lundi, 22 octobre 2007

Les Piliers de la Terre (The Pillars of Earth) - Ken Follett - 1989

bibliotheca les piliers de la terre

Angleterre, XIIe siècle. Le pays est ravagé par les guerres de succession qui causent famines et misères parmi la population. Dans la petite ville de Kingsbridge le prieur Philippe souhaite édifier une magnifique cathédrale à la gloire de Dieu, mais pour cela il doit s'opposer à son supérieur hiérarchique, un évêque machiavélique et assoiffé de pouvoir qui conte bien détourner les fonds pour la construction de la cathédrale vers un autre chantier, celui de son château personnel. De plus, les seigneurs locaux voient également d'un mauvais cette cathédrale qui pourrait faire de Kingsbridge, ville encore assez insignifiante, un véritable centre économique qui pourrait leur faire de l'ombre. Toutefois il peut compter sur l'appui du valeureux constructeur Tom Builder prêt à tout afin de construire l'édifice de sa vie, Aliéna une riche bourgeoise issue d'une famille déchue et bien d'autres. Alors que pendant ce temps-là les puissants se déchirent inlassablement obligeant chacun à se mettre du bon côté afin d'arriver à ses fins.

Les piliers de la terre, paru en 1989, est généralement considéré comme le meilleur roman de l'écrivain britannique Ken Follett. Il délaisse ici ses habituelles intrigues plus tournés vers le roman d'espionnage ou policier pour une livrer une immense fresque historique se déroulant sur plusieurs décennies afin de suivre la construction d'une cathédrale ainsi que l'évolution de la ville de Kingsbridge. Autour de ce sujet principal Ken Follett essaie d'y incorporer quasi tout le moyen-âge, que ce soit les guerres, la politique, l'économie par ses différents métiers et professions, la religion... Et il faut dire que Ken Follett y réussit parfaitement. Il nous fait revivre le moyen-âge presque comme si on y était. Le tout est très intéressant et j'ai particulièrement aimé les descriptions d'ordre architectural où l'auteur nous décrit entre autres l'évolution du style romain vers le gothique.
Mais ce roman souvent caractérisé à tort comme chef-d'oeuvre comporte également les habituels défauts que l'on peut retrouver dans la plupart des romans de Ken Follett. Premièrement les personnages, même s'ils sont bien attachants, sont bien trop superficiels et n'ont aucune envergure. La vision de Ken Follett est également trop manichéenne car on retrouve d'un côté les personnages très gentils et de l'autre les très méchants. Cela n'a hélas que bien peu de sens dans une oeuvre qui se veut à la base aussi complexe. De plus en tant que bon auteur de best-sellers les rebondissements sont nombreux et même trop nombreux. La petite guéguerre entre le prieur Philippe et l'évêque et de nombreuses autres finissent par lasser à la fin. A chaque fois le méchant essaie de faire un tour au gentil qui finit par l'emporter, et puis quelques pages plus loin cela recommence de la même façon. Outre la construction de la cathédrale, Ken Follett y intègre également un deuxième fil rouge autour d'un procès d'antan qui impliquait plusieurs personnages de l'histoire avant même que celle-ci ne commence, sans toutefois réussir à garder l'intérêt du lecteur autour de cela qui va pourtant mener de façon prévisible au dénouement final de toute l'histoire. On regrettera également une certaine complaisance de l'auteur dans la description de certaines scènes de violence, notamment de viols. C'est un vain procédé assez classique dans de nombreux mauvais romans historiques traitant du moyen-âge d'y intégrer de dures scènes à la violence gratuite afin de bien noter à quel point l'époque a dû être dure et terrible à vivre. Et comme tout bon best-seller celui-ci contient un nombre de pages bien trop important (plus de 1000) dont de bien nombreuses qui sont superflues.

Mis à part ces nombreuses critiques le roman reste toutefois bien divertissant et fera passer le temps à de bien nombreux lecteurs.

A noter la sortie en octobre 2007 d'une suite pas encore traduite à Les piliers de la terre et intitulée World Without End qui reprend l'histoire deux siècles plus tard des descendants de certains personnages du présent roman alors que la Peste noire ravage l'Europe et notamment Kingsbridge.

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Extrait :

Prologue

1123

Les jeunes garçons arrivèrent de bonne heure pour la pendaison. Il faisait encore sombre quand les trois ou quatre premiers d'entre eux s'étaient glissés hors de leur taudis, silencieux comme des chats dans leurs bottes de feutre. Une mince pellicule de neige fraîche recouvrait la petite ville, comme une couche de peinture neuve, et leurs empreintes furent les premières à en souiller la surface immaculée. Ils passèrent entre les huttes de bois serrées les unes contre les autres et suivirent les rues, où la boue avait gelé, jusqu'à la place du marché silencieuse où la potence attendait.

Les garçons méprisaient tout ce que leurs aînés appréciaient. Ils dédaignaient la beauté et raillaient la bonté. Ils éclataient de rire à la vue d'un infirme et, s'ils apercevaient un animal blessé, ils le lapidaient à mort. Ils se vantaient de leurs blessures, ils arboraient avec orgueil leurs cicatrices, et réservaient leur admiration toute particulière aux mutilations : un garçon à qui il manquait un doigt, c'était un roi. Ils adoraient la violence : ils pouvaient parcourir des lieues pour voir le sang couler et jamais ils ne manquaient une pendaison. Un des garçons pissa au pied de la potence. Un autre gravit les marches de l'échafaud, posa ses pouces sur sa gorge et s'affala, le visage crispé dans une macabre parodie de strangulation ; les autres s'exclamèrent d'admiration, et deux chiens débouchèrent sur la place du marché en aboyant. Un très jeune garçon commença imprudemment à croquer une pomme et un des aînés lui donna un coup de poing sur le nez et la lui vola. Le cadet se soulagea en lançant une pierre aiguisée sur un chien qui rentra chez lui en hurlant. Puis il n'y eut plus rien à faire, alors ils s'accroupirent sur le pavé sec du portail de la grande église, attendant qu'il se passe quelque chose.

La lueur des chandelles vacilla derrière les volets des maisons cossues de bois et de pierre, alignées tout autour de la place, demeures d'artisans et de négociants prospères. Déjà les servantes et les apprentis allumaient les feux, faisaient chauffer l'eau et préparaient le porridge. Le ciel vira du noir au gris. Les gens sortirent de chez eux, baissant la tête au passage du seuil de la porte, emmitouflés dans de lourds manteaux de grosse laine, et descendirent en frissonnant jusqu'à la rivière où ils s'approvisionnaient en eau.

Bientôt un groupe de jeunes gens, valets d'écurie, ouvriers et apprentis, firent leur entrée sur la place du marché. Ils chassèrent à coups de pied et à coups de poing les jeunes garçons du porche de l'église, puis s'adossèrent aux arches de pierre sculptées, se grattant, crachant par terre et discutant avec une assurance étudiée de la mort par pendaison. S'il a de la chance, dit l'un d'eux, son cou se brise dès qu'il tombe, c'est un trépas rapide et sans douleur : mais sinon, il reste suspendu là à devenir cramoisi, sa bouche s'ouvrant et se fermant comme un poisson hors de l'eau, jusqu'à ce qu'il s'étrangle ; un autre affirma que mourir de cette façon peut prendre le temps qu'il faut à un homme pour parcourir une demi-lieue ; et un troisième déclara que ce pouvait être encore pire, qu'il avait assisté à une pendaison où, le temps que l'homme soit mort, son cou avait un pied de long.

Les vieilles femmes formaient un groupe de l'autre côté de la place, aussi loin que possible des jeunes gens qui risquaient de crier des remarques vulgaires à leurs grands-mères. Elles s'éveillaient toujours de bon matin, les vieilles, même si elles n'avaient plus à s'inquiéter de bébés ni d'enfants ; elles étaient les premières à avoir leurs feux allumés et leurs âtres balayés. Leur meneuse reconnue, la robuste veuve Brewster, vint les rejoindre, roulant un tonneau de bière aussi facilement qu'un enfant pousse un cerceau. Elle n'avait pas eu le temps d'ôter le couvercle qu'attendait déjà une petite foule de clients avec des cruches et des seaux.

Le bailli du prévôt ouvrit la grande porte, pour laisser entrer les paysans qui habitaient le faubourg, dans les maisons adossées au mur de la ville. Les uns apportaient des œufs, du lait et du beurre frais à vendre, d'autres venaient acheter de la bière ou du pain, d'autres encore restèrent sur la place du marché en attendant la pendaison. De temps en temps, les gens levaient la tête, comme des moineaux inquiets, et jetaient un coup d'œil au château sur la colline qui dominait la ville. Ils voyaient la fumée monter régulièrement de la cuisine et parfois la lueur d'une torche derrière les fenêtres en meurtrière du donjon de pierre. Et puis, au moment où le soleil devait commencer à se lever derrière l'épais nuage gris, les lourdes portes en bois du poste de garde s'ouvrirent et un petit groupe apparut. Le prévôt allait en tête, montant un beau cheval noir, suivi d'un char à bœufs transportant le prisonnier ligoté. Derrière le chariot chevauchaient trois hommes. Bien que d'aussi loin on ne pût distinguer leurs visages, leurs vêtements révélaient qu'il s'agissait d'un chevalier, d'un prêtre et d'un moine. Deux hommes d'armes fermaient la marche.

Ils s'étaient tous rendus la veille à la cour de justice du comté, qui se tenait dans la nef de l'église. Le prêtre avait surpris le voleur la main dans le sac ; le moine avait identifié le calice d'argent comme appartenant au monastère ; le chevalier était le suzerain du voleur, il l'avait reconnu comme un fugitif ; et le prévôt l'avait condamné à mort.

Tandis qu'ils descendaient lentement la colline, le reste de la ville se groupa autour de l'échafaud. Parmi les derniers à arriver, les notables : le boucher, le boulanger, deux tanneurs, deux forgerons, le coutelier et l'armurier, tous avec leurs épouses.

La foule était d'humeur bizarre. En général on aimait bien une pendaison. Le prisonnier était d'ordinaire un voleur et ils détestaient les voleurs avec la passion de gens qui ont durement gagné ce qu'ils possèdent. Mais ce voleur-là n'était pas comme les autres. Personne ne savait qui il était ni d'où il venait. Ce n'étaient pas eux qu'il avait volés, mais un monastère à huit lieues d'ici.

Il avait volé un calice orné de joyaux, un objet d'une si grande valeur qu'il était pratiquement impossible à revendre : ce n'était pas comme voler un jambon, un couteau neuf ou une belle ceinture, dont la perte nuirait à quelqu'un. On ne pouvait pas haïr un homme pour un crime si absurde. Il y eut quelques lazzis et quelques railleries quand le prisonnier pénétra sur la place du marché, mais les injures manquaient de conviction et seuls les jeunes garçons se moquaient de lui avec un certain enthousiasme.

La plupart des gens de la ville n'étaient pas au tribunal, car les jours de cession n'étaient pas fériés, et ils devaient tous gagner leur vie, aussi était-ce la première fois qu'ils voyaient le voleur. Celui-ci paraissait très jeune, entre vingt et trente ans. De taille et de stature normales, il avait pourtant un aspect étrange, dû à sa peau aussi blanche que la neige sur les toits, à ses yeux protubérants d'un vert clair extraordinaire et à ses cheveux couleur carotte. Les filles le trouvèrent laid ; les vieilles le plaignirent ; et les petits garçons rirent en se roulant par terre.

Le prévôt était un personnage familier, mais les trois autres hommes qui avaient scellé le destin du voleur étaient des étrangers. Le chevalier, un gros homme aux cheveux jaunes, était de toute évidence quelqu'un d'une certaine importance, car il montait un destrier, une énorme bête qui coûtait autant d'argent qu'un charpentier en gagne en dix ans. Le moine était beaucoup plus âgé, au moins cinquante ans, un grand homme maigre affalé sur sa selle, comme si la vie était pour lui un fardeau accablant. Le plus remarquable était le prêtre, un jeune homme au nez pointu et aux cheveux noirs et plats, vêtu d'une robe noire et chevauchant un étalon bai. Il avait l'air vif et dangereux d'un chat noir flairant un nid de souriceaux.

Un gamin visa avec soin et cracha sur le prisonnier. Il avait bien ajusté son tir et toucha l'homme entre les yeux. Le condamné grommela un juron et voulut se jeter sur le cracheur, mais il était retenu par les cordes qui l'attachaient aux ridelles de la charrette. Incident banal, sinon que le prisonnier parlait en français normand, la langue des seigneurs. Ce jeune homme était-il de haute naissance ? ou simplement loin de chez lui ?

(...)

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Voir également:
- La nuit de tous les dangers (Night Over Water) - Ken Follett (1991), présentation
- La Marque de Winfield (A Dangerous Fortun) - Ken Follett (1993), présentation
- Le pays de la liberté (A Place Called Freedom) - Ken Follett (1995), présentation
- Le troisième jumeau (The Third Twin) - Ken Follett (1996), présentation
- Apocalypse sur commande (The Hammer of Eden) - Ken Follett (1998), présentation
- Code Zéro (Code to Zero) - Ken Follett (2000), présentation
- Le Réseau Corneille (Jackdaws) - Ken Follett (2001), présentation
- Le vol du Frelon (Hornet Flight) - Ken Follett (2002), présentation

lundi, 22 janvier 2007

Le vol du Frelon (Hornet Flight) - Ken Follett - 2002

bibliotheca le vol du frelon

En juin 1941 la conquête allemande de l'Europe va bon train. Le seul pays à riposter encore reste la Grande-Bretagne malgré de nombreux bombardements aériens. Winston Churchill rdonne à son aviation de faire de même sur des villes du Nord de l'Allemagne. Mais les pertes britanniques sont immenses; Il semble que la Luftwaffe parvienne à détecter et abattre les avions anglais. Le gouvernement anglais décide d'envoyer ses meilleurs agents mener l'enquête afin de découvrir l'arme qu'utilisent les Allemands.
A la même époque sur une île danoise occupée par les Nazis, le jeune Harald Olufsen alors âgé de dix-huit ans, découvre ce qui ressemble fort, selon lui, à une installation allemande ultra secrète. En tout cas il n'a jamais vu rien de tel. Ce radar pourrait changer le cours de l'histoire. Harald est depuis quelques temps fort déçu de la collaboration danoise avec le régime allemand et aimerait bien faire quelque chose contre les plans des nazis. Mais à qui Harald peut-il se confier sur sa découverte? Son frère aîné et sa fiancée sont déjà surveillés de près par les nazis du fait de leurs activités résistantes. Il décide d'entrer directement en contact avec les autorités britanniques afin d'obtenir leur aide. Pour ce faire il décide de se rendre personnellement en Grande-Bretagne à l'aide d'un petit biplan, un Frelon abandonné dans une église. Aidé de son amie Karen, il devra d'abord restaurer cet avion et échapper aux collaborateurs danois qui tentent de les coincer. Un vieil avion, pau de carburant et aucne expérience de pilotage: cette opération risque d'être des plus difficiles pour Harald.

Le vol du Frelon (Hornet Flight) est une fiction basée sur des faits historiques réels. Deux jeunes danois auraient effectivement trouvé un vieux biplan De Havilland Hornet Moth, l'auraient réparé et se seraient envolés pour l'Angleterre. Ken Follett a déclaré tenir cette idée de Leo Marks, un ex-employé des opérations spéciales qui a cité cette histoire dans son livre Between Silk and Cyanide: A Codemaker's Story 1941-1945. Le radar Freya existait réellement et faisait partie du système de défense anti-aérien allemand, élément de la chaîne Kammhuber constituée de stations radar sur toute la longueur du territoire allemand de la Norvège à la frontière suisse et ainsi nommée d’après le Generalleutnant (lieutenant-général) Josef Kammhuber. Ce système de radars pouvait détecter l'arrivée de bombardiers à très longue distance. Ken Follett mélange ici ces deux faits historiques pour en faire un roman d'espionnage, à la limite du thriller, comme les amateurs de cet auteur britannique les aiment. Follett utilise ici les même recettes qu'à son habitude: des personnages simples mais convaincants, des héros très braves et très gentils, des méchants très méchants, une romance un peu naïve, des situations inextricables etc. Le roman est d'ailleurs fort semblable au Réseau Corneille (Jackdaws, 2001) paru peu de temps auparavant. Mais ce qui réussit ici c'est sue l'auteur réussit à retranscrire avec finesse les peurs et les angoisses des résistants lors de la Seconde Guerre mondiale en nous imposant la question de savoir si nous aurions fait pareil à leur place. Mais le roman s'essouffle un peu au cours du récit. Les personnages sont parfois trop caricaturaux, ce qui fait que le lecteur a du mal à s'identifier à eux.

Le vol du Frelon est un bon roman, ni le meilleur ni le pire de Ken Follett, avant tout destiné aux amateurs de Ken Follett.

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Voir également:
- Les piliers de la terre (The Pillars of Earth) - Ken Follett (1989), présentation et extrait
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- Le Réseau Corneille (Jackdaws) - Ken Follett (2001), présentation

samedi, 28 octobre 2006

Le Réseau Corneille (Jackdaws) - Ken Follett - 2001

bibliotheca jackdaws

Mai 1944 en France occupée à quelques jours du débarquement des Alliés en Normandie. Betty a vingt-neuf ans et est officier de l'armée anglaise. Mais elle est avant tout l'une des espionnes les plus renommées et experte en matière de sabotages. Ce 28 mai elle est en France à Sainte-Cécile où elle a préparé un coup en association avec un réseau de résistants français, contre le quartier général de la Gestapo abritant en son sein un important centre de communication. Mais l'opération échoue, les résistants participants se font soit tuer soit emprisonner par les forces allemandes sur place. Betty arrive cependant à s'évader de justesse et à regagner la Grande-Bretagne. Sur place à Sainte-Cécile Dieter Franck, éminement agent des services de renseignements et spécialiste en matière de torture, va mener l'enquête sur Betty et sur le réseau qui la soutient elle et ses opérations. Mais en mai 1944, alors que le débarquement approche, Betty est forcée de reprendre cette mission ratée et de cette fois elle devra réussir à tout prix. Elle sait aussi que les renseignements allemands sont sur sa trace. Elle développe son plan de dernière chance, une opération au nom de code Réseau Corneille. Le but est de réunir six femmes et de les envoyer à Sainte-Cécile au quartier général de la Gestapo afin de se substituer à l'équipe de nettoyage et de ménage employée par les Allemands sur place pour ainsi pouvoir mener le sabotage à bout. Betty n'a que quelques jours pour mettre son équipe de choc sur pied et de réussir afin de faciliter le débarquement qui changera à jamais le cours de la Seconde Guerre mondiale. Mais à cette époque des femmes préparées par l'armée pour ce genre de missions sont plutôt rares.

Avec Le Réseau Corneille, paru en 2001 sous le titre de Jackdaws, Ken Follett nous fait vivre un très divertissant thriller historique se déroulant en pleine Seconde Guerre mondiale à l'aube du débarquement de Normandie au sein des réseaux de résistance et des services de renseignements. Le style de Ken Follett est toujours le même au plus grand bonheur de nombreux lecteurs, càd. une intrigue bien montée, pleine de suspense et de rebondissements avec des personnages peu approfondis mais attachants dans un contexte, ici historique, plutôt bien recherché. Donc un roman auquel on accroche, mais hélas sans plus. Ce livre est avant tout destiné à se divertir et à faire passer le temps, et il n'y a pas grand chose à en tirer de plus. Il existe cependant une belle originalité dans ce roman, celle de l'utilisation de nombreux personnages féminins dans un contexte militaire généralement plutôt masculin. Ce n'est pas la première fois que Ken Follett donne le premier rôle à un personnage féminin, mais ici il met carrément en évidence toute une équipe de femmes reléguant les hommes au second plan. Même de nombreux personnages mineurs par leur apparition, mais primordiaux par leur rôle, sont féminins. Le Réseau Corneille met ainsi en lumière le rôle indispensable joué par les femmes dans ce combat quotidien pur certains qu'était la résistance. Hélas de nombreux personnages sont très caricaturaux. Tel par exemple le méchant de l'histoire, l'agent Dieter Franck, qui agaçant car trop archétypique du bon méchant nazi bien cruel. Autre critique concerne la fin, qui se conclue bien trop rapidement. En effet on suit cette histoire sur plus de 400 pages pour ensuite tout voir se régler sur moins d'une dizaine de pages. Dommage.

Un bon divertissement, sans plus.

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- Les piliers de la terre (The Pillars of Earth) - Ken Follett (1989), présentation et extrait
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jeudi, 07 septembre 2006

Code Zéro (Code to Zero) - Ken Follett - 2000

 

Un homme se réveille un beau matin allongé sur le sol d’une gare. Comment s’est-il retrouvé là ? Il n’en sait rien. D’ailleurs il se rend vite compte qu’il ne souvient absolument de rien jusqu’à son propre nom. Un clochard à côté de lui l’appelle Luke et lui raconte qu’ils avaient trop bu la veille, d'où la raison de son amnésie. Mais à un certain moment Luke tombe sur une coupure de journal relatant dans un article le lancement prochain du premier satellite américain dans l’espace, nous sommes en 1958 et les Américains tentent de rattraper leur retard sur les soviétiques qui avaient déjà lancé le Spoutnik. Cet article éveille en Luke des soupçons, il se rend très vite compte qu’il connaît tout un paquet au sujet de la conquête de l’espace et doute qu’il ne puisse être qu’un clochard. De plus le comportement suspect de son « collègue » de rue lui fait croire que quelque chose de bien plus important se cache derrière son amnésie. Menant petit à petit son enquête, il se rend compte qu’il est lié à une affaire d’espionnage entre les deux blocs de la Guerre froide, et cette affaire tournerait autour du lancement prochain du satellite américain Explorer I à Cape Canaveral. Luke a quarante-huit pour recouvrer tous ses souvenirs, car c’est après délai que la fusée sera lancée la fusée sera lancée.

Code Zero est un thriller historique bien efficace de Ken Follett nous relatant une histoire se déroulant lors de la Guerre froide. Ken Follett n’en est d’ailleurs pas à son premier roman d’espionnage placé dans cette période de l’histoire. Ici tout part d’un personnage amnésique qui en reconstruisant ses souvenirs se rend compte qu’il est mêlé à une terrible affaire de sabotage, affaire dans laquelle même ses proches semblent liés. Ken Follett s’est inspiré d’un projet de la CIA, qui avait pour but de développer un produit chimique qui lorsqu’il est administré à un individu créerait une amnésie. A partir de là Ken Follett a imaginé son histoire et l’a placée aux débuts de la conquête spatiale. Point de vue intrigue on retrouve les éléments habituels : un suspense haletant dans une histoire rudement bien ficelée, des personnages attachants et bien approfondies (n’hésitant pas à remonter dans leur passé, même lointain, pour faire paraître leurs motivations), un style impeccable d’efficacité et toujours agréable à lire…

Code Zero est donc un très bon livre, un superbe divertissement, mais il ne s’agît pas du meilleur de Ken Follett.

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- Les piliers de la terre (The Pillars of Earth) - Ken Follett (1989), présentation et extrait

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samedi, 24 juin 2006

La nuit de tous les dangers (Night Over Water) - Ken Follett - 1991

En septembre 1939, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, l'Angleterre vient juste de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie. A Southampton le Clipper de la Pan American, un Boeing 314 et le plus luxueux et plus fabuleux hydravion jamais construit, va décoller pour la dernière fois pour rejoindre les Etats-Unis en un vol qui durera toute la nuit. A son des voyageurs fortunés ayant tous une bonne raison de quitter l'Angleterre. Parmi les personnages principaux on retrouve Lord Oxenford, fasciste notoire, fuit l'Angleterre avec sa famille car il craint des représailles pour avoir soutenu l'ennemi; Carl Hartmann, scientifique allemand et juif, tente d'échapper au régime nazi; Nancy Lenehan tente de rejoindre les Etats-Unis afin de sauver sa fabrique de chaussures menacée par son frère et Harry Marks est un petit voleur notoire qui après s'être immiscé dans la haute société anglaise est menacée d'une peine de prisons. A côté de cela Eddie Deakin, l'ingénieur de vol, est soumis à un odieux chantage: il doit faire atterrir l'avion précocement aux larges des Etats-Unis s'il veut récupérer sa femme qui a été kidnappée par des malfaiteurs aux desseins obscurs. Le vol durera une nuit et va chambouler à jamais la vie des différents voyageurs.

Ken Follett s'y connaît pour écrire des romans des plus divertissants. La nuit de tous les dangers est un réel plaisir de lecture. On suit avec immense intérêt le déroulement de cette nuit de vol, cet huis clos aux personnages certes plutôt classiques mais admirablement bien décrits qu'ils en paraissent réellement vivants. Plusieurs histoires vont s'entremêler, des destins se croisent jusqu'au dénouement final, qui lui est peut-être un peu prévisible. Le roman est parfaitement bien ficelé et maîtrisé. Donc un joli cocktail de suspense, d'action et aussi d'humour qui font de ce livre un divertissement passionnant.

A lire!

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dimanche, 21 mai 2006

Apocalypse sur commande (The Hammer of Eden) - Ken Follett - 1998

Est-il possible de déclencher des séismes sur commande? Et si oui, qu'arriverait-il si ce savoir arrivait entre de mauvaises mains?
Ricky Granger, dénommé Priest, est une sorte de gourou qui a créé dans les années septante une communauté prônant l'amour libre et installé quelque part dans la campagne de l'arrière-pays californien. Depuis trois décennies cette communauté vit sans se soucier du monde extérieur, cultivant cannabis et vignes pour produire du vin. Cependant un projet de construction d'un barrage va menacer leur vie tranquille. En effet il est prévu que la vallée dans laquelle ils sont installés depuis trente ans va être inondée, et comme leur terre ne leur appartient pas légalement ils ne seront même pas dédommagés afin de pouvoir s'installer ailleurs. De ce fait ils sont prêts à tout afin d'empêcher ce projet. Mélanie, récente membre de la communauté et séismologue diplômée, élabore un plan diabolique qui consiste à provoquer des tremblements de terre, ceci afin d'obliger le gouvernement californien à céder et à arrêter ses projets. Le déroulement de ce plan est simple et Priest est prêt à tout afin de le mener à bout. Il suffit en effet de voler un vibrateur sismique (appareil utilisé dans la prospection géologique) et de le faire fonctionner au bon endroit, càd. à une faille où la pression des plaques tectoniques est telle qu'un simple coup de pousse réussira à déclencher un séisme latent, et de tels endroits ne manquent pas en Californie le long de la faille de San Andreas.
Parallèlement, la jeune et talentueuse inspectrice du FBI Judy Maddox est à un tournant de sa carrière. Elle espère une grosse promotion, mais son nouveau supérieur qui ne l'aime absolument, essaie de la placer sur une voie de garage. Il lui retire sa promotion et la place sur une affaire farfelue et peu crédible. Un groupe terroriste, inconnu à ce jour, menacerait la Californie de créer des tremblements de terre dévastateurs, si celle-ci ne met pas un terme à ses projets énergétiques. Le groupe en question se dénomme les Soldats du Paradis. Judy Maddox est dans un premier temps dégoûté de cette nouvelle affectation, mais peu à peu elle se rend compte que cette menace pourrait être sérieuse. En effet derrière cette menace se cache Priest et sa communauté qui sont prêts à tout.

Apocalypse sur commande est comme on le devine une course-poursuite entre le FBI et les Soldats du Paradis. Le uns réussiront-ils à déjouer les plans diaboliques de ces hippies terroristes. Le tout est bien rythmée, le suspense est soutenu, on accroche à l'histoire et il est difficile de quitter la lecture. L'enquête approfondit nos connaissances sur les sujets traités et rend l'histoire très crédible. Hélas on retrouve aussi un grand nombre de clichés traditionnels du genre: supérieurs bornés et peu perspicaces, histoire d'amour entre deux personnages clés, un héros (ou ici une héroïne) qui au début n'arrive pas à convaincre qu'il (elle) a raison, une catastrophe finale évitée d'un cheveu, ... Comme d'habitude chez Ken Follett, les personnages, même s'ils sont sommaires, sont plutôt attachants. Particulièrement le personnage de Priest, le méchant de l'histoire, pour lequel on éprouvera cependant beaucoup de sympathie.

Apocalypse sur commande est donc un bon thriller, bien efficace.

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14:05 Écrit par Marc dans Follett, Ken | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ken follett, thrillers, techno-thrillers, romans policiers, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 30 avril 2006

Le troisième jumeau (The Third Twin) - Ken Follett - 1996

Jeannie Ferrami, jeune scientifique effectuant un travail de recherche sur les jumeaux identiques élevés séparément et sur l’origine génétique de l’agression, est face à un grand mystère. Deux de ses sujets d'étude, Steve Logan, étudiant en droit, et Dennis Pinker, actuellement en prison pour meurtre, semblent être de parfaits jumeaux. Cependant ils ne se sont jamais rencontrés, leurs parents nient tout naturellement l'existence d'un jumeau, et de plus, Steve et Dennis ne sont pas nés le même jour! Jeannie commence à mener son enquête, mais certaines personnes dans sa hiérarchie semblent vouloir lui mettre des bâtons dans les roues. De plus, Steve Logan va être accusé d'un viol, avec témoins sûrs à l'appui, alors que Jeannie le croit innocent. Et s'il y avait plus de deux jumeaux... Très vite l'enquête mènera Jeannie sur la trace d'un projet militaire de clonage ayant pour but de produire un armée de soldats parfaits et appuyé par un politicien en course pour la Maison-Blanche.

Avec Le troisième jumeau, écrit en 1996 et traduit en français en 1998, Ken Follett laisse pour un instant de côté ses grands romans historiques dans le style de La Marque de Winfield (A Dangerous Fortune, 1993) ou Le pays de la liberté (A Place Called Freedom, 1995), et nous sert un très bon techno-thriller. Tout sonne bien, c'est bien écrit, on ne s'ennuie jamais. Hélas l'intrigue est fort prévisible, le suspense ne tient jamais longtemps, et le lecteur attentif comprendra toujours tout plus vite que les personnages du livre. Rien que le titre du roman nous permet de deviner dès le départ la grande partie de l'histoire. Ce roman reste cependant captivant. On a beaucoup de mal de s'arrêter avant la fin, qui cependant elle aussi est prévisible et arrive beaucoup trop tôt. L'aspect qui m'a le plus plu, c'étaient les descriptions concernant la méthode utilisée par Jaennie Ferrami, un logiciel ultra-performant scannant les bases de données fédérales, afin de trouver les différents jumeaux.

Donc en bref Le troisième jumeau est un techno-thriller captivant mais trop prévisible. Ce n'est pas le meilleur de Ken Follett.

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Voir également:
- Les piliers de la terre (The Pillars of Earth) - Ken Follett (1989), présentation et extrait
- La nuit de tous les dangers (Night Over Water) - Ken Follett (1991), présentation
- La Marque de Winfield (A Dangerous Fortune) - Ken Follett (1993), présentation
- Le pays de la liberté (A Place Called Freedom) - Ken Follett (1995), présentation
- Apocalypse sur commande (The Hammer of Eden) - Ken Follett (1998), présentation
- Code Zéro (Code to Zero) - Ken Follett (2000), présentation
- Le Réseau Corneille (Jackdaws) - Ken Follett (2001), présentation
- Le vol du Frelon (Hornet Flight) - Ken Follett (2002), présentation

21:11 Écrit par Marc dans Follett, Ken | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ken follett, techno-thrillers, thrillers, romans policiers, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 03 février 2006

Le pays de la liberté (A Place Called Freedom) - Ken Follett - 1995

Vaste récit historique, qui débute au fin fond de l'Ecosse à la fin du XVIIIe siècle pour finir dans le nouveau monde, en Virginie, en passant par Londres. Ken Follett nous a habitués avec La Marque de Winfield (A Dangerous Fortune, 1993) et Les pilliers du monde (The Pillars of Earth, 1989) à des récits fleuves, se prolongeant sur plusieurs décennies, en suivant l'évolution d'une multitude de personnages.

Ici, Follett s'attaque à la misère des travailleurs au XVIIIe et XIXe siècle. On suit Malachi (Mack) MacAsh, jeune ouvrier dans l'enfer des mines de charbon en Ecosse. Dans quelques jours Mack fêtera ses 21 ans, et appartiendra donc, comme le veut la tradition écossaise, aux maîtres des mines, la famille Jamisson. Mack, cependant va se rebeller contre cet esclavagisme. Il va s'évader pour Londres, en espérant y trouver la liberté. En tant que docker dans le port de la capitale britannique, il déchantera très vite. S'il est libre sur papier, les dockers sont continuellement exploités. A côté de cela, Lizzie Hallim, héritière d'une noblesse écossaise appauvrie, se voit obligée d'épouser l'un des héritiers de Jamisson, afin de sauvegarder ses possessions. Les Jamissons ambitionnent d'exploiter les terres des Hallim pour y extraire du charbon. Mack et Lizzie vont se croiser plusieurs fois, et un amour interdit, inavoué naîtra entre les deux. Mais la situation à Londres s'empire, Mack est exilé en Virginie comme esclave dans une plantation de tabac appartenant aux Jamissons. Il y retrouvera Lizzie...

Comme d'habitude, Ken Follett nous fait beaucoup voyager à travers le temps et l'espace. De nombreuses intrigues, des personnages attachants, beaucoup de suspense et le tout mené avec grande efficacité. On passe du milieu des mineurs au milieu des bourgeois, et cela d'une page à l'autre. Ken Follett veut tout nous montrer, et il le fait bien.

Hélas, après avoir lu plusieurs de ses livres, on constate à regret, que Follett utilise toujours les mêmes ficelles. Un crime initial dans le passé qui va sceller le destin de toutes les futures générations. Dans La Marque de Winfield (A Dangerous Fortune, 1993), il s'agissait d'un meurtre d'un étudiant à l'école de Winfield, ici, il s'agît de l'héritage volé par les Jamissons. On retrouve également la même naîveté et simplicité qui se retrouve dans tous ses romans. Certains personnages très méchants, que ce soit par leur cupidité, ambition ou fierté (p.ex les Jamissons, Lennox) , et des héros tel Mack ou Lizzie, très positifs qui doivent se libérer du joug des premiers. Entre les deux, certains personnages comme Cora ou Peg, plus ambigus, mais tout à fait prévisibles.

Ce livre contrairement aux autres de Ken Follett, m'a plus déçu.

11:45 Écrit par Marc dans Follett, Ken | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ken follett, romans historiques, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 11 décembre 2005

La Marque de Winfield (A Dangerous Fortune) - Ken Follett - 1993

La Marque de Winfield (A Dangerous Fortune) est un roman historique qui nous emmène au coeur de l'univers financier de l'Angleterre victorienne. En 1866, plusieurs élèves du collège de Winfield, tous issus de la haute société, sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais des doutes subsistent; principal suspect dans ce qui pourrait être un meurtre est le jeune Edward Pilaster, héritier de la banque Pilaster, l'un des plus importants établissements financiers de Londres. Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d’Edward, de Hugh, son cousin pauvre mais bien plus doué pour les affaires, de Micky Miranda, fils d’un richissime sud-américain qui tente à tout prix de se faire un nom dans la société anglaisde. Autour d’eux, des dizaines d’autres figures s’agitent dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité.

Ce roman permet de découvrir le monde de la banque de cette époque avec ses complots, ses trahisons, ses magouilles et ses personnages impitoyables. Ken Follett a un sens quasi inégalé de l'intrigue. On suit sans relâche cette histoire qui s'étire sur plus de trois décennies dans le Londres du dix-neuvième siècle. Les rebondissements sont nombreux et la fin d’un chapitre nous entraîne à lire le suivant. L'intrigue est vraiment très bien ficelée, elle ne nous laisse pas de répit. On en arrive à oublier le style d'écriture parfois trop simple de Ken Follett. Les personnages sont soit trop classiques et typés ou alors ils ne sont pas trop développés, tel par exemple le frère de Maisy Robinson, qui va créer un syndicat, qui contre toute attente n'aura pas le moindre impact sur l'intrigue. On retrouve dans ce roman les mêmes ficelles que dans Les Piliers de la Terre (Pillars of Earth, 1990), autre grand roman de Follett se déroulant au moyen-âge: une crime masqué dans le passé qui marquera l'avenir, complots de pouvoir, un héros rejeté depuis son jeune âge.

Il s'agît ici d'un livre passionant, malgré quelques défauts.

19:58 Écrit par Marc dans Follett, Ken | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ken follett, thrillers, romans historiques, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!