lundi, 16 janvier 2006

La faneuse d'amour - Georges Eekhoud - 1900

Lorsque devenue comtesse d'Adembrode, Clara Mortsel, fille d'une famille ouvrière ayant prospérée récemment, s'éprend de la vie de campagne au domaine de son époux, et elle s'éprend surtout du jeune Russel Waarloos, un fils de paysan. Déjà toute jeune elle était attirée par les hommes de la plèbe, des ouvriers qui venaient et allaient dans l'atelier de son père. Aujourd'hui suite à ce mariage arrangé et aux distances de son époux, elle essaie de tout moyen de séduire le jeune Waarloos.
Mais pendant ce temps, la Campine est troublée par des troubles sociaux amenant même des émeutes, où les libéraux affrontent les conservateurs catholiques de la campagne.

Dans un style naturaliste nous est décrit comment une femme noble de morale assez catholique va essayer de vivre contre tout, même contre la volonté de son bien-aimé, une histoire d'amour impossible, défiant les lois sociales du moment. Eekhoud nous renouvelle ici son admiration pour le peuple "du bas", des ouvriers et paysans.

Le roman a été pour la première fois publié en 1886 sous le titre des Milices de Saint-François, mais sera réédité et modifié en 1900 sous son titre actuel.


Voir également:
- La nouvelle Carthage - Georges Eekhoud (1888), présentation
- Escal-Vigor - Georges Eekhoud (1899), présentation

- L'Autre Vue - Georges Eekhoud (1904), présentation

21:40 Écrit par Marc dans Eekhoud, Georges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges eekhoud, romance, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

vendredi, 16 décembre 2005

L'Autre Vue (ou Voyous de velours) - Georges Eekhoud - 1904

L'Autre Vue, ou également appelé Voyous de velours, paraît en 1904. Georges Eekhoud profite ici pour approfondir son personnage, Laurent Paridael, qui a été l'héros de La nouvelle Carthage, paru en 1888. Il nous conte en effet ici, un épisode de La nouvelle Carthage, uniquement cité dans le premier roman, où Laurent Paridael part pour Bruxelles, plus spécifiquement dans le fameux et très populaire Quartier des Marolles, pour vivre parmi une bande de voyous. Il sera également amené à devenir enseignant dans un centre pénitencier et même fossoyeur, avant de repartir à Anvers pour conclure La nouvelle Carthage.

On nous décrit ici l'admiration passionée et exagérée de Laurent Paridael pour les voyous, les sous-prolétaires en haillons. La prédilection du héros pour les marginaux dévoile des tendances homosexuelles et anarchisantes. Ce livre est avant tout un témoignage de la révolte d'un écrivain anticonformiste contre la société belge, très bourgeoise, de la fin du XIXe siècle.

Cependant, le livre est assez difficile à lire et à accrocher le lecteur, dans la mesure où l'on suit le héros et sa passion qui paraît très exagérée, dans une foule d'aventures sans suite. Il n'y a pas d'intrigue proprement dite, mais plus une errance psychologique d'un héros, qu'on a parfois du mal à comprendre, à travers les bas-fonds de la société. Un certain ennui apparaît également du fait qu'Eekhoud nous répète plusieurs fois des mêmes idées.

Ce livre peut être recommandé, sans être nécessaire, en tant que complément de l'excellent La nouvelle Carthage, mais ne vaut pas la lecture pour lui-même.

Voir également:
- La nouvelle Carthage - Georges Eekhoud (1888), présentation
- Escal-Vigor - Georges Eekhoud (1899), présentation

- La faneuse d'amour - Georges Eekhoud (1900), présentation

18:20 Écrit par Marc dans Eekhoud, Georges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges eekhoud, les marolles, la nouvelle carthage, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

lundi, 07 novembre 2005

Escal-Vigor - Georges Eekhoud - 1899

Henry de Kehlmark, châtelain de l’Escal-Vigor, a décidé de se retirer dans l’île de Smaragdis. Pour fêter son installation, le jeune aristocrate a décidé de recevoir chez lui une bonne partie de la population de l’île, ce qui monte contre lui les notables, humiliés d’être traités comme tous les autres. C’est lors de cette réception qu’il rencontre pour la première fois Guidon Govaertz, le fils du bourgmestre, un jeune homme de dix huit ans. ux, dit son père. Très vite ils deviennent tout l’un pour l’autre, au grand dam de la soeur de Guidon qui avait jurer épouser le jeune Henri. Les deux amants se réfugient alors dans le château isolé sur une île imaginaire, dressé face à l'océan, seuls contre les hommes et contre Dieu. Face à eux, l'hostilité va dégénérer bientôt en violence qui va culminer sur une issue fatale.

Escal-Vigor semble le premier roman à situer en pleine lumière et au premier plan le thème de la passion homosexuelle : passion partagée qui se heurte à la société. Livre audacieux scandaleux à l'époque, il reste aujourd'hui surprenant par la force de son propos et sa profonde fraîcheur romanesque. Notons que l'amour entre homosexuels n'est pas présenté ici comme un vice honteux, mais comme un sentiment juste et légitime. Ce roman causa d'ailleurs des problèmes judiciaires à Georges Eekhoud.


Voir également:
- La nouvelle Carthage - Georges Eekhoud (1888), présentation

- La faneuse d'amour - Georges Eekhoud (11900), présentation
- L'Autre Vue - Georges Eekhoud (1904), présentation

21:21 Écrit par Marc dans Eekhoud, Georges | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : georges eekhoud, romance, homosexualite, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mercredi, 26 octobre 2005

La Nouvelle Carthage - Georges Eekhoud - 1888

Laurent Paridael, jeune garçon d'un milieu pauvre, est pris en charge après la mort de son père par son oncle, le riche industriel anversois Dobouziez. Mal dans sa peau dans ce nouveau milieu social et d'ailleurs très mal accepté par sa nouvelle famille d'accueil, Laurent va petit à petit se tourner vers le prolétariat, voire même le sous-prolétariat d'Anvers pour essayer de trouver une alternative à cette société bourgeoise à laquelle il veut échapper.

La Nouvelle Carthage est Anvers, la grande métropole commerciale du début de XXe siècle. Son monde ouvrier est largement décrit, mais aussi son monde politique et bourgeois, très libéral et sans scrupules par rapport au bas peuple qu'il tente d'exploiter jusq'à son dernier souffle.

Georges Eekhoud est surtout connu pour ses romans au naturalisme sombre et cependant curieusement baroque. Il peint les paysages de Campine, le port d'Anvers et ses quartiers douteux hantés par des personnages en dehors des normes sociales, religieuses ou sexuelles, révoltés au grand coeur qui s'opposent par leur noblesse d'âme aux bourgeois étriqués et égoïstes. Il reste fidèle à la définition qu'en donne Gustave Flaubert: «J'appelle bourgeoisie tout ce qui est de bas.»

Roman aux relents pervers - d'une immoralité qui écoeure, Eekhoud communie sacrilègement avec toutes ces âmes de dévoyés, rebuts ou martyrs d'une société athée et matérialiste - épopée de vagabonds, anarchisisme érotique de gueux et de crève-misère qui se démènent comme des bêtes dans une atmosphère sensuelle, relevée par la cruauté des descriptions.
Son style est rude, raboteux, donnant une impression de brutalité, même là où à sa manière, l'auteur exprime sa tendresse pour l'humanité.


Voir également:
- Escal-Vigor - Georges Eekhoud (1899), présentation
- La faneuse d'amour - Georges Eekhoud (1904), présentation

- L'Autre Vue - Georges Eekhoud (1904), présentation

18:33 Écrit par Marc dans Eekhoud, Georges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges eekhoud, litterature belge | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!