dimanche, 19 mai 2013

L’Art français de la guerre - Alexis Jenni - 2011

alexis jenni, litterature francaise, l art francais de la guerre, prix goncourtJ'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue.

1991. Pour la première fois depuis la fin de la guerre d'Algérie, la France reprend les armes pour participer, dans le golfe Persique, à la gigantesque armada « Tempête du désert » contre Saddam Hussein... A Lyon, un jeune homme, fasciné par les images des combats, rencontre un vieux peintre, Victorien Salagnon, ancien para, qui n'a pas quitté l'uniforme de 1943 à 1962, de l'épopée de la France libre aux jungles indochinoises et aux sinistres caves d'Alger... Il raconte alors à son interlocuteur cette « guerre de vingt ans », jamais vraiment finie, qui a marqué douloureusement des générations de Français, et lui montre « ce signe qui parcourt l'histoire ». Car le sang de la guerre est partout, dans le temps, les âmes, l'eau des fleuves, et chacun doit apprendre à le voir et à ne pas le craindre...

L’Art français de la guerre, premier roman d’Alexis Jenni,  un professeur en biologie, a été l’événement littéraire de l’année 2011, Prix Goncourt à la clef, avait tout pour plaire. L’auteur a un style indéniable, l’idée d’une France en continuelle guerre depuis la Seconde guerre mondiale est forte, et pourtant... je n’ai à aucun moment accroché, au point d’en abandonner rapidement la lecture, après un début pourtant réussi. Et je suis même embêté de faire cette petite chronique sur finalement rien... donc désolé... et dommage pour ce roman qui pourtant avait tout pour plaire.

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Présente édition : Gallimard, 18 août 2011, 640 pages
ISBN-10: 207013458X / ISBN-13: 978-2070134588

vendredi, 17 mai 2013

Dôme, tome 1 (Under The Dome) - Stephen King - 2009

dome, stephen king, fantastique, science-fiction, litterature americaineL'homme s'arrêta. La marmotte comprit qu'elle avait été repérée. Sur sa droite, juste devant elle, il y avait un bouleau tombé au sol. Elle allait attendre qu'il soit passé, puis partirait à la recherche d'un morceau...

La marmotte n'alla pas plus loin dans ses pensées - même si elle avança encore de trois pas - car elle venait d'être coupée en deux. Elle s'effondra sur le bas-côté. Du sang jaillit par à-coups; ses entrailles se répandirent sur le sol; ses pattes postérieures s'agitèrent rapidement deux fois, puis s'immobilisèrent.

Sa dernière pensée, avant de plonger dans les ténèbres où nous sombrons tous, marmottes comme êtres humains, fut: Qu'est-ce qui s'est passé?

Un beau matin d’automne la bourgade de Chester Mill, dans le Maine, va connaître un événement aussi incroyable que terrifiant. D’un instant à l’autre, la ville va se retrouver isolée du monde par un champ de force invisible qui tel un dôme englobe en hauteur, et aussi en profondeur le territoire exact de la ville. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage, et les habitants de l’intérieur, après un moment de stupeur, vont commencer à s’organiser pour y survivre, car au fil des jours les ressources à l’intérieur de Chester Mill commencent à se raréfier. Le premier adjoint du maire Jim Rennie, a vite compris les avantages à tirer de cette situation en ordonnant un nouvel ordre social, le plaçant lui en tête, et avec sous sa coupe, par la terreur, la population entière de la ville. Tous ne l’entendent pas ainsi et une résistance s’organise autour de Dale Barbara, un vétéran de la guerre d’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville.

Vaste roman de plus de 1500 pages (en format poche) et publié en deux volumes, Dôme de Stephen King est un roman étonnant pas sa simplicité et son postulat et si efficace par le traitement qu’en fait ce grand auteur de fantastique, qui en main de maître dirige toute une galerie de personnages, la quasi-totalité de la population de Chester Mill à travers son funeste destin. Stephen King se concentre surtout sur ces relations humaines, qui rapidement se dégradent, à partir d’un postulat fantastique dont on ne sait encore si on en connaîtra la raison réelle, pour finir par donner une belle allégorie sur le totalitarisme, ainsi qu’une réflexion sur la nature humaine et sa résistance aux situations extrêmes.
Pour l’anecdote, Stephen King avait commencé à rédiger les bases de ce roman en 1976 avec une histoire nommée initialement The Cannibals et qui traitait à l’origine de locataires d’appartements qui se trouvent enfermés dans leur immeuble. Mais au bout de 75 pages l’auteur abandonnera le projet avant de le reprendre en 2007.
Il est à noter que l’entièreté de l’histoire se déroule à l’intérieur du dôme, et que les personnages sont très nombreux, même si quelques principaux surnagent. Cela pourrait paraître négatif ou fastidieux à la lecture, mais l’auteur sait y faire, et petit à petit on découvre la ville et ses habitants au point de tout connaître comme si on y avait vécu. Par contre les personnages ne sont pas toujours très attachants, on sent que l’auteur cherche à noircir le tableau, mais hélas, par moments, j’en arrivais à souhaiter que tous périssent sous ce foutu dôme.

Arrivé à la fin de ce long premier tome, qui ne représente qu’une coupure éditoriale, le lecteur se lancera immédiatement dans la suite, tant l’ensemble est prenant.

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Présente édition :  Le Livre de Poche, 6 mars 2013, 840 pages
ISBN-10: 2253169781 / ISBN-13: 978-2253169789

Voir également :
Cujo - Stephen King (1981), présentation
Christine - Stephen King (1983), présentation
L'année du loup-garou (Cycle of the Werewolf) - Stephen King (1983), présentation
La peau sur les os (Thinner) - Richard Bachman (Stephen King) (1984), présentation
Misery - Stephen King (1987), présentation
Ecriture : Mémoires d’un métier (On Writing : A Memoir of the Craft) – Stephen King (2000), présentation
Dreamcatcher - Stephen King (2001), présentation
Colorado Kid (The Colorado Kid) - Stephen King (2005), presentation
Cellulaire (Cell) - Stephen King (2006), presentation

mercredi, 15 mai 2013

SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie - Gérard De Villiers - 2013

sas,malko linge,gerard de villiers,197,les fantomes de lockerbie, tunisie,lockerbie, lybie,espionnage,romans d espionnage,litterature francaise,thrillers, litterature erotiqueUne voiture sortit du parking situé sur la gauche de l'hôtel et vint s'arrêter devant, juste en face de la porte tournante où Malko était coincé.

Une Alfa-Roméo blanche.

Malko vit sa glace s'abaisser pour laisser passer le canon d'une Kalachnikov.

Il était piégé comme un rat.

21 décembre 1988, un Boeing de la PanAm explose au-dessus du village écossais de Lockerbie. La Lybie est montrée du doigt, mais les Américains suspectent un autre commanditaire : l’Iran. Avec le temps qui passe l’enquête ne tient plus à grand-chose. Sauf que, depuis les révolutions arabes et la mort de Khadafi, certains ainsi hauts dignitaires libyens sont en fuite et l’un d’entre eux, Choukri El Jallah, pourrait révéler toute la vérité aux Américains. Seul problème il refuse de parler, d’ailleurs il se fera rapidement tuer. L’agent très spécial Malko Linge est chargé de trouver la maîtresse de El Jallah, la magnifique Jezia, qui pourrait avoir récupéré des données de son amant. Mais elle aussi devient rapidement la cible de mystérieux assassins...


Evidemment les romans de Gérard de Villiers avec leur mélange d’action, de sexe et d’espionnage, ne sont guère des chef-d’œuvre, mais hélas avec ce 197e tome de la série SAS : Les fantômes de Lockerbie, on touche le fond, tant l’ensemble manque d’un quelconque intérêt, et on y retrouve guère les quelques qualités habituelles de ces romans. L’auteur remplit ses 300 pages avec une histoire qui jamais ne devient réellement crédible et surtout ne nous emporte jamais.

Bref, mieux vaut ne pas s’attarder ici, ceci aussi pour les fans de la série

Dommage.

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Extrait : premier chapitre

Le timbre de la sonnette avait un son assourdi par l’épais battant d’acajou de l’unique porte palière. Malko attendit après avoir sonné, prêtant l’oreille. Aucun bruit ne filtrait de l’appartement, situé au dernier étage de cet immeuble moderne du bord de mer, avenue Kafr El Dinh, juste avant l’énorme mosquée aux minarets bleus, construite par feu Rafik Hariri en bas de l’ancienne place des Canons devenue place des Martyrs.


Malko n’avait croisé personne depuis qu’il avait garé sa voiture de location dans le parking en plein air, à côté de la mosquée. La porte de cet immeuble luxueux au sol de marbre s’était ouverte sans difficulté lorsqu’il avait composé le code fourni par Mitt Rawley, le chef de Station de la CIA à Beyrouth.

Aucun gardien dans le hall. Juste du marbre grège et de grands miroirs. On se serait cru dans la maison de la Belle au Bois Dormant. Malko appuya de nouveau sur la sonnette de l’appartement du septième étage.

Sans plus de résultat.

Il colla son oreille au battant, sans percevoir le moindre bruit venant de l’intérieur.

Agacé, il laissa alors carrément son index sur le bouton de la sonnette. On ne pouvait pas ne pas l’entendre. Ou l’appartement était vide ou on ne désirait pas ouvrir. Il prit alors son portable et appela Mitt Rawley.

– Vous êtes sûr qu’il est là ? demanda-t-il, lorsque l’Américain eut répondu.

– Certain, affirma le chef de Station de la CIA. Il ne sort pratiquement pas. Il faut insister. Cet enfoiré se terre. Il doit être mort de peur.

– Je ne peux quand même pas enfoncer la porte, objecta Malko.

– Insistez, répéta l’Américain. Il va bien finir par ouvrir.

– Vous êtes optimiste !

Quand Malko remit son portable dans sa poche, la situation en était au même point. Il essaya d’ébranler le battant, sans parvenir à le faire bouger d’un millimètre. C’était de l’acajou épais, et, en plus, il devait être renforcé par une plaque de blindage comme cela arrivait souvent à Beyrouth, dans les appartements de luxe. Il demeura planté sur le palier, furieux qu’on lui ait confié cette mission idiote.

Un quart d’heure s’écoula encore, ponctué par les coups de sonnette exaspérés de Malko. Sans le moindre résultat. Choukri El Jallah, le responsable officiel des investissements du Fonds souverain libyen en Afrique, n’avait pas envie de recevoir de visites.

La CIA le traquait depuis le moment où il avait quitté la Libye par la route, afin de gagner la capitale du Niger, Niamey. C’est là que, pour la première fois depuis son départ précipité de Libye, fin 2011, l’Agence américaine avait retrouvé sa trace.

Il s’appelait désormais officiellement Mohammed Arlit, avait la nationalité nigérienne et un magnifique passeport diplomatique qui lui permettait de se déplacer à travers le monde sans trop de problèmes. À condition de sélectionner ses points de chute.

La rumeur à Niamey disait qu’il n’avait payé son passeport que 50 000 dollars, somme modeste en regard des bontés qu’il avait eues jadis pour le Niger, via son Fonds souverain. Après Niamey, il s’était envolé pour Zurich en compagnie d’une magnifique jeune femme qui aurait pu être sa fille et qui voyageait, elle aussi, avec un passeport nigérien, le jumeau de celui de Choukri El Jallah.

Depuis son départ de Niamey, des agents de la CIA s’étaient relayés pour le suivre à la trace, sans pouvoir faire plus, à cause de son statut de diplomate.

Ce n’était pas pour lui arracher les secrets de ses investissements africains, mais pour une raison beaucoup plus sérieuse. En sus de son rôle officiel, Choukri El Jallah était le financier de toutes les opérations clandestines commandées par le responsable des Services libyens, Abdallah Senoussi. Choukri El Jallah avait donc les archives de tous les attentats financés par la Libye, ce qui intéressait beaucoup la CIA.

En effet, Abdallah Senoussi, le responsable de tous les coups tordus des Libyens avait été livré au nouveau pouvoir libyen et on ne risquait pas de le revoir de sitôt, les thuwars 1 s’étant appliqués à lui arracher tout ce qu’on pouvait arracher du corps d’un homme sans le tuer.

Le seul récipiendaire atteignable des secrets libyens était donc Choukri El Jallah.

Après Niamey, il avait été à Genève où résidaient sa femme et ses trois enfants, qu’il avait mis à l’abri depuis longtemps dans une somptueuse villa de Cologny, face au lac, achetée pour la modique somme de vingt-deux millions de francs suisses.

De là, toujours suivi par les agents de la CIA, il avait gagné Zurich par le train pour rendre visite à une succursale de l’Arab Bank, où il avait procédé à des opérations financières que la CIA n’avait pas pu percer à jour. Il était ensuite retourné à Genève, dans sa famille, tandis que sa ravissante compagne s’était installée au Noga Hilton.

Sous le nom de Mabrouka Arlit.

De Genève, il avait gagné Vienne, en Autriche, s’installant dans une suite de l’Hôtel Impérial. Son séjour avait duré six mois et il en avait profité pour faire la tournée de plusieurs banques. Transférant ou vidant systématiquement les comptes ouverts à son nom. Sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit.

Après Vienne, il avait gagné Beyrouth, à la grande surprise de la CIA. En effet, les Libyens kadhafistes n’étaient pas en odeur de sainteté auprès des Chiites libanais, depuis la disparition, dans les années quatre-vingt, de l’imam Moussa Sadr, haute autorité religieuse chiite qui était arrivé en Libye, mais n’en était jamais ressorti.

Un homme porteur de son passeport avait bien pris un vol Tripoli-Rome, mais la police italienne avait découvert que la photo du document avait été changée.

Les Chiites libanais étaient persuadés que le colonel Khadafi avait fait assassiner l’iomam Moussa Sadr à la demande de l’ayatollah Khomeiny qui jalousait son autorité religieuse…

Aussi, depuis son arrivée à Beyrouth, Choukri El Jallah s’était-il montré extrêmement discret… Seule la CIA connaissait son adresse, cet appartement de l’avenue Kafr El Dinh, appartenant au beau-frère libanais de Choukri El Jallah, marié à la sœur de ce dernier. Évidemment, à Beyrouth, il n’était pas aussi en sécurité qu’en Suisse ou en Autriche.

Les Libyens du nouveau régime auraient donné n’importe quoi pour le capturer et le découper en morceaux, d’autres l’auraient volontiers attrappé vivant pour lui faire livrer les secrets de ses comptes bancaires où dormaient encore beaucoup de millions.

En plus, pas mal de gens mêlés aux opérations clandestines de Kadhafi auraient bien aimé le voir mort, car les morts ne parlent pas…

La CIA avait découvert rapidement la raison de ce séjour à risques au Liban : Choukri El Jallah venait vider un certain nombre de comptes bancaires sur lesquels il avait transféré des sommes importantes. Le Liban était un des rares pays au monde où on pouvait sortir d’une banque avec des valises de billets sans le moindre problème. Son séjour ne pouvait se prolonger : les Américains avaient appris que Choukri El Jallah avait demandé l’asile politique à la Suisse et qu’il avait de grandes chances de l’obtenir, étant donné sa surface financière et son profil de retraité.

Une fois dans sa somptueuse villa de Cologny, il pourrait couler des jours tranquilles. Il avait largement de quoi s’offrir une armée de gardes du corps. De toute façon, les autorités suisses détestaient que les étrangers viennent régler leurs comptes chez eux.

Quelques années plus tôt, ils avaient expulsé une équipe du MI 6 britannique qui avait l’intention d’assassiner le président yougoslave Milosevic en leur disant sèchement : « Allez faire vos saletés ailleurs ! »

La neutralité suisse n’était pas un vain mot.

Si la CIA avait fait appel à Malko, l’arrachant à ses bals de la Haute-Autriche, c’était à la demande de Mitt Rawley qui l’appréciait beaucoup, lui et sa connaissance du Liban.

Ils avaient peu de temps devant eux. Une fois en Suisse, Choukri El Jallah garderait ses secrets. Or, il y en avait un que les Américains tenaient particulièrement à percer…

Malko appuya une ultime fois sur la sonnette. Pour un résultat identique. Il commençait à avoir faim et se dit qu’il n’allait pas passer la nuit là.

Il se retourna pour appuyer sur le bouton de l’ascenseur. Son pouls grimpa au ciel : le voyant rouge clignotait, la cabine était en train de monter.

Il se pencha pour voir le dessus de la cabine se rapprocher. Comptant les étages.

Troisième, quatrième, cinquième, sixième... L’appareil continuait à monter. Quelques secondes plus tard, Malko ne se posa plus de questions : l’ascenseur venait à son étage. D’ailleurs, celui-ci s’arrêta quelques instants plus tard au septième et la porte en verre dépoli s’ouvrit, poussée par l’occupant de la cabine.

Le battant fut repoussé d’une main vigoureuse et une femme émergea de l’ascenseur.

Malko en eut le souffle coupé : c’était une des créatures les plus séduisantes qu’il ait jamais croisées. Une grande brune, avec les cheveux attachés en queue de cheval, encadrant un visage longiligne avec d’immenses yeux noirs aux cils interminables.

Elle était vêtue d’un cachemire noir moulant une poitrine aiguë et d’un jean très ajusté, glissé dans des bottes à hauts talons. Une large ceinture terminée par une grosse boucle dorée pendait sur son ventre plat.

En plus d’une plastique parfaite, cette inconnue dégageait une sensualité animale palpable, mais elle n’avait rien d’une Poupée Barbie. Le regard qu’elle posa sur Malko était totalement inexpressif. Silencieuse, elle lui tint pourtant la porte de l’ascenseur pour qu’il puisse la remplacer dans la cabine. Il saisit la poignée de la porte et la laissa se refermer, restant sur le palier.

Le regard de l’inconnue s’assombrit imperceptiblement.

1. Résistants.

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Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

mercredi, 10 avril 2013

Le formidable événement - Maurice Leblanc - 1921

le formidable evenement, maurice leblanc, litterature francaise, romans d aventures, fantastique, science-fiction, manche, Simon Dubosc est un homme à qui tout réussi. Que ce soit intellectuellement ou sportivement, il n’a rien à craindre et aucun obstacle ne semble pouvoir entraver sa voie. Et pourtant des problèmes existent, dont un de taille : son amour pour la belle Isabel, fille de Lord Bakefield, pair du royaume d’Angleterre. Et si le cœur de la belle lui emble conquis il n’en est rien du père qui voit d’un mauvais œil un mariage entre sa fille et un homme, certes remarquable, mais d’un lignage si pauvre, voir même médiocre. Ainsi Simon Dubosc s’impose de devenir dans les vingt jours à venir un grand homme qui lui fera mériter la main d’Isabel. Mais comment faire ? Il ne le sait encore. Surtout que ces derniers temps ses affaires de cœur semblent bien éloignées des préoccupations de tout un chacun, cela par de curieux événements qui font naufrager de nombreux navires traversant la Manche. Devant lui-même faire une traversée, il sera rescapé d’un naufrage, mais surtout il découvrira un monde totalement chamboulé, où la Manche aura disparue et reliant définitivement l’Angleterre aux côtes françaises.
Une terre nouvelle s’offre à ses yeux, il ne lui restera plus qu’à la conquérir et ainsi se faire un nom parmi les plus grands, tel que même Lord Bakefield ne pourra que l’admirer. Hélas rien ne sera simple et les convoitises de cette nouvelle terre bien nombreuses, surtout de la part de pilleurs d’épaves et autres détrousseurs qui y voient la promesse d’une fortune rapide et facile.

Le Formidable Événement de l’auteur français Maurice Leblanc, créateur du personnage de gentleman-cambrioleur Arsène Lupin, reparaît en 2013 suite à une certaine mode autour desle formidable evenement, maurice leblanc, litterature francaise, romans d aventures, fantastique, science-fiction, manche, œuvres de l’auteur mort depuis plus de 70 à peine et ainsi par le passage de ses textes dans le domaine public. A l’origine le roman était paru en 1920 dans deux numéros de Je sais tout avant de se voir réédité en roman aux éditions Pierre Lafitte en 1921.
Si les débuts de ce roman font clairement penser à un roman fantastique, puis de science-fiction,
 classique des œuvres du début de vingtième siècle, il devient vite évident que l’auteur en fait ensuite un pur roman d’aventures, le héros devant survivre à de multiples dangers et péripéties avant d’arriver à ses fins. Et les aventures ne sont pas toujours parfaitement crédibles parfois bien légères, un grand dommage car l’idée de base était plutôt ambitieuse. On ressent une certaine inspiration venue des westerns, tant d’éléments présents rappelant ses cesse les clichés de ce genre venu d’outre-Atlantique.
Ecrit en 1921 le roman a également vieilli, d’autant plus vrai pour certains passages, mais bien moins pour d’autres qui ont su garder une étonnante modernité.

Tout cela fait de Le Formidable Événement de Maurice Leblanc un divertissement certes vieilli mais plutôt plaisant, sans pour autant représenter une nécessité à lire.

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Texte intégral

 

Le formidable événement - Maurice Leblanc - 1921 by MarcM77


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Présente édition lue : Folio SF, 3 janvier 2013, 272 pages
ISBN-10: 2070449920 / ISBN-13: 978-2070449927

 

dimanche, 31 mars 2013

SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers - 2013

sas, malko linge, gerard de villiers, 196, vienne, le beau danube rouge, iran, israel, programme nucleaire, espionnage, romans d espionnage, litterature francaise, thrillersLes poignets et les chevilles attachés par des menottes au montant du grand lit de cuivre, Malko savourait la caresse de Maryam Nassiri, les yeux fermés.

Soudain il les rouvrit et aperçut, derrière la jeune femme agenouillée sur le lit, un homme debout dans l'encadrement de la porte de la chambre.

Des traits brutaux, les cheveux gris, vêtu d'un blouson de cuir et d'un jean. Un long pistolet dans sa main gantée de noir.

L'homme qui venait le tuer.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale Vienne a continuellement un nid d’espions. Tous les services y sont représentés et l’état autrichien semble tout faire pour leur faciliter la tâche. Vienne est bien sûr le siège de multiples organisations et institutions internationales telles l’OSCE, l’OPEP, l’AIEA, l’UNODC... en tout 16000 personnes ayant le statut de diplomates. Les Autrichiens ne discutent d’ailleurs jamais la liste des Seconds secrétaires ou conseillers. Et lorsqu’un de ces « diplomates » décédait de mort violente, la police conclue toujours à un suicide, sachant parfaitement qu’il s’agit d un meurtre dont elle ne connaîtra jamais les raisons.
Et c’est dans ce contexte que se prépare une vaste opération visant les intérêts nucléaires de l’Iran. En effet l’un de leurs ingénieurs est amené à Vienne pour être soigné. Américains et Israéliens vont tout faire pour lui mettre la main dessus, les premiers pour le kidnapper, les seconds pour l’assassiner. Les services iraniens sont sur leurs gardes, craignant le pire... qui d’ailleurs ne tardera pas d’arriver sous forme d’un immense bain de sang.
Seul l’agent de la CIA Malko Linge saura peut-être faire un peu d’ordre dans tout cela. Mais même s’il agit sur ses terres natales, sa survie ne tiendra qu’à un fil dans cette ruche à espions qu’est la capitale autrichienne.

SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge est donc déjà le 196e tome de cette série à la recette bien huilée, de laquelle, tome après tome, jamais rien de réellement neuf n’apparaît. Son Altesse Sérénissime Malko Linge se bat cette fois à domicile, entre Vienne et Liezen, pour démêler une trouble affaire d’espionnage réunissant à la fois les services secrets Américains, Iraniens et Israéliens. Evidemment l’action ne manque pas, ni le suspense façon SAS, et bien sûr les multiples conquêtes du prince, ici personnifiées par une magnifique espionne iranienne. La qualité est peut-être légèrement supérieure bien d’autres, mais seulement à peine.

Bref, rien de neuf, et toujours le même plaisir ou mépris, que l’on aime ou que l’on n’aime pas cette série de l’auteur français Gérard de Villiers.

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Extrait : chapitre premier

– Je te hais, dit Maryam Nassiri. Elle ajouta aussitôt d’un ton gourmand : je vais t’envoyer en enfer.

Ses mots mirent quelques secondes à imprégner le cerveau d’Oswald Fisk. Il faut dire qu’il était dans un trip très éloigné de ce que la jeune femme évoquait. Allongé sur son grand lit bas de deux mètres sur deux au couvre-lit en fausse panthère, les chevilles et les poignets attachés solidement aux montants de cuivre du lit, maintenant ses jambes et ses bras écartés, entièrement nu, le sexe en érection, il savourait chaque seconde de ce jeu sado-maso imposé par sa maîtresse.

Celle-ci, maquillée soigneusement, était inclinée vers lui, son visage proche du sien. Parfois, elle se penchait un peu plus, leurs lèvres se touchaient et, à deux ou trois reprises, elle avait brièvement glissé une langue audacieuse dans sa bouche, sans jamais s’attarder, même lorsqu’Oswald Fisk soulevait la tête de toutes ses forces, pour prolonger le baiser.

Délicieuse frustration.

Maryam Nassiri était vêtue d’un ensemble blanc. Une veste blanche cintrée dont elle avait défait les boutons, révélant un soutien-gorge assorti qui dévoilait presque entièrement sa poitrine pleine. Depuis le début de leur séance, Oswald Fisk avait dû se contenter de s’user les yeux sur ces globes magnifiques. Immobilisé totalement, il était esclave du bon vouloir de Maryam.

Celle-ci, au début de leur « séance », avant qu’il ne soit attaché par ses soins, lui avait laissé promener ses mains sur les courbes de ses fesses, lui permettant même de glisser quelques doigts dans la fente verticale du dos de sa jupe ajustée qui remontait si haut qu’il pouvait effleurer sa culotte sans effort.

Il adorait qu’elle s’habille de cette façon : extraordinairement provocante et inaccessible, sauf si elle y mettait du sien.

Lors de leurs séances précédentes, lorsqu’elle avait poussé son excitation au rouge écarlate, Maryam Nassiri montait sur le lit, remontait sa jupe étroite sur ses hanches, juste assez pour pouvoir se placer à califourchon sur lui et enfouissait le sexe de son amant dans son ventre.

C’était elle qui se faisait l’amour, en se balançant doucement jusqu’à ce que son amant éjacule au fond d’elle.

Les derniers mots prononcés par Maryam Nassiri atteignirent enfin le cortex d’Oswald Fisk. Il la fixa. Il ne vit qu’un regard un peu trop brillant, montrant, qu’une fois de plus, elle avait abusé de la cocaïne avant de le retrouver. Le sourire, certes, était un peu crispé, mais toujours éblouissant.

Comme si elle n’avait pas menacé Oswald Fisk, Maryam Nassiri continuait à caresser son amant, sa main montait et descendait le long de son sexe dressé vers le plafond, pour une masturbation régulière et exquise, ce qui n’avait rien d’inhabituel. Parfois, lorsqu’elle était d’humeur taquine, elle continuait jusqu’à ce que la sève jaillisse, en dépit des supplications d’Oswald Fisk réclamant sa bouche ou son sexe.

D’autres fois, elle lui faisait l’offrande de sa bouche, mais si rapidement qu’il avait à peine le temps d’éprouver quelques spasmes avant de s’y répandre.

Plus surpris qu’effrayé, Oswald Fisk fixa sa maîtresse avec plus d’attention, surprenant dans son regard une lueur sombre qu’il ne connaissait pas, glaciale et intense à la fois.

Il s’ébroua mentalement, encore plongé dans son jeu et demanda, voulant encore croire à un jeu de rôle.

– Qu’est-ce que tu veux dire, honey ?

– Que je vais te tuer, répliqua calmement Maryam Nassiri.

– Comment? insista Oswald Fisk, presque sur le ton de la plaisanterie.

– Avec ça, répliqua du même ton calme la jeune femme.

Sa main droite, qui pendait le long du lit, invisible pour Oswald Fisk, remonta et l’Américain découvrit un rasoir ouvert, tenu fermement dans la longue main aux ongles rouges. Sadiquement, Maryam Nassiri remua doucement le poignet pour faire étinceler l’acier de la lame effilée.

Alors, seulement, Oswald Fisk comprit, dépassé, que ce n’était plus un jeu.

Instinctivement, il tenta de se libérer, mais les cordelières qui immobilisaient ses quatre membres étaient trop serrées pour qu’il puisse se dégager.

Ce qui l’alerta encore plus fut la main gauche de Maryam Nassiri. Ses doigts venaient d’abandonner son sexe. Celui-ci était encore dur et gonflé mais l’Américain sentait déjà le sang qui s’était rué dans sa verge refluer dans son ventre.

– Qu’est-ce qui te prend ? demanda-t-il. Si tu ne veux plus jouer, détache-moi.

Il ne comprenait pas. Maryam Nassiri avait toujours été douce et amoureuse, même si elle était un peu givrée.

La jeune femme, immobile, penchée sur lui, le rasoir toujours serré dans sa main droite :

– Est-ce que tu te souviens du vol Iran Air 655 ? demanda-t-elle soudain de la même voix douce. 

Oswald Fisk fit un effort de mémoire intense, mais ne parvint pas à répondre à sa question. Devant son silence, Maryam Nassiri enchaîna :

– C’était il y a longtemps. Le 3 juillet 1988. J’avais neuf ans. Le vol 655 reliait Bandar Abbas à Dubaï. Il a décollé de Bandar Abbas avec vingt-sept minutes de retard. Presque son temps de vol. D’ailleurs, en raison de son court trajet, il ne volait qu’à 14 000 pieds.

« Seulement, il n’a jamais atteint Dubaï.

Elle récitait son texte comme une leçon bien apprise, d’une voix égale et précise. Soudain, Oswald Fisk se souvint.

– My God ! fit-il d’une voix étranglée. C’est le vol Iran Air qui a été abattu par erreur par le croiseur Vincennes.

À cette époque, la situation était très instable dans le Golfe persique et la guerre Irak-Iran s’ éternisait depuis 1980. Il y avait eu plusieurs incidents entre les navires américains et les belligérants. La flotte US était chargée d’assurer la protection des pétroliers dans le détroit d’Ormouz. Le jour de l’accident, la frégate US Elmer Montgomerry se trouvait face à treize vedettes iraniennes et le croiseur Vincennes venait l’assister.

C’est alors que le radar du Vincennes détecta un avion en approche, potentiellement ennemi, à cause de son code de reconnaissance. Les Américains pensaient avoir affaire à un appareil militaire de combat iranien F. 14.

En réalité, il s’agissait d’un Airbus A 300 civil, qui avait décollé en même temps que le F.14. Il se trouvait alors à 20 miles du Vincennes. Or, deux ans plus tôt, en 1987, deux missiles Exocet tirés par un avion irakien avaient failli couler une frégate américaine, faisant 37 morts et 21 blessés.

Persuadé d’avoir affaire à une attaque similaire, le commandant de l’USS Vincennes avait alors décidé de tirer deux missiles surface-Air Rim-66.

– C’était une erreur, répéta Oswald Fisk, une terrible erreur…

– Dont vous ne vous êtes jamais excusés, vous les Américains, continua Maryam Nassiri. Il y a eu 290 morts, dont 60 enfants…

– Je sais, désolé, bredouilla Oswald Fisk. Mais pourquoi me parles-tu de cela? 

Elle esquissa un sourire teinté d’ironie.

– Tu ne sais pas qui était le commandant du Vincennes ? Celui qui a donné l’ordre de tirer sur cet avion civil iranien ?

Oswald Fisk comprit d’un coup.

– Si, dit-il, c’était mon père. Georges B. Fisk. Il est mort il y a trois ans.

Maryam Nassiri ne changea pas d’expression.

– Ma mère était à bord, dit-elle. Le retard à Bandar Abbas lui a accordé vingt-sept minutes supplémentaires de vie, mais je ne l’ai jamais revue.

Ici, dans cet intérieur cossu d’un quartier chic de Vienne, cela semblait complètement incongru d’évoquer ce drame lointain, dans l’espace et le temps. Oswald Fisk essaya de ne pas paniquer. Sans fuir le regard de sa maîtresse, il dit le plus calmement possible :

– C’est atroce et je comprends ton chagrin, mais pourquoi me parles-tu de cela maintenant ?

Comme si elle ne l’avait pas entendu, Maryam Nassiri continua.

– Remarque, c’est à cause du Vincennes que nous nous sommes rencontrés. La Cour Internationale de Justice a condamné ton pays en 1996 à verser à l’Iran une compensation de 131 millions de dollars. En tant qu’héritière de ma mère, j’ai reçu assez d’argent pour venir faire des études en Europe. Toute petite, je voulais déjà être décoratrice. Depuis, je suis restée à Vienne. Et je t’ai rencontré…

Elle corrigea aussitôt : 

– J’ai reçu l’ordre de te rencontrer… 

Oswald Fisk sentit son sang se glacer. 

– De qui ? réussit-il à demander. 

Le sourire de Maryam Nassiri s’accentua imperceptiblement. 

– De gens que tu connais bien. L’Etta’alat.

Les Services de Renseignement de la République Islamique d’Iran. Ceux contre qui Oswald Fisk et ses amis de la CIA luttaient avec acharnement… Comme si elle avait lu dans ses pensées, la jeune Iranienne continua :

– Quand tu m’as connue, tu as sûrement fait procéder à des vérifications sur moi. Les autorités autrichiennes t’ont assuré que je n’avais jamais eu d’activité politique à Vienne. Que j’étais une simple émigrée économique… Elles ne sont pas très regardantes et, d’ailleurs, c’est vrai, avant de te connaître, je ne m’occupais que de mon métier. « Ils » m’ont dit qui tu étais : un agent de la CIA et le fils du commandant du Vincennes… Dès cet instant, je n’ai eu qu’une idée : venger ma mère. J’y avais souvent pensé, mais je ne savais pas comment faire.

« Seulement, grâce à « eux », tu as eu un sursis. Je devais d’abord te séduire, afin d’obtenir des informations sur la CIA, sur tes activités. Après seulement, je pourrai exercer ma vengeance.

Oswald Fisk écoutait cette diatribe débitée d’un ton monocorde. Stupéfait.

– Tu travailles pour les Ayatollahs ! s’exclama-t-il. Des rétrogrades, des fanatiques religieux ! Tu n’es pas comme ça, quand même !

Maryam Nassiri secoua la tête.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 3 janvier 2013, 320 pages
ISBN-10: 2360532979 / ISBN-13: 978-2360532971

Voir également :

SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
- SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits

SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

lundi, 25 mars 2013

L’Homme qui cultivait les comètes (L’uomo che cottivata le comete) - Angela Nanetti - 2002

angela nanetti, L’uomo che cottivata le comete, l'homme qui cultivait les cometes, la joie de lire, litterature italienne, litterature jeunesseLe jeune Arno vit dans un petit village d’Italie auprès de sa mère et de son petit frère. Sa mère l’a eue alors qu’elle était adolescente, et comme son fils, elle vit dans ses rêves, souvent naïfs et pourtant. Mais pour Arno ce qui compte le plus est l’absence de son père qui travaille loin de la maison... du moins c’est ce que lui raconte sa mère.
Ainsi, Arno en observant espère toujours voir apparaître une comète pour qu’il puisse exprimer son vœu le plus cher : que son père revienne.
Sera-t-il exaucé ou les comètes sont-elles illusoires et éphémères comme les rêves ?
Peut-être que cet homme mystérieux qui semble les cultiver pourra lui venir en aide ?

L’Homme qui cultivait les comètes de Angela Nanetti, une écrivaine bien reconnue en Italie pour ses œuvres en littérature jeunesse, nous conte ici une tendre et poétique histoire surangela nanetti,l’uomo che cottivata le comete,l'homme qui cultivait les cometes,la joie de lire,litterature italienne,litterature jeunesse l’univers imaginaire des enfants, mais aussi sur leurs attentes et souhaits dans la vie.  Et l’auteur réussit à nous transposer dans cette réalité à la fois si fantastique et aussi si crue de la vie de cet enfant. La lecture du livre se fera également à plusieurs niveaux, l’adulte comprenant bien différemment la détresse vécue par la famille d’Arno, que celle décrite par des mots et pensées d’enfants.

Littérature jeunesse, ce roman conviendra parfaitement à de jeunes adolescents.

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Présente édition : traduit de l’italien par Olivier Favier, éditions La Joie de lire, 14 mars 2013, 141 pages
ISBN-10: 2889081680 / ISBN-13: 978-2889081684

Bonne nuit, Louise ! (Hulda kulta, luetan iltasatu !) - Markus Majaluoma - 2010

Markus Majaluoma, albums, bonne nuit louise, litterature jeunesse, litterature finlandaiseL’heure du coucher est une chose primordiale dans la vie d’un enfant et de ses parents. Et tous les soirs se répète un même rituel avec l’enfant dans le lit en attente d’une histoire qui le bercera jusqu’au lendemain. Et c’est ce cérémonial que l’auteur et illustrateur finlandais Markus Majaluoma, diplômé en art et design, nous conte dans ce très bel album aux couleurs vives Bonne nuit, Louise !, troisième des aventures de la petite Louise à paraître aux éditions La Joie de lire.

Ainsi dans Bonne nuite, Louise ! l’histoire commence avec Louise et son père qui ne sont pas d’accord sur l’histoire à raconter, avant que la petite n’obtient gain de cause et ce sera L’Ours et l’Abeille, son livre préféré qui l’emporte. Mais avec Louise rien ne se passe comme prévu… Humour, émotion et tendresse dans les petites scènes de la vie quotidienne en compagnie d’une petite fille à fort caractère, un peu insupportable, il faut le dire…

 

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Extraits :

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Présente édition : La Joie de lire, 14 mars 2013, 24 pages
ISBN-10: 2889081648 / ISBN-13: 978-2889081646

mardi, 19 mars 2013

Une terrible vengeance - Nicolas Gogol - 1832

nicolas gogol, litterature russe, nouvelle, nouvelles, soirées au hameau, une terrible vengeanceLa guerre fait rage entre la Russie et la Pologne en ce début de XVIIème siècle. Il n’empêche qu’une noce est organisée parmi les fiers Cosaques, ces redoutables guerriers russes. Mais alors que la fête bat son plein, un étrange homme fait son apparition, comme surgi de nulle part. Et rapidement cet homme dévoile son vrai visage, celui d’un démon. Chassé de la fête ce démon reviendra pourtant harceler l’une des invitées de la noce, Catherine, épouse de Danilo Bouroulbach. Ne comprenant rien à ce terrible mystère, le couple découvre rapidement d’effroyables secrets qui leur sont dévoilés et u’ils pourraient bien payer au prix de leur vie.

Une terrible vengeance de l’auteur russe Nicolas Vassilievitch Gogol est une longue nouvelle fantastique parue en 1832 dans le recueil Soirées du Hameau. Il s’agit donc bien d’une histoire fantastique de malédiction et de vengeance, assez terrifiante, mais à la lecture plutôt ardue. Il m’a en effet été difficile de m’immerger dans l’histoire, cela surtout dû au style d’écriture, sans pour autant remettre en cause l’écriture, belle et fort symbolique. Ce texte est en tout cas l’occasion de découvrir une œuvre du grand auteur russe Nicolas Gogol ainsi qu’un bel exemple de fantastique du XIXe siècle.

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Présente édition : traduit du russe par Michel Aucouturier, éditions Folio Gallimard, 11 mai 2006, 128 pages
ISBN-10: 2070338460 / ISBN-13: 978-2070338467

lundi, 18 mars 2013

Guide de survie en territoire zombie (The Zombie Survival Guide) - Max Brooks - 2003

guide survie en territoire zombie, max brooks, litterature americaine, fantastique, zombies, guideQue faire lorsque tout autour de nous les morts marchent de nouveau et de plus se mettent à attaquer les vivants ? Bref, que faire face à une épidémie de zombies ?

Tel est le sujet de texte écrit en 2003 par l’américain Max Brooks qui se présente comme le guide de survie pour le cas d’une hypothétique attaque de morts-vivants. Ainsi ce guide se compose de 6 chapitres qui devront faire comprendre à tout citoyen le contexte, les risques encourus et surtout... comment survivre.
Le premier chapitre Les Morts-vivants : Mythes et réalités nous décrit ainsi l’origine des zombies, le virus dénommé Solanum, et aborde la transmission de la maladie d’un individu à l’autre, les traitements (rares) et la conduite à tenir en cas d’infection (suicide, amputions,...) Sont également présentés la physiologie du zombie et ses aptitudes.
Un second cahpitre est dédié aux Armes et techniques de combat, cela allant des armes à feu aux armes blanches.
Puis sont abordés dans le chapitre suivant les moyens de défense dont tout citoyen dispose, ou cdu moins comment réussir à se débrouiller.
Pour passer ensuite aux Fuites et déplacements, puis la Chasse du Zombie.
Le chapitre final nous décrit enfin comment survivre dans un monde post-apocalytpique, dans lequel les zombies auraient enfin réussi à renverser l’humanité, bien vivante.
S’ensuit en annexe une Liste des épidémies recensées avant de trouver un Journal de bord afin d’annoter les premières apparitions d’une probable épidémie.
Bref en cas d’épidémie de morts-vivants, le Guide de survie en territoire zombie vous sauvera la vie.

En tout cas telle est l’approche donnée par Max Brooks dans son Guide de survie en territoire zombie en nous livrant cet impressionnant guide, écrit comme si tout cela pouvait être bien réel. Mais la réalité en hélas bien loin, ce qui rend le tout par moments extrêmement drôle... du moins en principe. Car si l’idée d’un tel guide m’a de suite plu, le lire a été bien différent. On découvre ainsi un mélange de tous les clichés de ce genre fantastique, rassemblés en un, et étudiés de manière très sérieuse, mais cela ne vaut une histoire réelle. L’immersion du lecteur est censé se faire ici par l e livre-objet en soi et non pas par ce qu’il raconte. Le principe est intéressant, mais en réalité cela ne fonctionne pas toujours. Néanmoins les fans de gore et principalement d’histoires de revenants s’en amuseront. Certains passages sont plus réussis que d’autres. Et pour ma part, ce qui m’avait le plus marqué a été la liste des épidémies recensées, qui reprend une multitude d’épidémies imaginaires, même si on y croirait presque, qui seraient intervenus depuis les débuts de l’humanité, toujours avec un bref descriptif de ce qui se passa, et comment le problème fut résolu. Ce chapitre n’arrivant qu’à la fin est celui qui m’a finalement réconcilié qui jusque là ne me paraissait que peu intéressant.

A noter que le roman World War Z du même auteur et paru en 2006 se base en partie sur ce texte-ci. Le roman est d’ailleurs bien plus intéressant et représente à mes yeux une véritable réussite du genre.

Bref, le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks se base sur une idée et un principe très intéressants. C’est parfaitement construit, mais, hélas, à la lecture on se rend également compte des limites du principe.

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Présente édition : traduit de l'américain par Patrick Imbert, Le Livre de Poche, 3 novembre 2010, 384 pages
ISBN-10: 2253134643 / ISBN-13: 978-2253134640

Voir également:
- World War Z (2006), présentation 

dimanche, 17 mars 2013

Ceux d’en haut et ceux d’en bas (Los de arriba y los de abajo) - Paloma Valdivia - 2009

paloma valdivia, ceux d'en haut et ceux d'en bas, albums imllustrés, litterature jeunesse, litterature chilienneLe monde se divise en deux : il y a ceux d’en haut et ceux d’en bas.

Ceux d’en haut sont égaux avec ceux d’en bas et inversement mais, ceux d’en haut pensent que ceux d’en bas sont différents et ceux d’en bas pensent que ceux d’en haut le sont aussi.

Les éditions La Joie de lire publient au plus grand plaisir des plus jeunes  régulièrement de magnifiques albums illustrés.
Et c’est encore le cas avec Ceux d’en haut et ceux d’en bas de l’auteur et illustratrice chilienne Paloma Valdivia qui dans cet album simple et original nous parle avec beaucoup d’humour de l’autre, celui qui vit à l’autre côté du globe, c’est-à-dire la tête en bas et le pieds en hauts. Chaque double page est ainsi constituée d’une illustration, entrecoupée en son milieu d’un trait horizental sur le lequel les personnages de ces deux mondes si éloignés et pourtant si semblables cohabitent. Les scènes sont symétriques mais pas tout à fait identiques car, que l’on soit d’en haut ou d’en bas, nous ne sommes ni tout à fait les mêmes ni tout à fait autres, égaux dans nos différences, ce qui fait la richesse de ce monde.
Les illustrations aux couleurs chaudes et les petits personnages amusants, toujours en mouvement, apportent fraîcheur et légèreté à cet album à découvrir en famille, à partager avec l’autre…

Ceux d’en haut et ceux d’en bas de Paloma Valdivia est un très bel album, qui décortique avec humour et simplicité entre nous et les autres, un véritable régal visuel à laisser entre les mains des plus jeunes lecteurs.

A découvrir !

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Extraits : quelques doubles pages à découvrir

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Présente édition : La Joie de lire, février 2013, 36 pages
ISBN-10: 2889081591 / ISBN-13: 978-2889081592

mercredi, 16 janvier 2013

Autour de la Lune - Jules Verne - 1869

jules verne, autour de la lune science-fiction les voyages extraordinaires,, lune, science-fiction, litterature francaiseTel que présenté dans De la Terre à la Lune (1865), ce 1er décembre, à bord d’un énorme projectile fait d’aluminium et lancé par un gigantesque canon de 900 pieds de long, s’embarquent en partance pour la Lune le président du Gun-Club de Baltimore Impey Barbicane, l’impétueux capitaine Nicholl et le fantaisiste aventurier français Michel Ardan.
Mais le tir de canon loupe sa cible, et voilà que ces trois audacieux voyageurs se retrouvent coincés à tourner en orbite autour de notre satellite. Cet état leur permet des observations uniques de nos astres, le développement d’hypothèses inédites, et malgré cet immobilisme, un certain nombre d’aventures.
Mais peut-être qu’ils trouveront un moyen de revenir sur Terre... ou alors la Terre leur viendra-t-elle peut-être en aide ?
En tout cas ce premier voyage dans l’espace ne sera certainement pas de tout repos.

Suite directe de De la Terre à la Lune (1865), ce second roman de Jules Verne, Autour de la Lune, paru en 1869 dans le Journal des Débats du 4 novembre au 8 décembre, avant de paraître en livre en 1872, se veut être du même genre que son prédécesseur, c’est-à-dire de la science illustrée ou romancée, et dont l’intrigue réelle ne tient que du mince prétexte. Jules Verne nous fait ainsi un relevé de nombreuses connaissances et hypothèses scientifiques concernant la Lune, complètement désuètes pour la plupart, et qui se voient ici discutées par ses trois protagonistes hauts en couleurs. Par moments c’est bien intéressant, par d’autres ce récit qui ne bouge que très peu devient très lassant. Mais rappelons qu’à l’époque le but de Jules Verne était plus d’informer et d’éduquer que de divertir.

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Texte intégral
:

Autour de La Lune - Jules Verne - 1869 by MarcM77



Présente édition : Le Livre de Poche, 15 octobre 2003, 255 pages
ISBN-10: 2253005878 / ISBN-13: 978-2253005872

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Voir également:
Cinq semaines en ballon - Jules Verne (1863), présentation et texte intégral
Voyage au centre de la Terre - Jules Verne (1864), présentation et extrait
Les forceurs de blocus - Jules Verne (1865), présentation
- De la Terre à la Lune - Jules Verne (1865), présentation et texte intégral
Les enfants du Capitaine Grant - Jules Verne (1868), présentation
Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne (1869), présentation
Une ville flottante - Jules Verne (1871), présentation et extrait
Le Tour du monde en Quatre-vingts jours - Jules Verne (1872), présentation et extrait
L'île mystérieuse - Jules Verne (1874), présentation
Les Indes noires - Jules Verne (1877), présentation
Les 500 millions de la Bégum - Jules Verne (1879), présentation et extrait
Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne (1879), présentation et extrait
Kéraban-le-Têtu - Jules Verne (1883), présentation et extrait
L'Etoile du sud - Jules Verne (1884), présentation et texte intégral
Robur le Conquérant - Jules Verne (1885), présentation
Le Château des Carpathes - Jules Verne (1889), présentation
L'île à hélice - Jules Verne (1895), présentation et extrait
Le village aérien - Jules Verne (1901), présentation et extrait
Maître du monde - Jules Verne (1904), présentation et extrait

jeudi, 10 janvier 2013

Freak City - Kathrin Schrocke - 2010

litterature allemande,romans jeunesse,litterature jeunesse,freak city,kathrin schrocke,surdite,sourd,amour,adolescentsMika,  vient à peine de rompre avec sa petite amie Sandra qu’il tombe amoureux, tel ensorcelé, de Léa, une belle brune, bouclée et pleine d’énergie.  Mais Léa est sourde de naissance. Pour un jeune homme amoureux tel que Mika cela ne paraît être qu’un détail. D’ailleurs la langue des signes s’apprend. Mais son entourage reste sceptique.
D’ailleurs Mika se rendra vite de la complexité de sa relation, car Léa et lui vivent quelque peu dans des mondes différents, et le fait d’entendre ou non, n’est pas juste un détail technique. Et pourtant les voilà bel et bien liés.

Freak City de l’auteure allemande Kathrin Schrocke nous fait découvrir une tendre histoire d’amour entre deux adolescents  aux prises avec de nombreuses difficultés plus ou moins importantes liées à l’handicap de l’un des protagoniste. L’histoire est à la fois simple et extraordinaire, mais est surtout contée d’une belle façon, spontanée et vraie, pour donner un portrait sensible et convaincant de ces deux adolescents. Ainsi même certains gros clichés du genre réussissent à passer. Le personnage de Léa est évidemment le plus important, et le plus réussi, mais parfois aussi le plus poussé. On sent le côté pédagogique de l’ouvrage avec la litterature allemande,romans jeunesse,litterature jeunesse,freak city,kathrin schrocke,surdite,sourd,amour,adolescentsvolonté d’illustrer en Léa l’ensemble des problèmes des sourds et malentendants.

A noter que le titre Freak City fait référence au café dans lequel les héros du roman aiment à se
 retrouver.

Bien sûr ce roman, Freak City de Kathrin Schrocke, s’adresse avant tout à un public adolescent, l’écriture lui est particulièrement adaptée et le texte reprend de nombreux codes de ce genre de littérature.

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Présente édition : traduit de l’allemand par Genia Català, éditions La Joie de lire, 5 janvier 2013, 276 pages
ISBN-10: 2889081540 / ISBN-13: 978-2889081547

mercredi, 09 janvier 2013

Baltimore : une année dans les rues meurtrières (Homicide: A Year on the Killing Streets) - David Simon - 1991

david simon, homicides, the wire, baltimore, une année dans les rues meurtrieres, david simon, litterature americaine, reportage, baltimore, police, essaiBaltimore en 1990 est l’une des villes américaines connaissant l’un des taux de criminalité les plus élevés des États-Unis. Mais la police veille, du moins elle suit... en tout cas elle essaie... et chaque jour son retard se creuse et de plus en plus de dossiers se classent sans être résolus. Le département d’élite de la police de Baltimore est sans nul doute la celui dédié aux homicides. Et c’est dans ce service que le jeune journaliste du Baltimore Sun David Simon va passer une année en suivant jour après jour les inspecteurs de l’unité des homicides de la ville, cela jour et nuit en fonction des affaires qui s’accumulent. Depuis le premier coup de fil annonçant un meurtre jusqu’au classement du dossier, David Simon observe, inlassablement, derrière l’épaule des enquêteurs, sur les scènes de crime, dans les salles d’interrogatoire, au service des urgences.
Des tensions raciales aux circuits de la drogue, en passant par les décisions politiques, judiciaires et administratives, parfois aberrantes, David Simon passe en revue chacun des aspects de l’homicide à Baltimore, pour en donner une vision à la fois terrible de réalisme mais aussi très humaine.

Et le tout est bien loin de l’image impeccable qu’il en est donné dans de nombreux films et séries télévisés américaines.

Pourtant Baltimore  : une année dans les rues meurtrières a été adapté dans les années 1990 au petit écran pour l’excellente série Homicides créée par Paul Attanasio et produite par Barry Levinson. L’auteur David Simon abandonnera d’ailleurs le journalisme pour la télévision où il connaîtra encore de nombreux succès, dont celui de The Wire (Sur écoute).david simon, homicides, the wire, baltimore, une année dans les rues meurtrieres, david simon, litterature americaine, reportage, baltimore, police, essai


Il est dommage que les éditeurs français aient attendu 2012 pour traduire et publier ce roman, surfant ainsi sur le succès actuel de David Simon, alors que moi-même je l’avais il y a près de 20 de cela. Du coup on s’étonne parfois qu’un document qui se veut réaliste ait déjà 20 ans (cela se constate notamment dans de nombreux détails décrivant le quotidien des policiers, ainsi que la situation soci-économique de l’époque qui était nettement différente). Mais mieux vaut tard que jamais... même si cette deuxième et récente lecture m’ait bien moins convaincue que la première, celle faite à l’époque de sa première publication.

Baltimore  : une année dans les rues meurtrières  de David Simon est certainement un livre à découvrir, mêmes’il a fortement perdu de son actualité.

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Présente édition : traduit de l’américain par Héloïse Esquié, Sonatine, 27 septembre 2012, 936 pages
ISBN-10: 2355841225 / ISBN-13: 978-2355841224

lundi, 07 janvier 2013

SAS, tome 132 : L’espion du Vatican - Gérard de Villiers - 1998

gerard de villiers, litterature francaise, litterature erotique, sas, malko linge, vatican, triple meurtre du vatican, romans d espionnage, thrillersLe prêtre se retourna d'un bloc. Malko vit un visage brutal, des yeux très enfonçés à l'expression glaciale, un nez épaté. Il leva à nouveau son bréviaire et Malko aperçut une ouverture ronde dans la tranche du livre dissimulant le canon d'une arme cachée à l'intérieur du bréviaire. Il vit l'index du prêtre enfoncé à l'intérieur du bréviaire se crisper. Il allait lui tirer une balle dans la tête.

A cette distance, même une balle petit calibre faisait des dégâts irréparables dans un cerveau humain...

Tétanisé, il se dit qu'il allait mourir.


Mai 1998, le Vatican devient la scène d’un triple meurtre lorsque le jeune garde suisse valaisan Stephan Martigny est abattu par son confesseur  qui tue dans la foulée le commandant de la garde, ainsi que l’épouse de celui-ci. Ce triple meurtre sera maquillé en un coup de folie du jeune valaisan qui aurait été humilié par son supérieur, et l’aurait donc tué avant de se suicider. L’ecclésiastique ensuite disparaît ne laissant aucune trace derrière lui.
Bref, tout ressemble à un horrible fait divers, sauf que la CIA décide de s’y intéresser car sur les trois victimes, deux étaient des agents secrets agissant pour les comptes de parties adverses. Et lorsque deux agents meurent dans une même affaire, on ne peut que suspecter qu’une manipulation de quelconques services secrets. Et pour démêler le tout la CIA fait appel à Malko Linge qui ne tardera pas, au péril de sa vie, à lever le voile sur cette sombre affaire...

Ce 132e tome de
SAS des aventures de Malko Linge, L’espion du Vatican, reparaît en 2012 après une publication initiale en 1998, suite à un fait divers qui le 4 mai 1998 a fait du Vatican le théâtre d’un triple meurtre : Le 4 mai 1998, trois personnes sont retrouvées mortes dans les murs de la cité épiscopale : Aloïs Estermann, le chef des gardes suisses, nommé la veille, son épouse et un jeune vice-caporal de la garde. L'enquête, menée en interne par un juge du Vatican, aboutit très vite. Cédric Tornay, le jeune garde suisse, a laissé derrière lui une lettre de suicide non signée adressée à sa mère et expliquant son geste. Mais de nombreux points sombres, mals expliqués par les autorités vaticanes, ou simplement laissés de côté vont laisser libre cours à de multiples fantasmes de complots, surtout lorsque surgit l’information qu’Estermann et son épouse étaient deux agents secrets, l’un anciennement à la solde de la RDA, son épouse à celle de la CIA, et le jeune Tornay actif au Renseignements du Vatican. Encore aujourd’hui des doutes subsistent sur cette affaire, la mère de Tornay ayant fait demande au pape Benoît XVI fin 2011 de rouvrir l’enquête sur base qu’elle ne reconnaît pas l’écriture de son fils sur la lettre non signée que ce dernier lui aurait laissée juste avant son coup de folie.
Et Gérard de Villiers se base sur versions alternatives de la version officielle pour monter son roman d’espionnage, cela avec le talent qu’on lui connaît pour mêler des intrigues d’espionnage bien violentes aux aventures plus sexuelles du séduisant agent de la CIA dans ce qui à l’image de toute la série des SAS constitue le meilleur de la littérature dite de gare à la française, avec tous ses poncifs et défauts. Les amateurs s’y retrouveront.

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Extrait : premières pages

Stephan Martigny courut jusqu’à sa vieille Alfa 33 blanche garée devant il Torrione, la tour ronde du XVe siècle qui abritait l’IOR, la banque du Vatican, juste après les trois corps de bâtiment parallèles où logeaient les Gardes Suisses et leurs officiers. Il garait sa voiture devant les murs épais aux pierres disjointes, comme les autres Gardes suisses possédant un véhicule. Il sauta au volant, si énervé qu’il dut s’y reprendre à trois fois pour mettre en route. Après une marche arrière, il dévala l’allée en pente douce menant à la Porte Sainte-Anne, la seule entrée du Vatican ouverte en permanence, dont la grille était encadrée de sévères colonnades surmontées d’aigles plus guerriers que religieux. Les larmes brouillaient la vue du jeune Garde suisse, ses mains tremblaient sur le volant. Il ne répondit même pas au salut de son collègue en tenue bleue, coiffé d’un énorme béret, qui interdisait aux visiteurs non attendus de s’aventurer au cœur du Saint-Siège.

Le feu à la grille était au rouge, interdisant la sortie, mais Stephan Martigny le grilla et tourna à gauche dans la via di Porta Angelica, le long de la muraille sud du Vatican, en sens unique jusqu’à la piazza del Risorgimento.

Il était un peu plus de sept heures et demie du soir et la circulation était intense dans le Borgo encombré de cars pleins de touristes harassés et d’innombrables voitures particulières. Stephan Martigny se faufilait comme il le pouvait entre les véhicules, les dents serrées, sans souci des coups de klaxon réprobateurs. Pourtant, à Rome, les conducteurs étaient plutôt « cool », les manœuvres les plus inattendues admises et les feux rouges plus proches de l’indication que de l’interdiction. Dans ce carrousel sans fin, seuls les deux-roues avaient du mal à sauver leur peau.

Arrivé enfin piazza del Risorgimento, le jeune Garde suisse descendit ensuite la via Crescenzio jusqu’à la piazza Cavour, rejoignant le bord du Tibre. Là, on roulait un peu mieux. Il tourna à droite et suivit le Lungotevere jusqu’au pont Sisto, pour ensuite s’enfoncer à droite dans le dédale des ruelles sans trottoir du Trastevere, le vieux quartier de Rome, au sud du Vatican. Miracle : il trouva une place, piazza San Giovanni di Malva, et remonta à pied la via Benedetta jusqu’à l’intersection avec la vicolo del Bologne, une ruelle encore plus étroite. Le numéro 61 était une sorte de décrochement collé à l’immeuble voisin comme une verrue, un minuscule bâtiment de guigois d’un seul étage, desservi par une porte de bois marron en haut de trois marches. Seuls les verrous et l’interphone étaient neufs. Stephan Martigny appuya sur le bouton et, dès qu’on lui répondit, lança d’une voix stressée :

— C’est moi !

Le pêne se déclencha, il poussa la porte et se précipita à l’intérieur, grimpant quatre à quatre les marches d’un escalier raide. A vingt-trois ans, athlétique, il était en pleine forme physique.

Une splendide jeune femme, moulée par une robe noire très fluide découvrant une épaule et fendue très haut sur la cuisse gauche, l’attendait en haut des marches, un verre à la main. La masse de ses cheveux acajou cascadant sur ses épaules contrastait avec d’étonnants yeux bleus.
Elle était pieds nus et le vernis de ses ongles renvoyait à son épaisse bouche pulpeuse dans laquelle on avait envie de mordre.

Stephan Martigny s’immobilisa en face d’elle, essoufflé. Elle découvrit des dents régulières dans un sourire dévastateur.

— Tu ne me dis pas bonjour ? demanda-t-elle d’une voix douce.

Maladroitement, Stephan enlaça la jeune femme, écrasant sa bouche contre la sienne. C’est pour lui faire plaisir qu’elle l’accueillait pieds nus. Lorsqu’elle portait des escarpins, elle le dominait de ses cent soixante-quinze centimètres, ce qui le vexait.

Leur étreinte se prolongea. Stephan Martigny sentit le corps de la jeune femme se presser contre lui. Pendant quelques secondes, il se sentit merveilleusement bien. La musique sauvage et sacrée de la Misa Criola sortant des haut-parleurs invisibles semblait contrebalancer le côté païen de leur étreinte. L’accalmie dura peu, dans la tête de Stephan. Malgré l’appel muet du corps plaqué contre le sien, de la bouche soudée à la sienne, toute sa frustration et sa fureur remontèrent à la surface.
Pesant sur les hanches de la jeune femme, il la repoussa. Surprise, elle leva la tête et vit ses yeux humides de larmes.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle aussitôt.

La gorge nouée, Stephan Martigny secoua la tête sans pouvoir répondre. C’était la première fois qu’il se sentait comme un petit garçon devant cette femme dont il était éperdument amoureux. Il l’avait rencontrée cinq mois plus tôt. De garde à la Porte Sainte-Anne, il l’avait vue franchir la grille donnant via di Porta Angelica et se diriger aussitôt vers lui. Il faisait froid et elle était enveloppée dans un manteau de fourrure qui ne laissait voir que la masse de ses cheveux acajou et ses superbes yeux bleus.

Avec son immense béret et sa tenue bleue, Stephan Martigny se sentait un peu ridicule. Encore heureux qu’il n’ait pas arboré son grand uniforme, avec le heaume surmonté d’une aigrette rouge, l’armure à mi-corps et l’épée ! Parfaitement adaptée au XVe siècle, cette tenue immuable évoquait plutôt un déguisement de théâtre, à la fin du XXe. Dieu merci, les Gardes Suisses ne portaient cet accoutrement que dans les grandes occasions… Le reste du temps, leur travail consistait à garder les six portes du Vatican et celles des appartements privés du pape, dans des tours de garde qui additionnaient jusqu’à soixante-dix heures par semaine. Lorsque Loretta Obinski s’était approchée de lui, ce jour-là, il allait bientôt terminer le sien.

— Prego. Où est la pharmacie ? lui demanda-t-elle.

En même temps qu’elle lui mettait sous les yeux une ordonnance pour un antibiotique, elle lui avait expliqué que son pharmacien en ville n’avait pu lui fournir le médicament et lui avait conseillé de s’adresser au Vatican. La pratique était courante, la pharmacie du Saint-Siège étant la mieux achalandée de la capitale et aussi la moins chère, la TVA étant inconnue au Vatican. Par souci humanitaire, les consignes des Gardes suisses étaient de ne jamais refuser l’accès à la pharmacie, située juste au-dessus du bureau de poste du Saint-Siège, mais d’y accompagner les visiteurs. Aussi, Stephan Martigny avait-il guidé l’inconnue jusqu’à l’officine. L’observant tandis qu’elle se faisait servir, il avait pensé qu’à côté de cette rousse resplendissante, sa petite amie Gina lui semblait tout à coup bien fade.

Une fois servie, elle s’était retournée vers lui, avec un sourire éblouissant.

— Merci !

Stephan Martigny, intimidé, avait rougi et il l’avait raccompagnée jusqu’à la grille. Le claquement de ses hauts talons sur les pavés lui avait apporté quelques instants de rêve. La vie de Garde suisse n’était pas drôle, entre les interminables tours de garde, la solde misérable et les multiples brimades infligées par les quatre officiers suisses allemands qui détestaient les francophones.

Juste avant de disparaître dans la via di Porta Angelica, l’inconnue rousse s’était retournée, plongeant ses yeux bleus dans les siens.

— Vous avez de la chance de travailler ici ! avait-elle soupiré. Cela doit être fascinant…

Stephan Martigny avait rougi encore plus, et balbutié :

— Oh non, pas vraiment…

A brûle-pourpoint, la rousse lui avait soudain demandé :

— Cela vous ennuierait de me parler de la vie au Vatican ?

— Maintenant ?

S’il s’attardait trop avec un visiteur, il risquait d’être puni.

— Non, bien sûr. Quand serez-vous libre ?

Ebloui par sa chance, Stephan Martigny avait lâché rapidement :

— Demain, je suis encore de garde ici et je termine à deux heures. Le temps de me changer, je peux être dehors un quart d’heure plus tard.

— Où cela ?

— Ici, Porte Sainte-Anne.

La belle rousse avait fait la moue.

— Vous connaissez l’hôtel Columbus, via della Conciliazione ?

C’était l’avenue monumentale, bordée d’obélisques supportant des lampadaires, qui descendait de la place Saint-Pierre au Tibre.

— Oui, bien sûr.

— Je vous attendrai au bar. C’est très agréable. Vous pouvez venir à pied.

Ne croyant pas à sa chance, Stephan n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Le lendemain, Loretta Obinski était au rendez-vous. Il avait tout appris d’elle : d’origine tchèque, elle était mariée à un Italien qui la délaissait, ne pensant qu’à ses affaires. Propriétaire d’un petit chantier naval, il voyageait beaucoup.

Cette première fois, ils avaient beaucoup parlé du Vatican… Puis, au fil de leurs rencontres, l’intérêt de Loretta Obinski pour le Saint-Siège s’était émoussé. Le jour où d’une voix égale elle avait proposé à Stephan d’aller prendre un verre dans le studio qu’elle avait gardé depuis ses premiers jours à Rome, le jeune Garde suisse, qui n’était pas idiot, avait compris que son heure était arrivée.
Il l’avait retrouvée près du Vatican au volant du gros 4X4 noir Subaru qu’elle conduisait et elle l’avait emmené vicolo del Bologne dans la drôle de petite maison. Tandis qu’il se tenait gauchement au milieu de la pièce, examinant les lieux, Loretta avait ouvert une bouteille de Taittinger Comtes de Champagne Blanc de Blancs 1990 et rempli deux coupes.

Stephan Martigny n’avait jamais bu de champagne. Les bulles lui étaient rapidement montées à la tête tandis que Loretta Obinski remplissait sans cesse sa coupe de liquide pétillant. C’était comme dans un rêve. Ils étaient assis sur le même canapé rouge, et Loretta croisait et décroisait ses longues jambes découvertes par la courte jupe de son tailleur vert. Par l’échancrure de la veste, il apercevait le feston de dentelle d’un soutien-gorge noir bien rempli. Et il y avait le regard insistant, amusé et trouble, posé sur lui. Quand il s’était penché, glissant une main maladroite entre les revers de la veste pour saisir un sein lourd et ferme, Loretta s’était simplement penchée et lui avait offert sa bouche et sa langue.

De lui-même, Stephan avait trouvé le chemin de son ventre, alors qu’elle décroisait les jambes pour l’aider. Elle avait gémi, massant son membre raidi à travers son jean. Comme il n’arrivait pas à défaire sa jupe, elle s’était levée et, en quelques gestes, s’était dépouillée de son tailleur, ne gardant qu’un soutien-gorge, une culotte de dentelle noire, et une élégante Breitling Callistino au bracelet de crocodile orange.

Elle l’avait tiré par la main jusqu’au lit, se débarrassant de sa culotte au passage. Bandant comme un cerf, Stephan s’était retrouvé fiché en elle jusqu’à la garde, la martelant comme s’il voulait l’ouvrir en deux. Loretta tanguait sous lui, la bouche ouverte, les traits déformés par le plaisir, ses mains accrochées dans son dos, clouée comme un papillon par son membre puissant qui n’avait jamais été à pareille fête… Loretta haletait, repliée comme une grenouille, ses longs cheveux acajou épars autour d’elle. Lorsque Stephan s’était répandu dans son ventre et qu’elle avait hurlé, il s’était senti le maître du monde.

Ils étaient tous les deux inondés de sueur. Loretta avait les yeux au milieu du visage et les quelques mots qu’elle avait soufflés dans l’oreille de son jeune amant l’avaient propulsé au comble du bonheur.

— Quand je t’ai vu la première fois, je t’ai trouvé très beau et j’ai eu tout de suite envie de toi.

Lorsque Stephan Martigny avait regagné sa chambre, au troisième étage du quartier des Gardes Suisses, il flottait sur un petit nuage rose. Claude, son meilleur copain, l’avait accroché dans le couloir.

— Qu’est-ce que tu as ? Tu as l’air bizarre.

— Rien ! avait juré Stephan, avant de filer dans la chambre qu’il occupait seul grâce à son grade de vice-caporal.

Là, étendu sur son lit, il s’était repassé le film des dernières heures. Dans un état second.

Comment une femme aussi belle que Loretta avait-elle pu s’intéresser à un jeune homme un peu fruste déguisé la moitié du temps en soldat d’opérette, pour gagner un million huit cent mille lires par mois ?

Les semaines avaient passé. Ils s’étaient revus régulièrement, pas assez souvent au goût de Stephan. Ils allaient au restaurant, à la plage d’Ostie, dans sa vieille Alfa 33 blanche, dans des trattorias, ou visiter des musées. Le jeune Garde suisse était éperdument amoureux. Loretta était devenue, plus que sa maîtresse, sa confidente, son conseil. Stephan était plus intime avec elle qu’avec sa mère.

Hélas, Loretta ne le voyait qu’au compte-gouttes, lorsque son mari lui en laissait le loisir. Parfois, même lorsqu’ils n’avaient pas rendez-vous, Stephan Martigny venait rôder vicolo del Bologne, flairant les lieux comme un animal.

En dépit de sa liaison, il avait conservé sa « fidanzata », Gina, une brune piquante qui lui reprochait sa nouvelle froideur : il était incapable de tromper Loretta. Avec Gina, il sortait avec ses copains, allait au cinéma, manger des glaces ou faire du roller, mais il taisait jalousement à tous l’existence de Loretta, qui lui avait fait jurer de garder le silence sur leur liaison. Il n’y avait qu’une exception à cette règle : le Père Hubertus, son confesseur, à qui Stephan avait voulu présenter sa conquête. Même à sa mère, qui vivait en Suisse, il n’en avait pas parlé.

Toutes leurs rencontres se déroulaient de la même façon. Stephan se jetait sur Loretta et lui faisait l’amour avec violence, le plus longtemps possible. Ensuite, nus, ils bavardaient en vidant une bouteille de Taittinger. Une fois, Stephan, qui devait rentrer à une heure, s’était endormi, pour ne se réveiller qu’à sept heures du matin… L’incartade lui avait valu une sévère punition.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 17 octobre 2012, 313 pages
ISBN-10: 2360532863 / ISBN-13: 978-2360532865

Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
- SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
- SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

vendredi, 04 janvier 2013

Au pays du cerf blanc (Bailuyuan) - Chen Zhongshi - 1993

chen zhongshi,litterature chinoise,bailuyuan,au pays du cerf blanc,xxe siecle,chineNon loin de l’ancienne capitale Xi’an se situe le pays du Cerf blanc. En son village deux patriarches vont se disputer l’autorité des années durant. D’un côté Bai Jiaxuan (Bai = blanc), paysan scrupuleusement fidèle à la tradition confucianiste, chef de clan de Bailu, province du Shaanxi, voit périr dans des conditions étranges six épouses avant de dénicher la bonne, Xiancao, qui lui donnera trois fils, Xiaowen, Xiaowu, Xiaoyi, et une fille, Ling. Le deuxième chef de clan, Lu Zilin (Lu = cerf), est l'exact contraire de Jiaxuan, à qui il dispute des terrains : il est facilement corruptible et volage, mais sensible. Ses deux fils, Zhaopeng et Zhaohai, seront pourtant élevés avec les Bai à l'Académie du Cerf blanc, ainsi que Noiraud, le fils d'un valet des Bai.
Et ces deux clans vont s’affronter, s’allier, se déchirer, s’aventurant loin du Shaanxi et revenant, se partageant des femmes, respectant ou bafouant les cultes des anciens... tout cela tout au long de la première moitié du XXe siècle, et cela à travers toutes les épreuves que connaîtra le pays du Cerf blanc, au passage des jacqueries, brigandages, épidémies, famines, révolutions nationaliste et communiste, guerre civile... Et à travers ces deux clans opposés et tout ce que vivra le pays du Cerf blanc c’est l’image de toute cette Chine immense et tumultueuse qui en ressort dans toute sa complexité et fragilité.

Au pays du cerf blanc (Bailuyuan) de Chen Zhongshi est un vaste roman, une riche épopée sur la Chine et son évolution durant la première partie du XXème siècle, cela jusqu’à la révolution communiste de 1949. Malgré ses plus de 800 pages et ses nombreux détails le lecteur ne se lassera guère de tout ce qu’il découvrira. L’auteur réussit en effet à parfaitement entraîner et plonger le lecteur dans son histoire qui nous fera découvrir au détour d’une impressionnante et haute en couleur galerie de personnages un pays vaste comme un continent dont on ignore encore tant de choses. Ce genre de romans, mêlant histoires familiales à celle du pays, et cela sur une période de plusieurs années, sont assez fréquents en Chine, et Le pays du Cerf blanc de Chen Zhongshi en est peut-être l’un des plus beaux exemples.

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Extrait : premier chapitre

Au Pays Du Cerf Blanc Extrait - Premier Chapitre


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Présente édition : traduit du chinois par Shao Baoqing et Solange Cruveillé, éditions Le Seuil, 10 mai 2012, 813 pages

ISBN-10: 2020964600 / ISBN-13: 978-2020964609