravo, petit !" cria la voix de Sanzo Papa.

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Présente édition : Folio SF / Gallimard, 29 mars 2012, ISBN-10 2070446336, 352 pages 

lundi, 02 juillet 2012

L’héritier des abîmes - Serge Brussolo - 2009

serge brussolo, litterature francaise, sectes, l heritier des abimes, thrillers, romans policiers, romans de mystereLiliana Caine est journaliste au département “Mémoires” auprès d’un éditeur new-yorkais bien réputé. Sa spécialité y est les biographies à scandale relatant la vie de dangereux psychopathes, meurtriers, illuminés en tout genre… Et c’est justement la biographie de Morton Savannah que Liliana se voit proposer d’écrire.  Cet homme est un auteur à succès qui a rédigé toute une série de romans d’aventures ayant pour cadre l’Atlantide, et ses textes sont souvent considérés par les fans de prophétiques, cela par des messages secrets disséminés dans les textes. Au fil des années, Savannah est devenu pour ses lecteurs un second Nostradamus et se trouve auréolé d'un prestige qui fait de lui le chef spirituel d'une religion occulte dont les ramifications ne cessent de s'étendre et comptent désormais des personnalités du monde politique. Pour rédiger le livre souhaité, Liliana va devoir vivre cloîtrée dans la propriété de l'auteur pour une durée indéterminée, sans aucun contact avec l 'extérieur et sous la surveillance de fanatiques prêts à tout pour défendre leur idole. C'est l'occasion pour elle de découvrir une communauté vivant en marge des lois, selon des préceptes barbares, et pour laquelle les clefs du futur se cachent entre les lignes de romans censés délivrer des messages cryptés rédigés par le dernier survivant de l'Atlantide !
Que cache cette mascarade ? Peut-être des secrets angoissants dont la révélation pourrait déclencher des troubles à l'échelle mondiale.

Dans L’héritier des abîmes le prolifique auteur français de thrillers Serge Brussolo explore un aspect plutôt intéressant du monde littéraire : celui des sectes et des auteurs gourous. Cela fait bien évidemment penser à la Scientologie, secte-religion dont le gourou et fondateur n’est autre qu’un auteur de science-fiction. C’est bien intéressant et l’auteur sait parfaitement y faire pour décrire les fanatismes et des communautés isolées régis par des dogmes sectaires et vivant en marge de la société ; puis aussi à semer le doute au sujet de mythes et légendes qui se confondent peu à peu à la réalité, tout en créant une forte tension autour d’un personnage fort et fragile à la fois.

On regrette toutefois l’utilisation par l’auteur d’un schéma très récurrent dans un trop grand nombre de ses thrillers, néanmoins le plaisir reste toujours identique.

A lire ! ... un peu comme tous les Brussolo !

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Présente édition : éditions Plon, 22 janvier 2009, 331 pages

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli – Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
- Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
- Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
-
 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
- Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo (2010), présentation
Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation
Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo (2011), présentation

dimanche, 01 juillet 2012

Les mille automnes de Jacob de Zoet (The Thousand Autumns of Jacob de Zoet) - David Mitchell - 2010

david mitchell, les mille automnes de jacob de zoet, jacob de zoet, romans historiques, japon, xviiie siecle, romans d aventures, litterature britanniqueJapon 1799, le pays est fermé aux étrangers vivant dans l’isolement le plus total. Afin de pouvoir commercer avec les étrangers des zones franches isolées sont créés dans certains ports, c’est le cas notamment de l’île artificielle de Dejima construite dans la baie de Nagasaki qui sert de port d’attache à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. A partir de là Néerlandais et Japonais peuvent faire affaire, mais qu’un Néerlandais mette un jour pied sur la terre ferme est un événement rare et exceptionnel.
C’est en 1799 qu’arrive à Dejima le jeune clerc Jacob de Zoet, ambitieux et idéaliste, venu pour faire fortune sur un contrat de cinq ans. Très vite il se fascine pour ce pays mystérieux qu’il devine vu des quais de Dejima, mais entre aussi en conflit avec les pratiques ayant cours sur cette île, car doté d’une morale irréprochable le jeune Jacob se trouve vite désemparé face à la corruption qui règne en ces lieux. Dejima est tel un temple dédié au commerce et à l’argent-roi, et il n’y a guère de place pour autre chose. Évidemment des échanges plus culturels et scientifiques, mais ceux-là ne sont que bien secondaires. C’est ainsi d’ailleurs qu’en suivant un vieux médecin hollandais, Jacob de Zoet rencontre la belle Orito, une sage-femme au visage partiellement brûlé. Il s’en éprend vite, intrigué par cette femme et sa marque, et bien sûr sa culture si mystérieuse.
Mais Orito est enlevée puis emprisonnée dans le mystérieux temple Shiranui, dirigé par l'abbé Enomoto, un puissant notable japonais. Il garde captives douze femmes dont il fait ses esclaves sexuelles. Uzaemon, interprète de Jacob lui aussi épris d'Orito, part à la recherche de la jeune femme avec deux samouraïs.

Les mille automnes de Jacob de Zoet de l’auteur britannique David Mitchell est une incroyable fresque historique plongeant le lecteur dans le Japon envoûtant et mystérieux du 18ème et 19 ème siècle, le Japon des shoguns tel qu’il a été vu par les négociants hollandais de l’époque, c’est-à-dire voilé et occulté, et vu de cette île artificielle de Dejima. Et c’est à Dejima que se produira la confrontation de ces deux univers, celle d’un Japon encore inconnu face à aux anciens Pays-Bas se situant à plusieurs milliers de lieues de là, personne ne réussissant à réellement à cerner l’autre.
Pour exemple, à un moment dans le texte un personnage japonais posera à Jacob de Zoet des questions sur son “île” d’origine, étant donné qu’il ne peut imaginer que d’autres n’habitent pas aussi sur des îles ; ce à quoi le personnage néerlandais répondra que son pays est fait de terrres sous le niveau de la mer. Bref l’un ne pourra jamais comprendre l’autre et vice-versa.

Avec Les mille automnes de Jacob de Zoet Mitchell renoue aussi avec le grand roman historique classique mêlant aventures et romantisme au pays du soleil levant. Son approche est très détaillée, trop parfois même. On suit le clerc Jacob de Zoet à travers son travail, le négoce des Hollandais, avant de découvrir peu à peu ce Japon dont à l’époque on ignorait quasiment tout. Car bien sûr Mitchell nous décrit un univers qui n’existe absolument et qu’il tente de faire revivre du mieux qu’il peut. C’est à un point détaillé, que le lecteur s’y croit vraiment, tant Mitchell met l’accent sur de multiples choses de la vie à Dejima, des événements qui ne sont que des intrigues secondaires avant d’aborder la véritable histoire, celle d’Orito emprisonné par l’abbé Enomoto, et l’amour que porte le jeune hollandais à la belle orientale. Le lecteur entrera réellement dans la peau de l’un de ces négociants hollandais de l’époque face à un monde encore tout à fait inconnu.
Hélas le lecteur peu assidu risque de s’y perdre car l’intrigue véritable qui le passionnera ne se dessine que réellement au bout de 200 pages.
Mais pour tous les autres ce texte s’avèrera vite être un roman historique tout à fait exceptionnel. Et le dépaysement est garanti.

Le mille automnes de Jacob de Zoet de David Mitchell est un roman historique exceptionnel à découvrir de toute urgence. Cela même si de nombreux lecteurs se lasseront dû à la complexité et le détail du texte.

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Présente édition : traduit de l’anglais par Manuel Berri, éditions de l’Olivier, 5 janvier 2012, 701 pages