lundi, 11 octobre 2010

Le petit vieux des Batignolles - Emile Gaboriau - 1876

bibliotheca le petit vieux des batignolles.jpgLe riche Pigoreau est assassiné chez lui un soir. Avant sa mort la victime a pu écrire de son propre sang les lettres M. O. N. I. S. Les enquêteurs suspectent de suite le neveu du mort, celui-ci s’appelant Monistrol. Le mobile n’est autre que l’héritage. De plus le suspect avoue de suite, mais il avoue tout et n’importe quoi. D’ailleurs il ne semble même pas savoir quelle a été l’arme du crime. Le détective privé Méchinet pousse l’enquête et se rend vite compte que toute cette affaire cache bien plus qu’l n’y paraît.

L’écrivain français Emile Gaboriau a été l’un des premiers auteurs de polars, c’est presque lui qui a inventé le genre. Plus connu pour ces romans mettant en scène le célèbre enquêteur Lecoq, Le petit vieux des Batignolles nous présente un autre fin limier du crime, un personnage mystérieux assisté par un jeune homme officier de santé dans une lugubre histoire de meurtre. Ce tandem d’enquêteurs fait évidemment penser au célèbre duo Sherlock Holmes et le docteur Watson, personnages inventés dix ans plus tard par l’anglais Arthur Conan Doyle dont l’inspiration de l’oeuvre de Gaboriau semble des plus évidentes.
Et ce court roman paraît aujourd’hui comme étant des plus classiques. Un crime, le meurtre d’un homme ayant écrit de son propre sang le nom de son assassin, un policier-enquêteur plus malin que les autres et pour finir un coupable auquel on s’y attendait. Très classique, peu surprenant, ce roman de Gaboriau a avant tout une valeur historique, celle de la naissance d’un genre littéraire. Ainsi l’auteur met en scène son héros reprenant tranquillement, patiemment, de zéro l'enquête, bâclée jusque là par la police, pour dénouer l'énigme: débonnaire, attentif aux conseils de sa femme, frondeur à l'encontre des autorités supérieures, il avance patiemment et infailliblement jusqu'au coupable.

Classique et efficace, Le petit vieux des Batignolles d’Emile Gaboriau a toutefois avant tout une valeur historique ; c’est l’un des premiers polars modernes ; et il étonnant d’y retrouver tanbt d’éléments toujours d’actualité dans ce genre littéraire.
 


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Extrait
:
les deux premiers chapitres


I

Lorsque j’achevais mes études pour devenir officier de santé – c’était le bon temps, j’avais vingt-trois ans – je demeurais rue Monsieur-le-Prince, presque au coin de la rue Racine.

J’avais là, pour trente francs par mois, service compris, une chambre meublée qui en vaudrait bien cent aujourd’hui ; si vaste que je passais très aisément les manches de mon paletot sans ouvrir la fenêtre.

Sortant de bon matin pour suivre les visites de mon hôpital, rentrant fort tard parce que le café Leroy avait pour moi d’irrésistibles attraits, c’est à peine si je connaissais de vue les locataires de ma maison, gens paisibles tous, rentiers ou petits commerçants.

Il en est un, cependant, avec qui, peu à peu, je finis par me lier.

C’était un homme de taille moyenne, à physionomie insignifiante, toujours scrupuleusement rasé, et qu’on appelait, gros comme le bras, monsieur Méchinet.

Le portier le traitait avec une considération toute particulière, et ne manquait jamais, quand il passait devant sa loge, de retirer vivement sa casquette.

L’appartement de monsieur Méchinet ouvrant sur mon palier, juste en face de la porte de ma chambre, nous nous étions à diverses reprises trouvés nez à nez. En ces occasions, nous avions l’habitude de nous saluer.

Un soir, il entra chez moi me demander quelques allumettes ; une nuit, je lui empruntai du tabac ; un matin, il nous arriva de sortir en même temps et de marcher côte à côte un bout de chemin en causant…

Telles furent nos premières relations.

Sans être ni curieux ni défiant – on ne l’est pas à l’âge que j’avais alors – on aime à savoir à quoi s’en tenir sur le compte des gens avec lesquels on se lie.

J’en vins donc naturellement, non pas à observer l’existence de mon voisin, mais à m’occuper de ses faits et gestes.

Il était marié, et madame Caroline Méchinet, blonde et blanche, petite, rieuse et dodue, paraissait adorer son mari.

Mais la conduite de ce mari n’en était pas plus régulière. Fréquemment il décampait avant le jour et souvent le soleil était levé quand je l’entendais regagner son domicile. Parfois il disparaissait des semaines entières…

Que la jolie petite madame Méchinet tolérât cela, voilà ce que je ne pouvais concevoir.

Intrigué, je pensai que notre portier, bavard d’ordinaire comme une pie, me donnerait quelques éclaircissements.

Erreur !… À peine avais-je prononcé le nom de Méchinet qu’il m’envoya promener de la belle façon, me disant, en roulant de gros yeux, qu’il n’était pas dans ses habitudes de « moucharder » ses locataires.

Cet accueil redoubla si bien ma curiosité que, bannissant toute vergogne, je m’attachai à épier mon voisin.

Alors, je découvris des choses qui me parurent énormes.

Une fois, je le vis rentrer habillé à la dernière mode, la boutonnière endimanchée de cinq ou six décorations ; le surlendemain, je l’aperçus dans l’escalier vêtu d’une blouse sordide et coiffé d’un haillon de drap qui lui donnait une mine sinistre.

Et ce n’est pas tout. Par une belle après-midi, comme il sortait, je vis sa femme l’accompagner jusqu’au seuil de leur appartement, et là l’embrasser avec passion, en disant :

– Je t’en supplie, Méchinet, sois prudent, songe à ta petite femme !

Sois prudent !… Pourquoi ?… À quel propos ? Qu’est-ce que cela signifiait ?… La femme était donc complice !…

Ma stupeur ne devait pas tarder à redoubler.

Une nuit, je dormais profondément, quand soudain on frappa à ma porte à coups précipités.

Je me lève, j’ouvre…

Monsieur Méchinet entre, ou plutôt se précipite chez moi, les vêtements en désordre et déchirés, la cravate et le devant de sa chemise arrachés, la tête nue, le visage tout en sang…

– Qu’arrive-t-il ? m’écriai-je épouvanté.

Mais lui, me faisant signe de me taire :

– Plus bas !… dit-il, on pourrait vous entendre… Ce n’est peut-être rien quoique je souffre diablement… Je me suis dit que vous, étudiant en médecine, vous sauriez sans doute me soigner cela…

Sans mot dire, je le fis asseoir, et je me hâtai de l’examiner et de lui donner les soins nécessaires.

Encore qu’il y eût eu une grande effusion de sang, la blessure était légère… Ce n’était, à vrai dire, qu’une éraflure superficielle partant de l’oreille gauche et s’arrêtant à la commissure des lèvres.

Le pansement terminé :

– Allons, me voilà encore sain et sauf pour cette fois, me dit monsieur Méchinet. Mille remerciements, cher monsieur Godeuil. Surtout, de grâce, ne parlez à personne de ce petit accident, et… bonne nuit.

Bonne nuit !… Je songeais bien à dormir, vraiment !

Quand je me rappelle tout ce qu’il me passa par la cervelle d’hypothèses saugrenues et d’imaginations romanesques, je ne puis m’empêcher de rire.

Monsieur Méchinet prenait dans mon esprit des proportions fantastiques.

Lui, le lendemain, vint tranquillement me remercier encore et m’invita à dîner.

Si j’étais tout yeux et tout oreilles en pénétrant dans l’intérieur de mes voisins, on le devine. Mais j’eus beau concentrer toute mon attention, je ne surpris rien de nature à dissiper le mystère qui m’intriguait si fort.

À dater de ce dîner, cependant, nos relations furent plus suivies. Décidément, monsieur Méchinet me prenait en amitié. Rarement une semaine s’écoulait sans qu’il m’emmenât manger sa soupe, selon son expression, et presque tous les jours, au moment de l’absinthe, il venait me rejoindre au café Leroy, et nous faisions une partie de dominos.

C’est ainsi qu’un certain soir du mois de juillet, un vendredi, sur les cinq heures, il était en train de me battre à plein double-six, quand un estafier, d’assez fâcheuse mine, je le confesse, entra brusquement et vint murmurer à son oreille quelques mots que je n’entendis pas.

Tout d’une pièce et le visage bouleversé, monsieur Méchinet se dressa.

– J’y vais, fit-il ; cours dire que j’y vais.

L’homme partit à toutes jambes, et alors me tendant la main :

– Excusez-moi, ajouta mon vieux voisin, le devoir avant tout… nous reprendrons notre partie demain.

Et comme, tout brûlant de curiosité, je témoignais beaucoup de dépit, disant que je regrettais bien de ne le point accompagner :

– Au fait, grommela-t-il, pourquoi pas ? Voulez-vous venir ? Ce sera peut-être intéressant…

Pour toute réponse, je pris mon chapeau et nous sortîmes…

II

Certes, j’étais loin de me douter que je hasardais là une de ces démarches insignifiantes, en apparence, qui ont sur la vie entière une influence décisive.

– Pour le coup, pensais-je à part moi, je tiens le mot de l’énigme !…

Et tout plein d’une sotte et puérile satisfaction, je trottais comme un chat maigre aux côtés de monsieur Méchinet.

Je dis : je trottais, parce que j’avais fort à faire pour ne pas me laisser distancer par le bonhomme.

Il allait, il allait, tout le long de la rue Racine, bousculant les passants, comme si sa fortune eût dépendu de ses jambes.

Place de l’Odéon, par bonheur, un fiacre nous croisa.

Monsieur Méchinet l’arrêta, et ouvrant la portière :

– Montez, monsieur Godeuil, me dit-il.

J’obéis, et il prit place à mes côtés après avoir crié au cocher, d’un ton impératif :

– Rue Lécluse, 39, aux Batignolles… et, bon train !

La longueur de la course arracha au cocher un chapelet de jurons. N’importe, il étrilla ses rosses d’un maître coup de fouet et la voiture roula.

– Ah ! c’est aux Batignolles que nous allons ? demandai-je alors avec un sourire de courtisan.

Mais monsieur Méchinet ne me répondit pas ; je doute même qu’il m’entendit.

Une métamorphose complète s’opérait en lui. Il ne paraissait pas ému, précisément, mais ses lèvres pincées et la contraction de ses gros sourcils en broussaille trahissaient une poignante préoccupation. Ses regards, perdus dans le vide, y semblaient étudier les termes de quelque problème insoluble.

Il avait tiré sa tabatière, et incessamment il y puisait d’énormes prises, qu’il pétrissait entre l’index et le pouce, qu’il massait, qu’il portait à son nez et que pourtant il n’aspirait pas.

Car c’était chez lui un tic que j’avais observé et qui me réjouissait beaucoup.

Ce digne homme, qui avait le tabac en horreur, était toujours armé d’une tabatière de financier de vaudeville.

Lui advenait-il quelque chose d’imprévu, d’agréable ou de fâcheux, crac, il la sortait de sa poche et paraissait priser avec fureur.

Souvent, la tabatière était vide, son geste restait le même.

J’ai su, plus tard, que c’était un système à lui, pour dissimuler ses impressions et détourner l’attention de ses interlocuteurs.

Nous avancions, cependant…

Le fiacre remontait non sans peine la rue de Clichy… Il traversa le boulevard extérieur, s’engagea dans la rue de Lécluse, et ne tarda pas à s’arrêter à quelque distance de l’adresse indiquée.

Aller plus loin était matériellement impossible, tant la rue était obstruée par une foule compacte.

Devant la maison portant le numéro 39, deux ou trois cents personnes stationnaient, le cou tendu, l’œil brillant, haletantes de curiosité, difficilement contenues par une demi-douzaine de sergents de ville, qui multipliaient en vain et de leur plus rude voix leurs : « Circulez, messieurs, circulez !… »

Descendus de voiture, nous nous approchâmes, nous faufilant péniblement à travers les badauds.

Déjà, nous touchions la porte du numéro 39, quand un sergent de ville nous repoussa rudement.

– Retirez-vous !… On ne passe pas !…

Mon compagnon le toisa et, se redressant :

– Vous ne me connaissez donc pas ? fit-il. Je suis Méchinet, et ce jeune homme – il me montrait – est avec moi.

– Pardon !… Excusez !… balbutia l’agent en portant la main à son tricorne, je ne savais pas… donnez-vous la peine d’entrer.

Nous entrâmes.

Dans le vestibule, une puissante commère, la concierge évidemment, plus rouge qu’une pivoine, pérorait et gesticulait au milieu d’un groupe de locataires de la maison.

– Où est-ce ? lui demanda brutalement monsieur Méchinet.

– Au troisième, cher monsieur, répondit-elle ; au troisième, la porte à droite. Jésus mon Dieu ! quel malheur !… dans une maison comme la nôtre ! Un si brave homme !

Je n’en entendis pas davantage. Monsieur Méchinet s’était élancé dans les escaliers, et je le suivais, montant quatre à quatre, le cœur me battant à me couper la respiration.

Au troisième étage, la porte de droite était ouverte.

Nous entrons, nous traversons une antichambre, une salle à manger, un salon, et enfin nous arrivons à une chambre à coucher…

Je vivrais mille ans, que je n’oublierais pas le spectacle qui frappa mes yeux… Et en ce moment même où j’écris, après bien des années, je le revois jusqu’en ses moindres détails.

À la cheminée faisant face à la porte, deux hommes étaient accoudés : un commissaire de police, ceint de son écharpe, et un juge d’instruction.

À droite, assis à une table, un jeune homme, le greffier, écrivait.


Au milieu de la pièce, sur le parquet, gisait dans une mare de sang coagulé et noir le cadavre d’un vieillard à cheveux blancs… Il était étendu sur le dos, les bras en croix.

Terrifié, je demeurai cloué sur le seuil, si près de défaillir que, pour ne pas tomber, je fus obligé de m’appuyer contre l’huisserie.

Ma profession m’avait familiarisé avec la mort ; depuis longtemps déjà j’avais surmonté les répugnances de l’amphithéâtre, mais c’était la première fois que je me trouvais en face d’un crime.

Car il était évident qu’un crime abominable avait été commis…

Moins impressionnable que moi, mon voisin était entré d’un pas ferme.

– Ah ! c’est vous, Méchinet, lui dit le commissaire de police, je regrette bien de vous avoir fait déranger.

– Pourquoi ?

– Parce que nous n’aurons pas besoin de votre savoir-faire… Nous connaissons le coupable, j’ai donné des ordres et il doit être arrêté à l’heure qu’il est.

Chose bizarre ! Au geste de monsieur Méchinet, on eût pu croire que cette assurance le contrariait… Il tira sa tabatière, prit deux ou trois de ses prises fantastiques, et dit :

– Ah ! le coupable est connu !…

Ce fut le juge d’instruction qui répondit :

– Et connu d’une façon certaine et positive, oui, monsieur Méchinet… Le crime commis, l’assassin s’est enfui, croyant que sa victime avait cessé de vivre… il se trompait. La Providence veillait…, ce malheureux vieillard respirait encore… Rassemblant toute son énergie, il a trempé un de ses doigts dans le sang qui s’échappait à flots de sa blessure, et là, sur le parquet, il a écrit avec son sang le nom de son meurtrier, le dénonçant ainsi à la justice humaine… Regardez plutôt.

Ainsi prévenu, j’aperçus ce que tout d’abord je n’avais pas vu.

Sur le parquet, en grosses lettres mal formées et cependant lisibles, on avait écrit avec du sang : MONIS…

– Eh bien ?… interrogea monsieur Méchinet.

– C’est là, répondit le commissaire de police, le commencement du nom d’un neveu du pauvre mort… un neveu qu’il affectionnait, et qui se nomme Monistrol…

– Diable !… fit mon voisin.

– Je ne suppose pas, reprit le juge d’instruction, que le misérable essaye de nier… les cinq lettres sont contre lui une charge accablante… À qui, d’ailleurs, profite ce crime si lâche ?… À lui seul, unique héritier de ce vieillard qui laisse, dit-on, une grande fortune… Il y a plus : c’est hier soir que l’assassinat a été commis… Eh bien ! hier soir, personne n’a visité ce pauvre vieux que son neveu… La concierge l’a vu arriver vers neuf heures et ressortir un peu avant minuit…

– C’est clair, approuva monsieur Méchinet, c’est très clair, ce Monistrol n’est qu’un imbécile.

Et, haussant les épaules :

– A-t-il seulement volé quelque chose ? demanda-t-il ; a-t-il fracturé quelque meuble pour donner le change sur le mobile du crime ?…

– Rien, jusqu’ici, ne nous a paru dérangé, répondit le commissaire… Vous l’avez dit, le misérable n’est pas fort… dès qu’il se verra découvert, il avouera.

Et là-dessus, le commissaire de police et monsieur Méchinet se retirèrent dans l’embrasure de la fenêtre et s’entretinrent à voix basse, pendant que le juge donnait quelques indications à son greffier.

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Présente édition : Edition Liana Levi, 3 septembre 2009, 94 pages


Voir également :
- L'affaire Lerouge - Emile Gaboriau (1866), présentation

mardi, 30 mai 2006

L’affaire Lerouge – Emile Gaboriau - 1866

La veuve Lerouge est retrouvée morte, assassinée chez elle. La police arrive directement sur place, mais l’enquête menée par le juge Daburon et assisté des policiers Gévrol et Lecoq piétine rapidement. Daburon décide de faire appel au vieux détective amateur Tabaret, dit Tirauclair. Celui-ci est doté d’un sens de l’observation et d’un flair hors normes. Il va vite trouver des indices sur l’identité du meurtrier, mais c’est un immense hasard qui lui fera découvrir la raison du meurtre et son plus que probable meurtrier.

L’affaire Lerouge, paru en 1866, est souvent considéré comme le premier polar de l’histoire de la littérature, et Emile Gaboriau, à ce moment-là que journaliste, va très vite s’imposer en tant que feuilletoniste et romancier. Beaucoup d’auteurs (dont Arthur Conan Doyle) vont directement reconnaître le talent de son auteur, ainsi que l’attrait de ce nouveau genre de roman. Les personnages de Tabaret et de Lecoq (qui dans ce roman-ci n’a qu’un rôle secondaire) vont directement influencer le personnage de Sherlock Holmes. L'affaire Lerouge s'inspire directement d’un meurtre, à la fin du Second Empire, de la veuve Célestin Lerouge, égorgée dans le quartier de la place d'Italie et dont l'assassin n'a jamais été retrouvé. Émile Gaboriau, à ce moment-là enquêtait pour son journal Le Soleil et allait tenir en haleine pendant des semaines son public en utilisant les renseignements que lui fournit un ami à lui, un certain Tabaret. De là plus qu’un pas pour en arriver à un formidable roman, qui sans cesse brouille les pistes. On s’attache à la victime avant de découvrir qu’elle est coupable, et vice-versa. Les personnages sont bien campés et on suit avec plaisir le déroulement de l’enquête et ses conséquences. Mais le meurtre ici sert aussi à faire le portrait approfondi d’une société, visitant plusieurs de ses couches sociales. Hélas si on est perspicace, on aura vite fait une idée du réel coupable et de l’erreur de Tabaret, mais ce qui ne retire en rien de l’intérêt du récit.

Donc L’affaire Lerouge est un chef-d’œuvre du roman-feuilleton populaire de la fin du XIXe, et qui marque de plus la naissance de tout un genre, le roman policier, ainsi que de ses héros mythiques. Un très beau roman à (re-)découvrir.

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Voir également :
- Le petit vieux des Batignolles - Emile Gaboriau (1876), présentation et extrait

18:01 Écrit par Marc dans Gaboriau, Emile | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romans policiers, emile gaboriau, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!