lundi, 24 novembre 2008

Sauvagerie (Le massacre de Pangbourne, Running Wild) - James Graham Ballard - 1988

bibliotheca sauvagerie

Pangbourne est une enclave protégée pour hauts cadres et hommes d'affaires, où ceux-ci peuvent vivre en toute sécurité loin de la racaille populaire. Le tout est barricadé, des gardiens veillent, et le village est doté de tous les raffinements de la vie moderne (piscine, infrastructures sportives, cinéma, équipement informatique reliant chaque chambre et chaque maison, mais surveillance vidéo incessante), afin que jamais personne n'ait envie d'en ressortir et ne soit dérangé par des personnes indésirables. Pangbourne est disposé à proximité de l'autoroute qui mène ces hommes d'affaires quotidiennement dans leurs tours de verre de la City et d’ailleurs. Havre de paix, ou prison moderne? Les habitants, tous la quarantaine, enfants adolescents, faisant partie de la classe supérieure, y mènent une vie paisible, jusqu'au jour où le grand massacre aura lieu. Un samedi matin, on découvre les corps des parents et des gardes assassinés, alors que les enfants ont tous disparus. L’enquête démontre que les faits se sont déroulés en à peine vingt minutes. Le narrateur, psychiatre et enquêteur, nous livre ses notes prises au fil de son enquête parallèle qui aboutira à une conclusion stupéfiante loin des hypothèses échafaudées par le police et la presse. En effet les enfants disparus seraient en fait les assassins.

Sauvagerie
, sorti précédemment en France sous le titre de Le massacre de Pangbourne, reprend le thème favori, et les plus utilisé d'ailleurs, de J.G. Ballard, notamment le mariage de la raison et de du cauchemar qui domine le XXe siècle. Une société parfaite nous est décrite, du moins d'un point de vue rationnel, où les différents individus, ne pouvant affirmer leur identité, vont petit à petit perdre la raison, trouver des échappatoires par tous les moyens possibles, pour finalement vouloir se rebeller à n'importe quel prix. Et cette société ultra-sécuritaire telle que Ballard nous la présente est devenue réalité depuis que les caméras de surveillance fleurissent de partout. Le lecteur suit les pas du psychiatre Richard Greville, qui appelé par la police en renfort, est censé donner une vision nouvelle au drame inexplicable. Et c'est avec une froideur clinique que le lecteur voit toute la description des meurtres horribles avant d'aboutir à la conclusion finale, la seule qui peut s'imposer. Donc beaucoup de suspense à travers une enquête minutieuse aboutissant à un dénouement qui fera frémir le lecteur en faisant un constat amer sur notre société, qui d'ailleurs voit se créer de plus en plus des "refuges", tel Pangbourne. le style de Ballard est comme toujours impeccable.

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Voir également:
- I.G.H. (High-Rise) - James Graham Ballard (1975), présentation
- La face cachée du soleil (Cocaine-Nights) - John Graham Ballard (1996), présentation
- Super-Cannes - James Graham Ballard (2000), présentation

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vendredi, 24 novembre 2006

Super-Cannes - James Graham Ballard - 2000

bibliotheca super cannes

Eden-Olympia, future Silicon Valley sur la Côte d'Azur, est une sorte de cité paradisiaque dédiée au travail à partir duquel les cadres supérieurs, des comptables, des chercheurs, des médecins, des financiers, des grands patrons dirigent le monde pour le compte des grandes firmes internationales. Tous ces cadres bénéficient dans cette cité close de conditions idéales au développement de leur hyperactivité. Tout ce complexe qui s'étend sur plusieurs centaines d'hectares est un système parfaitement clos protégeant ses habitants par une sécurité maximale. Ceux-ci y jouissent de toutes les distractions imaginables, les coupant du monde réel qui les entoure. Mais un beau jour le médecin d'Eden-Olympia, David Greenwood, dans une crise de follie, massacre sept personnes parmi les plus inflentes de cette communauté avant de se suicider. Jane Sinclair, jeune médecin anglaise, est engagée pour le remplacer. Elle arrive à Eden-Olympia accompagné de Paul, son mari et ancien pilote d'avions blessé lors d'un accident au sol. Jane sera vite engloutie dans cette vie hyperactive, alors que Paul n'a rien d'autre à faire que de s'interroger. Il se pose de nombreuses questions sur le drame causé par l'ancien médecin et, pour passer le temps, va commencer à enquêter sur les otivations de Greenwood. Comment cet homme a-t-il fait pour tomber ansi dans la follie meurtrière. Paul va petit à petit découvrir que Eden-Olympia est bien loin d'être un paradis. Un homme ne peut vivre dans un tel endroit... à moins qu'il y ait un défouloir, une échappatoire. La nuit, les weekends les habitants d'Eden-Olympia s'adonnent aux pires décadences: drogues, films pornos, trafics en tout genre, attaques racistes, pédophilie, et j'en passe. Comme si l'organisme humain avait besoin de distractions violentes pour survivre et rester plus ou moins sain dans un environnement idéal qui ne laisse rien au hasard et dans lequel l'efficacité est la seule valeur qui compte.

Cela fait presque trente ans que James Graham Ballard écrit toujours sur le même sujet: un monde idéal dans lequel l'homme ne peut vivre sans échappatoire, comme déjà dans I.G.H. (High-Rise, 1975), Sauvagerie (Le massacre de Pangbourne, Running Wild, 1988) ou La face cachée du soleil (Cocaine Nights, 1996). Cette fois Ballard base cette son histoire dans l'un de ces complexes ultra-modernes, directement inspirés da la cité Sophia-Antipolis située sur les hauteurs de Cannes. Il joue avec l'idée que les instincts et besoins les plus primaires de l'humain, que sont le sexe et la violence, sont d'une absolue nécessité pour son fonctionnement. Eden-Olympia est un éden mais sans serpent, tel que le décrit l'un des personnages du roman. Or un tel endroit devient vite invivable. Eden-Olympia devient aussi la métaphore d'une société obsédée par le matériel, la carrière et les marques. ne société dans laquelle la follie est devenue la seule chose qui peut encore rattacher ses citoyens à l'humanité. Ce roman, très complexe, est à la fois un thriller haletant et bien soutenu et une étude sociologique, d'une lucidité rare, sur la vie d'aujourd'hui et ce qu'elle pourrait devenir. Une nouvelle guerre des classes sociales qui s'étend sur tous les terrains. Ballard y utilise ses thèmes chers: la sécurité, la perversion, le sexe, la violence. Et il va très loin dans ces thèmes.

Super-Cannes est l'un des meilleurs romans de l'excellent écrivain britannique James Graham Ballard.

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Voir également:
- I.G.H. (High-Rise) - James Graham Ballard (1975), présentation
- Sauvagerie (Le massacre de Pangbourne, Running Wild) - James Graham Ballard (1988), présentation
- La face cachée du soleil (Cocaine Nights) - James Graham Ballard (1996), présentation

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lundi, 22 mai 2006

La face cachée du soleil (Cocaine Nights) - James Graham Ballard - 1996

Estrella de Mar est un paisible lieu de vacances pour personnes fortunés situé en Espagne sur la Costa Del Sol. Lieu de paresse et de luxe, Estrella De Mar a cependant fortement changé depuis quelques temps. Les habitants, de riches bourgeois pour la plupart anglais et français, semblent devenir de plus en plus actifs. Ils se mettent à organiser des courses de bateau sur la mer, des compétitions de tennis, ils montent des pièces de théâtre... en bref la vie semble reprendre dans ce qui généralement ressemble plus à une maison de retraite pour vieux. Mais il y aura un accident: la maison d'un riche industriel est mise à feu tuant cinq personnes sous les yeux des autres vacanciers qui ne feront rien pour éteindre l'incendie. Le directeur du lotissement, Frank Prentice, est arrêté pour avoir mis le feu. Charles Prentice, le frère aîné de Frank et écrivain de guides de voyages, se rend en toute urgence à Estrella de Mar afin d'aider son frère et de le disculper de ce crime horrible. Mais à sa grande surprise il se rend compte que Frank avoue tout et n'a aucune envie de s'ensortir. Il est coupable. Charles va rester à Estrella de Mar en espérant découvrir ce qui s'est passé car il n'arrive pas à croire aux aveux de son frère cadet. Très vite il se rend compte qu'Estrella de Mar est loin d'être un paradis. En effet ce lotissement est de plus en plus victime de délits tels des cambriolages, des vols de voiture, des traffics de drogue, des viols, et cela malgré les gardiens et les nombreuses caméras qui surveillent tout le site. Lors de son enquête Charles se fait manipuler par tout le monde, plus il avance et plus il semble s'éloigner de la vérité. Toute cette criminalité finalement ne semble déranger personne, au contraire elle semble redonner le goût à la vie aux habitants d'Estrella De Mar, qui petit à petit s'éloigne de plus en plus d'un paradis pour s'approcher de l'enfer.

Dans La face cachée du soleil on retrouve le thème cher à J.G. Ballard. Comme déjà dans I.G.H. (High-Rise, 1975) et Sauvagerie Le massacre de Pangbourne, Running Wild, 1988) et plus tard dans Super-Cannes (2000), on retrouve un endroit idylique, parfaitement pensé et réfléchi qui s'avérera un échec total, les habitants ne trouvant d'échappatoire à leur vie parfaitement réglée et climatée que dans la violence. Un dérèglement moral et sexuel s'ensuit qui pousse une communauté en milieu balnéaire dans un monde où le meurtre et le viol font partie des divertissements favoris. Estrella de Mar est encore une de ces villes bunkers pour riches tel que Ballard nous en a déjà décrit précédemment, des supposés paradis qui s'avéreront être tout le contraire. Donc en effet, J.G. Ballard écrit quasi toujours sur le même thème, mais à chaque fois c'est un revouvellement, un autre point de vue est mis en avant, un autre aspect est étudié, rendant la lecture de ses livres toujours aussi intéressants et de plus en plus fascinants. Et comme souvent aussi, le récit commence comme un polar, mais petit à petit se transforme en une descente en enfer de l'âme humaine dans laquelle même la résolution du crime initial devient de moins en moins importante.

Un magnifique et très dérangeant roman de l'un des maîtres contemporains de la littérature anglaise.

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Voir également:
- I.G.H. (High-Rise) - James Graham Ballard (1975), présentation

- Sauvagerie (Le massacre de Pangbourne, Running Wild) - James Graham Ballard (1988), présentation

- Super-Cannes - James Graham Ballard (2000), présentation

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lundi, 20 mars 2006

I.G.H. (High-Rise) - James Graham Ballard - 1975

A l'extérieur de la ville, cinq tours d'habitation, des I.G.H. (Immeubles de Grande Hauteur), chacune de quarante étages pouvant abriter plus de 2000 personnes, se construisent. Cinq monuments à la vie moderne, dans lesquels les résidents jouiront de tous les luxes de la vie moderne, loin du stress du centre ville. Tout est planifié pour que la classe moyenne y vive dans une communeauté idéale, une piscine, un petit centre commercial, même une école. Hélas, quelque chose ne va pas tourner comme prévu, et ce projet va tourner au cauchemar social.

Entre les réceptions que l'on donne chaque soir dans cette bonne société, les seuls petits soucis sont donc de simples chicaneries de voisinage. Sauf que l'on constate tout de même que des divergences se font jour entre les bijoutiers et analystes financiers du haut, et les masseuses et techniciens de cinéma du bas, parmi lesquels Richard Wilder, un ex-rugbyman réalisateur de documentaires pour la télévision, et qui compte en préparer un sur la vie dans la tour. Entre les possesseurs de chiens (du haut) et les gens avec enfants (du bas), la tension monte... Les troubles vont s'aggraver lorsque les infrastructures commencent à lâcher. D'abord la piscine, puis les ascenseurs qui tombent en panne. Le tout commence à lâcher, devenant invivable pour ses habitants qui pourtant vont s'accrocher à leur vie qui se détèriore jour après jour.

Le roman de J.G. Ballard a pour canvas les immeubles résidentiels, tels qu'ils en ont été construits tout plein depuis les années soixante, notamment en banlieue des villes françaises. Ballard y voit une architecture martiale, un espace de vie, ou plutôt de non-vie, ne servant pas tellement la communeauté, mais plutôt l'isolement des individus. L'immeuble, faisant vivre toutes ces personnes les unes sur les autres, en fait une communeauté vouée à l'échec.

J.G. Ballard nous signe ici un pur roman catastrophe. Comme souvent chez Ballard, l'objet moderne et technologique est le vecteur de la violence. L'homme revient à ses instincts bestiaux. L'homme régresse en soi, il se déshumanise laissant libre cours à toute violence. Une véritable plongée dans les profondeurs de l'âme humaine.

Voir également:
- Sauvagerie (Le massacre de Pangbourne, Running Wild) - James Graham Ballard (1988), présentation

- La face cachée du soleil (Cocaine-Nights) - James Graham Ballard (1996), présentation
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Super-Cannes - James Graham Ballard (2000), présentation

21:55 Écrit par Marc dans Ballard, James Graham | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : james graham ballard, thrillers, science-fiction, litterature britannique | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!