vendredi, 28 octobre 2005

Lénore - Gottfried August Bürger - 1774

Une jeune femme, Lénore, attend le retour de guerre de son jeune époux. Celui-ci hélas tarde à revenir, ce qui va plonger la jeune Lénore dans une dépression. Cependant une nuit à minuit son amoureux revient de la mort pour l'emmener au loin avec lui, dans leur nouveau lit nuptial...

Cette longue ballade, oeuvre importante du mouvement "Sturm und Drang", est l'une des poésies plus célèbres du poète Gottfried August Bürger. Elle eut beucoup d'effets sur les lecteurs de l'époque dû à son côté sombre et macabre. Il sera d'ailleurs souvent traduit et imité (par Gérarde de Nerval, notamment). Bürger acquit la célébrité du jour au lendemain. L'intérêt de Lénore, ainsi que de nombreuses autres oeuvres de Bürger est d'écrire une poésie, qui se voulait accessible à toute la population. De plus Bürger intègre parfaitement bien le fantastique dans beaucoup de ses poèmes.

Beaucoup de poèmes de Gottfried August Bürger ont été en France illustré par Gustave Doré (voir image).

Rappelant que Gottfried August Bürger, auteur de très nombreuses poésies, est également reconnu comme étant l'auteur du Baron du Münchhausen.



Voir également:
- Le Baron de Münchhausen - Gottfried August Bürger, biographie d'une oeuvre



mercredi, 05 octobre 2005

Le Baron de Münchhausen - biographie d'une oeuvre

bbbmunchhausenGottfried August Bürger (1747-1794), poète malheureux, si malheureux qu'il finira par se pendre, - deux fois veuf, phtisique et divorcé de sa troisième femme qui le trompait effrontément-, restera à tout jamais comme l'auteur de la meilleure version des récits du Baron de Münchhausen.

Mais qu'est-ce donc que le personnage de Münchhausen, personnage historique ou alors de fiction. Beaucoup de gens connaissent ses histoires de chasse, ou alors ses voyages sur la lune ou au fond des mers.

extrait chosi:
...je me décidai à descendre de cheval ; j’attachai ma bête à une sorte de pointe d’arbre qui surgissait de la neige. (...) et je m’étendis sur la neige. Je fis un si bon somme, que, lorsque je rouvris les yeux, il faisait grand jour. Quel fut mon étonnement lorsque je m’aperçus que je me trouvais au milieu d’un village, dans le cimetière ! Au premier moment, je ne vis point mon cheval, quand, après quelques instants, j’entendis hennir au-dessus de moi. Je levai la tête, et je pus me convaincre que ma bête était suspendue au coq du clocher. Je me rendis immédiatement compte de ce singulier événement : j’avais trouvé le village entièrement recouvert par la neige ; pendant la nuit, le temps s’était subitement adouci, et, tandis que je dormais, la neige, en fondant, m’avait descendu tout doucement jusque sur le sol ; ce que, dans l’obscurité, j’avais pris pour une pointe d’arbre, n’était autre chose que le coq du clocher.

Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen, aussi connu sous le nom de Baron de Münchhausen, ou alors le Baron-menteur est né à Bodenwerder près de Hannovre. Jeune il a servi en tant que page pour le Prince de Braunschweig. A l'âge de 17 ans il rejoint l'armée. Il a servi en tant que lieutnant, puis en tant que capitaine de cavalerie dans un régiment russe lors de deux guerres en Turquie (1737-1739). En 1752 il met fin à sa carrière et rentre en Allemagne, pour mener une vie de gentleman. Il se met à fréquenter ses cercles d'amis, où l'on se racontait les aventures du passé. Le Baron de Münchhausen acquit vite une grande célébrité aux alentours de Hannovre, en tant que raconteur d'histoires extraordinaires de sa vie de soldat, chasseur et aventurier. Cependant il n'était point satisfait de son nouveau surnom: le Lügerbaron (le baron menteur). Ces narrations se basaient surtout sur des improvisations. Le baron de Münchhausen meurt à Bodenwerder le 22 février 1797, ne laissant pas d'enfants derrière lui.
Après sa mort il a été presque oublié, que le Baron est un personnage réel, et non pas seulement de fiction.



Une première collection d'aventures va apparaître dans le magazine Vademecum für lustige Leute (1781-1783), toutes attribués au baron lui-mêmes, même si certaines de ses histoires seraient bien plus vieilles que cela.

Cependant l'homme qui créa le mythe du Baron de Münchhausen fut Rudolf Erich Raspe (1737-1794), un ami de la famille sans le sous et professeur de littérature à Kassel. Dû à des histoires de vol, ce dernier a dû fuir vers la Hollande, puis vers l'Angleterre. Raspe a utilisé les histoires sur le Baron déjà publiés plus tôt, les a augmentés, traduits en anglais et publiés de façon anonyme à Londres sous le titre de Baron Munchhausens Narrative of His Marvellous Travels and Campaigns in Russia. Le livre eut un immense succés, et fut à nouveau traduit en allemand en 1786, puis en 1788, repris et augmenté par le poète Gottfried August Bürger (1747-1894), qui y ajoute huit de ses propres histoires. Le livre aura un succés dans toute l'Europe sous le titre de Wunderbare Reisen zu Wasser und zu Lande, Feldzüge und lustige Abenteuer des Freyhernn von Münchhausen.

Si le Baron de Münchhausen n'est entré dans l'histoire qu'en tant que personnage de fiction, Bürger, quant à lui, n'entrera dans l'histoire que pour une seule oeuvre, de plus une oeuvre qu'il n'a fait que traduire et augmenter. Raspe, quant à lui, sera totalement oublié, et ne sera que révélé en 1847 par Heinrich Döring dans une biographie de Bürger.

La version française du Baron de Münchhausen a été traduite par Théophile Gautier fils.