mercredi, 29 avril 2009

Et pour le pire, Fragments de vies - Franck Bellucci - 2009

bibliotheca Et pour le pire

Pour le meilleur... et pour le pire... surtout, le pire qui arrive toujours à un moment ou un autre de la vie. Dans ces quatorze nouvelles, ou fragments de vies, l'écrivain français Franck Bellucci nous fait entrevoir ce pire tel qu'il se produit si souvent, de la façon la plus banale dans la plupart des cas, et qui toujours fait tout basculer de façon irrémédiable. Dans la première nouvelle Choc frontal, c'est un accident de voiture qui intervient, la mort qui s'ensuit et l'autre qui ne peut accepter la réalité. Et cette première histoire donne parfaitement le ton au reste du recueil. Si dans la première nouvelle la rupture vient par la disparition d'un être cher, dans d'autres elle dû à une maladie, un divorce, une infidélité, un héritage, la folie,... tout est possible. Les quatorze nouvelles ne sont toutefois pas toujours aussi graves, certaines étonnent même par leur légèreté. Dans sa narration l'auteur se concentre avant tout sur le côté émotionnel de toute histoire, et certaines sont de ce point de vue réellement poignantes.

Si pas toutes les histoires ne se valent Et pour le pire... est un très bon recueil, intéressant à plus d'un titre et qui plaira à bon nombre de lecteurs.

Extrait : Un père qui pleure

Je n’ai jamais réussi à t’en vouloir. On n’en veut pas à un père qui pleure. Tu semblais tellement désemparé, tellement malheureux d’avoir à m’annoncer cette triste nouvelle. Tu partais. Parce qu’il le fallait ; tu ne pouvais pas faire autrement, tu ne pouvais plus faire semblant. Tu avais longtemps réfléchi pour essayer de trouver une autre solution. Tu avais passé des nuits blanches à chercher comment faire, comment m’éviter cette douleur, ce traumatisme. Car tu savais que cela en serait un. Il ne pouvait en être autrement. Un père qui part est toujours une blessure, et ton départ l’a été. Alors, comment me faire comprendre ? Comment me dire ?

Un soir, tu es venu, tu m’as rejoint dans ma chambre au fond du couloir. Il était déjà tard, je ne dormais pas encore. Tu n’as pas eu à me réveiller. Tu t’es assis sur le bord de mon lit et ta grande, ta large main m’a caressé le visage. J’aurais voulu être bien, profiter de ce moment avec toi, de cette complicité, de ce silence partagé, de ta chaleur, mais je voyais que tu étais désemparé, et tellement malheureux ; je devinais que ton geste n’était que le préambule à des mots qui allaient venir et qui allaient détruire cette fragile harmonie. Des mots qui feraient mal, qui feraient aussi que plus rien ne serait comme avant. Pour être sincère, je redoutais cet instant mais je savais au fond de moi qu’il arriverait. J’en avais l’étrange certitude. Il ne pouvait qu’arriver. Forcément. Depuis des mois déjà, je l’attendais, avec crainte, dans l’obscurité de ma chambre, dans l’épaisseur de mes idées noires. J’attendais et je comptais les jours. Car, du haut de mes dix ans, je sentais bien que ton regard n’était plus le même. Je surprenais souvent la tristesse sur ton visage comme je voyais le chagrin sur celui de maman. Mes parents unis dans la mélancolie. Les silences entre vous se faisaient de plus en plus longs, de plus en plus lourds. Vous ne vous donniez plus la main. Vous ne marchiez plus côte à côte. Malgré mes efforts, mes ruses d’enfant, vous vous évitiez et vous ne vous frôliez plus, parfois, que par inadvertance. Je m’attendais donc à ce que tu viennes, un jour, un soir, dans ma chambre, à ce que tu m’expliques que tu avais quelque chose à me dire et je savais exactement ce qu’était ce quelque chose. Oui, je savais précisément ce que tu me dirais.

Tu m’as parlé mais je me souviens surtout de tes larmes. Je ne t’avais jamais vu pleurer, toi, mon père, mon héros infaillible, ma référence. Je ne pensais pas que tu pourrais pleurer. Et à mon chevet, ce soir-là, tu pleurais. Alors, je t’ai pris dans mes bras d’enfant pour te consoler, pour te faire croire que ce n’était pas grave, pour te murmurer que je comprenais, que de toutes façons, même parti, tu resterais mon papa. Qu’entre nous, ce serait toujours pareil. À mon tour, je t’ai caressé le visage ; j’ai passé ma petite main dans tes cheveux noirs et épais.

Ainsi, il était arrivé ce moment que j’avais redouté. Tu t’en allais. Tu partirais, le lendemain. Il ne fallait plus attendre as-tu indiqué. Tout était prêt. Tu prendrais tes affaires, tes vêtements, tes livres, tes disques préférés, tout ce qui te ressemblait, tout ce qui marquait ta présence, tout ce qui disait celui que tu étais, tout ce que j’avais toujours vu autour de moi et qui me rassurait et tu irais vivre dans un autre appartement, avec une autre femme que tu avais rencontrée, que tu aimais disais-tu, parce que parfois l’amour pour celle qui est la mère de son fils s’éteint, sans raison, c’est comme ça, et un sentiment semblable, aussi beau, aussi fort, plus fort encore, un sentiment irrésistible, contre lequel on ne peut lutter, naît pour une nouvelle personne. C’est ce que tu m’expliquais entre deux sanglots maladroitement contenus. Tu irais de l’autre côté de la ville mais, bien sûr, tu continuerais à venir, à me voir, à m’aimer, et moi aussi je viendrais chez toi, chez vous, chez nous, dans cet autre appartement où une grande et belle chambre me serait réservée. Une chambre que je serais autorisé à décorer à mon goût, exactement comme je le voudrais. Je crois que ce sont ces mots-là que tu m’as dits. De maman, tu ne m’as pas parlé. Et tandis que tu prononçais ces phrases dont je pensais que tu avais dû les préparer, les apprendre, les répéter, peut-être même les écrire toi qui aimais tant écrire sur de petits carnets mystérieux, je l’imaginais, seule, toute seule, dans le salon, en bas, en train de pleurer, elle aussi. Tu m’as embrassé comme on embrasse quelqu’un qu’on a peur de ne pas revoir. Intensément. Tu m’as serré fort, si fort que tu m’as fait mal, et puis tu es sorti de ma chambre. Tu m’as paru différent, presque déjà vieux. Un autre.

C’est ainsi que tu es parti mais avec moi j’ai conservé ta chaleur, ton odeur, l’empreinte de ta grande et large main et surtout le goût de tes larmes. Des larmes de mon père, j’en ai fait mon plus beau trésor, mon secret. Comme un ultime cadeau en souvenir du temps d’avant.

Lorsque je me suis réveillé, tu n’étais déjà plus là. Je me suis retrouvé seul avec elle pour qui ton amour s’était éteint. Elle avait les yeux un peu gonflés, elle semblait fatiguée, ses mains tremblaient parfois, mais elle me souriait, elle me disait des mots tendres, réconfortants, elle me faisait des promesses, elle me proposait mille choses à entreprendre. Elle conjuguait les verbes au futur pour que je ne perde pas espoir. Elle n’arrêtait pas de parler cherchant à combler à sa manière ton absence. Elle m’embrassait également, aussi fort que tu l’avais fait, à me faire mal, à m’étouffer. Elle était belle, ma mère, et je l’ai consolée. En fait, j’ai passé le reste de ma vie à la consoler.

Tu vois, malgré tout ce que tu penses, malgré ce que tu as toujours pensé, je ne t’en veux pas. Peut-être même t’ai-je compris, admirant ton courage, car il en faut du courage pour revendiquer son envie d’être heureux, pour refuser l’ennui et les rancoeurs, pour jouer le rôle, le mauvais rôle, de celui qui part, qui abandonne un petit garçon, qui laisse seule une femme blessée. Pour aller dans un autre appartement de l’autre côté de la ville avec une autre femme. Non, je ne t’en veux pas parce qu’on n’en veut pas à un homme qui pleure, qui pleure d’avoir à dire ce qu’il a à dire, qui pleure d’avoir à partir.

Et parfois même, l’homme que je suis devenu, l’époux, le père, le héros infaillible sur lequel se posent les yeux de ses fils, se demande s’il ne devrait pas pleurer, à son tour, un soir, dans une chambre d’enfant.

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Voir également :
- Ce Silence-là - Franck Bellucci (2008), présentation et extrait
- L'Invitée - Franck Bellucci (2008), présentation

14:11 Écrit par Marc dans Bellucci, Franck | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelles, romans psychologiques, litterature francaise, franck bellucci | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 01 juin 2008

L'Invitée - Franck Bellucci - 2008

bibliotheca l invitee1985. Paul débarque à l'improviste dans la maison de ses parents accompagnée de Solange, sa dernière conquête féminine. Mais l'ambiance dans la maison familiale est des plus tendues entre le père gravement malade, la fille Claire quise dévoue corps et âme à ses parents, et Paul qui débarque, visiblement dans l'insouciance la plus totale. En effet il ne veut pas entendre parler des souffrances de son père et est bien décidé à provoquer toute sa petite famille. Et la présence de Solange ne va guère apaiser les tensions. Car son arrivée en compagnie de Paul n'est que prétexte pour mettre au grand jour un terrible secret datant des années quarante et qui risque d'ébranler le peu d'équilibre qui subsiste dans cette famille.

Franck Bellucci est déjà l'auteur d'un roman, Ce Silence-là, paru cette même année 2008, et nous revient avec une belle pièce de théâtre au nom de L'Invitée présentant un huis-clos d'une famille en pleine rupture. La pièce a été créée en mars 2008 à la Chapelle Saint Mesmin (Loiret) par la troupe associative du Théâtre de la Rive, troupe dont Franck Bellucci fait également partie en tant que acteur.
Dès les premières pages cette famille, au centre de la pièce, fait froid dans le dos par son inconsistance et semble ne trouver de repères que dans la maladie du père. Et ce mal-être familial est parfaitement rendu par le personnage de Paul, cynique et orgueilleux, qui semble totalement rejeter la figure du père; la fin expliquera d'ailleurs le pourquoi de ce comportement. L'auteur réussit à parfaitement rendre cette ambiance malsaine par des dialogues souvent très tendus entre les différents personnages. Et encore le mot dialogue est beaucoup dire pour ce qui ne semble être que des disputes entre des personnages qui justement ne semblent guère pouvoir dialoguer et qui ne cherchent qu'à se provoquer et se mesurer l'un à l'autre.
Vient ensuite la présence de Solange, et son terrible secret qui va tout ébranler. Ici l'auteur tente ni plus ni moins d'aborder le vaste et complexe sujet de la culpabilité, ainsi que de sa transmission générationnelle. Ce côté-là de la pièce est bien moins convaincant, à moins que l'on ne le considère juste en tant que prétexte à la destruction finale de la famille. Mais alors il aurait mieux fallu cacher derrière ce secret un sujet différent et certainement moins complexe.

En bref, L'Invitée de Franck Bellucci est une pièce de théâtre qui, dans son ensemble, est plutôt réussie et qui promet de belles représentations sur les planches.

Voir également:
- Ce Silence-là - Franck Bellucci (2008), présentation et extrait
- Et pour le pire, Fragments de vie - Franck Bellucci (2009), présentation et extrait

19:52 Écrit par Marc dans Bellucci, Franck | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : franck bellucci, litterature francaise, theatre | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

lundi, 26 mai 2008

Ce silence-là - Franck Bellucci - 2008

bibliotheca ce silence-la

Un jeune homme en tenue de soirée errant sans but est retrouvé sur une plage déserte. Les autorités le prennent en charge et découvrent qu'il est totalement mutique. D'où vient-il? que faisait-il avant de se retrouver là? Tout le monde l'ignore et pas possible d'en tirer quoi que ce soit. L'homme reste muet et ne semble guère réagir à son entourage. Au bout de quelques jours il révèle cependant ses talents de musicien lorsque le personnel de la clinique lui présente un papier et un crayon dans l'espoir qu'il écrive son nom ou dessine le drapeau de son pays. Mais, au lieu de cela, il dessine un violoncelle. On lui apporte alors un instrument et il se met à jouer deux heures durant. Mais il ne prononce toujours pas le moindre mot. Très angoissé, il ne s'apaise que lorsqu'il manipule son violoncelle. Tout est mis en œuvre pour découvrir l'identité de l'amnésique, y compris l'appel aux médias qui diffusent des portraits à travers le pays.
Hélène, infirmière de l'hôpital dans lequel l'amnésique est interné, cherche elle aussi à comprendre. Le malade la fascine et ses efforts pour percer son mystère se transforment en un attachement sentimental qu'elle n'arrive plus à contrôler. Peu à peu elle se persuade qu'elle est la seule capable à pouvoir venir en aide à son patient.

Franck Bellucci, professeur de lettres enseignant près d'Orléans, signe avec Ce Silence-là son premier roman. Si l'histoire peut sembler familière, c'est que l'auteur réutilise comme base à son roman un fait divers réel qui s'est produit en 2004 en Angleterre. En effet cette année-là un amnésique a été retrouvé sur une plage déserte et qui, grâce à ses compétences de pianiste, a vite été surnommé The Piano Man par les médias. Les faits sont un peu transformés pour les soins du roman mais tout le déroulement de l'affaire s'y retrouve.
Mais pour Franck Bellucci le but n'est pas de réécrire ce fait divers sous forme de roman pour trouver une énième explication à cette affaire. Non, l’affaire du Piano Man n’est que prétexte pour parler de l’aide-soignante et infirmière Hélène, le véritable personnage principal du roman, une femme blessée dans la vie qui va revivre en s’imaginant une histoire avec le célèbre patient. L’histoire est d’ailleurs racontée de son point de vue à elle, alternant des récits à la première personne (extraits du journal intime d’Hélène) et à la troisième personne. Et peu à peu se révèle la personnalité d’Hélène à travers les silences du patient et le lecteur suit pas à pas sa lente évolution tantôt heureuse, mais souvent inquiétante, vers une fin que l’on devine terriblement tragique. Franck Bellucci réussit à parfaitement rendre cette évolution psychologique, le lecteur accroche dès les premières pages à ce texte troublant et émouvant à la fois, et qui se révèle également plutôt original et inattendu.

Ce Silence-là
de Franck Bellucci est un premier roman fort réussi et très prometteur.

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Extrait : premières pages

1er jour

Elle regarde le visage anguleux, elle scrute les grands yeux clairs, caves, cernés de noir, des yeux étonnamment fixes et vides, pas tout à fait éteints mais aux pupilles sans éclat, sans profondeur. Quelques mèches de cheveux fins, très blonds, légèrement ondulées, collées sur le front par la sueur, soulignent l’extrême pâleur du faciès.

Il ne bouge pas, ne se débat plus, corps figé et nu sur ce lit auquel il a été sanglé non sans mal. Aux cris d’effroi, aux râles douloureux a enfin succédé le silence, celui de l’épuisement, de la résignation aussi. Le produit injecté, mélange de puissants tranquillisants et d’hypnotiques, a agi, pénétrant les tissus, les muscles, les organes et l’esprit, oui, surtout l’esprit. Et les convulsions ont fait place à une complète immobilité des membres.

Seule, assise sur  l’unique chaise de la petite chambre aux parois immaculées, elle attend maintenant que la respiration se fasse  plus régulière, plus douce. Elle guette et espère les symptômes d’un sommeil qui serait profond, paisible, récupérateur, et en attendant, elle observe avec son regard de soignante, de femme, mais aussi avec cette compassion particulière qu’on ne peut surprendre que dans les yeux d’une mère.

Et cela se fait.

Petit à petit, le souffle se met à ralentir, devenant plus calme, plus tranquille. Les bras menus, presque graciles, ainsi que les longues mains un peu féminines semblent se relâcher, s’abandonner. Sur la peau translucide des paupières qui viennent de se baisser, quelques veinules sinueuses s’entrecroisent, se mêlent, dessinant un faisceau serré d’étoiles sanguines. Pendant qu’elle détaille chaque parcelle de peau du dormeur, Hélène s’interroge : Quel âge peut-il donc avoir ? De toute évidence, ce n’est déjà plus un enfant, mais il n’a pas encore une corpulence d’adulte. Non, ce n’est pas encore tout à fait un homme…

Après un long moment durant lequel elle se laisse bercer par une agréable torpeur, sorte de rêverie ouateuse, elle se ressaisit et constate qu’un filet de salive luit à la commissure des lèvres du patient. Elle se redresse alors, quitte son siège, extirpe de la poche de sa blouse un mouchoir en tissu, le déplie et se penche pour essuyer ce qui pourrait être un reste d’écume de mer. Le corps, dont elle est maintenant tout près, sent encore la vase. Elle n’a aucun mal à reconnaître cette odeur spécifique qui l’a déjà assaillie tout à l’heure lorsqu’il lui a fallu plier les vêtements détrempés destinés à être lavés, désinfectés et séchés.

Oui, elle reconnaît cette odeur qui toujours l’a écœurée, bouleversée, que toujours ou depuis si longtemps déjà elle a essayé de fuir, d’oublier, et dont elle sait qu’elle a à voir avec la mort, avec la décomposition, avec la lente, l’immonde putréfaction des corps et des viscères gorgés d’eau. Elle sent cette odeur mais étrangement elle ne cherche pas à l’éviter. Au contraire, elle se force à la respirer à pleins poumons, à s’en laisser pénétrer, et elle se dit que, peut-être, ce sont précisément ces relents tenaces qui la retiennent ici, au chevet du dormeur.

En effet, elle n’a plus de doutes à présent, c’est bien cette odeur dont il est imprégné qui l’empêche de s’en aller, de partir, de rejoindre le monde des vivants, là-bas, au-delà de l’enceinte de l’hôpital.

Maintenant, l’effroi est passé. Il n’y a plus de cris, plus de gémissements. Le calme est revenu, un calme fragile, éphémère mais onctueux, et le marcheur sans papiers, sans identité, sans paroles, sans âge précis, peut sommeiller dans le lit de la chambre 22, au second étage de l’hôpital.

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Voir également:
- L'Invitée - Franck Bellucci (2008), présentation
- Et pour le pire, Fragments de vie - Franck Bellucci (2009), présentation et extrait

16:21 Écrit par Marc dans Bellucci, Franck | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : franck bellucci, litterature francaise, the piano man, romans psychologiques | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!