samedi, 11 septembre 2010

La capitale du monde, suivi de L'heure triomphale de Francis Macomber - Ernest Hemingway - 1936

bibliotheca la capitale du monde.jpgLa capitale du monde (The Capital of the World)

Le jeune Paco n’a qu’un seul but dans la vie : devenir torero. Il débarque ainsi à Madrid, la ville où tout se passe, pour se faire une place dans le milieu de la corrida. Alors qu’il oeuvre en tant que serveur dans une petite pension de famille, il fait la connaissance d’Enrique qui décide de lui enseigner les rudiments du métier...

L’heure triomphale de Francis Macomber (The Short Happy Life of Francis Macomber)

Francis et Margot Macomber sont un couple de riches américains en voyage en Afrique. Lors d’un safari de chasse et après avoir fui devant un lion blessé, Macomber décide de se venger en tuant un buffle, et ainsi prouver à sa femme sa compétence. Mais son heure triomphale risque bien d’être sa dernière...



Dans ce court recueil de deux nouvelles, extraites du plus ancien Les neiges du Kilimandjaro, le grand écrivain américain Ernest Hemingway, Prix Nobel de littérature en 1954,  nous conte deux histoires de rêves brisés, qui font évoluer et périr au sommet de leur gloire deux personnages qui n’ont vécu que par leur passion, la corrida pour l’un et la chasse pour l’autre. Que ce soit pour Paco ou pour Francis Macomber, leurs destins se rejoindront, poussés par le courage et la passion, dont regorge le jeune torero et que découvre le chasseur si tardivement.
Ces deux textes très poignants font entrevoir au lecteur l’ampleur de l’oeuvre d’Hemingway, sa richesse psychologique ainsi que sa simplicité étonnante, tout en l’invitant à un beau voyage entre Madrid et les savanes africaines.

A lire !

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Présente édition : traduit par Marcel Duhamel, Editions Folio/Gallimard, 112 pages


Voir également :
- Le vieil homme et la mer (The Old Man and The Sea) - Ernest Hemingway (1952), présentation et extrait 

lundi, 27 novembre 2006

Le vieil homme et la mer (The Old Man and the Sea) - Ernest Hemingway - 1952

bibliotheca le vieil homme et la mer

Santiago est un vieux pêcheur cubain qui n'a plus rien pêché depuis quatre-vingt-quatre jours. L'estime de ces paires commence à diminuer, certains le prenant pour un vieux fou. Seul son jeune ami Manolin croit encore à lui, et même s'ils ne pêchent plus ensemble, ils continuent à entretenir leur amitié. Mais un jour Santiago décide de partir très loin en mer, jusqu'au Gulf Stream , en espérant faire une prise tellement impressionnante qui lui revaudra l'estime de son entourage. Et effectivement la chance semble ressurgir sous la forme d'un immense espadon, si gigantesque tel qu'il n'en a jamais vu ni même entendu parler. ais ce magnifique poisson ne compte pas se faire attraper aussi facilement. Commence alors un combat jusqu'à la mort entre le pêcheur, prêt à tout pour vaincre et retrouver la gloire, et l'espadon, qui se bat jusqu'au dernier souffle pour sa liberté. Mais une fois le poisson pêché, Santiago devra faire face à une horde de requins voulant à tout rix lui prendre son butin.

Ernest Hemingway écrira ce court roman Le vieil homme et la mer en 1951 à Cuba pour le publier en 1952 dans le magazine Life. Il s'agît de la dernière oeuvre de fiction majeure du célèbre écrivain américain, et d'ailleurs l'une de ses oeuvres les plus marquantes. L'opinion critique et publique à l'époque était plutôt divisée sur cette oeuvre, mais sa nomination et sa victoire en 1954 au Prix Nobel de littérature réaffirmera dans la littérature mondiale l'importance et la portée de l'oeuvre dans l'ensemble des créations d'Hemingway et dans la fiction du XXe siècle. Avant cela, en 1953, ce roman à valu à Hemingway le prix Pulitzer.

Hemingway, avant cette publication, avait signé un contrat avec le magazine Life. Ceux-ci devaient consacrer la parution de l’année à venir à son prochain livre. Voilà que le roman de Hemingway Au-delà du fleuve et sous les arbres (Across the River and Into the Trees, 1950) fut un échec commercial. Life, très inquiet de subir un échec avec Hemingway, décidera de prendre un autre nom de la littérature américaine pour faire la préface de leur édition spéciale prochaine. Ils choisiront l'auteur, aujourd'hui quasi oublié, James Michener. Plus tard, ce dernier participant à la guerre de Corée, se verra remettre un manuscrit du vieil homme et la mer. Il se plongera dans le manuscrit et ira dire qu’il n'a plus entendu un seul obus lui passer au-dessus de la tête : il était à la pêche avec le vieux, le regardait tenir la ligne et se battait à ses côtés. Il en fera la préface et affirmera que Le vieil homme et la mer est le meilleur livre qu'il n'ait jamais lu. Le magazine Life sortira finalement avec le roman de Hemingway et fera tabac.

Le vieil homme et la mer nous décrit dans le style simple d'un conte le combat d'un homme vieillissant contre lui-même, son sort, son âge... une lutte acharnée pour la vie et contre la mort. Tout cela afin de découvrir le sens de sa vie, et cela malgré sa vieillesse et son faible état physique. Dans ce dur combat le seul élément féminin qui ressort est celui de la mer, lien entre le vieil homme et l'espadon, son but. La mer est à la fois source et miroir de sentiments d'amour, de respect pour la vie, d'humilité, de manque, de solitude et d'héroïsme. Santiago devra se battre pour gagner ce poisson, et ensuite, il continuera de se battre, en vain, afin de le garder face aux requins. Comme si la mer représentait la vie avec ses bonheurs, et les requins signifiant les difficultés de la vie. Mais Santiago finira par trouver sa grandeur tant recherchée même dans la défaite.

Le vieil homme et la mer est un immense chef d'oeuvre de la littérature du XXe siècle.

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Extrait: premières pages

Il était une fois un vieil homme, tout seul dans son bateau, qui pêchait au milieu du Gulf Stream. En quatre-vingt-quatre jours, il n'avait pas pris un poisson. Les quarante premiers jours, un jeune garçon l'accompagna ; mais au bout de ce temps, les parents du jeune garçon déclarèrent que le vieux était décidément et sans remède salao, ce qui veut dire aussi guignard qu'on peut l'être. On embarqua donc le gamin sur un autre bateau, lequel, en une semaine, ramena trois poissons superbes.

Chaque soir le gamin avait la tristesse de voir le vieux rentrer avec sa barque vide. Il ne manquait pas d'aller à sa rencontre et l'aidait à porter les lignes serrées en spirales, la gaffe, le harpon, ou la voile roulée autour du mât. La voile était rapiécée avec de vieux sacs de farine ; ainsi repliée, elle figurait le drapeau en berne de la défaite.

Le vieil homme était maigre et sec, avec des rides comme des coups de couteau sur la nuque. Les taches brunes de cet inoffensif cancer de la peau que cause la réverbération du soleil sur la mer des Tropiques marquaient ses joues ; elles couvraient presque entièrement les deux côtés de son visage ; ses mains portaient les entailles profondes que font les filins au bout desquels se débattent les lourds poissons. Mais aucune de ces entailles n'était récente : elles étaient vieilles comme les érosions d'un désert sans poissons.

Tout en lui était vieux, sauf son regard, qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer.

"Santiago, dit le gamin tandis qu'ils escaladaient le talus après avoir tiré la barque au sec, je pourrais revenir avec toi maintenant. On a de l'argent."

Le vieux avait appris au gamin à pêcher et le gamin aimait le vieux.

"Non, dit le vieux, t'es sur un bateau qu'a de la veine. Faut y rester.

- Mais rappelle-toi quand on a passé tous les deux vingt-sept jours sans rien attraper, et puis tout d'un coup qu'on en a ramené des gros tous les jours pendant trois semaines.

- Je me rappelle, dit le vieux. Je sais bien que c'est pas par découragement que tu m'as quitté.

- C'est papa qui m'a fait partir. Je suis pas assez grand. Faut que j'obéisse, tu comprends.

- Je sais, dit le vieux. C'est bien naturel.

- Il a pas confiance.

- Non, dit le vieux. Mais on a confiance, nous autres, hein ?

- Oui, dit le gamin. Tu veux-t-y que je te paye une bière à la Terrasse ? On remisera tout ça ensuite.

- C'est ça, dit le vieux. Entre pêcheurs."

Ils s'assirent à la Terrasse où la plupart des pêcheurs se moquèrent du vieux, mais cela ne l'irrita nullement. Les autres vieux le regardaient et se sentaient tristes. Toutefois ils ne firent semblant de rien et engagèrent une conversation courtoise sur les courants, les fonds où ils avaient traîné leurs lignes, le beau temps persistant et ce qu'ils avaient vu. Les pêcheurs dont la journée avait été bonne étaient déjà rentrés ; leurs poissons ouverts étaient étalés sur deux planches, que quatre hommes, un à chaque bout, portaient en vacillant jusqu'à la pêcherie ; le camion frigorifique viendrait chercher cette marchandise pour l'amener au marché de La Havane. Ceux qui avaient attrapé des requins les avaient livrés à "l'usine à requins" de l'autre côté de la baie, où l'on pend les squales à un croc, pour leur enlever le foie, leur couper les ailerons, et les écorcher. Après quoi leur chair débitée en filets va au saloir.

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Voir également :
- La capitale du monde, suivi de L'heure triomphale de Francis Macomber (1936), présentation