samedi, 03 février 2007

Moon Palace - Paul Auster - 1989

bibliotheca moon palaceNew York dans les années soixante. Marco Stanley Fogg, étudiant désargenté semble errer à travers sa ville et sa vie comme dans le brouillard (fog en anglais). Alors que, lorsqu'il était jeune, il s'attendait à une grande destinée (dû à son nom qui fait à la fois référence au voyageur Marco Polo, au journaliste et explorateur Henry Morton Stanley et à Phileas Fogg, héros du roman de Jules Verne Le Tour du monde en quatre-vingts jours), il devra vite déchanter. En effet il vit seul dans une sordide chambre, dont la vue de la fenêtre donne sur une enseigne lumineuse portant le nom de Moon Palace. MS Fogg mène une vie très solitaire. Il n'a plus de famille. Son oncle, dernier parent vivant, vient de décéder lui léguant sa bibliothèque. L'étudiant va meubler son appartement avec ces livres, mais pour vivre il est obligé de les vendre, petit à petit au fil de ses lectures. Mais le jour où il arrive à bout de cette bibliothèque, il devra déménager. Sans moyens, il n'a d'autre choix que de vivre dans Central Park à errer jusqu'à trouver la bonne voie. Mais cette errance dans la jungle new-yorkaise ressemblera plus à une descente aux enfers. Fogg envisagera même de se suicider. Différentes rencontres vont cependant le sortir de là. Premièrement David Zimmer, un ami à lui qui l'hébergera chez lui. Puis Fogg tombera éperdument amoureux d'une jeune étudiante du nom de Kitty Wu. Ensuite un boulot se présentera à lui: il devient assistant de Thomas Effing, un infirme étrange et égocentrique qui va, par ses idées hors du commun, bouleverser la perception du monde de Fogg. Tout cela le mènera à un long voyage qui le conduira jusqu'aux plaines de l'Ouest américain.

Moon Palace est l'un des romans les plus célèbres de l'écrivain new-yorkais Paul Auster. On y retrouve les thèmes chers à l'auteur tels la solitude et la recherche du père (le héros du livre est né de père inconnu), ainsi que le style de narration maintenant bien connu qui fait s'initier son héros en lui faisant rencontrer une multitude de personnages étranges, excentriques et toujours très convaincants. Et cela toujours sur fond new-yorkais. Sauf qu'ici le personnage principal se détachera de la métropole pour rejoindre l'Ouest mythique. Le récit est raconté à la première personne avec beaucoup de sensibilité et de poésie. Le personnage principal MS Fogg, personnage désenchanté à souhait, las de tout et n'arrivant jamais réellement à se lier à qui que ce soit, est particulièrement réussi. Le lecteur suit le parcours initiatique de MS Fogg mais ne sait jamais si celui-ci finalement aboutira à quoi que ce soit. D'ailleurs ce même point risque d'énerver plus d'un lecteur tant ce personnage est mou et inactif.
Si, comme je l'ai mentionné précédemment, Moon Palace est l'un des romans les plus célèbres de Paul Auster, il n'en est à mon goût cependant pas le meilleur. Il est en effet parfois difficile de s'accrocher dans ce récit finalement sans histoire réelle. Le style Auster qui consiste à imbriquer une multitude d'histoires les unes dans les autres fonctionne mal ici et nuit au récit. Si tout y est pour en faire un bon roman, cela n'a cependant pas réellement réussi. Moon Palace reste toutefois un roman agréable à lire.

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Voir également:
- La cité de verre (The City of Glass) - Paul Auster (1985), présentation
- La musique du hasard (The Music of Chance) - Paul Auster (1990), présentation

18:26 Écrit par Marc dans Auster, Paul | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paul auster, litterature americaine, romans initiatiques | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

dimanche, 28 mai 2006

La cité de verre (City of Glass) - Paul Auster - 1985

Daniel Quinn est un écrivain de polar qui travaille sous le pseudonyme de William Wilson. Il a perdu sa femme et son enfant, et ne vit plus que en publiant de temps en temps ses romans de policier. Un jour il reçoit un coup de téléphone d'une certaine Virginia Stillman. Celle-ci compose par erreur le numéro de téléphone de Quinn alors qu'elle pensait téléphoner au détective privé Paul Auster. Daniel Quinn, au lieu de raccrocher et pour palier à son désoeuvrement, va sa faire passer pour ce détective et accepter la mission qu'on lui propose. Virginia souhaite qu'il suive le père de son mari, Peter Stillman, qui vient de sortir de prison. Il avait été enfermé pour avoir séquestré son fils pendant plusieurs années durant son plus jeune âge. Elle craint que le père en veuille toujours à son fils, qui porte d'ailleurs le même nom que lui, et qu'il veuille le tuer. Commence alors pour Daniel Quinn une longue filature à travers New-York, la cité de verre dans lequelle les reflets abondent. Mais Peter Stillman déambule dans la ville sans but apparent et ramassant ça et là toutes sortes de détritus sur lesquels il tombe. Daniel Quinn va essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de Stillman, mais tous ses faits et gestes ne semblent avoir aucune logique. Daniel Quinn se perd de plus en plus, sombrant petit à petit dans la folie.

La cité de verre, première nouvelle de la célèbre Trilogie New-Yorkaise de Paul Auster, est en quelque sort un polar métaphysique. Tous les éléments du polar sont utilisés, mais pas pour trouver la solution à un meurtre, mais plus une nouvelle interprétation de l'identité et de la réalité de l'enquêteur. Le héros, Daniel Quinn, va petit à petit se confondre avec William Wilson, son nom de plume, et Max Work, le personnage qu'il utilise dans ses romans policiers, à la poursuite de Peter Stillman qui se confond à la fois avec son fils, portant le même nom et un certain Henry Dark. Cette filature l'amène à rencontrer le véritable Paul Auster, écrivain ou détective?. Ce dernier lui parle alors de son recueil d'essais sur Don Quichotte et explique à Quinn que c'est "Cervantes qui engage Don Quichotte pour déchiffrer l'histoire de Don Quichotte lui-même." Donc tout se complique dans cette merveilleuse. L'écriture de est toujours sobre et claire, et le tout se lit sans ennui aucun. Le lecteur se prend lui-même au jeu en essayant de découvrir ce qui se passe réellement dans ce monde de hasards et de jeux de miroirs, qui finalement ne laisse rien au hasard. Paul Auster utilise énormément de références, notamment à Edgar Allan Poe (William Wilson est une nouvelle qui traite de doubles), au Don Quichotte de Cervantès et à l'oeuvre de Lewis Carroll.

Une très belle nouvelle, très réussie. La cité de verre est l'une des premières que Paul Auster, aujourd'hui très célèbre, avait publié.

La cité de verre a été adapté en 1994 sous forme de bande dessinée expérimentales par Paul Karasik et David Mazzucchelli.

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Voir également:
- Moon Palace - Paul Auster (1989), présentation
- La musique du hasard (The Music of Chance) - Paul Auster (1990), présentation

13:56 Écrit par Marc dans Auster, Paul | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : paul auster, la trilogie new-yorkaise, romans policiers, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

lundi, 17 octobre 2005

La musique du hasard (The Music of Chance) - Paul Auster - 1990

Jim Nashe, un pompier de Boston, est poursuivie par la malchance. Sa femme l'a abandonné, et il a dû laisser sa fille à des proches. Lorsque de plus son père décède, Nash hérite de 2000 dollars. Sans hésiter il quitte son emploi, sa maison, sa vie,... pour partir seul en voiture pour un voyage sans but. Pendant une année il va errer au sein des Etats-Unis, sans but, uniquement an se laissant guider par la chance et le hasard. Lorsque l'argent vient à manquer, il prend en auto-stop Jack Pozzi, un minable petit joueur de poker qui lui propose un coup: Plumer de mystérieux milliardaires à son jeu de prédilection. Cependant la partie va très mal finir. Afin de rembourser leurs dettes, les deux compères seront forcés de construire de leur mains, un mur antique, racheté par les milliardaires, au milieu du jardin...

Paul Auster nous sert ce roman comme un observateur neutre, le ton se veut juste afin de servir que mieux la montée de l'angoisse qui, si elle s'accélère par moments, est toujours latente dans cette démonstration du pouvoir catalyseur et versatile de l'argent. Si tout se passe selon le hasard, Auster semble indiquer que tout estquand même manipulé, un manipulateur tout puissant qui décide de la vie de tous.

L'art du grotesque: la construction d'un mur inutile, une réflexion sur la condition humaine, tout en se basant sur la douce mélodie du hasard, et l'existence même du hasard... Tel est le programme de ce magnifique livre de Paul Auster.

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Voir également:
- La cité de verre (The City of Glass) - Paul Auster (1985), présentation
- Moon Palace - Paul Auster (1989), présentation

22:57 Écrit par Marc dans Auster, Paul | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : paul auster, romans initiatiques, litterature americaine | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!