mardi, 18 janvier 2011

10 000 litres d’horreur pure : modeste contribution à une sous-culture - Thomas Gunzig, illustré par Blanquet - 2007

bibliotheca 10 000 litres d horreur pure.jpgTous avaient prévu de passer un beau weekend. En effet quoi de mieux que de passer quelques jours entre amis dans un chalet perdu en forêt en bord d’un lac pour se détendre après les examens.
Parmi eux il y a Patrice, le neveu de la propriétaire du chalet, un étudiant en chimie au physique ingrat, qui survit mal à ses multiples complexes. Son meilleur et d’ailleurs seul ami est Marc, un chic type amateur de tir à l’arbalète et amoureux d’Ivana, une étudiante en droit. Puis il y a JC, le gosse de riche prétentieux et égoïste, accompagnée de Kathy, une belle blonde attirée par les fringues et l’argent, une étudiante en psycho. Bref, cinq amis qui n’en sont pas vraiment mais qui vont tout de même tenter le tout pour se détendre.
Mais ce chalet cache quelque chose. Patrice n’y est plus retourné depuis qu’il était gosse, alors qu’il y avait passé un weekend avec ses parents et sa sœur handicapée. Le séjour vira au drame, sa sœur ayant disparu sans laisser de trace. Et depuis le chalet est abandonné, sa tante propriétaire des lieux étant depuis interné pour sa folie.
Mais pourquoi se soucier de toutes ces histoires du passé ? Mieux vaut profiter du bon temps.
Dès le premier soir pourtant les problèmes commencent. JC est attaqué par un inconnu, Kathy disparaît, Patrice et Ivana tombent sur d’étranges voisins alors que Marc découvre un immense sous-sol, une véritable caverne aux dimensions insoupçonnables juste sous le chalet.

Et l’horreur ne fait que commencer…


10 000 litres d’horreur pure : modeste contribution à une sous-culture de l’écrivain belge Thomas Gunzig est un incroyable roman d’horreur et de fantastique, un hommage vibrant à un sous-genre du cinéma que sont les slashers, films d’horreur américains typiques des années 1970 à 1990 dans lesquels des adolescents se font poursuivre par d’horribles et de monstrueux tueurs. Et il faut dire que cet hommage est bien réussi.
On se passionne à retrouver ces personnages si classiques tel le garçon complexé et introverti, l’autre très prétentieux et sûr de lui, la fille un peu pétasse qui se fait attaquer après sa première coucherie, le héros irréprochable mais pas plus aidé à s’en sortir, des personnages secondaires à frémir même s’ils sont à peine crédibles… Tous les ingrédients classiques pour rendre l’atmosphère bien lourde y sont aussi : le chalet abandonné, la nui noire, d’obscures secrets de famille, des monstres aux origines inconnues…
Tout est bien codé, référencé, en passant de l’horreur au gore le plus pur. Evidemment on s’attend à tout, c’est le problème de ce genre qui ne laisse guère plus de surprise sauf dans l’intensité des cruautés qu’il nous présente.
Cela se lit d’une traite. On s’amuse de ces aventures, on s’en inquiète… toute sorte de sentiments y passent dans cet hommage on ne peut plus réussi.

Avec 10 000 litres d’horreur pure : modeste contribution à une sous-culture Thomas Gunzig réussit à nous faire revivre un genre, celui des slashers, avec un talent incroyable. Un vibrant hommage et un réel plaisir de lecture.

A lire !

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Extrait
:
les deux premiers chapitres


1. Ed et Tina

Ed regardait par la fenêtre.

Il faisait beau.

Des rayons solaires descendaient à la verticale entre les branches.

Il avait mal à la tête.

Ed regardait les reflets de l’eau.

Il essayait de comprendre le mouvement des dessins. Mais ça allait trop vite.

C’est pour ça qu’il avait mal à la tête.

En bas, Tina était assise dans le fauteuil.

Elle regardait un jeu compliqué à la télévision.

Elle attendait son feuilleton.

Une histoire avec une vieille dame qui résout toutes sortes d’énigmes.

Et puis il y eut un bruit.

C’était le bruit.

Tina, devant son téléviseur, ferma les yeux. Elle ne voulait pas que ça recommence.

Chaque fois, c’était des ennuis. Des trucs à organiser, des trucs à gérer.

Mais quand elle les rouvrit, elle comprit que ça avait recommencé.

Ed était devant elle.

- Ça recommence. Il avait dit.

- Je sais. Elle avait répondu.

2. Patrice

Patrice attendait déjà depuis près d’une demi-heure quand les autres finirent par arriver. Patrice, cette demi-heure d’attente sur le parking, devant le vieux monospace Toyota fermé à clé, ça l’avait mis de mauvaise humeur et, quand les autres étaient arrivés, il avait eu envie de faire une remarque cinglante pour leur faire comprendre qu’il comptait pour quelque chose, qu’il n’était pas la « cinquième roue du carrosse » et qu’après tout c’était par sa tante qu’il avait eu le bungalow gratos. Mais Patrice devait pisser. Il devait tellement pisser que ça lui faisait mal. Alors, juste avant que les autres n’arrivent, il avait jeté un coup d’oeil au parking désert, il s’était dit que c’était fou comme une université pouvait avoir l’air morte un 1er juillet, et il avait pissé contre la roue du monospace.

Les autres étaient arrivés à ce moment : Kathy, Ivana, JC et Marc. C’était Kathy qui l’avait vu :

- Hééééé ! Y a Patrice qui pisse sur ta voiture ! JC, ce connard de futur kiné, s’était mis à hurler sur Patrice.

- Merde, t’es vraiment un gosse, tu peux pas te retenir dix minutes ! C’est dégueulasse, ça va sentir pendant tout le trajet.

Patrice avait vainement tenté de trouver quelque chose à dire. Il avait ouvert et fermé la bouche mais, à part un soupir souffreteux, aucun son n’en était sorti.

- Bon, ça va, c’est rien, on s’en fout. Avait dit Ivana.

Patrice s’était demandé si elle prenait sa défense parce qu’elle l’aimait bien ou parce qu’elle était en deuxième année de droit et que c’était une façon de s’entraîner à plaider. Patrice s’était dit que ce devait être la seconde solution: comment une fille comme Ivana pouvait-elle bien l’aimer ou simplement avoir envie de prendre sa défense ? Il était petit, il n’était pas vraiment gros, mais il était mal fichu, il portait des lunettes qui faisaient penser à celles du général Jaruzelski mais n’osait pas changer de modèle de crainte d’empirer les choses et, en plus, il faisait des études qui ne présentaient, aux yeux des filles, aucun intérêt particulier: la chimie. Pour une fille comme Kathy, la chimie c’était la science des bigleux en tablier, la science des produits qui sentent mauvais et qui piquent les yeux. Il aurait pu lui parler de la magie de l’électrolyse pendant des heures, ça n’aurait eu pour effet que de l’endormir.

Bref, Patrice n’avait fait aucune remarque. Il s’était tu. Il avait encaissé les remarques comme si c’était sa vocation de petit gros à lunettes.

- Alors, on y va ? Avait dit Kathy. Avec sa voix qu’un ingénieur du son pervers semblait avoir poussée dans les aigus.

Patrice ne la supportait pas. Elle était jolie. Très jolie. L’archétype de la jeune blonde de magazine. Elle était déjà en troisième année de psychologie et elle se prenait pour l’héritière de Freud mais elle avait autant de sensibilité qu’un tapir. C’était évident que son diplôme n’allait lui servir qu’à devenir «directrice des ressources humaines » dans une putain de boîte de pub. Une conne en tailleur qui allait faire chier son monde à longueur de semaine.

JC avait ouvert les portières et le coffre et s’était mis derrière le volant pendant que tout le monde s’installait. C’était bien lui ça, beau gars individualiste, gamin élevé dans les valeurs égoïstes d’une grande famille d’industriels, idolâtré par sa maman, programmé par son père pour être un « gagnant », champion junior de squash, toutes les filles à ses pieds et un avenir sans nuages de oisif qui s’ouvrait à lui. À côté de lui, Patrice se sentait nul et plus que nul: avec son physique, avec ses parents épiciers en faillite, avec son bête job dans la grande surface… Et au fond de lui, Patrice avait très envie de pouvoir coucher avec une fille comme Kathy. Il détestait ce désir qui lui nouait le ventre, mais il n’y pouvait rien. C’était comme ça. Il avait envie de cette tarte.

Ivana s’était assise à côté de lui. Il lui avait souri. Il devait faire très attention à Ivana. C’était typiquement le genre de fille dont il aurait pu tomber amoureux. Une beauté moins extravagante que Kathy, une beauté plus douce. Des cheveux châtains jusqu’aux épaules, une peau de lait, des yeux noisette… Patrice avait déjà été amoureux. Un bon millier de fois depuis son adolescence et chaque fois le scénario avait été le même. Il devenait le meilleur ami de la fille, à la fois son confident et sa mascotte. Il devait se farcir le récit détaillé des histoires de coeur et des histoires de fesses. Il devait entendre, sans sourciller, des phrases comme: « C’est génial d’avoir un ami comme toi, où tout est clair…» Et le soir, dans sa petite chambre au-dessus de l’épicerie de ses parents, il écoutait son coeur se briser. Un sale bruit…

En clair, il n’avait jamais conclu. Patrice était un puceau de vingt ans, aussi bourré de complexes qu’un éclair au chocolat peut être bourré de crème et il ne voyait aucune possibilité de sortir de cette situation qu’il considérait de plus en plus comme une malédiction.

Il aurait dû devenir quelqu’un d’autre.

Mais devenir quelqu’un d’autre, c’est quelque chose qui n’arrive pas. Il fallait qu’il accepte que sa vie serait un long et douloureux moment.

Après avoir passé un temps fou à essayer de trouver une place pour un grand fly-case, Marc fut le dernier à s’installer dans le monospace.

- C’est quoi, là-dedans ? Avait demandé JC.

- Mon arbalète

- Qu’est-ce que tu fous avec une arbalète ?

- Tu mets une cible contre un arbre et tu tires dessus… C’est comme le golf, si tu veux…

- Et tu tues des animaux aussi ? Avait demandé Kathy.

C’était Ivana qui avait répondu à sa place.

- Marc ne tuerait jamais un animal.

- Je suis membre de Greenpeace. Avait ajouté Marc. Le tir à l’arbalète c’est silencieux et relaxant.

Patrice avait fait une grimace. Marc… Il était… Atrocement sympathique… C’était d’ailleurs à lui qu’il avait parlé en premier du bungalow de sa tante et de la possibilité de passer quelques jours au vert après les examens. Et puis, tout s’était enchaîné: Marc avait trouvé que c’était une bonne idée, il en avait parlé à Ivana qui avait trouvé que ça leur ferait du bien. Marc en avait parlé à son « bon vieux copain de lycée », ce con de JC, qui avait insisté auprès de Kathy pour qu’elle vienne aussi. JC avait dû penser qu’une semaine comme ça, c’était une façon de s’encanailler auprès du petit peuple, qu’il allait pouvoir boire et fumer plus qu’il n’aurait jamais pu le faire dans un de ces hôtels chics où il avait l’habitude d’aller et que, dans le fond, c’était une façon de montrer à Kathy à quel point il était un type « à la cool ».

Et voilà comment Patrice avait été débordé par sa propre idée. Aujourd’hui, pareil à un nageur imprudent qui se rend compte qu’il ne pourra 17 jamais rejoindre la côte, il regrettait tout ça amèrement, mais c’était trop tard. Il devait juste attendre que ce week-end se passe, exactement de la même façon que l’on rentre dans un bain glacé : en serrant les dents.

- C’est parti ! Avait dit JC en démarrant. Et Patrice avait eu l’impression de se noyer...


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Présente édition
: Editions Au Diable Vauvert, 30 août 2007, 247 pages


Voir également :

Mort d’un parfait bilingue - Thomas Gunzig (2001), présentation
Kuru - Thomas Gunzig (2005), présentation 

mardi, 15 septembre 2009

Kuru - Thomas Gunzig - 2005

bibliotheca kuru


« Fred le migraineux, Kristine l'intello, Paul la brute révolutionnaire et Pierre le clone souffreteux. Une bande de héros pour dénoncer les horreurs de la répression capitaliste et, si possible, l'existence d'un grand complot mondial… »

Quatre amis partent pour Berlin dans le but de manifester au sommet G8 et ainsi dénoncer tout ce qu’il y a à dénoncer… Parfois ils ne savent pas très bien quoi, mais l’importance c’est d’y être. Fred, surtout, est un jeune homme on ne peut plus banal qui vit au crochet de son père sous prétexte d’une thèse à finir.  Et il est à Berlin uniquement parce qu’il s’est fait entraîner par les autres, et que de toute façon il ne semble pas avoir de volonté propre. Tout ce à quoi il pense est sa belle cousine Katerine, une fille magnifique marié à un Italien que Fred déteste et envie. De plus il s’énerve de voir ce couple si idéal, seulement en apparence toutefois, Fabio, l’Italien en question, souffrant d’éjaculation précoce. C’est pour cette raison que Katerine et Fabio se rendent eux aussi à Berlin pour suivre un traitement assez particulier dans une clinique spécialisée, un traitement qui va les transformer à jamais.
Et pendant ce temps les quatre révolutionnaires se cherchent à Berlin dans la faune des altermondialistes, des théories de complots qui fusent de toute part, jusqu’à un dénouement final qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Disons le tout de suite, Kuru de l’écrivain belge Thomas Gunzig est un livre tout aussi exceptionnel qu’improbable!
Un groupe de personnages aussi étranges qu’uniques se retrouvent à Berlin dans un contexte certes réel, mais dans une aventure qui ne ressemble à rien. Il y a Fred et « ses mouches dans la tête », Fabio et son éjaculation précoce, Katerine et ses amours surprise avec Rosa, la belle allemande fille d’un ancien officier de la Stasi devenu révolutionnaire altermondialiste depuis,  Paul le clone né d’expérimentations et sa bouche surnuméraire au niveau du ventre, Kristine l’intellectuelle de tous les combats et finalement Paul, le seul vrai révolutionnaire qui a vécu toutes les horreurs du monde lors d’un séjour en Amérique Latine et  où, en passant, il a attrapé une maladie urétrale des plus étranges. Avec ces gens-là rien ne peut aller comme il faut, surtout pris dans l’univers des altermondialistes où toutes les théories de complots, mêmes les plus fantaisistes, deviennent peu à peu réalité. Et cela va même jusqu’à déborder dans le fantastique.
Le titre du roman est très indicateur du sujet réel voulu par Gunzig : Kuru qui est une maladie du système nerveux central de la famille des encéphalopathies subaigües à un prion, une maladie attrapée jadis par la consommation rituelle de cerveaux humains. Et ici, tel le prion qui se développe et s’étend en ravageant le cerveau humain, les quatre amis partis pour Berlin se voient peu à peu ravagés par tout les idées qui circulent. L’un d’entre eux va même mourir, faute d’avoir cru à tout cela jusqu’au bout.
Parmi toutes ces idées altermondialistes et complotistes Gunzig réussit à parfaitement perdre le lecteur entre ce qui vrai, ou en tout cas bien plausible, et ce qui ne l’est pas du tout. N’importe quoi peut franchir à tout instant la frontière entre la réalité et le fantastique, et le lecteur s’y perd complètement. Lorsque même la magie intervient on comprend vite le contrepoint fait par l’auteur au mysticisme altermondialiste.
Et tout cela est mené tambour battant dans une écriture délirante et un humour débordant. Jamais on ne se lasse des incroyables aventures décrites, et ce roman accroche dès la première page jusqu’à la fin.
Toutefois le côté un peu exceptionnel et original de ce roman, ainsi que le ton de l’auteur et son style plutôt décousu, risque de rebuter certains lecteurs qui resteront parfaitement hermétiques aux folles aventures de Fred et de sa bande.

Kuru de Thomas Gunzig est un livre exceptionnel, un petit joyau de littérature contemporaine.

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Voir également :
- Mort d’un parfait bilingue - Thomas Gunzig (2001), présentation
- 10 000 litres d'horreur pure : modeste contribution à une sous-culture - Thomas Gunzig (2007), présentation et extrait

mardi, 01 mai 2007

Mort d’un parfait bilingue - Thomas Gunzig - 2001

bibliotheca mort d un parfait bilingue

« Maintenant on se demandait vraiment quel effet pouvait bien faire une balle dans le ventre ou un éclat d'obus dans la figure. On se demandait comment c'était une vie sans jambes ou sans bras, une vie à plus rien y voir et enfin à quoi ça pouvait servir qu'on se les gèle, qu'on nous réveille à des heures impossibles, que les camions militaires soient aussi pourris, si ça aidait à gagner la guerre ou si c'était juste à l'image de l'univers, nul du centre à la périphérie. »

1978. La guerre fait rage. Dans une ville ressemblant fortement au Sarajevo d’après-guerre qui attire tout type d’aventuriers le héros, mercenaire par hasard et par nécessité, va tomber dans une spirale du crime suite à une liaison avec la maîtresse d’un parrain mafieux, chanteur de pp has been. Pour sauver sa peau, il doit accepter une abominable mission, tuer une rivale en musique chanteuse officielle des troupes engée aux combats, et pour cela il doit s’enrôler dans un bataillon militaire d’élite, dont les exactions sont retransmises au jour le jour à la télévision, comme une émission de variétés. Le tout est sponsorisé par les plus grandes multinationales qui tirent un profit immense de ce carnage.


Mort d’un parfait bilingue, publié en 1991, n’est pas un roman comme les autres. Pour certains un coup de maître et pour d’autres bien peu de choses, ce roman ne fera certainement pas l’unanimité auprès des lecteurs. Thomas Gunzig nous raconte la descente aux enfers de son héros dans le pays de la sale guerre, qui poussé par la faim commence à commettre de petits délits avant de devenir pillard et assassin. Un guerre sanglante sans règles aucunes. Mais moderne aussi, car l’un des enjeux de cette terrible guerre est finalement la course à l’audimat de certaines sociétés multinationales sans scrupules.
L’ambiance est glauque à souhait, l’humour très terriblement noir, pour finalement nous montrer tous les travers de l’être humain une fois sortie du cadre d’une société bien réglementée. Et le résultat est dur, les scènes et propos de violence s’accumulent à n’en plus finir dans ce monde où tout semble condamné à jamais. Le style de narration, fait de chapitres courts montés en parallèle, est impressionnant mais parfois également confus. Mais Thomas Gunzig en fait parfois un peu trop ce qui risque de faire fuir un bon nombre de lecteurs : trop de violence, trop de grotesque, trop peu de logique dans le récit, seront en fonction du lecteur soit des qualités soit des défauts. A chacun de voir.

A noter que le titre n’a à priori rien à voir avec le sujet du roman, et s’explique plus par le côté surréaliste belge de l’auteur, le titre de parfait bilingue étant un idéal à atteindre pour tout Belge, souvent à contre-cœur par les étudiants de ce pays. A Gunzig de casser ce reste de politiquement correcte dans son univers si chaotique, et indiquer dès le départ que le héros ne deviendra pas quelqu’un comme il faut.

Ce roman a obtenu le Prix Rossel en 2001.

Mort d’un parfait bilingue est un roman tout simplement inclassable.

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Voir également :
- Kuru - Thomas Gunzig (2005), présentation
10 000 litres d'horreur pure : modeste contribution à une sous-culture - Thomas Gunzig (2007), présentation et extrait