vendredi, 27 juillet 2007

Un chien de saison - Maurice Denuzière - 1979

bibliotheca un chien de saison

Félix accepte, le temps de dépanner des amis, de garder un chien immense, du nom de Néron, pour le temps des vacances d’été. Mais ce célibataire endurci à la vie très routinière et dont le métier consiste à déchiffrer des inscriptions antiques ne se doute pas encore des immenses ennuis qui l’attendent. Il faut reconnaître que Néron, boxer bringué, lourd de quarante kilos de muscles et de malice canine, a une étonnante tendance à faire d'énormes bêtises et va ainsi totalement bouleverser la vie tranquille et organisée de son maître. Néron est une brute tendre qui aime dormir, rêvasser et, par-dessus tout, jouer : il mordille les tuyaux de machine à laver et provoque des inondations, arrache les papiers de la voiture des mains d'un gendarme et avale la vignette, déterre dans un champ de fouilles le tibia d'un Romain mort il y a deux mille ans et le transporte dans sa gueule comme un vulgaire os. Mais ce chien catastrophe qui débarque d’un coup dans la vie de Félix sait aussi être un compagnon merveilleux qui comble sa solitude et l’entraîne vers de nouvelles amitiés.

Maurice Denuzière, ancien grand reporter au journal Le Monde et auteur de bien nombreux autres romans se lance ici dans le genre bien plus léger de la comédie et du roman humoristique. L’idée d’un homme qui voit sa vie bouleversée par l’arrivée d’un animal domestique n’est certes pas neuve mais est présentée ici dans une langue très belle et extrêmement riche. Le livre se lit d’une traite et avec beaucoup de plaisir. Le ton est léger et le roman est plein d’humour. La description de l'évolution psychologique de Félix est très réussie.

Un chien de saison est un excellent divertissement plein d’humour pour tout public.

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !

Extrait :

Quand le téléphone sonne à l'heure du petit déjeuner que je prends habituellement vers neuf heures et quart - un œuf mollet, deux toasts dorés, trois cuillerées de marmelade anglaise, quatre tasses de thé au lotus, la première embuée d'un nuage de lait - c'est l'appel d'un intime ou la brutale intervention du destin malveillant.

La règle se trouva confirmée d'une façon mitigée ce matin-là.

"Allô, Félix, c'est Irma… Bonjour… Une grande joie nous échoit, Félix, que je veux vous faire partager illico !

- Vous avez gagné au loto ! Henry a la Légion d'honneur ! votre oncle banquier a cassé sa pipe !

- Vous n'y êtes pas…, mieux que cela, nous sommes invités, Henry, les enfants et moi, à passer trois semaines en Écosse.

- Formidable, Irma ! Je vous y vois déjà. Les distilleries de whisky cachées dans les vallées, le monstre du Loch Ness, les fantômes professionnels, la chasse au renard, Walter Scott, les tweeds de Pringle… et toute la famille en kilt… Vous allez être mignons !

Oui, hein… Mais…, Félix, il y a Néron !

- Néron ? Que vient faire là le fils d'Agrippine ?

- Néron ! Félix voyons, notre boxer bringé… Vous le connaissez… Vous êtes le seul de nos amis qu'il n'ait pas encore mordu !

- Il a essayé !

- Maintenant, il vous connaît et je sais que vous lui plaisez !"

Soit dit entre nous, je me moque comme d'une guigne de plaire ou non à Néron.

"Mais, Irma, je ne vois pas de rapport entre votre toutou et l'Écosse.

- Justement, Félix, il ne peut y en avoir. Les Britanniques exigent une quarantaine de six mois pour les animaux étrangers. Il n'est donc pas question d'emmener Néron avec nous !

- Ces insulaires, Irma ne seront jamais européens. Dommage, votre fauve eût été heureux au pays de la cornemuse. Il eût trouvé quantité de moutons à égorger et même dans les landes de Dartmoor, des poneys chevelus. Il aurait pu rencontrer le chien des Baskerville qui lui aurait administré une bonne leçon !

Pour commander ce livre via Amazon.fr : CLIQUEZ ICI !