mercredi, 09 janvier 2013

Baltimore : une année dans les rues meurtrières (Homicide: A Year on the Killing Streets) - David Simon - 1991

david simon, homicides, the wire, baltimore, une année dans les rues meurtrieres, david simon, litterature americaine, reportage, baltimore, police, essaiBaltimore en 1990 est l’une des villes américaines connaissant l’un des taux de criminalité les plus élevés des États-Unis. Mais la police veille, du moins elle suit... en tout cas elle essaie... et chaque jour son retard se creuse et de plus en plus de dossiers se classent sans être résolus. Le département d’élite de la police de Baltimore est sans nul doute la celui dédié aux homicides. Et c’est dans ce service que le jeune journaliste du Baltimore Sun David Simon va passer une année en suivant jour après jour les inspecteurs de l’unité des homicides de la ville, cela jour et nuit en fonction des affaires qui s’accumulent. Depuis le premier coup de fil annonçant un meurtre jusqu’au classement du dossier, David Simon observe, inlassablement, derrière l’épaule des enquêteurs, sur les scènes de crime, dans les salles d’interrogatoire, au service des urgences.
Des tensions raciales aux circuits de la drogue, en passant par les décisions politiques, judiciaires et administratives, parfois aberrantes, David Simon passe en revue chacun des aspects de l’homicide à Baltimore, pour en donner une vision à la fois terrible de réalisme mais aussi très humaine.

Et le tout est bien loin de l’image impeccable qu’il en est donné dans de nombreux films et séries télévisés américaines.

Pourtant Baltimore  : une année dans les rues meurtrières a été adapté dans les années 1990 au petit écran pour l’excellente série Homicides créée par Paul Attanasio et produite par Barry Levinson. L’auteur David Simon abandonnera d’ailleurs le journalisme pour la télévision où il connaîtra encore de nombreux succès, dont celui de The Wire (Sur écoute).david simon, homicides, the wire, baltimore, une année dans les rues meurtrieres, david simon, litterature americaine, reportage, baltimore, police, essai


Il est dommage que les éditeurs français aient attendu 2012 pour traduire et publier ce roman, surfant ainsi sur le succès actuel de David Simon, alors que moi-même je l’avais il y a près de 20 de cela. Du coup on s’étonne parfois qu’un document qui se veut réaliste ait déjà 20 ans (cela se constate notamment dans de nombreux détails décrivant le quotidien des policiers, ainsi que la situation soci-économique de l’époque qui était nettement différente). Mais mieux vaut tard que jamais... même si cette deuxième et récente lecture m’ait bien moins convaincue que la première, celle faite à l’époque de sa première publication.

Baltimore  : une année dans les rues meurtrières  de David Simon est certainement un livre à découvrir, mêmes’il a fortement perdu de son actualité.

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Présente édition : traduit de l’américain par Héloïse Esquié, Sonatine, 27 septembre 2012, 936 pages
ISBN-10: 2355841225 / ISBN-13: 978-2355841224

Thorgal, tome 1 : La Magicienne trahie - Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski - 1980

Grzegorz rosinski, jean van hamme, bd, bd belges, bande dessinee, bandes dessinees, thorgal, la magicienne trahie, tome 1, la reine des mers gelees, fantasy, vikingsThorgal Aegirsson, élevé parmi les Vikings, n’en est pourtant pas un. Ainsi il est difficilement accepté par son entourage... et lorsque la fille du roi souhaite l’épouser, Thorgal se retrouve fouetté en enchaîné à l’anneau des sacrifices. Car jamais Ganadalf-le-fou, roi des Vikings du Nord, ne tolérera qu’un scalde tel Thorgal épouse sa fille Aaricia.
Mais une mystérieuse femme, borgne et à la chevelure rouge flamme, viendra sauver Thorgal en échange d’un pacte consistant à la servir durant un an jour pour jour.
Thorgal se rendra vite compte que, si ses désirs de vengeance sont immenses, ceux de la Magicienne trahie sont démesurés...

C’est ainsi qu’en 1980 avec Thorgal, tome 1 : La Magicienne trahie débute une légendaire saga en bande dessinée , qui trente ans après, voit encore et toujours de nouveaux tomes paraître. Les dessins de Grzegorz Rosinski et les scénarios de Jean Van Hamme ont ainsi marqués à jamais le neuvième art. Le récit a été prépublié dans le journal de Tintin depuis 1977.
Et ce premier album impressionne par sa mise en scène et son démarrage abrupt, et l’on sent bien que les auteurs doutent encore du succès que connaîtra leur travail, cela malgré certains défauts.
La Magicienne trahie, publiée en janvier 1980, est en fait le premier tome d’un diptyque, le Cycle de la Reine des mers gelées, qui verra sa conclusion dans le tome 2 de la série : L’île des mers gelées, paru en octobre 1980, et qui dévoile, en tout cas dans les grandes lignes, le mystère à la fois sur les origines de Thorgal et de la dite Magicienne.
Mais cet album est aussi divisé en deux parties, une première de trente planches retraçant l’histoire de la saga de Thorgal, et une seconde, présentant une histoire à part sous le titre de Presque le paradis, qui nous narre une histoire cruelle et émouvante digne d’un tragique conte de fées, et qui semble se situer hors de la série.
Cependant, malgré tout ce que représente cet album, il faut dire que graphiquement et scénaristiquement, il n’est pas à la hauteur de ce qui va suivre. On sent certaines hésitations, et les dessins, dont bien couvent les couleurs, ne sont pas toujours à la hauteur.

Thorgal, tome 1 : La Magicienne trahie, n’est certainement pas le meilleur album de la série de Rosinski et Van Hamme, mais c’est bien par là que tout commence, et il vaut donc certainement la peine d’être découvert.

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Extrait : première planche

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Présente édition : Le Lombard, 7 juin 1996, 48 pages
ISBN-10: 2803603586 / ISBN-13: 978-2803603589

lundi, 07 janvier 2013

SAS, tome 132 : L’espion du Vatican - Gérard de Villiers - 1998

gerard de villiers, litterature francaise, litterature erotique, sas, malko linge, vatican, triple meurtre du vatican, romans d espionnage, thrillersLe prêtre se retourna d'un bloc. Malko vit un visage brutal, des yeux très enfonçés à l'expression glaciale, un nez épaté. Il leva à nouveau son bréviaire et Malko aperçut une ouverture ronde dans la tranche du livre dissimulant le canon d'une arme cachée à l'intérieur du bréviaire. Il vit l'index du prêtre enfoncé à l'intérieur du bréviaire se crisper. Il allait lui tirer une balle dans la tête.

A cette distance, même une balle petit calibre faisait des dégâts irréparables dans un cerveau humain...

Tétanisé, il se dit qu'il allait mourir.


Mai 1998, le Vatican devient la scène d’un triple meurtre lorsque le jeune garde suisse valaisan Stephan Martigny est abattu par son confesseur  qui tue dans la foulée le commandant de la garde, ainsi que l’épouse de celui-ci. Ce triple meurtre sera maquillé en un coup de folie du jeune valaisan qui aurait été humilié par son supérieur, et l’aurait donc tué avant de se suicider. L’ecclésiastique ensuite disparaît ne laissant aucune trace derrière lui.
Bref, tout ressemble à un horrible fait divers, sauf que la CIA décide de s’y intéresser car sur les trois victimes, deux étaient des agents secrets agissant pour les comptes de parties adverses. Et lorsque deux agents meurent dans une même affaire, on ne peut que suspecter qu’une manipulation de quelconques services secrets. Et pour démêler le tout la CIA fait appel à Malko Linge qui ne tardera pas, au péril de sa vie, à lever le voile sur cette sombre affaire...

Ce 132e tome de
SAS des aventures de Malko Linge, L’espion du Vatican, reparaît en 2012 après une publication initiale en 1998, suite à un fait divers qui le 4 mai 1998 a fait du Vatican le théâtre d’un triple meurtre : Le 4 mai 1998, trois personnes sont retrouvées mortes dans les murs de la cité épiscopale : Aloïs Estermann, le chef des gardes suisses, nommé la veille, son épouse et un jeune vice-caporal de la garde. L'enquête, menée en interne par un juge du Vatican, aboutit très vite. Cédric Tornay, le jeune garde suisse, a laissé derrière lui une lettre de suicide non signée adressée à sa mère et expliquant son geste. Mais de nombreux points sombres, mals expliqués par les autorités vaticanes, ou simplement laissés de côté vont laisser libre cours à de multiples fantasmes de complots, surtout lorsque surgit l’information qu’Estermann et son épouse étaient deux agents secrets, l’un anciennement à la solde de la RDA, son épouse à celle de la CIA, et le jeune Tornay actif au Renseignements du Vatican. Encore aujourd’hui des doutes subsistent sur cette affaire, la mère de Tornay ayant fait demande au pape Benoît XVI fin 2011 de rouvrir l’enquête sur base qu’elle ne reconnaît pas l’écriture de son fils sur la lettre non signée que ce dernier lui aurait laissée juste avant son coup de folie.
Et Gérard de Villiers se base sur versions alternatives de la version officielle pour monter son roman d’espionnage, cela avec le talent qu’on lui connaît pour mêler des intrigues d’espionnage bien violentes aux aventures plus sexuelles du séduisant agent de la CIA dans ce qui à l’image de toute la série des SAS constitue le meilleur de la littérature dite de gare à la française, avec tous ses poncifs et défauts. Les amateurs s’y retrouveront.

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Extrait : premières pages

Stephan Martigny courut jusqu’à sa vieille Alfa 33 blanche garée devant il Torrione, la tour ronde du XVe siècle qui abritait l’IOR, la banque du Vatican, juste après les trois corps de bâtiment parallèles où logeaient les Gardes Suisses et leurs officiers. Il garait sa voiture devant les murs épais aux pierres disjointes, comme les autres Gardes suisses possédant un véhicule. Il sauta au volant, si énervé qu’il dut s’y reprendre à trois fois pour mettre en route. Après une marche arrière, il dévala l’allée en pente douce menant à la Porte Sainte-Anne, la seule entrée du Vatican ouverte en permanence, dont la grille était encadrée de sévères colonnades surmontées d’aigles plus guerriers que religieux. Les larmes brouillaient la vue du jeune Garde suisse, ses mains tremblaient sur le volant. Il ne répondit même pas au salut de son collègue en tenue bleue, coiffé d’un énorme béret, qui interdisait aux visiteurs non attendus de s’aventurer au cœur du Saint-Siège.

Le feu à la grille était au rouge, interdisant la sortie, mais Stephan Martigny le grilla et tourna à gauche dans la via di Porta Angelica, le long de la muraille sud du Vatican, en sens unique jusqu’à la piazza del Risorgimento.

Il était un peu plus de sept heures et demie du soir et la circulation était intense dans le Borgo encombré de cars pleins de touristes harassés et d’innombrables voitures particulières. Stephan Martigny se faufilait comme il le pouvait entre les véhicules, les dents serrées, sans souci des coups de klaxon réprobateurs. Pourtant, à Rome, les conducteurs étaient plutôt « cool », les manœuvres les plus inattendues admises et les feux rouges plus proches de l’indication que de l’interdiction. Dans ce carrousel sans fin, seuls les deux-roues avaient du mal à sauver leur peau.

Arrivé enfin piazza del Risorgimento, le jeune Garde suisse descendit ensuite la via Crescenzio jusqu’à la piazza Cavour, rejoignant le bord du Tibre. Là, on roulait un peu mieux. Il tourna à droite et suivit le Lungotevere jusqu’au pont Sisto, pour ensuite s’enfoncer à droite dans le dédale des ruelles sans trottoir du Trastevere, le vieux quartier de Rome, au sud du Vatican. Miracle : il trouva une place, piazza San Giovanni di Malva, et remonta à pied la via Benedetta jusqu’à l’intersection avec la vicolo del Bologne, une ruelle encore plus étroite. Le numéro 61 était une sorte de décrochement collé à l’immeuble voisin comme une verrue, un minuscule bâtiment de guigois d’un seul étage, desservi par une porte de bois marron en haut de trois marches. Seuls les verrous et l’interphone étaient neufs. Stephan Martigny appuya sur le bouton et, dès qu’on lui répondit, lança d’une voix stressée :

— C’est moi !

Le pêne se déclencha, il poussa la porte et se précipita à l’intérieur, grimpant quatre à quatre les marches d’un escalier raide. A vingt-trois ans, athlétique, il était en pleine forme physique.

Une splendide jeune femme, moulée par une robe noire très fluide découvrant une épaule et fendue très haut sur la cuisse gauche, l’attendait en haut des marches, un verre à la main. La masse de ses cheveux acajou cascadant sur ses épaules contrastait avec d’étonnants yeux bleus.
Elle était pieds nus et le vernis de ses ongles renvoyait à son épaisse bouche pulpeuse dans laquelle on avait envie de mordre.

Stephan Martigny s’immobilisa en face d’elle, essoufflé. Elle découvrit des dents régulières dans un sourire dévastateur.

— Tu ne me dis pas bonjour ? demanda-t-elle d’une voix douce.

Maladroitement, Stephan enlaça la jeune femme, écrasant sa bouche contre la sienne. C’est pour lui faire plaisir qu’elle l’accueillait pieds nus. Lorsqu’elle portait des escarpins, elle le dominait de ses cent soixante-quinze centimètres, ce qui le vexait.

Leur étreinte se prolongea. Stephan Martigny sentit le corps de la jeune femme se presser contre lui. Pendant quelques secondes, il se sentit merveilleusement bien. La musique sauvage et sacrée de la Misa Criola sortant des haut-parleurs invisibles semblait contrebalancer le côté païen de leur étreinte. L’accalmie dura peu, dans la tête de Stephan. Malgré l’appel muet du corps plaqué contre le sien, de la bouche soudée à la sienne, toute sa frustration et sa fureur remontèrent à la surface.
Pesant sur les hanches de la jeune femme, il la repoussa. Surprise, elle leva la tête et vit ses yeux humides de larmes.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle aussitôt.

La gorge nouée, Stephan Martigny secoua la tête sans pouvoir répondre. C’était la première fois qu’il se sentait comme un petit garçon devant cette femme dont il était éperdument amoureux. Il l’avait rencontrée cinq mois plus tôt. De garde à la Porte Sainte-Anne, il l’avait vue franchir la grille donnant via di Porta Angelica et se diriger aussitôt vers lui. Il faisait froid et elle était enveloppée dans un manteau de fourrure qui ne laissait voir que la masse de ses cheveux acajou et ses superbes yeux bleus.

Avec son immense béret et sa tenue bleue, Stephan Martigny se sentait un peu ridicule. Encore heureux qu’il n’ait pas arboré son grand uniforme, avec le heaume surmonté d’une aigrette rouge, l’armure à mi-corps et l’épée ! Parfaitement adaptée au XVe siècle, cette tenue immuable évoquait plutôt un déguisement de théâtre, à la fin du XXe. Dieu merci, les Gardes Suisses ne portaient cet accoutrement que dans les grandes occasions… Le reste du temps, leur travail consistait à garder les six portes du Vatican et celles des appartements privés du pape, dans des tours de garde qui additionnaient jusqu’à soixante-dix heures par semaine. Lorsque Loretta Obinski s’était approchée de lui, ce jour-là, il allait bientôt terminer le sien.

— Prego. Où est la pharmacie ? lui demanda-t-elle.

En même temps qu’elle lui mettait sous les yeux une ordonnance pour un antibiotique, elle lui avait expliqué que son pharmacien en ville n’avait pu lui fournir le médicament et lui avait conseillé de s’adresser au Vatican. La pratique était courante, la pharmacie du Saint-Siège étant la mieux achalandée de la capitale et aussi la moins chère, la TVA étant inconnue au Vatican. Par souci humanitaire, les consignes des Gardes suisses étaient de ne jamais refuser l’accès à la pharmacie, située juste au-dessus du bureau de poste du Saint-Siège, mais d’y accompagner les visiteurs. Aussi, Stephan Martigny avait-il guidé l’inconnue jusqu’à l’officine. L’observant tandis qu’elle se faisait servir, il avait pensé qu’à côté de cette rousse resplendissante, sa petite amie Gina lui semblait tout à coup bien fade.

Une fois servie, elle s’était retournée vers lui, avec un sourire éblouissant.

— Merci !

Stephan Martigny, intimidé, avait rougi et il l’avait raccompagnée jusqu’à la grille. Le claquement de ses hauts talons sur les pavés lui avait apporté quelques instants de rêve. La vie de Garde suisse n’était pas drôle, entre les interminables tours de garde, la solde misérable et les multiples brimades infligées par les quatre officiers suisses allemands qui détestaient les francophones.

Juste avant de disparaître dans la via di Porta Angelica, l’inconnue rousse s’était retournée, plongeant ses yeux bleus dans les siens.

— Vous avez de la chance de travailler ici ! avait-elle soupiré. Cela doit être fascinant…

Stephan Martigny avait rougi encore plus, et balbutié :

— Oh non, pas vraiment…

A brûle-pourpoint, la rousse lui avait soudain demandé :

— Cela vous ennuierait de me parler de la vie au Vatican ?

— Maintenant ?

S’il s’attardait trop avec un visiteur, il risquait d’être puni.

— Non, bien sûr. Quand serez-vous libre ?

Ebloui par sa chance, Stephan Martigny avait lâché rapidement :

— Demain, je suis encore de garde ici et je termine à deux heures. Le temps de me changer, je peux être dehors un quart d’heure plus tard.

— Où cela ?

— Ici, Porte Sainte-Anne.

La belle rousse avait fait la moue.

— Vous connaissez l’hôtel Columbus, via della Conciliazione ?

C’était l’avenue monumentale, bordée d’obélisques supportant des lampadaires, qui descendait de la place Saint-Pierre au Tibre.

— Oui, bien sûr.

— Je vous attendrai au bar. C’est très agréable. Vous pouvez venir à pied.

Ne croyant pas à sa chance, Stephan n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Le lendemain, Loretta Obinski était au rendez-vous. Il avait tout appris d’elle : d’origine tchèque, elle était mariée à un Italien qui la délaissait, ne pensant qu’à ses affaires. Propriétaire d’un petit chantier naval, il voyageait beaucoup.

Cette première fois, ils avaient beaucoup parlé du Vatican… Puis, au fil de leurs rencontres, l’intérêt de Loretta Obinski pour le Saint-Siège s’était émoussé. Le jour où d’une voix égale elle avait proposé à Stephan d’aller prendre un verre dans le studio qu’elle avait gardé depuis ses premiers jours à Rome, le jeune Garde suisse, qui n’était pas idiot, avait compris que son heure était arrivée.
Il l’avait retrouvée près du Vatican au volant du gros 4X4 noir Subaru qu’elle conduisait et elle l’avait emmené vicolo del Bologne dans la drôle de petite maison. Tandis qu’il se tenait gauchement au milieu de la pièce, examinant les lieux, Loretta avait ouvert une bouteille de Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 1990 et rempli deux coupes.

Stephan Martigny n’avait jamais bu de champagne. Les bulles lui étaient rapidement montées à la tête tandis que Loretta Obinski remplissait sans cesse sa coupe de liquide pétillant. C’était comme dans un rêve. Ils étaient assis sur le même canapé rouge, et Loretta croisait et décroisait ses longues jambes découvertes par la courte jupe de son tailleur vert. Par l’échancrure de la veste, il apercevait le feston de dentelle d’un soutien-gorge noir bien rempli. Et il y avait le regard insistant, amusé et trouble, posé sur lui. Quand il s’était penché, glissant une main maladroite entre les revers de la veste pour saisir un sein lourd et ferme, Loretta s’était simplement penchée et lui avait offert sa bouche et sa langue.

De lui-même, Stephan avait trouvé le chemin de son ventre, alors qu’elle décroisait les jambes pour l’aider. Elle avait gémi, massant son membre raidi à travers son jean. Comme il n’arrivait pas à défaire sa jupe, elle s’était levée et, en quelques gestes, s’était dépouillée de son tailleur, ne gardant qu’un soutien-gorge, une culotte de dentelle noire, et une élégante Breitling Callistino au bracelet de crocodile orange.

Elle l’avait tiré par la main jusqu’au lit, se débarrassant de sa culotte au passage. Bandant comme un cerf, Stephan s’était retrouvé fiché en elle jusqu’à la garde, la martelant comme s’il voulait l’ouvrir en deux. Loretta tanguait sous lui, la bouche ouverte, les traits déformés par le plaisir, ses mains accrochées dans son dos, clouée comme un papillon par son membre puissant qui n’avait jamais été à pareille fête… Loretta haletait, repliée comme une grenouille, ses longs cheveux acajou épars autour d’elle. Lorsque Stephan s’était répandu dans son ventre et qu’elle avait hurlé, il s’était senti le maître du monde.

Ils étaient tous les deux inondés de sueur. Loretta avait les yeux au milieu du visage et les quelques mots qu’elle avait soufflés dans l’oreille de son jeune amant l’avaient propulsé au comble du bonheur.

— Quand je t’ai vu la première fois, je t’ai trouvé très beau et j’ai eu tout de suite envie de toi.

Lorsque Stephan Martigny avait regagné sa chambre, au troisième étage du quartier des Gardes Suisses, il flottait sur un petit nuage rose. Claude, son meilleur copain, l’avait accroché dans le couloir.

— Qu’est-ce que tu as ? Tu as l’air bizarre.

— Rien ! avait juré Stephan, avant de filer dans la chambre qu’il occupait seul grâce à son grade de vice-caporal.

Là, étendu sur son lit, il s’était repassé le film des dernières heures. Dans un état second.

Comment une femme aussi belle que Loretta avait-elle pu s’intéresser à un jeune homme un peu fruste déguisé la moitié du temps en soldat d’opérette, pour gagner un million huit cent mille lires par mois ?

Les semaines avaient passé. Ils s’étaient revus régulièrement, pas assez souvent au goût de Stephan. Ils allaient au restaurant, à la plage d’Ostie, dans sa vieille Alfa 33 blanche, dans des trattorias, ou visiter des musées. Le jeune Garde suisse était éperdument amoureux. Loretta était devenue, plus que sa maîtresse, sa confidente, son conseil. Stephan était plus intime avec elle qu’avec sa mère.

Hélas, Loretta ne le voyait qu’au compte-gouttes, lorsque son mari lui en laissait le loisir. Parfois, même lorsqu’ils n’avaient pas rendez-vous, Stephan Martigny venait rôder vicolo del Bologne, flairant les lieux comme un animal.

En dépit de sa liaison, il avait conservé sa « fidanzata », Gina, une brune piquante qui lui reprochait sa nouvelle froideur : il était incapable de tromper Loretta. Avec Gina, il sortait avec ses copains, allait au cinéma, manger des glaces ou faire du roller, mais il taisait jalousement à tous l’existence de Loretta, qui lui avait fait jurer de garder le silence sur leur liaison. Il n’y avait qu’une exception à cette règle : le Père Hubertus, son confesseur, à qui Stephan avait voulu présenter sa conquête. Même à sa mère, qui vivait en Suisse, il n’en avait pas parlé.

Toutes leurs rencontres se déroulaient de la même façon. Stephan se jetait sur Loretta et lui faisait l’amour avec violence, le plus longtemps possible. Ensuite, nus, ils bavardaient en vidant une bouteille de Taittinger. Une fois, Stephan, qui devait rentrer à une heure, s’était endormi, pour ne se réveiller qu’à sept heures du matin… L’incartade lui avait valu une sévère punition.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 17 octobre 2012, 313 pages
ISBN-10: 2360532863 / ISBN-13: 978-2360532865

Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
- SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
- SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

I Am a Hero, tome 1 - Kengo Hanazawa - 2009

i am a hero, manga, japon, fantastique, horreur, zombies, kengo hanazawaHideo Suzuki est un assistant mangaka en manque de succès. De par le passé il était maître de sa propre série et promis à un bel avenir, pourtant il a été lâché par son éditeur pour se retrouver aujourd’hui à assister des créateurs finalement plus talentueux que lui. Mais au-delà de ça Hideo est aussi craintif, paranoïaque et souffre d’hallucinations.
En pleine crise existentielle, Hideo ne remarque hélas pas les prémices d’une épidémie transformant tout être humain en monstre sanguinaire, et qui peu à peu, est en train de mettre un terme à toute la société japonaise.

I Am a Hero (アイアムアヒーロー)
est une série manga, type seinen, écrite et dessinée par Kengo Hanazawa, prépubliée dans l'hebdomadaire Big Comic Spirits de l'éditeur Shōgakukan depuis août 2009. Fin 2012 10 tomes sont compilés au Japon, 6 en Europe pour la traduction française.

Il s’agît ici évidemment d’un n-ième récit d’invasion zombie, genre dans lequel on ne compte plus les films, bandes dessinées et romans à paraître depuis quelques années, et qui ici nous est servie avec grand réalisme à la sauce manga. Et l’horreur on la découvre peu à peu, très peu même, dans ce premier volume, dédié à un héros qui finalement  tient bien plus du mort-vivant que d’autre chose. Pourtant, à tout instant, le lecteur risque de basculer à la suite de son héros soit dans la folie, soit dans l’horreur, cela jusqu’à la fin quand le tout tranche définitivement dans un fantastique des plus morbides. Et l’auteur fait preuve d’un grand savoir-faire en la matière, car cette longue entrée en matière instille aussi le doute sur la réalité des faits : Assiste-t-on à une réelle histoire d’horreur ancrée dans l’actualité ou aux délires d’un fou qui se fabrique des visions pour meubler la monotonie de son existence ? S’ajoutent à ce très solide thriller des notions sur le monde du manga qui raviront les amateurs du genre. L’humour noir et décalé, omniprésent, est également des plus réussis.

Fans d’horreur, de zombies et de mangas, I Am a Hero est certainement une série à suivre !

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Extrait : deux double-pages

 

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Présente edition :  Kana, collection Big Kana, 27 avril 2012, 208 pages
ISBN-10: 250501440X / ISBN-13: 978-2505014409

Voir également :
- I Am a Hero, tome 1 - Kengo Hanazawa (2009), présentation et extrait
- I Am a Hero, tome 2 - Kengo Hanazawa (2009), présentation et extrait

20:56 Écrit par Marc dans Hanazawa, Kengo, Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : i am a hero, manga, japon, fantastique, horreur, zombies, kengo hanazawa | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 04 janvier 2013

Au pays du cerf blanc (Bailuyuan) - Chen Zhongshi - 1993

chen zhongshi,litterature chinoise,bailuyuan,au pays du cerf blanc,xxe siecle,chineNon loin de l’ancienne capitale Xi’an se situe le pays du Cerf blanc. En son village deux patriarches vont se disputer l’autorité des années durant. D’un côté Bai Jiaxuan (Bai = blanc), paysan scrupuleusement fidèle à la tradition confucianiste, chef de clan de Bailu, province du Shaanxi, voit périr dans des conditions étranges six épouses avant de dénicher la bonne, Xiancao, qui lui donnera trois fils, Xiaowen, Xiaowu, Xiaoyi, et une fille, Ling. Le deuxième chef de clan, Lu Zilin (Lu = cerf), est l'exact contraire de Jiaxuan, à qui il dispute des terrains : il est facilement corruptible et volage, mais sensible. Ses deux fils, Zhaopeng et Zhaohai, seront pourtant élevés avec les Bai à l'Académie du Cerf blanc, ainsi que Noiraud, le fils d'un valet des Bai.
Et ces deux clans vont s’affronter, s’allier, se déchirer, s’aventurant loin du Shaanxi et revenant, se partageant des femmes, respectant ou bafouant les cultes des anciens... tout cela tout au long de la première moitié du XXe siècle, et cela à travers toutes les épreuves que connaîtra le pays du Cerf blanc, au passage des jacqueries, brigandages, épidémies, famines, révolutions nationaliste et communiste, guerre civile... Et à travers ces deux clans opposés et tout ce que vivra le pays du Cerf blanc c’est l’image de toute cette Chine immense et tumultueuse qui en ressort dans toute sa complexité et fragilité.

Au pays du cerf blanc (Bailuyuan) de Chen Zhongshi est un vaste roman, une riche épopée sur la Chine et son évolution durant la première partie du XXème siècle, cela jusqu’à la révolution communiste de 1949. Malgré ses plus de 800 pages et ses nombreux détails le lecteur ne se lassera guère de tout ce qu’il découvrira. L’auteur réussit en effet à parfaitement entraîner et plonger le lecteur dans son histoire qui nous fera découvrir au détour d’une impressionnante et haute en couleur galerie de personnages un pays vaste comme un continent dont on ignore encore tant de choses. Ce genre de romans, mêlant histoires familiales à celle du pays, et cela sur une période de plusieurs années, sont assez fréquents en Chine, et Le pays du Cerf blanc de Chen Zhongshi en est peut-être l’un des plus beaux exemples.

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Extrait : premier chapitre

Au Pays Du Cerf Blanc Extrait - Premier Chapitre


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Présente édition : traduit du chinois par Shao Baoqing et Solange Cruveillé, éditions Le Seuil, 10 mai 2012, 813 pages

ISBN-10: 2020964600 / ISBN-13: 978-2020964609

Une aventure de Zobo : Les tournesols de Monsieur Vincent - Nie Jun - 2012

nie jun, bande dessinee, bandes dessinees, zobo, une aventure de zobo, les tournesols de monsieur vincent, vincent van gogh, peinture, bd, bd chinoisesEn promenade sur le port d’une bourgade de Provence, la jeune Thiollia découvre Zobo, un pantin de bois au torse percé d’un cœur. Le pantin a été repêché par une barcasse au large de Ciotat. La petite fille décide de l’emmener et de le cacher chez elle, mais pour qu’il passe inaperçu, elle le déguise en épouvantail et le dépose dans un champ voisin.
Un peintre et voisin, Bernard Brey, passe par le champ, découvre le pantin et, par souci d’esthétisme, dépose un tournesol dans son cœur troué avant de retourner dans son atelier, plus inspiré par la bouteille que par la peinture.

Sous l’effet du tournesol placé dans son cœur, Zobo prend vie et marche jusqu’à la maison de l’artiste... endormi devant une toile à peine commencée. Zobo, pris d’un élan enthousiaste, termine le tableau en lui donnant des couleurs exubérantes et foisonnantes.
Une fois l’artiste réveillé, il croit avoir été victime de vandales... et pourtant sa toile va connaître un immense succès. artiste n’apprécie pas , chasse Zobo, mais son tableau va rencontrer le succès. Le peintre hésite un instant à s’approprier ces toiles qui font sa fortune, mais ce mensonge risque de lui coûter bien plus que cela ne lui rapporte.

Une aventure de Zobo : Les tournesols de Monsieur Vincent est le second album de l’auteur dessinateur chinois Nie Jun à mettre en scène ce curieux pantin en bois qui prend vie en lui mettant une fleur dans le cœur percé sur son torse, cela après Zobo et Les fleurs de la vie, sorti en 2010.
L’histoire contée est belle et pleine de poésie et de fraîcheur, illustrée par des dessins magnifiques aux couleurs exubérantes et bien lumineuses. On s’attache vite à ce drôle de personnage qu’est Zobo, ce pantin en bois qui semble faire le bonheur autour de lui. L’histoire toute simple à l’image d’un conte se destine à la fois à un public jeune et adulte.
Une forte référence est évidemment faite à Vincent Van Gogh en situant cette histoire traitant de peinture dans la région d’Arles, et par la présence des tournesols qui donneront vie au pantin. Et peut-être que les deux peintres finiront-ils même par se rencontrer.

Une aventure de Zobo : Les tournesols de Monsieur Vincent de Nie Jun est une bande dessinée bien atypique et a été pour moi une belle découverte.

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Extrait : les premières planches

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Présente édition : traduit du chinois par Qingyuan Zhao, éditions Paquet, 8 février 2012, 50 pages
ISBN-10: 2888909286 / ISBN-13: 978-2888909286

jeudi, 03 janvier 2013

Morphine (Морфий) - Mikhaïl Boulgakov - 1927

mikhail boulgakov, nouvelle, nouvelles, morphine, litterature russe, morhinomanie, toxicomanieRussie, 1917.
Le docteur Bompard reçoit de la part d’un confrère, le docteur Poliakov, en poste dans une clinique rurale, un appel désespéré à l’aide. Celui-ci souffrirait d’un mal que seules ses quotidiennes injections de morphine réussissent à soulager. A cela s’ajoute son isolement et la solitude, nouveaux pour cet homme de sciences habitué à la grande ville où il a suivi ses études. Mais Bompard ne saura aider son confrère qui se suicidera après lui avoir laissé son journal intime que le médecin découvre avec effroi. Poliakov était dépendant de la morphine qui ne faisait que soigner ses états de manque. Et cette toxicomanie finira par l’emporter.

Publié en décembre 1927 dans la revue Meditsinkii Rabotnik (Le Travailleur Médical), l’écrivain russe Mikhaïl Boulgakov, également médecin, décrit dans la nouvelle Morphine (Морфий) la terrible descente aux enfers dans les affres du manque et aux limites de la folie d’un médecin dépendant de ce puissant analgésique opiacé et qui ne trouvera d’autre solution que le suicide pour s’en sortir. Une première partie du texte est narrée par le personnage de Bompard, avant de laisser place au récit issu du journal intime de Poliakov, où l’on découvre les horreurs de la dépendance et toxicomanie. Cette seconde partie est par moments assez forte et très poignante, et le style de son auteur s’adapte à ses états mentaux et physiques, ceci afin de donner encore plus d’effet au trexte.
Cette longue nouvelle contient tout d’abord une forte part autobiographique. Boulgakov, lui-même médecin était aussi morphinomane alors qu’autour de 1917 il était en poste, tel Poliakov, dans une clinique isolée, où pendant deux ans il s’informait des grands chamboulements politiques de l’époque, dont la révolution d’octobre 1917, par des journaux vieux d’au moins une semaine. Un premier texte avait été écrit peu après cette période et intitulé Maladie.
Mais au-delà il s’agît aussi d’une attaque du régime communiste en place, dont Morphine donne l’allégorie d’un corps malade dans un système politique qui l’est tout autant. Les références faites à Fennimore Cooper, auteur américain de westerns dans lesquels blancs et rouges s’affrontent en se brouillant les pistes, donne une image assez claire du message de l’auteur. Il fera même dire à l’un de ses personnages : "Mes préférences allèrent en premier lieu aux ouvrages sur la scarlatine et la diphtérie; ensuite très curieusement, je me passionnai pour Fenimore Cooper ."

Lors de sa parution la nouvelle Morphine a été fortement censuré par les autorités soviétiques, notamment les dosages des injections de morphine étaient retirés du texte, avant que le texte ne soit de nouveau publié en intégral à partir de 1988.

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Présente édition : traduit du russe par Jean-Louis Chavarot, éditions Folio, collection 2 euros, 31 mai 2012, 96 pages
ISBN-10: 2070445240 / ISBN-13: 978-2070445240

Billy Bat, tome 1 - Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki - 2009

 

billy bat, naoki urasawa, takashi nagasaki, manga, comic, seinenBilly Bat est une chauve-souris détective privé. Son client du jour est un riche bouledogue du nom de Costello qui lui demande de suivre son épouse qu’il soupçonne d’infidélités. Et justement celle-ci semble accumuler les conquêtes, jusqu’au jour où Costello est retrouvé mort assassiné, son épouse que tout semble accuser est en fuite... jusqu’à ce qu’apparaisse un espion soviétique...

C’est ainsi que se termine le dernier épisode du comics à succès Billy Bat, dessiné par le jeune américano-japonais Kevin Yamagata. Et en 1949, il est à l’apogée de son succès et toutes les aventures de sa chauve-souris connaissent le succès.
Mais un jour tout semble basculer pour Kevin Yamagata lorsqu’il rencontre un policier qui prétend avoir déjà  son personnage quelque part. C’était au Japon, et celui-ci lui demande si Kevin a pour mission d’adapter des héros de mangas japonais pour le marché américain. Kevin dément et assure qu’il est l’auteur unique de Billy Bat, mais le policier est formel : il a vu ce personnage au Japon alors qu’il y était en poste juste après la Guerre.
Kevin Yamagata est chamboulé et pense qu’il ait inconsciemment aperçu le personnage de la billy bat, naoki urasawa, takashi nagasaki, manga, comic, seinenchauve-souris alors que lui-même était en poste au Japon, et décide donc de repartir pour le Pays du soleil levant, pour retrouver l’auteur de l’original et lui demander l’autorisation d’utiliser son personnage en Amérique.
Mais une fois arrivé à Tokyo, ville encore occupée par l’US Army, Kevin Yamagata est rapidement
happé par une spirale d’événements tout aussi dangereux que mystérieux, ayant tous pour dénominateur commun le motif de la chauve-souris, qui apparemment serait le symbole d’une société secrète vieille de plusieurs siècles. Kevin Yamagata n’est pas encore au bout de ses peines et est bien loin de se douter jusqu’où sa quête le mènera.

Billy Bat (ビリーバット, Biri Batto) est un manga japonais dessiné par le célèbre mangaka Naoki Urasawa, à qui l’on doit plusieurs chef-d’oeuvres du genre de ces dernières années, tels Monster, 20th Century Boys et Pluto, et scénarisé par son complice habituel qu’est Takashi Nagasaki. Il est prépublié dans la magazine Weekly Morning de l'éditeur Kōdansha depuis le16 octobre 2008, et publié en tankōbon depuis juin 2009. Dix tomes sont sortis au 21 septembre 2012.

billy bat, naoki urasawa, takashi nagasaki, manga, comic, seinenLes deux auteurs n’ont pas d’égal pour monter des intrigues terriblement originales et bien complexes autour de parfaits anti-héros, des intrigues qui s’épaississent au fur à et à mesure, s’organisant même en séquences se déroulant à des époques différentes et même sur deux niveaux de réalité (en comptant celle du comics), et pourtant tout semble si maîtrisé, et l’on peut être sûr que peu importe le nombre de volumes que connaîtra la série au final, on peut être sûr que le résultat final sera grandiose. A l’heure actuelle (début janvier 2013) la série connaît 5 tomes en français et 10 en japonais.

Le travail ici est exceptionnel, cela se voit à la qualité des dessins, leurs styles variés, leur minutie dans les détails et expressions, ainsi que dans le scénario qui se joue avec beaucoup de finesse des multiples codes des genres abordés (policier, fantastique, complots, espionnage...) et au montage et découpage quasi unique en son genre. On retrouve, comme si souvent chez Urasawa, de multiples références à Osamu Tezuka, le mangaka auteur d’Astro Boy, 

Bref Billy Bat s’annonce dès ce premier tome comme une série hors norme de la part d’un auteur au talent indéniable et certainement l’un des plus grands actuels du neuvième art.

A lire  et à decouvrir de toute urgence !

Liste des chapitres du premier tome :
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- Dreary night murders (sale nuit pour un meurtre)

- A sincere night (la nuit des confidences)

- 3e épisode : À la recherche de la chauve-souris

- 4e épisode : L'album de la chauve-souris

- 5e épisode : Sous un train

- 6e épisode : La noire ou la blanche ?

- 7e épisode : L'entrée du labyrinthe

- 8e épisode : Coïncidences

- 9e épisode : Les aventures de bat boy - 1re partie

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Présente édition
: traduit du japonais par Sylvain Chollet, Pika, collection Seinen, 14 mars 2012, 200 pages
ISBN-10: 2811606335 / ISBN-13: 978-2811606336

 

13:24 Écrit par Marc dans Manga, Nagasaki, Takashi, Urasawa, Naoki | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : billy bat, tome 1, naoki urasawa, takashi nagasaki, manga, comic, seinen | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mercredi, 02 janvier 2013

L’année du loup-garou (Cycle of the Werewolf) - Stephen King - 1983

stephen king, l annee du loup-garou, cycle of the werewolf, bernie wrighston, peur bleue,loup-garou, horreur, fantastique, litterature americaineTarker Mills dans les forêts profondes du Maine. C’est en janvier qu’a eu lieu le premier meurtre, une nuit de pleine lune. La victime est un employé des chemins de fer et elle vient d’être la première victime d’u loup-garou. Un mois plus tard, une femme est attaquée à son domicile. Et ainsi de suite, à chaque pleine lune, des grondements à moitiés humains se font entendre dans la nuit, et partout, les empreintes d’un monstre que rien ne semble pouvoir rassasier. Et cela jusqu’à ce qu’un héros bien particulier en vienne à bout.

L'Année du loup-garou de Stephen King est un court roman, paru 1983 et divisé en douze chapitres, un pour chaque mois de l’année correspondant à chacune des apparitions du loup-garou. Le texte est illustré par Bernie Wrighston, auteur américain de bandes dessinées.
L’origine de ce texte orignal date de 1979 alors qu’un éditeur commande au célèbre auteur de romans d’horreur Stephen King, une série de petites vignettes de 500 mots, illustrées ensuite par l'artiste Bernie Wrightson. L'auteur se met alors au travail, mais des vignettes il fait de véritables chapitres, et du calendrier un livre.
Outre sa forme de calendrier le roman est un récit fantastique assez classique traitant destephen king, l annee du loup-garou, cycle of the werewolf, bernie wrighston, peur bleue,loup-garou, horreur, fantastique, litterature americaine lycanthropie. Si le modèle du Bien triomphant le Mal est respecté, ceux-ci prennent toutefois des tournures quelque peu particulières, étant donné que le Mal (le loup-garou) est en fait un homme d'église frappé par un sort inexpliqué qui se verra triompher par le héros incarné par un jeune garçon handicapé semblant plus vulnérable que n'importe quel autre personnage. Question écriture Stephen King varie les styles de mois en mois, rendant ce texte particulièrement fort et poignant, sans non plus trop marquer le lecteur qui pourrait s’attendre à plus de la part du grand maître de l’horreur.
Les dessins quant à eux, bien nombreux, coloriés ou en noir et blanc, sont tout à fait classiques de ce qui se faisait dans le domaine de la bande dessinée américaine à la fin années 1970 et au début 1980, quelque chose de finalement assez vieillot de nos jours.

Une adaptation au cinéma a été réalisée en 1985 par Daniel Attias sous le titre de Peur bleue, Silver Bullet en version originale, à partir d’un script écrit par Stephen King lui-même.

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Présente édition : Albin Michel, 31 octobre 2012, 130 pages
ISBN-10: 222624512X / ISBN-13: 978-2226245120

Voir également :
- Cujo - Stephen King (1981), présentation
- Christine - Stephen King (1983), présentation
- La peau sur les os (Thinner) - Richard Bachman (Stephen King) (1984), présentation
- Misery - Stephen King (1987), présentation
- Ecriture : Mémoires d’un métier (On Writing : A Memoir of the Craft) – Stephen King (2000), présentation
- Dreamcatcher - Stephen King (2001), présentation
- Colorado Kid (The Colorado Kid) - Stephen King (2005), presentation
- Cellulaire (Cell) - Stephen King (2006), presentation
- Dôme, tome 1 (Under The Dome) - Stephen King (2009), présentation

Gringos Locos, tome 1 - Yann et Olivier Schwartz - 2012

gringos locos, bd, bande dessinee, bandes dessinees, bd belges, franquin, jijé, yann, olivier schwartz, tome 1, morris, gaston lagaffe, lucky luke, spirou, biographique1948 : Franquin, Morris et Jijé, avec femme et enfants décident de quitter leur Belgique natale pour faire fortune en Amérique, notamment en tentant de se faire embaucher achez Disney. Ainsi ils débarquent à New York et, après avoir acquis une vieille Ford Hudson,    ils sillonnent le continent d’est en ouest, traversent le désert du Nouveau-Mexique et le Grand Canyon, y frôlent la déshydratation et épuisent leur maigres économies avant d’arriver enfin à San Diego, prêts à se présenter aux Studios Disney qui, hélas à ce moment licencient bien plus qu’ils n’embauchent.
Commence alors un long périple entre la Californie, le Mexique et New York qui feront rapporter en Belgique à ces trois Gringos Locos (étrangers fous en espagnol), créateurs des personnages de Spirou, Lucky Luke et Gaston Lagaffe, les bases d’inspiration qui marqueront la bande dessinée franco-belge pendant plusieurs décennies.

Le récit picaresque de ces trois monuments de la BD franco-belge à travers les Amériques méritait bien une adaptation, en bande dessinée bien sûr dansle plus pur style franco-belge caricatural des années passés. Et c’est le duo Yann (scénario) et Olivier Schwartz (dessin) qui s’y colle avec grand brio, pour nous faire revivre cette aventure dans l’album Gringos Locos, en se basant sur de multiples souvenirs ramenés par les trois dessinateurs aujourd’hui décédés.
Le premier tirage de cet ouvrage (45 000 ex) est enrichi d'un document de 10 pages réalisé en collaboration avec les familles Gillain et Franquin, intitulé "Droit de réponse et quelques questions", Benoît Gillain témoigne sur ce voyage effectué l'année de ses 10 ans, ayant été été que peu d’accord par l’image caricaturale donnée par les deux auteurs. Ce fascicule est illustré de photographies inédites extraites des archives familiales.
Si la bande dessinée n’est certes pas un chef-d’oeuvre, on ne peut toutefois imaginer meilleur hommage rendu à ces trois auteurs. Reste à attendre la suite qu’en donneront Yann et Schwartz à ce premier tome.

A découvrir !


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Extraits : les premières planches

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Présente édition : Dupuis, 4 mai 2012, 52 pages
ISBN-10: 2800153008 / ISBN-13: 978-2800153001

lundi, 31 décembre 2012

Le Chat aux yeux jaunes - Serge Brussolo - 2011

serge brussolo, thrillers, séries télévisés, agence 13, le chat aux yeux jaunes, litterature francaise,romans policiersHollywood est un monde ingrat. On a beau y connaître un succès planétaire, et pourtant y vieillir est rude. Et de la gloire et la fortune toute vedette peut très vite tomber dans l’oubli et la misère.
Dans les années 60, l'actrice Peggy McFloyd a connu un succès planétaire grâce à la série télévisée « First Lady ». Aujourd'hui riche et âgée, elle s'est reconvertie dans l'action caritative en érigeant sur sa propriété, une immense demeure type hispano-texan du nom d’Esteranza, une maison de retraite où elle accueille ses vieux camarades de scène. Il semblerait toutefois que depuis quelque temps, ce petit paradis soit le théâtre d'événements aussi étranges qu'inquiétants. Des rumeurs circulent. Et certains mystères de cette ancienne série qu’était « First Lady » risquent de refaire surface. En effet certains parlent d’une série maudite. Qu’est-il arrivé à l’acteur principal Lawrence Brickstone, disparu mystérieusement après avoir sombré dans la folie ? Qu’en est-il de la vitrioleuse, féministe acarnée dans les années 1960 aujourd’hui bigote adoratrice du Christ qui semble mener une double vie ? Esteranza est-elle effectivement une noble et caritative maison de retraite, ou plutôt une prison servant à garder prisonniers tous les anciens acteurs de « First Lady »? Et quel est le rôle de cet horrible chat empaillé aux yeux jaunes, dont on dit qu’il fut instigateur d’un crime.
Et tous ces mystères vont refaire surface alors que Mickie Katz, de l’Agence 13 est engagée par Peggy McFloyd pour redécorer les appartements très spéciaux de l’ancienne starlette.

Le Chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo est, même si l’histoire est indépendante, censé être le troisième tome de la série Agence 13 après Dortoir interdit (2009) et Ceux d’en bas (2010). Et pourtant il ne reste plus grand chose de cette série sauf le nom du protagoniste prinicipal Mickie Katz, personnage et héros brussolien bien classique, et quelques lignes par-ci par-là faisant référence à cette dite Agence 13 et au père de l’héroïne qui ajoué un petit rôle, du moins marqué de sa présence les tomes précédents. On sent bien que Serge Brussolo, peut-être lié par contrat, a dû fournir un troisième volume à cette série, mais qu’il ne s’est guère donné grand peine. Car au final Le Chat aux yeux jeunes de Serge Brussolo est un thriller des plus classiques dans la bibliographie de l’auteur, n’apportant absolument rien de neuf avec tous les éléments récurrents de quasi tous ces romans. Ici comme d’habitude on en sait jamais ce qui est vrai de tout ce qui se raconte, des légendes qui circulent concernant l’affaire. L’héroïne toujours aussi crédule se laisse prendre au jeu... Hélas le lecteur lui sera moins crédule, les propos ici étaient bien moins convaincants que dans d’autres romans semblables de l’auteur.
Reste le plaisir pour le lecteur de se plonger dans l’univers des séries télévisés des années 1960, celles avec des scénarios minces comme des feuilles de cigarettes,  des décors en carton et des stars et starlettes qui ne brillaient guère par leur jeu d’acteur. Et cela, ici, en vaut amplement la peine.

Le Chat aux yeux jaunes de Serge Brussolo est un thriller qui ne convainc pas toujours, assez inégal, et qui pourtant m’a procuré un certain plaisir par moments. Mais ce n’est certainement pas le meilleur de l’auteur.

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Présente édition : Pocket, 15 novembre 2012, 320 pages
ISBN-10: 2266220446 / ISBN-13: 978-2266220446

Voir également :
Trajets et itinéraires de l’oubli - Serge Brussolo (1981), présentation et extrait
Bunker - Serge Brussolo (1985), présentation
Les emmurés - Serge Brussolo (1990), présentation
Boulevard des banquises - Serge Brussolo (1990), présentation
Baignade accompagnée - Serge Brussolo (1999), présentation
Le livre du grand secret - Serge Brussolo (1999), présentation
La Princesse noire - Serge Brussolo (2004), présentation
-
 La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond - Serge Brussolo (2004), présentation
La maison des murmures - Serge Brussolo (2005), présentation
Dortoir interdit - Serge Brussolo (2009), présentation et extrait
L'héritier des abîmes - Serge Brussolo (2009), présentation
Le vestiaire de la reine morte - Serge Brussolo (2010), présentation
Ceux d'en bas - Serge Brussolo (2010), présentation

Aquablue, tome 13 : Septentrion - Régis Hautière et Reno - 2012

regis hautiere,science-fiction,reno,bd,bande dessinee,bandes dessinees,aquablue,septentrion,tome 13La planète Aquablue, alors qu’elle se voyait protégé par décret, est de nouveau la convoitise des Terriens depuis que des liens ont été d”couverts entre les génômes des habitants des deux planètes. Les Terriens seraient les descendants des êtres bleus qui peuplent depuis toujours Aquablue, et certains ont donc décidé d’opérer un retour aux sources.
Mais personne n’a oublié les blessures du passé et la méfiance règne.
Aussi, lorsqu'est signalée l'existence d'un important chantier naval sur la banquise au nord de la planète, Nao décide d'enquêter.
Sur place, l'accueil est glacial. Et les questions sur le contenu des hangars demeurent sans réponses. Pourtant, l'un d'eux possède des proportions gigantesques...

Aquablue est une série culte en bande dessinée, lancée en 1988, et qui depuis a connu de nombreux auteurs différents. Vieillissante la série a été mise au goût du jour en 2011 par le duo Régis Hautière (scénario) et Reno (dessin), et cela avec beaucoup de brio, le tome 12 : Retour aux sources en étant la preuve. Et ce treizième tome, Septentrion continue sur la même lancée, mêlant savamment l’action bien diversifiée à des dialogues riches et à de réflexions de type environnementaux. Et l’intrigue bien débutée dans le tome 12 continue ici de plus belle, mettant enplace plus d’éléments encore, sans toutefois réellement avancer, cela avec une grande réussite, au point que l’on a hâte de découvrir les tomes à venir.
Notons l’immense qualité des dessins, parfois un peu trop retravaillés par ordinateur et qui, par leur style, risquent de ne pas plaire à tous.

Aquablue, tome 13 : Septentrion
de Régis Hautière et Reno relance de plus belle une série phare de la science-fiction, qui pourtant il y a peu de temps encore était annoncée comme essoufflée.

 


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Extrait : les premières planches

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Présente édition : Delcourt, 21 novembre 2012, 48 pages
ISBN-10: 2756031046 / ISBN-13: 978-2756031040

Voir également :
- Aquablue, tome 12 : Retour aux Sources - Régis Hautière et Reno (2011), présentation et extrait

 

dimanche, 30 décembre 2012

Les îles glorieuses, tome 3 : Corrompue (The Isles of Glory : The Tainted) - Glenda Larke - 2004

glenda larke,litterature australienne,fantasy,les iles glorieuses,corrompueC’est une guerre sans merci que se livrent Duthrick et Tor Ryder pour la suprématie politique sur les îles glorieuses  et qui menace de renverser toutes les valeurs de l'archipel : le peuple Ghemph, neutre depuis des générations, doit aujourd'hui prendre parti, car c'est la structure même de la citoyenneté qui est en jeu. Les Dustellois. jadis victimes de la magie de Morthred, combattent leurs infirmités pour s'intégrer de nouveau au monde des humains... C'est dans ce malstrom d'événements formidables que se débattent Braise Sangmêlé, Flamme Coursevent et Kelwyn Gilfeather. Contre le terrible héritage laissé par Morthred, la seule option pourrait bien être l'anéantissement de toute magie !

Les îles glorieuses, tome 3 : Corrompue est donc le troisième et dernier tome de la très réussie saga de fantasy Les îles glorieuses, de l’auteure australienne Glenda Larke, qui ici se finit en beauté dans la lignée de deux tomes précédents. Mais c’est principalement la seconde partie de ce roman, les débuts étant un peu lents, qui va réellement emporter le lecteur vers une apothéose digne de ce nom. Mais ce troisième volume est bien plus qu’une conclusion, et le lecteur fera ainsi connaissance de nouveaux personnages, et de nouveaux éléments viendront gonfler l’intrigue.

Les îles glorieuses, tome 3 : Corrompue conclut en beauté une trilogie de fantasy, comme il y en a certes bien d’autres, mais qui réussit à s’élever bien au-delà de la masse. Les amateurs du genre ne s’y tromperont pas.

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Présente édition : traduit de l'anglais (Australie) par Mélanie Fazie, éditions J’ai Lu Fantasy, 31 août 2012, 475 pages
ISBN-10: 2290027286 / ISBN-13: 978-2290027288

Voir également :
Les îles glorieuses, tome 1 : Clairvoyante (The Isles of Glory, The Aware, 2003) - Glenda Larke, présentation
Les îles glorieuses, tome 2: Guérisseur (The Isles of GLory, Glifeather) - Glenda Larke (2004), présentation

Le pilote à l’Edelweiss, tome 1 : Valentine - Yann et Hugault - 2012

bd, bd françaises, le pilte a l edelweiss, bande dessinee, bandes dessinees, premiere guerre mondiale1917, les deux jumeaux Castillac participent activement au conflit mondial:Henri est un as de l’aviation française, alors que Alphonse, ancien pilote aussi, est actif dans les chars suite à une mesure disciplinaire. Mais l’as de l’aviation connaît un ennemi des plus forts : un pilote allemand dont le Fokker est décoré d’un superbe Edelweiss qui s’avère être un aviateur hors norme et devant lequel Henri de Castillac ne cesse de fuire, tant la victoire lui paraît impossible.
Mais cette peur panique trouve son origine quelque part dans le passé, un terrible secret se cache en effet derrière cette peur panique ? Alors que par différents flash-backs on découvre les relations ambigus entre ces deux frères, dans le présent de cette fin de guerre l’affrontement entre ces deux pilotes semble de plus en plus inévitable.

Le pilote à l’Edelweiss, tome 1 : Valentine
est le premier album d’une trilogie traitant des relations difficiles entre deux jumeaux sur fond de Première guerre mondiale, principalement dédié à l’aviation et aux combats aériens.

Les dessins de Romain Hugault sont magnifiques, d’une grande beauté et très détaillés, et constituent un véritable plaisir pour le lecteur. Les combats aériens semblent toutefois quelque peu statiques. Le scénario de Yann est quant à lui plus faible, cela surtout dû aux personnages peu développés. Mais j’imagine que cela sera vite rattrapé dans les deux tomes à venir.


Le pilote à l’Edelweiss, tome 1 : Valentine de Hugault et Yann est également paru en édition de luxe.

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Extrait : les premières planches

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Présente édition : éditions Paquet, collection Cockpit, 14 janvier 2012, 48 pages
ISBN-10: 2888904195 / ISBN-13: 978-2888904199

vendredi, 28 décembre 2012

La vie secrète et remarquable de Tink Puddah (A Small and Remarkable Life) - Nick DiChario - 2006

nick dichario, la vie secrete et remarquable de tink puddah, litterature americiane, extra-terrestres, tink puddah,science-fiction, fantastique1845, coeur des monts Adirondack, état de New York.
Alors que ses parents, à peine arrivés sur Terre depuis Eauspace, succombent sous les crocs des molosses d'un chasseur de grizzly, le petit Tink Puddah survit. Et cela malgré sa peau bleutée et sa silhouette étrange, il finit au bout de plusieurs années d’errance et de fuite à être adopté par les habitants de Skanoh Valley.
Et lorsqu’en 1860, il est abattu d’un coup de fusil en pleine tête au fond de sa cabane, tous les habitants de la petite bourgade sont sous le choc. Ceux qui l’ont connu se souviennent d’un être à l’intelligence rare et à la gentillesse à toute épreuve. Le pasteur Jacob Piersol n’a quant à lui jamais aimé cet étranger, ce païen, qui ne croyait pas...
Et si Tink Puddah n’était pas réellement mort ? Certains croient qu’il pourrait ressusciter.
Et ainsi par le souvenir et le suppositions sur cet étranger se révèle peu à peu la vie secrète et remarquable de Tink Puddah.

Paru aux Etats-Unis d’Amérique en 2006, La vie secrète et remarquable de Tink Puddah, le premier roman de l’auteur Nick DiChario est un fabuleux récit de science-fiction, à la fois simple original et très poignant, sur la vie d’un extra-terrestre qui tenterait de survivre dans l’Amérique du dix-neuvième siècle, à l’aube de la Guerre de sécession. Mais l’image de cette Amérique est bien pessimiste, car dès que ces premiers colons d’une autre planète foulent la Terre ils sont font déchiqueter par des chiens, laissant derrière eux leur fils qui toute sa vie aura un mal terrible à survivre entre la violence, le racisme et le fanatisme des êtres humains. Et pourtant il vivra, observera et s’interrogera, car tous les humains ne sont pas des sauvages, et cela aussi Tink Puddah s’en rendra vite compte.


Nick DiChario réussit avec brio à nous conter cette drôle et merveilleuse histoire, et le lecteur est plongé au coeur de l’état de New York du dix-neuvième siècle sur les traces de ce secret et si remarquable Tink Puddah.


A découvrir !

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Présente édition : traduit de l’américain par Claudine Richetin, Folio SF, 01 mars 2012,  336 pages
ISBN-10: 2070442926 / ISBN-13: 978-2070442928