vendredi, 04 février 2011

Les mains baladeuses - Esparbec - 2004

esparbec, les mains baladeuses, romans erotiques, romans pornographiques, litterature francaiseFleshtown est une grosse bourgade perdue au fin fond du Kansas. Rien ne s’y passe, sauf peut-être l’annuelle Foire aux cochons, sinon la ville semble comme endormie dans sa campagne. Le Pasteur Bergman veille sur sa communauté et s’est donné comme mission d’instruire et de préparer aux plaisirs de la chair toutes les oies blanches des environs, toutes des filles innocentes qui risquent fort bien de s’étonner de ce que leur réserve leur futur mariage. A l'aide de ses pilules contre la timidité et de séances d'hypnose plus ou moins catholiques, il vient à bout des scrupules surannées des plus pudibondes. D’autres filles tournent mal, se laissant aller au pêché, et n’est-ce pas donc aussi le rôle de ce bon pasteur de les remettre dans le droit chemin. Evidemment le Pasteur Bergman a des méthodes bien particulières pour arriver à ses fins Pour lui, tout cela est plus qu’un devoir, c’est un véritable plaisir. Et pour ne pas perdre le fil de ses travaux, le Pasteur Bergman remplit minutieusement le détail de tout dans ses Carnets de chasse.
Cécilia Harding, la préceptrice des filles du pasteur, épie tous les traitements et jeux scabreux du pasteur. Ce ne sera pas sans conséquence sur sa propre vie, dont elle nous raconte les péripéties les plus lubriques dans son 'Cahier rouge'.
Ainsi les notes de chacun s’alternent et se mêlent dans ce livre dans lequel viennent encore s’ajouter les notes d’un écrivain parisien, Esparbec, que l'écriture de ce roman pornographique perturbe plus qu'il ne l'aurait souhaité...

Attention ! Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, il s’agît bien ici de littérature pornographique pure et dure, et donc réservée à un public adulte.
L’écrivain français Esparbec est depuis quelque temps passé maître dans ce genre avec un style toujours très cru s’adressant bien plus au bas ventre du lecteur plutôt qu’à ses neurones. Ici, guère d’érotisme même. Les mains baladeuses nous conte une histoire se déroulant dans une  bourgade pudibonde des Amériques, véritable caricature d’une certaine société américaine d’aujourd’hui et déjà le théâtre d’autres récits de l’auteur, Esparbec se donne à coeur joie, n’hésitant pas à provoquer sur tout aspect ayant trait au sujet. De plus il se joue à merveille de tous les clichés du genre pour donner l'excitation à certains sinon le dégoût à d’autres. Les pages ayant attrait à la vie d’Esparbec en personne sont tout en donnant plus de niveau au texte cependant bien moins intéressantes. on peut également critiquer le côté très machiste de chacune des scènes, mais cela fait peut-être partie de ce genre si particulier.
Car n’oublions pas que ce roman, comme on le dit, se doit d’être lu d’une main, sinon pas du tout.

A noter que les Mains baladeuses s’arrêtent là où commence l’autre roman d’Esparbec qu’est La foire aux cochons, publié un an plus tôt.

En bref Les mains baladeuses est quelque part un livre extrême, du porno pur qui plaira à certains mais en écoeurera beaucoup d’autres.

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Extrait : premier chapitre

" Préparation " d'une oie blanche (Carnets de chasse du pasteur Bergman)

LUNDI. PREMIER RENDEZ-VOUS.

Le printemps arrive, la chasse aux oies blanches est ouverte. Ce lundi, pendant que ma chère femme était au zoo avec les gamines (Virginia White, leur institutrice, avait ses règles), j'ai reçu dans mon cabinet Mlle Prudence Farming. Prudence Farming m'est recommandée par un collègue de F., petite bourgade proche de notre ville. Il prétend, dans sa lettre, qu'elle est " incroyablement naïve " et qu'on peut lui faire " avaler n'importe quoi ". Ce sont les termes qu'il emploie, je ne fais que le citer.

" Une authentique oie blanche ! ajoute-t-il dans son post-scriptum. Je ne peux m'en occuper moi-même comme elle le mérite, car je suis très lié avec ses parents, c'est pourquoi je vous l'envoie. Il s'agit de la déniaiser comme vous savez si bien le faire, afin qu'elle ne soit pas trop désarmée quand il s'agira de la marier. Dans sa famille, les filles se marient très tôt, ne vous laissez donc pas impressionner par son extrême jeunesse. "

Prudence Farming arrive à l'heure dite. La bonne étant de sortie, je l'introduis moi-même dans mon bureau. C'est une jolie rustaude qui sort à peine de l'enfance. Une beauté de village un peu grossière, mais alléchante. Mal maquillée. Bouche épaisse, mais bien dessinée. Elle rougit à tout propos et baisse les yeux chaque fois que je la regarde ; c'est bon signe. Elle a l'air si stupide que j'ai un début d'érection.

Elle s'assoit sur le siège que je lui désigne, en face de moi, et tire sa robe à fleurs sur ses genoux. Les mollets sont un brin trop forts, c'est une fille de la campagne, mais la jambe est bien faite. Son bas gauche est filé, une échelle grimpe sous sa robe. Elle regarde autour d'elle, très impressionnée par la quantité de livres qui garnissent mes étagères.

J'attaque ferme.

- Mon collègue de F. me dit que vous voudriez vous marier... de préférence avec un garçon de notre ville.

- C'est exact, monsieur le pasteur. Il m'a suggéré de m'adresser à vous. Il m'a dit que vous étiez un conseiller matrimonial, un expert du mariage.

Elle se trémousse un peu, mal à l'aise, et me lâche naïvement la véritable raison de sa visite.

- Il m'a dit aussi que vous connaissiez beaucoup de jeunes gens d'un bon milieu et que, si vous étiez content de moi, vous m'en feriez connaître quelques-uns, au cours d'une fête de charité.

(Brave collègue de F. ! Il faudra que je pense à lui revaloir ça. Dès demain je vais me mettre en quête d'une bonne fille bien délurée pour la lui envoyer quelques jours, histoire qu'elle se refasse une santé à la campagne. Je lui demanderai de la loger. Le reste le regarde.)

- Mon collègue n'a pas exagéré. Il est vrai que j'ai fait plus de cent mariages. Si je comprends bien, Prudence, vous ne voulez pas épouser un garçon de la campagne ?

- Non, monsieur. Je voudrais vivre à la ville. Et pour cela...

- Pour cela, il vaut mieux épouser quelqu'un de la ville ! Cela va sans dire... Eh bien, je ne vois aucune raison de ne pas vous donner satisfaction. Je vais faire en sorte de vous trouver un bon mari... Un employé de banque, par exemple. J'ai en vue un garçon très sérieux qui rêve d'épouser une fille saine qui viendrait de la campagne.

- Oh, cela ferait tout à fait mon affaire ! Est-il bien de sa personne ?

- C'est un assez joli garçon. Mais avant de vous le présenter, il faut que je vous fasse subir quelques tests. Etes-vous disposée à les subir ?

- Je ferai tout ce qui sera possible pour vous satisfaire, monsieur.

- Ne vous avancez pas si vite. Je vais vous demander des choses qui vont peut-être offenser votre pudeur. Vous comprenez que, quand il s'agit de mariage, on n'est jamais assez prudent !

- Je comprends.

- Je vais donc opérer quelques constatations préalables. Restez assise, c'est moi qui vais venir à vous.

Je fais le tour du bureau, je prends une chaise, et je vais m'asseoir tout près d'elle. Nos genoux se touchent. Je lui prends les mains et je les lui pose sur les accoudoirs de son fauteuil.

- Vous garderez vos mains ici, quoi qu'il arrive. C'est bien compris ?

Elle fait oui de la tête, visiblement inquiète de ces préliminaires.

- Est-ce que des garçons vous ont déjà touché les seins, Prudence ?

Un flot de sang monte à ses joues et elle baisse le front pour fuir mon regard. Ses mains se sont crispées sur les accoudoirs du fauteuil. N'osant pas parler, elle fait signe que oui, de la tête.

- Les leur avez-vous montrés ?

Elle hésite longuement, puis, à nouveau, opine du bonnet. Ses oreilles sont écarlates.

- Expliquez-moi comment cela s'est passé. En quelques mots.

- A la fête du village... une fois... après le bal... j'avais un peu bu, j'avais chaud... mon cavalier m'a proposé d'aller prendre le frais dehors... et c'est là... dans une grange...

- Seulement les seins ?

- Oh oui, monsieur, je vous le jure. Et quelques baisers. Quand il a voulu aller plus loin, je ne me suis pas laissé faire !

- Eh bien, c'est parfait, ma chère Prudence. Voyez-vous, il faut que j'assure que vous avez une bonne poitrine, car le fiancé que je vous destine veut avoir des enfants et que sa femme soit en mesure de les allaiter. Si vous les avez déjà montrés à un garçon, ce ne sera donc pas une trop grande épreuve pour votre pudeur que de me laisser les examiner à mon tour.

Je m'attendais à des protestations effarouchées. Il n'en est rien. Mon collègue de F. aurait-il raison ? Peut-on vraiment lui faire " avaler n'importe quoi ? " Voilà que mon érection me reprend. Quant à elle, elle attend bien sagement, les mains sur les accoudoirs, les paupières baissées.

- Ce garçon que je vous destine, lui dis-je, est une véritable perle. Il est déjà le propriétaire d'une très jolie maison et il vient d'acheter une voiture neuve. Il n'attend plus qu'une jeune fille comme vous pour fonder une famille...

Tout en l'endormant ainsi de promesses, je déboutonne le premier bouton de son corsage. Elle tressaille à peine. Je continue. Quand sa robe est ouverte jusqu'à la ceinture, je lui dis :

- Vous n'avez qu'à imaginer que vous êtes chez le docteur.

Elle acquiesce d'un geste imperceptible. Je glisse mes mains sous sa robe et je la fais se pencher vers moi pour dégrafer son soutien-gorge dans son dos. Nos joues se frôlent. La sienne est brûlante. Le soutien-gorge dégrafé, elle se redresse. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre, j'ouvre sa robe et j'abaisse les bonnets. Ses seins jaillissent comme deux colombes avec leurs becs roses tendus. Ils sont superbes, gonflés de sève, en forme de poire, avec des pointes minuscules déjà toutes durcies par l'émotion.

- Et hop, dis-je, les voilà dehors, ces mignons. Vous avez vraiment une très jolie poitrine, Prudence, votre mari aura bien du bonheur à la caresser.

Elle bat des paupières. Je me penche pour bien les admirer. Comme elle se tient toute droite, le dos vertical, ses seins sont braqués devant elle avec une sorte d'effronterie qui ne laisse pas d'agir sur mes sens. Je trouve toujours très excitant de regarder les seins nus d'une femme encore habillée, de les voir surgir ainsi dans le désordre des vêtements, s'offrant à la vue et au toucher comme des fruits de chair qu'il n'y a plus qu'à cueillir. Cette Prudence a une nature très sensuelle car il suffit que je les regarde pour que leurs mamelons s'épanouissent à vue d'oeil.

- Nous allons passer à l'exercice suivant, lui dis-je. Vous me les avez montrés, maintenant je vais vous les toucher. Comme ce garçon, dans la grange... Et comme votre mari, au soir de vos noces.

- Mais...

- Pas de mais, Prudence ! (J'ai pris ma grosse voix.) Si vous voulez épouser ce garçon, il faut faire ce que je dis ! Je dois vérifier que vos seins sont d'une capacité suffisante pour nourrir vos bébés. Pour cela, je dois les palper !

Je les prends donc en mains sans qu'elle réagisse autrement que par un frisson. Quelles merveilles... suaves, tièdes, élastiques ! Je les pétris doucement, puis je les caresse sur toute leur longueur en resserrant mes doigts. Quand j'arrive aux pointes, je les saisis entre mes doigts et les pince délicatement. Prudence se laisse faire, toute frémissante, c'est à peine si elle ose respirer. Je sens ses genoux tressaillir nerveusement contre les miens chaque fois que je lui taquine les tétins.

Je m'amuse ainsi un bon moment, dans le plus grand silence. La coquine prend goût à la chose, cela se sent à l'alanguissement de son corps, à la façon dont elle se cambre chaque fois que je les reprends après les avoir lâchés un instant. Je la sens mûre ; je décide donc de pousser la chose plus avant.

- Les seins d'une femme ne servent pas qu'à nourrir ses enfants. Ils sont aussi là pour le plaisir du mari. Et pour le vôtre. Une femme éprouve toujours de l'excitation à les montrer et à se les faire caresser.

En lui disant cela, je lui titille les mamelons.

- Vous sentez comme ils deviennent durs, Prudence ? Comme ils grossissent ? Est-ce que vous auriez de vilaines pensées, par hasard ? Venez avec moi... nous allons étudier ça de plus près.

Je la conduis devant le miroir de la cheminée. Dès qu'elle s'y voit, dépoitraillée, elle pousse un cri et veut se couvrir. Je l'en empêche en lui tenant les mains. Je prends à nouveau ma grosse voix. Et face au miroir, l'obligeant à regarder ce que je lui fais, tout en lui parlant de son futur mari, je lui empoigne à nouveau les mamelles.

- Il vous le fera, lui, autant vous aguerrir tout de suite pour ne pas avoir l'air trop sotte ! A la ville, les hommes aiment bien jouer avec les seins de leurs femmes. C'est la faute de toutes ces publicités pour les dessous...

Je les soupèse, les secoue, les manipule, les agite, les pétris. C'est terriblement excitant de voir son visage écarlate et ses seins blancs dans le miroir. Elle respire de plus en plus vite. Je me colle à elle par-derrière. Ses fesses charnues accueillent mon érection.

- Oh, monsieur le pasteur...

- Votre mari aussi le fera... lui dis-je. Nous sommes à la ville, ici, pas à la campagne. Il faut vivre avec son temps.

La tenant par les seins, je la plaque contre moi. Je sens son derrière bouger. Je colle ma bouche à son oreille. Charmante oreille en forme de coquille marine. Je lui susurre :

- A la ville comme à la campagne, Prudence, quand un mari fait cela à sa femme, elle doit impérativement mouiller sa culotte. Sinon, c'est qu'elle n'est pas mûre pour le mariage. Est-ce que vous mouillez la vôtre, en ce moment ?

Elle ne répond pas. Sa bouche épaisse a pris un pli boudeur. Je tire sur les tétines roses, je les allonge, petites cornes de chair. Elle ferme les yeux, s'alanguit contre moi, me pousse les fesses contre le ventre. C'est trop pour une première fois ! En dépit de tous mes efforts pour le retenir, mon plaisir m'échappe, je lui pétris rageusement les nichons et, la serrant contre moi, j'éjacule dans mon caleçon. (Il faudra que je songe à le rincer tout à l'heure pour que Gertrude ne se rende compte de rien.)

Cela s'est fait si soudainement que je n'ai pu retenir un cri furieux.

- Vous êtes bien une petite femelle comme toutes les autres ! lui dis-je. Allez, mademoiselle, rhabillez-vous, l'exercice est terminé pour aujourd'hui ! Cachez donc votre poitrine, fille impudique. A-t-on idée de rester ainsi les nichons à l'air ! Interdite, au bord des larmes, elle se rhabille en toute hâte. Je la reconduis jusqu'à la porte sans un mot. Au moment d'ouvrir, je lui fixe un nouveau rendez-vous pour demain. Et je referme la porte derrière elle sans attendre même qu'elle m'ait répondu.

Si elle vient demain, après un tel début, c'est qu'elle est prête à tout pour se marier. En ce moment, j'en suis sûr, rien que l'idée la révolte. Mais la nuit porte conseil...

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Présente édition
Editions La Musardine, 25 août 2005, 699 pages

samedi, 05 septembre 2009

La foire aux cochons - Esparbec - 2003

bibliotheca la foire aux cochonsFleshtown est une grosse bourgade du Kansas qui , aux premiers abords, semble être des plus banales. Toutefois elle va être le théâtre d'événements hors du commun alors que s'annonce la foire des éleveurs de porcs, dite la foire aux cochons. Cela commence par deux dangereux pervers échappés du bagne, les frères Jack, qui y trouvent refuge le soir de la foire et vont notamment visiter la maison de la jeune et belle, mais tout aussi vicieuse et délurée, Darling ; pendant toute une longue nuit, elle va devenir la proie des deux forcenés. Mais heureusement le shérif Prentiss veille et la sauvera au matin. Dès le lendemain la vie continue. Darling tente de se remettre de son agression, le shérif Prentiss fait ses enquêtes de voisinage, notamment concernant un bar tenu par Sam, mari complaisant qui essaie de détourner la loi… en se servant de sa femme. D'autres personnages vont intervenir encore, tel Sigmund-de-Pigalle, musicien bossu, visite les femmes seules pour leur vendre des articles coquins en espérant quelque services de retour, et l'austère pasteur Bergman, déclare la guerre au vice, mais est-il réellement sincère... Et toutes ces histoires vont peu à peu s'entremêler...

La foire aux cochons de l'écrivain français Esparbec, de son vrai nom George Pailler, est un pur roman pornographique. Pour ceux que ce genre dérange : inutile d'aller plus loin !
Il s'agît toutefois d'un roman de genre quelque peu particulier en se voulant une satire de la vie d'une communauté d'américains moyens, dont on connaît si bien la vie par les nombreux feuilletons télévisés et films de cinéma. Le roman décrit en effet ces citoyens moyens, par une immense galerie de personnages haute en couleurs, en proie à leur fantasmes les plus pervers. C'est très scabreux, la morale en prend de nombreux coups par de très nombreux passages où tout ce que peut fournir ce genre y passe: relations multiples, incestueuses, nonconsentantes , entre mineurs... Et tout cela dans un rythme hallucinant qui ne laisse guère de répit. Dans tout ce déballage d'horreurs, un certain humour noir et glauque surnage pourtant et l'écriture d'Esparbec a pas mal de mérites.
On regrettera cependant le côté trop machiste voulu par l'auteur qui se dénote par la domination absolue mâle et la soumission définitive de la femme.
A noter que la plupart des personnages décrits dans ce roman interviennent aussi dans les romans La Pharmacienne (2003) et Les mains baladeuses (2004) du même auteur.

La foire aux cochons est un roman pornographique très hard, ainsi qu'une belle satire des moeurs américains, qui ne manque guère de qualités.

A réserver à un public adulte et amateur du genre.

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Extrait :

 

 


I. LES VISITEURS DU SOIR

Cette nuit-là, Darling était toute seule dans sa chambre. La maison était silencieuse, tous ses habitants étaient partis s’amuser à la foire. À l’occasion de cette foire – la foire des éleveurs de porcs – qui se tenait chaque année, de nombreux visiteurs envahissaient la ville, principalement des fermiers des environs, et l’on festoyait jusqu’au matin. En vain Darling avait-elle supplié son grand-père, Cornélius s’était montré intraitable.


« Les rues seront pleines de viande soûle... ce n’est pas la place d’une jeune fille... et puis, vous devez vous lever tôt, demain, pour aller au collège. »

Voilà pourquoi, alors que tout le monde s’amusait en ville, elle se passait du vernis à ongles dans sa chambre, en écoutant la radio.

Avant de partir, madame Lydia lui avait bien recommandé de n’ouvrir à personne.

« Tu sais ce que c’est... une jeune fille seule... avec tous ces voyous de la campagne qui traînent dans les rues... Il ne faudrait pas qu’il t’arrive ce qui est arrivé à Miss Laggerty. »

Deux ans auparavant, Miss Laggerty avait été violée par d’honorables commerçants de la ville qui avaient bu un coup de trop, à l’occasion de la foire, justement. L’affaire avait été étouffée... Mais Miss Laggerty ne s’en était jamais remise. Elle avait très mal tourné.

Avec un soupir, Darling reboucha son flacon de vernis et agita ses doigts pour les faire sécher. Elle pensait à Miss Laggerty. Elle y pensait si bien que les paroles du speaker ne parvinrent pas tout de suite à son esprit :

« Les deux hommes sont armés », disait le speaker, d’une voix haletante. « Nous répétons : ils sont armés. Il s’agit de deux dangereux psychopathes. Jack Beans et Jack Pimms ont à leur actif plus de trente agressions à main armée suivies de viols. »

Le mot « viol « fit tressaillir Darling. Elle tourna le bouton de la radio pour la mettre plus fort.

« Condamnés à la réclusion perpétuelle », poursuivit le speaker, « les deux Jack purgeaient leur peine au pénitencier de Carson City. Ils se sont évadés la nuit dernière après avoir désarmé  deux gardiens. Ils auraient été signalés à bord d’une voiture volée, dans la vallée de la Meriwether, à quelques miles de notre ville... » 

La voix pompeuse du speaker avait pris une intonation dramatique.

« À l’occasion de la foire des éleveurs de porcs, de nombreux visiteurs affluent dans les rues de notre ville. Il serait très facile pour les deux évadés de se dissimuler dans la foule... »

Pendant qu’il recommandait aux femmes seules de ne pas ouvrir à des inconnus, la jeune fille, prise d’une soudaine inquiétude, alla jusqu’à la fenêtre de sa chambre et souleva prudemment le rideau. La voiture était toujours là, arrêtée devant le portail du jardin, presque cachée par le feuillage retombant de la glycine. Une vieille Pontiac des années cinquante, toute cabossée. Elle était là depuis le crépuscule.

« Sans doute un fermier des environs, en train de faire une partie de billard chez Sam », se rassura Darling.

Se grattant le derrière, elle contempla un moment l’enseigne rouge du bar d’en face qui clignotait dans la rue déserte, puis revint vers son lit en dénouant son peignoir. Sur la table de nuit, le transistor continuait ses jérémiades :

« Deux dangereux repris de justice... s’attaquant aux femmes seules dans des maisons isolées... raffinements de violence d’un sadisme abject... le plus redoutable des deux, Ptit Jack, a gagné le sobriquet de “L’orphelin” au pénitencier d’État, à cause de sa voix geignarde et de ses plaintes perpétuelles. Il se pose volontiers en victime de l’injustice sociale... »


Agacée, la jeune fille changea de poste. Un programme de musique folk remplaça le monologue du speaker. Mais les deux évadés refusaient de sortir de son esprit. Plus de trente viols ! Avec un frisson, elle retourna l’édredon et entra dans son lit. Tout de suite, elle tira le drap par-dessus sa tête et se recroquevilla, ainsi qu’elle faisait quand elle était toute petite... pour se masturber. Elle n’entendait presque plus le murmure de la radio, mais l’épaisseur de l’édredon ne pouvait pas la protéger contre ses propres pensées. Sans cesse, elles revenaient sur cette voiture  inconnue garée devant la maison. Et sur les deux évadés...

Darling avait toujours aimé se faire peur, avant de s’endormir. Cela l’excitait. Quand elle s’était bien effrayée en imaginant que des hommes entraient dans sa chambre et glissaient leurs mains sous le drap pour toucher son corps, elle se masturbait longuement, délicieusement, en se disant des gros mots.

Ce soir, pas besoin de recourir à ce fantasme. Elle avait vraiment peur. La maison était en travaux, sa toiture était ouverte à tous les vents, rien de plus facile que de s’y introduire.

Comme il pleuvait dans les chambres, Cornélius, malgré son avarice, s’était résigné à faire refaire la  toiture. Des échafaudages entouraient le bâtiment. Et comme les couvreurs n’avaient pas encore remplacé les tuiles fêlées qu’ils avaient retirées, une partie du toit était à ciel ouvert, provisoirement protégée de la pluie par des bâches. Il suffisait de redresser une des échelles qui traînaient dans le jardin, et le tour était joué.

Secouée de frissons, Darling, sous le drap, retroussa sa chemise de nuit et écarta les cuisses. Pour chasser ces pensées lugubres, elle ne connaissait qu’un remède. Après avoir sucé le bout de son index pour le mouiller, elle fouilla dans les poils de son sexe. Son clitoris était déjà sorti. D’un petit tapotement régulier elle commença à se masturber. Quand elle aurait joui, elle le savait, elle aurait tout juste la force d’éteindre la radio, et le sommeil l’emporterait au pays des cauchemars...

 

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Voir également :
- Les mains baladeuses - Esparbec (2004), présentation et extrait

11:06 Écrit par Marc dans Esparbec | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erotisme, pornographie, esparbec, romans erotiques, romans pornographiques, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!