samedi, 11 mars 2006

Seconde Variété (Second Variety) - Philip Kindred Dick - 1953

La guerre nucléaire a éclatée entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique, laissant un monde totalement détruit et ravagé derrière elle. Cependant la guerre continue sans fin, les troupes étant dirigés par des bases placés sur la lune. (métaphore de nombreux conflits, telle la guerre de Corée ou du Vietnam, toutes dirigées bien loin et souvent de façon indirecte par les deux super-puissances). Mais les Etats-Unis ont développé une nouvelle arme pour frapper l'ennemi, une série de robots auto-réplicants qui ont pour but de tuer tout être vivant. Cette nouvelle arme va peut-être enfin faire pencher la victoire du côté occidental, jusqu'au jour où des soldats américains trouvent une seconde variété de ces robots, des humanoïdes qui tentent d'infiltrer les hommes afin de les détruire. Les robots ont évolué, à l'encontre de leurs créateurs.

Cette nouvelle de Philip K. Dick est une véritable et complète métaphore de la guerre froide, relevant l'idée des conséquences de ce conflit opposant deux super-puissances, mais illustrant avant tout cette Amérique anti-communiste à l'extrême, qui a peur (McCarthysme, agents soviétiques infiltrés). Dick nous y décrit très bien cette guerre sans fin et sans but, les soldats totalement désabusés, et leur crainte face à un nouvel ennemi, qu'ils n'ont plus la force d'affronter. La morale de cette nouvelle serait aussi, une fois l'ennemi vaincu, quel nouvel annemi doit-on attaquer. Seconde Variété est une nouvelle très réussie (ce qui n'est pas le cas de toutes les nouvelles de Dick); à découvrir!

Seconde Variété a été adapté au cinéma en 1995 par Christian Duguay sur un scénario de Dan O'Bannon sour le titre de Planète hurlante ('Screamers' en vo) avec dans le rôle principal Peter Weller. Il s'agît hélas là que d'un petit film de science-fiction sans autre prétention que celle de divertir.


Voir également:
- La loterie solaire (Solar Lotery) - Philip Kindred Dick (1955), présentation
- Le Maître du haut château (The Man in the High Castle) - Philip Kindred Dick (1962), présentation

10:17 Écrit par Marc dans Dick, Philip K. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philip kindred dick, science-fiction, philip k dick, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

jeudi, 09 mars 2006

Le Maître du haut château (The Man in the High Castle) - Philip Kindred Dick - 1962

La seconde guerre mondiale s'est terminée en 1947. Les Alliés vont capituler devant les forces de l'Axe. L'Allemagne et le Japon sont les grands vainqueurs de la guerre. Les Etats-Unis sont divisés en deux territoires distincts, une tyrannie nazie à l'est, alors que l'ouest est attribué aux Japonais.

Nous sommes dans les années cinquante, la guerre froide s'est installée alors que les nazis ont envoyés les premiers hommes dans l'espace, alors qu'on nous conte les destins croisés de plusieurs personnes vivant cette époque: Robert Childan, antiquaire dans la partie ouest des Etats-Unis sous occupation japonaise, de Frank Frink, trafiquant de fausses antiquités, juif de son état et inquiet de l'occupation allemande de l'autre moitié des Etats-Unis, mais aussi de Juliana et du routier italien, ancien membre des commandos de l'armée mussolinienne, qu'elle va rencontrer et sans oublier Nobusuke Tagomi, que ses états d'âme préoccupent. Le tout nous est raconté au rythme des révélations du Yi-King, le Livre des Transformations, le célèbre oracle chinois apporté par les Japonais.
Et pourtant ce monde va être ébranlé par une rumeur. Un homme vivant dans un haut château aurait écrit un roman, La Sauterelle pèse lourd, supposant au contraire une victoire des Alliés sur l'Axe en 1945...

Paru en 1962, prix Hugo en 1963, Le Maître du haut château est l'une des oeuvres majeures de Philip Kindred Dick, et d'ailleurs aussi l'un des romans les plus connus du genre de l'uchronie. Le point de divergence de cette uchronie est le fictif attentat de Roosevelt en 1933, les Etats-Unis ne vont donc plus fournier l'effort de guerre que nous connaissons. Mais il s'agît aussi d'une uchronie dans l'uchronie, son auteur joue avec nos perceptions jusqu'au doute le plus total, sans jamais nous perdre complètement. A la fin, le lecteur est confronté à plusieurs réalités de l'après seconde guerre mondiale. Finalement, il aurait fallu de peu pour vivre dans une société totalement différente, et vraissemblablement ni pire ni meilleure. Les personnages sont très réussis, d'une telle consistance, qu'ils semblent parfois sortir de la mémoire de Dick et non de son imagination. Un roman très impressionant, d'une force immense qui perturbera le lecteur jusqu'au bout.


Voir également:
- Seconde variété (Second Variety) - Philip Kindred Dick (1953), présentation
- La loterie solaire (Solar Lotery) - Philip Kindred Dick (1955), présentation

21:47 Écrit par Marc dans Dick, Philip K. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science-fiction, philip kindred dick, uchronie, philip k dick, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

mardi, 18 octobre 2005

Loterie solaire (Solar Lottery) - Philip Kindred Dick - 1955

Toute la société est régie par un grand jeu de loterie, que ce soient les comportements sociaux ou politiques. Tout est établi sur des stratégies identiques à celles du poker. Pour éviter d'être gouverné par la duperie et le mensonge, on a inventé le Minimax : désormais, c'est le hasard qui désignera le Meneur de Jeu, c'est-à-dire le dirigeant de la société. La position n'est pas pour autant de tout repos, car des assassins sont officiellement désignés pour l'abattre. Ce qui est logique, dans la mesure où cela empêche à des idiots et incapables de rester longtemps au pouvoir (ils se feront vite tuer). C'est probablement ce qui va arriver à Cartwright, l'inconnu qui vient d'arriver à ce poste et dont l'esprit est obsédé par une expédition destinée à découvrir une dixième planète dans le Système Solaire (la conquête de cette mystérieuse planète est la partie la moins réussie du livre).

Hélas le contexte général du roman est peu crédible. On ne croit pas trop à cette société régie par le hasard, malgré les efforts de Philip K. Dick, qui semble pour son premier roman que très peu à l'aise. Malgré tout l'ensemble reste assez divertissant.


Voir également:
- Seconde variété (Second Variety) - Philip Kindred Dick (1953), présentation
- Le Maître du haut château (The Man in the High Castle) - Philip Kindred Dick (1962), présentation

17:34 Écrit par Marc dans Dick, Philip K. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : science-fiction, philip k dick, philip kindred dick, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!