lundi, 25 juillet 2011

Les éclaireurs - Antoine Bello - 2009

antoine bello,les falsificateurs,les eclaireurs, litterature francaise,romans de mystere,le cfrAprès les événements décrits dans Les falsificateurs (2007), la carrière de l’islandais Sliv continue au sein du CFR, le Consortium de Falsification du Réel, alors que le monde sera bientôt ébranlé par les attentats du 11 septembre 2001. Le CFR a pour but de modifier petit à petit la réalité, en falsifiant des données et en créant des scénarios. Mais quel est son but ultime ? Qui doit-il servir ?
Alors que le monde tente de se remmettre des terribles attentats new-yorkais Sliv se rend compte que le CFR pourrait avoir joué un rôle dans l’apparition d’Al Qaida, et peut-être même qu’il aurait fourni des preuves aux Etats-Unis d’Amérique pour se lancer dans une longue guerre en Irak.
Sliv, déjà souvent emprunt de doutes quant à son rôle dans cette organisation secrète, mène l’enquête et finit par découvrir l’étonnante vérité qui se cache derrière tout cela.

Le roman Les éclaireurs d’Antoine Bello fait directement suite à Les falsificateurs (2007), paru un an plus tôt, et contrairement à ce qui se dit tel noté sur le quatrième de couverture de l’édition Folio/Gallimard cette suite ne peut se lire indépendamment de ce qui précède. Dès les premières pages on se rend compte que c’est mensonger, inutile et prétentieux. D’ailleurs c’est ainsi que peut se résumer l’entièreté de ce roman. D’abord Les éclaireurs ressemble fort à son prédécesseur avec ses personnages on ne peut plus caricaturaux en frisant même le ridicule, ses dialogues sans fin et sans vie, son lot de bons sentiments et sa naïveté historique, une absence totale de style d’écriture et une construction on ne peut plus linéaire... mais tout cela en encore pire. Et si dans le premier l’auteur s’attachait à éclairer ou à falsifier des faits historiques plus éloignés de nos préoccupations d’aujourd’hui ou alors plus futiles, ici c’est carrément aux attentats du 11 septembre 2001 et de leurs conséquences qu’il s’attaque, un sujet bien trop chaud encore et auquel il manque encore le recul nécessaire. Ainsi on a droit à une belle représentation bien manichéenne et à l’américaine des tensions actuelles, càd. simpliste, facile et naïve.
Le roman est-il pour autant raté ? Non pire, il confirme d’un même coup tous les doutes que j’ai pu avoir au sujet du précédent et anéantit l’ensemble d’une série qui était vendue pourtant comme bien ambitieuse et prometteuse. N’oublions pas que de grands critiques littéraires issus de Télérama et du Magazine Littéraire ont encensé ce roman, en lui attribuant même des prix. Promotion cachée de la part d’un éditeur ? Rien n’est moins sûr.
Mais n’exagérons pas, le lecteur peu exigeant pourra y trouver un quelconque divertissement, même s’il ferait mieux de perdre son temps à autre chose que de lire ces plus de mille pages que représentent Les falsificateurs et Les Eclaireurs d’Antoine Bello.

Mieux vaut passer au plus vite à autre chose.

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Voir également :
- Go Ganymède ! - Antoine Bello (1996), présentation
- Les falsificateurs - Antoine Bello (2007), présentation et extrait

mercredi, 29 juin 2011

Les falsificateurs - Antoine Bello - 2007

antoine bello, les falsificateurs, litterature francaise, romans de mystere, le cfr1991, le jeune islandais Sliv Dartunghuver, à peine sorti de l’école, est engagé en tant qu’ingénieur par Gunnar Eriksson, directeur du cabinet d’études environnementales Baldur, Furuset & Thornberg. Une première mission lui révle cependant certains mystères et son patron ne tardera pas à lui avouer que son poste n’est qu’une couverture et qu’il a en fait été engagé pour faire partie d’une organisation secrète le CFR, le Consortium de Falsification du réel, une organisation qui a pour but, comme son nom l’indique, de falsifier peu à peu la réalité en insérant dans divers documents et médias des informations erronés. Ainsi le jeune Sliv découvre vite par exemple que Laïka, la première chienne dans l’espace n’a jamais existé, et que cette info a été intelligemment placée par des agents du CFR sans que les autorités aérospatiales soviétiques aient pu les démentir. Et les travaux du CFR touchent tous les domaines que ce soit la science, l’art, la politique, l’économie… tout y passe et y est retravaillé pour être falsifié.Et le but du CFR ? C’est un grand mystère, et l’un des mieux gardés.
Pour Sliv, mais aussi d’autres jeunes recrues, la carrière dans le CFR sera des plus palpitantes, mais lorsqu’on travaille dans le secret et la clandestinité le danger n’est jamais loin, et personne ne sait encore jusqu’où tout cela les mènera.

Les falsificateurs, paru en 2007, est un roman de l’auteur franco-américain Antoine Bello nous contant l’ascension d’un jeune islandais dans une organisation secrète internationale qui a pour but de falsifier le réel. Premier tome d’une série de deux, ce roman sera suivi en 2009 par Les éclaireurs.
Ce roman surprend dès le départ par son idée. Alors que les sociétés secrètes sont bien à la mode en littérature en ces années 2000, Antoine Bello arrive à surprendre avec le CFR et ses implications dans l’histoire actuelle. Le fonctionnement du CFR, la constitution des dossiers ou scénarios, la falsification des sources d’informations et leur reprise dans le monde sont fascinantes. Le lecteur commence vite à douter de tout et s’étonne de page en page avec quelle facilité tout révision historique peut être facile, chose qui a d’ailleurs souvent été faite par tel ou autre régime au cours de notre histoire. Le tout peut ainsi paraître passionnant mais Antoine Bello tombe vite dans le piège que peut représenter une bonne, voire trop bonne idée. Ainsi l’auteur s’évertue sur des pages et des pages à décrire les différents mécanismes de fonctionnement du CFR au dépens de ses personnages trop peu travaillés, trop schématiques et aux évolutions pas toujours claires, et d’une quelconque intrigue qui a du mal à prendre. Y a-t-il même une réelle intrigue ? Du suspense ? Le but ne semble que de nous faire découvrir le CFR et ses grands secrets… c’est intéressant, mais alors cela aurait pu être un peu plus court aussi. Et au-delà du contenu ce qui frappe également est l’absence totale de style, donnant une écriture d’un plat absolu. De nombreux dialogues, parfois très longs où l’on voit un personnage expliquer ses plans à l’autre sont presque toujours sans vie et deviennent vite ennuyeux.

Les falsificateurs d’Antoine Bello aurait pu être un bon roman, mais hélas il en est loin. Reste tout de même un sujet bien intéressant qui fera que je me laisserai tout de même bien tenter par sa suite.

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Extrait : les premières pages

« Félicitations, mon garçon, dit Gunnar Eriksson en me regardant parapher mon contrat de travail. Voilà qui fait de vous l'un des nôtres. »

Je rangeai mon exemplaire du contrat dans ma sacoche en me réjouissant encore une fois de la tournure qu'avaient prise les événements dernièrement. Quinze jours plus tôt, j'avais été à deux doigts d'accepter une proposition qui eût fait de moi l'adjoint du directeur export d'une conserverie de Siglufjördhur (1815 habitants sans compter les ours). Le recruteur m'avait vanté le dynamisme du secteur et les perspectives d'évolution. Le salaire, misérable, ne devait surtout pas m'effrayer, les occasions de le dépenser étant de toute façon inexistantes.

Tant ma mère que la responsable du bureau de placement de l'Université de Reykjavík où j'avais obtenu mes diplômes me poussaient à accepter une offre qui, disaient-elles, ne se représenterait peut-être pas d'ici longtemps. Il faut dire qu'en ce mois de septembre 1991 le marché de l'emploi n'était guère brillant pour un diplômé en géographie de vingt-trois ans. La première guerre du Golfe avait plongé l'économie mondiale en récession et les entreprises embauchaient à l'époque plus volontiers des experts en restructuration que des géologues ou des cartographes.

Heureusement, le matin du jour que je m'étais fixé comme limite pour arrêter ma décision, je tombai sur une annonce qui paraissait écrite pour moi. « Cabinet d'études environnementales cherche chef de projet. Formation supérieure requise en géographie, économie ou biologie. Première ou deuxième expérience. Poste basé à Reykjavík. Voyages. Salaire compétitif. Adressez votre candidature à Gunnar Eriksson, directeur des Opérations, cabinet Baldur, Furuset & Thorberg. »

Bien décidé à saisir ma chance, j'avais porté en personne mon curriculum vitae à l'adresse indiquée. À ma grande surprise, la réceptionniste avait appelé Gunnar Eriksson, qui avait proposé de me recevoir aussitôt. J'acceptai bien volontiers, en m'excusant toutefois pour ma tenue, guère appropriée pour un entretien d'embauche.

« Bah, avait rétorqué Eriksson en m'invitant à le suivre, je me fiche de votre tenue comme de ma première aurore boréale. »

C'était une remarque étonnante de la part de quelqu'un qui accordait lui-même autant d'attention à sa mise. Je n'ai jamais vu quelqu'un être à la fois aussi bien habillé et si constamment dépenaillé. Il me semblait que si je portais un jour des chemises monogrammées, j'éviterais de les laisser sortir de mon pantalon.

Eriksson m'avait conduit à son bureau. À la vue sur le port de Reykjavík dont on y jouissait, j'avais compris que le poste de directeur des Opérations n'était pas seulement honorifique. Panneaux lambrissés, éclairage reposant, épais tapis et même une cheminée, on y trouvait tous les attributs du luxe à la mode islandaise. Eriksson avait pris place dans un élégant fauteuil chocolat au cuir savamment fatigué en me faisant signe d'en faire de même.

« Vous vous demandez peut-être en quoi consiste notre métier, avait-il entamé. Vous voulez la version avec ou sans chichis ?

- Les deux, je suppose, avais-je répondu, un peu désarçonné par cette entrée en matière.

- Commençons par la version officielle, que vous trouverez dans la plaquette de notre cabinet. Chaque projet de construction d'infrastructures s'accompagne immanquablement d'une ou de plusieurs études environnementales. Avant de bâtir un barrage, de tracer une autoroute ou de détourner un cours d'eau, on tente de mesurer l'impact de l'intervention humaine sur l'écosystème. Le promoteur doit pouvoir garantir à la collectivité que la construction respectera la faune, la flore et même parfois l'équilibre démographique local. Vous me suivez ?

- Jusqu'ici, cinq sur cinq.

- Bien entendu, nos études ne constituent pas une fin en soi, avait-il continué. Le plus souvent, elles représentent le point de départ d'un débat nourri et fécond entre les promoteurs, les gouvernements et les associations écologistes.

Il s'était arrêté et m'avait regardé d'un air narquois.

« Merveilleux, non ? Voyons si vous êtes capable de brosser le reste du tableau. »

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Présente édition : Editions Folio / Gallimard, 22 mai 2008, 588 pages

Voir également :
- Go Ganymède ! - Antoine Bello (1996), présentation
- Les éclaireurs - Antoine Bello (2009), présentation

vendredi, 27 mai 2011

Go Ganymède ! - Antoine Bello - 1996

antoine bello, science-fiction, conquete spatiale, litterature francaise, go ganymede2058, l’Agence spatiale lance le projet Ganymède 25, et c’est une priorité absolue pour toute la nation. Son but : envoyer une capsule vers Ganymède, le plus grand satellite naturel de Jupiter afin de collecter des informations sur les richesses du sous-sol de cette planète. C’est un grand projet, plein d’espoir et d’ambitions, et qui permettra une colonisation future de l’humanité dans l’espace. Pour seul équipage la capsule comprendra l’astronaute Jim Mute, l’élite de l’élite et le seul capable de supporter ce long voyage de plus de deux ans. Et Jim Mute va rapidement devenir une légende, quoi de plus normal il représente à lui seul tout l’espoir de l’humanité. Mais surtout parce que Jim Mute sera envoyé là-bas pour ne plus jamais revenir, le retour étant encore impossible…

Paru initialement dans le recueil Les Funambules (1996), Go Ganymède ! est republié en 2011 par les éditions Folio. Court roman ou longue nouvelle ce Go Ganymède ! d’Antoine Bello invite le lecteur à redécouvrir la conquête spatiale dans tout ce qu’elle a d’absurde et d’illusoire à l’exemple de ce projet fou vers Jupiter qui verra le sacrifice d’un seul homme pour le bien du plus grand nombre. L’idée est bonne, le sujet intéressant, mais c’est surtout le traitement qui en est fait qui vaut le détour, le récit étant composé de plusieurs textes dont des lettres de fan-clubs ou des coupures de presse donnant de cette anticipation spatiale un texte à la fois très réaliste, grave et quelque part même drôle.

Go Ganymède ! vaut clairement d’être lu. De plus il permet d’avoir un aperçu de ce qu’est l’univers de l’auteur franco-américain Antoine Bello.

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Présente édition : Folio / Gallimard, 5 janvier 2011, 82 pages

Voir également :
- Les falsificateurs (2007), présentation et extrait