lundi, 01 mai 2006

Le Château des Carpathes - Jules Verne - 1889

Roumanie à la fin du XIXe siècle. Les habitants du village de Wrest sont terrifiés par des manifestations surnaturelles entourant un château voisin, censé être abandonné depuis des années. Des rumeurs folles courent à ce sujet. Quelques braves auront le courage de monter jusqu'au château et ne feront que confirmer ces phénomènes. En voyage dans la région, Franz de Telek, essaiera également de percer ce mystère. En s'aventurant dans le château il croit revoir la Stilla, une cantatrice dont il était amoureux et qu'il croyait morte. Cette illusion est créée par le savant Orfanik, au moyen d'un dispositif et d'un enregistrement phonographique, pour le compte de Rodolphe de Gortz, la propriétaire du château et également ancien amoureux de la cantatrice. Celui-ci va essayer de recréer sa bien-aimée défunte dans ce château abandonné et afin de pouvoir en profiter seul jusqu'à sa mort il mettra en place un dispositif basé sur l'électricité qui a pour but de chasser les curieux.

Publié trente ans environ après son premier roman, Jules Verne nous offre dans le cadre du Château des Carpathes un nouveau type de récit, alliant encore une fois science et fantastique. De même il renouvelle le genre du roman gothique (datant de la fin du XVIIIe siècle). Le but de ce roman pour Jules Verne est de décrire le développement du progrès scientifique et technique, représenté par le savant Orfanik, face à la survivance de nombreuses croyances et mythes issus du fond des âges, représentée par les villageois de Wrest très crédules et qui vivent dans la totale ignorance de l'autre monde. Le talent d’écriture de l’auteur favorise dans la première partie du livre une intensité dramatique propice à faire croire au lecteur tout ce qui se passe dans ce village reculé de Transylvanie. Dans la seconde partie, tout finira par s'expliquer. Le choc entre ces deux univers totalement opposés permet à Jules Verne de nous raconter une aventure à mi-chemin entre science et fantastique, et le tout sur fond d'une histoire d'amour perdu. Jules Verne va ainsi faire de nombreuses références à la littérature fantastique, rien que le château en soi rappelle celui du comte Dracula. D'autres références plus mythologiques existent: on y voit souvent une adaptation du mythe du Labyrinthe, avec Franz de Telek dans le rôle de Thésée, la Stilla dans ceui d'Ariane, Gortz pour le Minotaure, Orfanik dans pour Dédale et finalement le Château dans celui du Labyrinthe.

Le Château des Carpathes
, publié en 1889, représente un très bon et très intéressant roman de Jules Verne, un peu à l'écart des autres romans plus connus des Voyages extraordinaires.

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Voir également :
- Cinq semaines en ballon - Jules Verne (1863), présentation et texte intégral
- Voyage au centre de la Terre - Jules Verne (1864), présentation et extrait
De la Terre à la Lune - Jules Verne (1865), présentation et texte intégral
- Les forceurs de blocus - Jules Verne (1865), présentation

- Les enfants du Capitaine Grant - Jules Verne (1868), présentation
- Autour de la Lune - Jules Verne (1869), présentation et texte intégral
- Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne (1869), présentation

- Une ville flottante - Jules Verne (1871), présentation et extrait
- Le Tour du monde en Quatre-vingts jours - Jules Verne (1872), présentation et extrait
-
L'île mystérieuse - Jules Verne (1874),présentation

- Les Indes noires - Jules Verne (1877), présentation
- Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne (1879), présentation et extrait
- Les 500 millions de la Bégum - Jules Verne (1879), présentation et extrait
-
Kéraban-le-Têtu - Jules Verne (1883), présentation et extrait

- L'Etoile du sud - Jules Verne (1884), présentation et texte intégral
- Robur le Conquérant - Jules Verne (1885), présentation
L'île à hélice - Jules Verne (1895), présentation et extrait
- Le village aérien - Jules Verne (1901), présentation

- Maître du monde - Jules Verne (1904), présentation et extrait

lundi, 24 avril 2006

Les forceurs de blocus - Jules Verne - 1865

Le 3 décembre 1862 se tient à Glasgow devant une foule immense la mise à flot du navire le Delphin. La foule, pourtant blasée face à ce genre d’événements tout à fait habituels dans un port comme Glasgow, attend avec impatience de voir le Delphin, le plus rapide navire de ce genre jamais construit dans ce port écossais. Celui-ci est en effet entouré de mystères quant à sa future utilisation. En effet le capitaine Playfair, commerçant britannique, essaie dans le secret de se lancer dans un commerce très lucratif avec la ville américaine de Charleston. En effet la Guerre de Sécession fait rage aux Etats-Unis, et Charleston, ville sudiste, est assiégée depuis des mois par les forces nordistes, et donc prête à acheter des armes et des vivres à n’importe quel prix. Mais pour pouvoir livrer une quelconque cargaison à Charleston, le capitaine Playfair devra d’abord forcer à l’aide du Delphin le blocus qui entoure la ville. Au cours de la traversée vers les États-Unis, une passagère réussit à convaincre Playfair de remplir une mission encore plus périlleuse, soit celle de délivrer son père, prisonnier des sudistes. Que ne ferait pas James Playfair pour les beaux yeux de Miss Jenny Hallyburtt...

Roman un peu inhabituel de la part de Jules Verne, car beaucoup plus court, à peine une centaine de pages. Jules Verne évite en effet les ennuis et détours qu’il réserve habituellement à ses héros en déballant toute sa science, pleine d’anecdotes historiques, qui ne mène souvent qu’à augmenter le nombre de pages. Donc plus court, mais aussi très bien mené. Le tout est habilement construit. On regrette cependant que l’intrigue n’est pas toujours très originale et ne réserve que peu de surprises au lecteur connaisseur de l’œuvre du célèbre auteur, on retrouve ici en effet tous les éléments classiques que Jules Verne a tant habitude d’utiliser dans la plupart de ses romans.

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Voir également:
- Cinq semaines en ballon - Jules Verne (1863), présentation et texte intégral
- Voyage au centre de la Terre - Jules Verne (1864), présentation et extrait
De la Terre à la Lune - Jules Verne (1865), présentation et texte intégral
- Les Indes noires - Jules Verne (1877), présentation

- Les enfants du Capitaine Grant - Jules Verne (1868), présentation
- Autour de la Lune - Jules Verne (1869), présentation et texte intégral
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Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne (1869), présentation
- Une ville flottante - Jules Verne (1871), présentation et extrait
- Le Tour du monde en Quatre-vingts jours - Jules Verne (1872), présentation et extrait
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L'île mystérieuse - Jules Verne (1874),présentation

- Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne (1879), présentation et extrait
- Les 500 millions de la Bégum - Jules Verne (1879), présentation et extrait
- Kéraban-le-Têtu - Jules Verne (1883), présentation et extrait
- Robur le Conquérant - Jules Verne (1885), présentation
- Le Château des Carpathes - Jules Verne (1889), présentation
- L'Etoile du sud - Jules Verne (1884), présentation et texte intégral
L'île à hélice - Jules Verne (1895), présentation et extrait
- Le village aérien - Jules Verne (1901), présentation et extrait

- Maître du monde - Jules Verne (1904), présentation et extrait

samedi, 22 avril 2006

Au Maroc - Pierre Loti - 1890

Pierre Loti, l'éternel nostalgique et voyageur impénitent, nous raconte ici son voyage qu'il a effectué entre avril et mai de l'année 1889 au Maroc. Le but de son voyage était d'accompagner le ministre Patenôtre en mission diplomatique auprès du souverain du Maroc, en sa capitale de Fez (Fès), véritable ville sainte à l'époque. Loti nous raconte donc en détail ses aventures qui le conduiront de Tanger à Fez et puis Mékinez (Meknès). Il s'attache surtout à la nature ce pays, en nous donnant des magnifiques descriptions des paysages qu'il traverse, et à la culture des Marocains, peuple fortement hétéroclite (berbères, arabes, juifs, ...) très attaché à ces traditions, et néglige volontairement les affaires politiques qui l'ont menés à ce voyage.

Au Maroc est un très beau récit de voyage (pas d'intrigue, ni suspense... ce n'est pas du tout une fiction) qui nous fait découvrir le Maroc ancestral à travers les yeux d'un très grand écrivain et voyageur du XIXe et XXe siècle.

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Voir également :
- Aziyadé - Pierre Loti (1879), présentation
- Suleïma - Pierre Loti (1882), présentation
- Madame Chrysanthème - Pierre Loti (1887), présentation
- Au Maroc - Pierre Loti (1890), présentation
- Un pèlerin d'Angkor - Pierre Loti (1912), présentation et texte intégral

14:28 Écrit par Marc dans Critiques littéraires, Loti, Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre loti, maroc, recits de voyages, litterature francaise | |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it!

jeudi, 20 avril 2006

Etat d'urgence (State of Fear) - Michael Crichton - 2004

Peter Evans est un jeune juriste travaillant sur des questions d'environnement qui découvre petit à petit que l'opinion publique a été manipulé par les différents courants de pensée et mouvements environnementalistes et écologistes. Lui-même est victime notamment par ses propres clients. De plus il découvre qu'un de ces mouvements écologiques dissimule en fait un réseau terroriste présent dans le monde entier et qui a pour but de promouvoir les thèses sur le réchauffement climatique visant réduire les émissions de gaz à effet de serre, décidé pour ce faire de commettre des attentats sanglants.

A priori ce techno-thriller, sorti en France en 2006, mettant en scène des éco-terroristes peut paraître fort attrayant, mais il y a un grave problème. Michael Crichton utilise ce roman afin d'y inclure ses propres idées sur le réchauffement de la planète. Il considère que le monde se réchauffe, mais que les causes, les conséquences, les avantages et les inconvénients de ce changement sont inconnus et donc que rien ne démontre que ce changement ne peut être globalement bénéfique, et surtout rien n'indique que la pollution est la cause de ces changements. Crichton a d'ailleurs obtenu pour ce roman un prix de la part de l' American Association of Petroleum Geologists (AAPG), groupement de pétroliers, qui forcément apprécient qu'on leur retire la faute quant au réchauffement climatique. Ce roman finalement n'est même pas un vrai roman. Crichton y détaille une multitude d'études scientifiques aux conclusions douteuses et bien peu scientifiques, n'hésitant pas à remplir des pages et des pages d'explications, souvent sans queue ni tête et enfonçant le lecteur dans un ennui terrible. L'intrigue du roman, faisant succéder des scènes d'actions totalement incrédibles, n'est qu'un prétexte et ne présente d'ailleurs aucun intérêt, sauf celui de servir de canvas aux théories fumeuses de Crichton.

De nombreux critiques soulignent d'ailleurs de nombreuses erreurs dans les prétendus faits exposés par l'ouvrage ; par exemple Crichton estime que l'interdiction du DDT contre les moustiques porteurs de la malaria a causé la mort de 50 millions de personnes, alors qu'il n'y a jamais eu d'interdiction officielle d'utiliser le DDT contre ces moustiques et que le nombre total de décès pour cause de malaria durant la période citée est inférieur à 50 millions. Crichton met tout en cause, niant totalement les récentes catastrophes climatiques et ce réchauffement général, dont tout le monde s'est déjà rendu compte.

En bref, Etat d'urgence est d'un ennui profond, totalement incrédible et éviter à tout prix. J'ai d'ailleurs l'impression que les livres de Crichton perdent de plus en plus en qualité.

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Voir également:
- La Variété Andromède (The Andromeda Strain) - Michael Crichton (1969), présentation
- L’homme terminal (The Terminal Man) – Michael Crichton (1972), présentation
- Congo - Michael Crichton (1980), présentation
- Les prisonniers du temps (Timeline) - Michael Crichton (1998), présentation
- Proie (Prey) - Michael Crichton (2002), présentation
- Pirates (Pirate Latitudes) - Michaelm Crichton (2009), présentation

mardi, 04 avril 2006

Le village aérien - Jules Verne - 1901

Deux chasseurs en quête d’aventures et d’imprévu, l’Américain John Cort et le Français Max Huber, s'aventurent dans la Grande Forêt, située en Afrique équatoriale et réputée impénétrable, accompagnés de leur guide, un foreloper nommé Khamis, et d'un enfant, un orphelin nommé Llanga qui a été enlevé à sa tribu et élevé par des missionaires. Ils retrouveront les traces d’une expédition menée bien avant eux par un certain Docteur Johausen, mais qui disparut mystérieusement. Le but du docteur Johausen était d’étudier les singes, il avait notamment développé des théories étranges sur l’existence de singes différents. Nos héros vont finir par rencontrer une étrange tribu de singes qui va les mener vers leur village situé à 100 pieds dans les airs, sur la cime des arbres. Cet étrange peuple, appelé les Wagdis, ne cesse d’intriguer les deux chasseurs. En effet il ne savent pas s’ils sont en présence de singes évolués ou d’humains inférieurs. De plus ces Wagdis obéissent à un monarque, un très vieil homme mystérieux qui semble avoir fondé ici son royaume.

Le sujet du Village aérien de Jules Verne, d’abord désigné sous le nom de La Grande Forêt, est une vague illustration de l’évolution darwinienne. Jules Verne semble considérer les Wagdis comme un chaînon manquant entre l’homme et le singe dans une vision plus poétique des thèes de Darwin sur l'évolutionisme. Le village aérien est un roman classique de Jules Verne et de ses Voyages extraordinaires, un peu moins connu que d’autres et d’ailleurs pas toujours très réussi. Jules Verne utilise ici ses vieilles recettes avec bien peu d’originalité. Les personnages sont très classiques, et se mêlent à tous les autres développés par Jules Verne. L’intrigue n’est que peu passionnante. Les deux héros n’interviennent finalement jamais dans l’histoire principale, ils ne sont que les spectateurs d’événements finalement bien peu intéressants. Notons également la présence exagérée de jugements peu amènes de caractère racial envers les peuples africains.

Extrait
: tiré du chapitre VIII intitulé: Le docteur Johausen


"Pourquoi la cage était-elle vide ?… Pourquoi ses deux hôtes l’avaient-ils quittée ?… Combien de mois, de semaines, de jours fut-elle occupée ?… Était-ce volontairement qu’ils étaient partis ?… Nulle probabilité à cet égard… Est-ce donc qu’ils avaient été enlevés ?… Par qui ?… Par des indigènes ?… Mais la forêt de l’Oubanghi passait pour être inhabitée… Devait-on admettre qu’ils avaient fui devant une attaque de fauves ?… Enfin le docteur Johausen et l’indigène vivaient-ils encore ?…


Ces diverses questions furent rapidement posées entre les deux amis. Il est vrai, à chaque hypothèse ils ne pouvaient faire de réponses plausibles et se perdaient dans les ténèbres de ce mystère.

« Consultons le carnet…, proposa John Cort.

– Nous en sommes réduits là, dit Max Huber. Peut-être, à défaut de renseignements explicites, rien que par des dates, sera-t-il possible d’établir… »

John Cort ouvrit le carnet, dont quelques pages adhéraient par humidité.

« Je ne crois pas que ce carnet nous apprenne grand’chose…, observa-t-il.

– Pourquoi ?…

– Parce que toutes les pages en sont blanches… à l’exception de la première…

– Et cette première page, John ?…

– Quelques bribes de phrases, quelques dates aussi, qui, sans doute, devaient servir plus tard au docteur Johausen à rédiger son journal. »

Et John Cort, assez difficilement d’ailleurs, parvint à déchiffrerles lignes suivantes écrites au crayon en allemand et qu’il traduisait à mesure :

29 juillet 1896. – Arrivé avec l’escorte à la lisière de la forêt d’Oubanghi… Campé sur rive droite d’une rivière… Construit notre radeau.

3 août. – Radeau achevé… Renvoyé l’escorte à Nghila… Fait disparaître toute trace de campement… Embarqué avec mon serviteur.

9 août. – Descendu le cours d’eau pendant sept jours, sans obstacles… Arrêt à une clairière… Nombreux singes aux environs… Endroit qui paraît convenable.

10 août.
– Débarqué le matériel… Place choisie pour remonter la cabane-cage sous les premiers arbres de la rive droite, à l’extrémité de la clairière… Singes nombreux, chimpanzés, gorilles.


13 août. – Installation complète… Pris possession de la cabane… Environs absolument déserts… Nulle trace d’êtres humains, indigènes ou autres… Gibier aquatique très abondant… Cours d’eau poissonneux… Bien abrités dans la cabane pendant une bourrasque.

25 août. – Vingt-sept jours écoulés… Existence organisée régulièrement…

Quelques hippopotames à la surface de la rivière, mais aucune agression de leur part… Élans et antilopes abattus… Grands singes venus la nuit dernière à proximité de la cabane… De quelle espèce sont-ils ? cela n’a pu être encore reconnu… Ils n’ont pas fait de démonstrations hostiles, tantôt courant sur le sol, tantôt juchés dans les arbres… Cru entrevoir un feu à quelque cent pas sous la futaie… Fait curieux à vérifier : il semble bien que ces singes parlent, qu’ils échangent entre eux quelques phrases… Un petit a dit : « Ngora !… Ngora !… Ngora !… » mot que les indigènes emploient pour désigner la mère.

Llanga écoutait attentivement ce que lisait son ami John, et, à ce moment, il s’écria :

« Oui… oui… ngora… ngora… mère… ngora… ngora !… »

A ce mot relevé par le docteur Johausen et répété par le jeune garçon, comment John Cort ne se serait-il pas souvenu que, la nuit précédente, il avait frappé son oreille ? Croyant à une illusion, à une erreur, il n’avait rien dit à ses compagnons de cet incident. Mais, après l’observation du docteur, il jugea devoir les mettre au courant. Et comme Max Huber s’écriait :

« Décidément, est-ce que le professeur Garner aurait eu raison ?… Des singes qui parlent…

– Tout ce que je puis dire, mon cher Max, c’est que j’ai, moi aussi, entendu ce mot de « ngora ! », affirma John Cort.

Et il raconta en quelles circonstances ce mot avait été prononcé d’une voix plaintive pendant la nuit du 14 au 15, tandis qu’il était de garde."


Voir également:
- Cinq semaines en ballon - Jules Verne (1863), présentation et texte intégral
- Voyage au centre de la Terre - Jules Verne (1864), présentation et extrait
De la Terre à la Lune - Jules Verne (1865), présentation et texte intégral
- Les forceurs de blocus - Jules Verne (1865), présentation
-
Les enfants du Capitaine Grant - Jules Verne (1868), présentation
- Autour de la Lune - Jules Verne (1869), présentation et texte intégral
-
Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne (1869), présentation
- Une ville flottante - Jules Verne (1871), présentation et extrait
- Le Tour du monde en Quatre-vingts jours - Jules Verne (1872), présentation et extrait
-
L'île mystérieuse - Jules Verne (1874),présentation

- Les Indes noires - Jules Verne (1877), présentation
- Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne (1879), présentation et extrait
- Les 500 millions de la Bégum - Jules Verne (1879), présentation et extrait
-
Kéraban-le-Têtu - Jules Verne (1883), présentation et extrait

- L'Etoile du sud - Jules Verne (1884), présentation et texte intégral
- Robur le Conquérant - Jules Verne (1885), présentation
- Le Château des Carpathes - Jules Verne (1889), présentation
L'île à hélice - Jules Verne (1895), présentation et extrait
- Maître du monde - Jules Verne (1904), présentation et extrait

mercredi, 22 mars 2006

Amok, ou le Fou de Malaisie (Der Amokläufer) - Stefan Zweig - 1922

"L'amok est un comportement spécifique à la culture malaisienne, par lequel le sujet, pour venger la mort de l'un des siens ou simplement une insulte, « court l'amok » et tue autant de personnes qu'il le peut jusqu'à ce que lui-même soit mis à mort. Par extension, le terme désigne un forcené et une maladie mentale dont le symptôme est la grande propension du sujet à injurier ceux qui l'entourent."

Le narrateur, de retour des Indes, rencontre lors du voyage sur le paquebot un mystérieux personnage qui semble se cacher des autres passagers. Cet homme va lui raconter son histoire, une bien terrible histoire. Quelques temps plus tôt, alors qu'il pratiquait au fin fond de la campagne malaise, sa vie allait être chamboulée à jamais par la visite d'une femme mystérieuse, anglaise at appartenant à la haute société. Cette femme lui demande, sûre d'elle et pleine d'orgueil et de fierté, de la faire avorter, lui proposant même de l'acheter. Voulant mettre à l'épreuve le mépris qu'elle lui montre, et se sachant le seul médecin suffisamment doué pour mener à bien une telle opération, interdite par la loi, il dit ne vouloir accepter que si elle veut bien se donner à lui. Elle refuse et le quitte. Honteux, le médecin change rapidement d'avis et essaie de la rattraper pour s'excuser et accepter de faire l'opération. Mais elle le rejette sans égard. Le médecin devient alors fou, victime de l'amok, cette maladie frénétique et sanguinaire des Indes, qui va le faire courir devant lui sans égards pour rien et détruisant tout, pour un seul but, celui d'être accépté par cette femme. Cette femme va connaître une fin fatale, elle va mourir peu de temps après pour avoir tenté de se faire avorter par une vieille indienne, ce qui finira d'achever le médecin.

Amok ou Le Fou de Malaisie, roman écrit en 1922 par le jeune Stefan Zweig, reprend déjà tous les thèmes qui lui sont chers, dont principalement le thème de la passion. Le tout est savamment mené, et ne cessera de surprendre le lecteur. Premièrement par son titre, qui n'indique en rien le contenu du roman. Puis par sa structure, faite d'emboîtements successifs. Un premier narrateur est pris en otage par le second, le médecin, qui lui devient l’otage de cette frénésie , l'amok. Mais cet "amok" n’est-il pas aussi la métaphore de la passion amoureuse, qui ne peut d'ailleurs être mieux illustrée. Mais le tout reste sur une base terriblement pessimiste. La confession du fou échouera à délivrer le fou de sa folie. Et à la fin du roman, la presse locale sera impuissante à rendre compte des faits survenus.

En bref, un roman passionant sur la passion et la folie qu'elle entraîne.

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Voir également:
- La peur (Angst) - Stefan Zweig (1920), présentation
- Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle) - Stefan Zweig (1926), présentation
- Lettre d'une inconnue (Brief einer Unbekannten) - Stefan Zweig (1927), présentation
-
Le joueur d'échecs (Schachnovelle) - Stefan Zweig (1942), présentation et extrait
- Un soupçon légitime (War er es ?) - Stefan Zweig (1987), présentation

mardi, 28 février 2006

Proie (Prey) - Michael Crichton - 2002

Rien n'évolue comme on le souhaite. Tel est la base de beaucouo de romans de Michael Crichton, dont celui-ci. Les inventions des savants fous finiront par se retourner contre eux.

Le programmeur Jack est appelé à un site de production d'une innovation biotechnologique, où une société produit sous contrat de l'armée américaine, des caméras composés de nanoparticules. Ces particules, de la taille du nanomètre, sont censés pouvoir s'assembler en caméras, afin d'être utilisés dans le cadre d'espionnage par l'armée. Ces particules fonctionnent sur le principe d'une meute, en utilisant le programme 'PedPrey', dont Jack est l'auteur. Hélas, un jour, ces minuscules robots s'échappent de la zone de production pour se retourner contre leurs créateurs. De plus les robots évoluent, et échappent totalement au contrôle des programmeurs.

Beaucoup de suspense et beaucoup d'action dans une intrigue finalement très basique et sans surprise. Le style est comme à l'habitude, simple et efficace. Le contexte scientifique est certes très intéressant et innovateur, mais s'essouffle au bout du premier cinquième du livre. Sans plus.

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Voir également:
- La Variété Andromède (The Andromeda Strain) - Michael Crichton (1969), présentation
- L’homme terminal (The Terminal Man) – Michael Crichton (1972), présentation
- Congo - Michael Crichton (1980), présentation
- Les prisonniers du temps (Timeline) - Michael Crichton (1998), présentation
- Etat d'urgence (State of Fear) - Michael Crichton (2004), présentation
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lundi, 27 février 2006

La planète des singes - Pierre Boulle - 1963

L’ histoire commence quand Jynn et Phylis, deux voyageurs de l'espcae récupèrent une bouteille contenant un manuscrit, qui racontait l’histoire de trois hommes partant à bord d’un vaisseau spatial afin de découvrir d’autres planètes habitables vers un autre système planétaire, celui de l’étoile Bételgeuse, en 2500. A l’approche de celui-ci, le professeur Antelle et ses deux équipiers, son second Arthur Levain et le journaliste Ulysse Mérou, observent à la surface de l’une des planètes des agglomérations, des routes, et d’autres artefacts synonymes de la présence d’une civilisation. Très vite, gagnés par une curiosité bien compréhensible, nos protagonistes vont rencontrer les maîtres de la planète : trois espèces simiesques proches de nos gorilles, orang-outangs et autres chimpanzés, (presque) parfaitemant bipèdes, douées du langage articulé, qui ont pu bâtir une société au sein de laquelle chaque espèce possède ses domaines propres de spécialisation (sciences et techniques pour les chimpanzés, arts de la guerre pour les gorilles, religion, politique et justice pour les orang-outang). Mais une surprise de taille attend nos voyageurs. Les humains sont totalement dominés par ces singes et vivent à l'état sauvage ou réduits à l'esclavage. Ils finiront par découvrir que les humains avaient été autrefois l'espèce dominante, tombée en décadence jusqu'à devenir esclave des singes. Alors ils tentent de s'enfuir, afin de rentrer chez eux, pour avertir leur monde de la menace que représentent les singes...

La planète des singes, rédigé dans une prose assez simple, naïve et un style délesté de superflu, nous fait découvrir un miroir certes naïf de notre société. En effet le regard que jette le lecteur sur la société simiesque décrite par l’auteur pourrait être celui de l’observateur extérieur, curieux et objectif, découvrant notre propre société. Cependant il y a une différence de taille: une espèce dite 'inférieure' domine tout naturellement l'homme. Mais là ne réside pas la principale force de l’histoire. Le comportement des singes eux-mêmes, au travers du dogmatisme de leurs chefs religieux en particulier, gardiens de la foi comme de l’orthodoxie scientifique laisse au lecteur attentif comme un arrière goût de déjà-vu. Le choc du dénouement, quant à lui, ajoute à l’ensemble une touche finale qui achève définitivement tout espoir. Le roman vaut hélas plus de la fable que du roman de science-fiction.

Il est à noter que La planète des singes a connu un immense succès aux Etats-Unis, où le roman a été adapté plusieurs fois au cinéma. La principale adaptation au cinéma jusqu'à nos jours aura lieu en 1968 par Franklin J. Schaffner avec en rôle principal Charlton Heston, adaptation que je préfère d'ailleurs au livre. Mais à part cela il y eut de nombreux téléfilms, séries télé, etc.
Il est à remarquer que pour toutes ces adaptations, aucune ne présente les singes avec un niveau technologique équivalent au notre (ce qui est le cas dans le livre de Pierre Boulle), à l'exception de la scène finale de la version de Tim Burton. Ceci tiendrait au fait que certains producteurs n'auraient pas voulu offenser certaines instances chrétiennes, selon la Bible, Dieu aurait créé l'Homme pour commander aux plantes et aux animaux;l'inverse n'est donc pas possible.

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Voir également:
- William Conrad - Pierre Boulle (1950), présentation
- Le sacrilège malais - Pierre Boulle (1951), présentation
- Le Pont de la rivière Kwaï - Pierre Boulle (1953), présentation
Le bourreau - Pierre Boulle (1954), présentation
- L’archéologue et le mystère de Néfertiti - Pierre Boulle (2005), présentation et extrait

- L'enlèvement de l'obélisque - Pierre Boulle (2007), présentation

samedi, 25 février 2006

Les prisonniers du temps (Timeline) - Michael Crichton - 1998

Des archéologues sont employés en 1999 par Doniger, un millionaire ayant fait fortune dans les biotechnologies, pour construire un parc à thème dans le sud de la France. Le but de ce parc est d'y faire revivre le moyen-âge de façon plus que réaliste. Les jeunes historiens se mettent à l'oeuvre sur l'ancien emplacement d'une bourgade médiévale. Cependant, alors que continuent leurs fouilles afin de mettre à jour des infos en vue du projet de futur parc d'attraction, certains éléments apparaissent. En effet, certaines personnes dans le campement semblent connaître à l'avance l'emplacement sous terre de certains objets médiévaux. Puis un jour, le professeur dirigeant toutes les fouilles disparaît mystérieusement. Doniger fait venir les jeunes historiens au Texas, en prétendant que seul ce voyage permettra de retrouver le professeur. Arrivé sur place, dans un site industriel de Doninger, ceux-ci se rendent compte que celui-ci a développé une machine permettant d'envoyer des gens dans le temps, et notamment au moyen-âge au sud de la France...

Roman assez classique de la part de Michael Crichton, auteur déjà de nombreux techno-thrillers, alliant aventures, science-fiction, suspense, dans des intrigues efficacement menés. Comme souvent chez Crichton, le début du roman est fort intéressant, notamment les passages concernant les fouilles archéologiques. Hélas le tout est vite submergé par une action répétitive qui prend clairement le dessus à toute réflexion. De plus on tombe dans une foule de clichés, les théories pseudo-scientifiques sur les voyages temporels de Crichton ne tiennent pas la route jusqu'à la fin, et les motivations qui font avancer les personnages ne valent pas grand chose. La base de l'intrigue même est ridicule. Imaginons que quelqu'un développe une machine à voyager dans le temps. Qu'en ferait-il? Irait-il voir Jésus Christ? Essaierait-il d'entrer en contact avec je ne sais quels personnages? Certainement! Alors que le personnage de Doninger dans ce roman, n'a pas d'autres motivations que de faire des parcs à thèmes les plus réalistes possibles. mais de toute façon cela n'est qu'un prétexte pour décrire des scènes d'action chevaleresque sans queue ni tête.

En bref, ce roman n'est vraiment pas une réussite. A éviter!

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- Proie (Prey) - Michael Crichton (2002), présentation
- Etat d'urgence (State of Fear) - Michael Crichton (2004), présentation
- Pirates (Pirate Latitudes) - Michael Crichton (2009), présentation

mercredi, 22 février 2006

Suleïma - Pierre Loti - 1882

Perdu dans la contemplation de sa placide mais fidèle tortue Suleïma, Pierre Loti l'éternel nostalgique, le voyageur impénitent, se laisse une fois de plus prendre à la nostalgie de l'enfance et du temps passé : entre la maison de Rochefort le havre de paix, et l'aventure dans les pays d'Orient, les impressions se confondent. Un an avant la révélation turque, c'est un jeune homme qui découvre l'Algérie en 1869. Tombé sous le charme d'une enfant dont le destin s'avérera pathétique, il la retrouve dix ans plus tard… L'esthète, le dandy capricieux et fantasque, montre ici, en même temps que son attachement excessif à l'Orient, les tourments de sa vie errante. Récits de voyage, nouvelles, journal intime, tous ses textes traduisent en effet la souffrance d'un homme qui ne peut considérer sereinement les conséquences d'une vie qu'il a pourtant choisie, à savoir d'incessantes allées et venues entre le foyer et l'exil, synonymes non plus de liberté, mais de déchirement. Chaque retour renforce sa perception déjà aiguë d'une fugacité qui rend vides de sens toutes les entreprises humaines. « À quoi bon », ne cesse-t-il de répéter, marqué par une inquiétude qui tourne à l'obsession.

Suleïma la prostituée d'Oran, la tortue des montagnes algériennes ainsi baptisée par jeu autant que par fétichisme, c'est aussi un peu de cette Aziyadé rencontrée et aimée dans les rues de Stamboul. À tout instant, les souvenirs ressurgissent, traits d'union entre des univers opposés, trahissant la force de l'évocation qui grandit et embellit les choses ; à traversd'infimes détails évocateurs, l'Orient rejoint l'Occident. Récit d'une vaine tentative pour arrêter la course du temps et reconstituer à Rochefort le charme de l'Orient, Suleïma prend par endroits la dimension d'un premier bilan. Tiraillé entre l'ici et l'ailleurs, Loti ajoute un épisode nostalgique à sa vie de voyages et de fuites.


Extrait (avant-propos du roman):


"Ce sera une histoire bien décousue que celle-ci, et mon ami Plumkett était d'avis de l'intituler : Chose sans tête ni queue.
Elle embrassera douze années de notre ère et tiendra, je pense, en une vingtaine de chapitres (dont un prologue, comme dans les pièces classiques).

L'intrigue ne sera pas très corsée ; il y aura un intervalle de dix ans pendant lequel il ne se passera rien du tout, et puis, brusquement, cela finira par un tissu de crimes.

Il y aura deux personnages portant le même nom, une femme et une bête ; et leurs affaires seront tellement amalgamées, qu'on ne saura plus trop, à certains moments, s'il s'agit de l'une ou s'il s'agit de l'autre. Mes aventures personnelles viendront s'y mêler aussi, et, pour comble de gâchis, les réflexions de Plumkett."


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Voir également :
- Aziyadé - Pierre Loti (1879), présentation
- Suleïma - Pierre Loti (1882), présentation
- Madame Chrysanthème - Pierre Loti (1887), présentation
- Au Maroc - Pierre Loti (1890), présentation
- Un pèlerin d'Angkor - Pierre Loti (1912), présentation et texte intégral

Congo - Michael Crichton - 1980

Une expédition, à la recherche de diamants précieux au fin fond de la forêt tropicale africaine, disparaît subitement. Cependant une caméra, installée par les explorateurs, continue à filmer un certain temps et envoye quelques images du drame via satellite à la centrale aux Etats-Unis. L'équipe qui réceptionne ces images y distinguent des singes fort agressifs, issus d'une espèce inconnue semblant hybride entre des gorilles et des hommes. Une deuxième expédition, menée par le docteur Karen Ross, est envoyée sur les lieux du drame afin d'élucider tous les mystères révélées par la précédente mission. Cette fois les chercheurs sont accompagnés par Munro, un célèbre mercenaire et par Amy, une femelle gorille capable de communiquer avec les hommes par la langue des signes. De plus, un consortium européen et des corporations japonaises, tentent également de retrouver la piste des explorateurs disparus. S'engage alors une course-poursuite, pleine de rebondissements qui menera l'expédition aux confins de la jungle jusqu'à la mystérieuse cité oubliée de Zinj, aux mains des gorilles tueurs.

Michael Crichton, spécialiste du techno-thriller, rejoint ici un peu plus du roman d'aventures pour mélanger les deux genres. Comme à son habitude, le style utilisé est simple et toujours efficace, et suite à un début mettant bien en place l'intrigue et le contexte, l'action prend le dessus sur la réflexion. Donc beaucoup d'action et d'aventures dans ce qui est loin d'être le meilleur livre de Crichton.

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Voir également:
- La Variété Andromède (The Andromeda Strain) - Michael Crichton (1969), présentation

- L’homme terminal (The Terminal Man) – Michael Crichton (1972), présentation
-
Les prisonniers du temps (Timeline) - Michael Crichton (1998), présentation

- Proie (Prey) - Michael Crichton (2002), présentation
- Etat d'urgence (State of Fear) - Michael Crichton (2004), présentation
- Pirates (Pirate Latitudes) - Michael Crichton (2009), présentation

dimanche, 19 février 2006

La Variété Andromède (The Andromeda Strain) - Michael Crichton - 1969

Dans La Variété Andromède, des preuves scientifiques semblent indiquer q'uil est fort probable que de nombreux et mystérieux organismes, de type bactéries ou virus, attendent l'homme dans l'espace. L'armée américaine a ainsi développé deux programmes spatiaux secrets afin de pouvoir étudier les micro-organismes présents dans l'espace. L'un, le projet Scoop, a été mis en place afin de récolter de nouveaux organismes pathogènes en vue d'une utilisation future dans la Guerre Froide, l'autre, le projet Wildfire, a pour but d'étudier les conséquences sur Terre et pour l'homme après une introduction de ces organismes venus d'ailleurs. Ces deux projets vont connaître un aboutissement tragique, lorsqu'une capsule du projet Scoop revient de l'espace et est récoltée par erreur par les habitants d'une petite bourgade, Piedmont, en plein désert de l'Arizona. Après qu'un imprudent médecin local, ait ouvert la capsule, une maladie mystérieuse va se propager parmi la population tuant la quasi totalité de la population, excepté un nouveau-né et un vieillard. Le projet Wildfire va se mettre en route. Une équipe de quatre scientifiques est dépêchée sur place, afin d'étudier ce qui vient de se passer. Les deux miraculeux rescapés, ainsi que de nombreux échantillons, seront étudiés dans un bunker isolé. Cependant, ce bunker, dû à un défaut de construcion, va laisser échapper la maladie, et mettre en danger l'équipe des scientifiques.

La Variété Andromède est un classique du techno-thriller américain, et l'une des premières oeuvres de Michael Crichton. Egalement un grand classique de science-fiction. Le talent de Crichton est de faire de cette histoire de science-fiction quelque chose de parfaitement plausible. Ici, les extra-terrestres ne sont pas de petits bonhommes verts mais des micro-organismes, au contact desquels l'homme n'a pas encore développé d'immunité et est, par conséquence, parfaitement vulnérable à ces envahisseurs de l'espace.Comme d'habitude chez Michael Crichton, l'intrigue se base sur des innovations techniques et scientifiques de dernier cri, mais hélas ces avancées deviennent une menace pour l'homme imprudent qui les apllique. Crichton a fait beaucoup de recherches sur ce sujet, et nous présente son sujet avec beaucoup de détail et de talent. Certains aspects scientifiques décrits sont devenus désuets de nos jours, mais cela n'est pas trop gênant à la lecture, et au contraire, Crichton met en évidence des problèmes, toujours d'actualité aujourd'hui.

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Voir également:
- L’homme terminal (The Terminal Man) – Michael Crichton (1972), présentation
- Congo - Michael Crichton (1980), présentation
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jeudi, 16 février 2006

Aziyadé - Pierre Loti - 1879

En séjour à Salonique, Pierre Loti, alors jeune officier de la marine française aperçoit, derrière les barreaux d'une fenêtre de harem, le visage d'Aziyadé, belle et taciturne esclave circassienne. De là va suivre une longue histoire d’amour, née au milieu des parfums et des mystères d’Orient, qui culminera dans le déchirement et le sacrifice à Istanbul, l’ancienne Constantinople à la frontière des continents et cultures. Pendant ce temps, se déroule en Turquie le sacre tumultueux du sultan Abdulhamid, la crise des Balkans, le traité de San Stefano qui boute la Turquie hors du territoire européen et indiquant la fin prochaine de l’Empire Ottoman.
Pierre Loti va suivre sa bien-aimée, s’installant à Istanbul et offrant même ses services au tsar turque. Mais à travers cette histoire d’amour teintée d’amertume et de mélancolie, histoire d’amour condamnée d’avance, transparaît un écrivain sensible, tourmenté. Le tout est décrit dans un style auto-biographique, sous forme de journal intime. Toujours très vivant et entraînant, on lit les passages sur les quartiers d’Eyup et d’Haskeuy, comme si on y était, sans jamais tomber dans l’orientalisme facile.

Aziyadé, publié en 1879, est le premier roman de Pierre Loti.

Extrait:

"Un beau jour de printemps, un des premiers où il nous fut permis de circuler dans Salonique de Macédoine, peu après les massacres, trois jours après les pendaisons, vers quatre heures de l’après-midi, il arriva que je m’arrêtai devant la porte fermée d’une vieille mosquée, pour regarder se battre deux cigognes.

La scène se passait dans une rue du vieux quartier musulman. Des maisons caduques bordaient de petits chemins tortueux, à moitié recouverts par les saillies des shaknisirs (sorte d’observatoires mystérieux, de grands balcons fermés et grillés, d’où les passants sont reluqués par des petits trous invisibles). Des avoines poussaient entre les pavés de galets noirs, et des branches de fraîche verdure couraient sur les toits ; le ciel, entrevu par échappées, était pur et bleu ; on respirait partout l’air tiède et la bonne odeur de mai.

La population de Salonique conservait encore envers nous une attitude contrainte et hostile ; aussi l’autorité nous obligeait-elle à traîner par les rues un sabre et tout un appareil de guerre. De loin en loin, quelques personnages à turban passaient en longeant les murs, et aucune tête de femme ne se montrait derrière les grillages discrets des haremlikes ; on eût dit une ville morte.

Je me croyais si parfaitement seul, que j’éprouvai une étrange impression en apercevant près de moi, derrière d’épais barreaux de fer, le haut d’une tête humaine, deux grands yeux verts fixés sur les miens.

Les sourcils étaient bruns, légèrement froncés, rapprochés jusqu’à se rejoindre ; l’expression de ce regard était un mélange d’énergie et de naïveté ; on eût dit un regard d’enfant, tant il avait de fraîcheur et de jeunesse.

La jeune femme qui avait ces yeux se leva, et montra jusqu’à la ceinture sa taille enveloppée d’un camail à la turque (féredjé) aux plis longs et rigides. Le camail était de soie verte, orné de broderies d’argent. Un voile blanc enveloppait soigneusement la tête, n’en laissant paraître que le front et les grands yeux. Les prunelles étaient bien vertes, de cette teinte vert de mer d’autrefois chantée par les poètes d’Orient.

Cette jeune femme était Aziyadé."


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mardi, 17 janvier 2006

Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle) - Stefan Zweig - 1926

Pour son soixantième anniversaire, le professeur de philologie R. reçoit un grand hommage de la part des collègues et étudiants sous la forme d'un recueil de toutes ses publications. Deux cents pages d'articles, de détails minutieux sur sa vie, sa carrière, sa passion pour les lettres... D'abord touché par ce geste, il se rend compte rapidement que ce cadeau ne représente en rien sa vie, son histoire. Ils ont oublié le point essentiel de sa vie, celui d'ailleurs que personne ne peut connaître. Et il va revenir en arrière et conter les événements qui ont réellement compté pour lui.


Il se rémémore son adolescence, fils de professeur il s'était appliqué à détester les études. Se servant des cours comme prétexte, il séche et mène une vie de libertinage, entre ses nombreuses conquêtes d'un soir et ses sorties en ville. Jusqu'au jour où son père lui rend visite, et s'aperçoit de la fourberie. Honteux, il se consacre alors entièrement à son travail, change d'université, et, sans relâche, étudie. Lors de cette période, il va rencontrer quelqu'un qui va bouleverser sa vie et changer son destin à jamais.: un professeur de philologie qui réussira à lui transmettre la soif de savoir. Très vite R. va lui vouer une soumission et un amour sans fin, à l'idolâtrer et à tout faire pour lui plaire. Il ira même jusqu'à s'installer chez ce professeur, ce qui lui fera découvrir que cet homme mène une vie bien mystérieuse.


La confusion des sentiments de Stefan Zweig, l'un des majeurs écrivains du XXe siècle, est un magnifique livre avec une écriture très travaillée, rythmée, passionée. Il peind le portrait de ce jeune homme à l'esprit perturbé par des sentiments qu il ne comprend que vaguement. Sa fascination pour son professeur va l'amener à exploiter ses talents, mais aussi a comprendre l'ambiguité de ses sentiments à l égard de celui-ci et des autres en général, pour mettre en scène, avec beaucoup de brio la complexité de l'adolescence.


Un livre poignant, plein de passion, à découvrir absolument!

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Voir également:
- La peur (Angst) - Stefan Zweig (1920), présentation
- Amok, ou le Fou de Malaisie (Der Amokläufer) - Stefan Zweig (1922), présentation
- Lettre d'une inconnue (Brief einer Unbekannten) - Stefan Zweig (1927), présentation
- Le joueur d'échecs (Schachnovelle) - Stefan Zweig (1942), présentation et extrait
- Un soupçon légitime (War er es ?) - Stefan Zweig (1987), présentation

mardi, 10 janvier 2006

Lettre d'une inconnue (Brief einer Unbekannten) - Stefan Zweig - 1927

Un écrivain à succès reçoit un jour une lettre bien mystérieuse. Pas de destinataire, aucune indication de sa provence. Il ouvre l'enveloppe et commence à lire et découvre qu'il s'agît d'une lettre dont il ne se souvient pas. Il s'agît d'une révélation d'un secret. Celui d'un amour fou d'une femme qui a aimé l'écrivain depuis ses treize ans, l'a aimé toujours en silence. Elle l'a connu alors qu'elle n'était encore qu'adolescente, et n'a immédiatement vécu que par lui, qui ne s'est jamais rendu compte d'elle. Bien plus tard, devenue une femme séduisante, elle rencontrera l'écrivain, mais deviendra pour lui q'une de ses aventures de passage. D'ailleurs elle n'osera jamais lui déclarer son amour. Mais elle tombera enceinte. Lui, ne sera jamais au courant. Elle idôlatrera son enfant, telle l'image de son amour. Ils se rencontreront des années plus tard, lui ne se souviendra toujours pas d'elle. Elle l'aimera avant tous les autres, lui ne se souviendra jamais d'elle. Mais le garçon venant de succomber à une pneumonie, elle décide de le suivre dans la mort, ayant perdu tout ce qui lui était cher et n'ayant plus l'espoir de jamais se faire aimer de cet écrivain. Cependant avant d'en finir elle se doit d'écrire à son éternel aimé, pour enfin lui avouer ce qu'il n'a jamais su voir.

Lettre d’une inconnue est la révélation d’un secret : l’amour fou qu’une jeune fille de treize ans a voué jadis à un écrivain de vingt-cinq ans, sans jamais le lui dévoiler, et que la femme adulte continue d’entretenir. C’est surtout l'histoire d’une jeune fille, puis d’une mère, qui choisira la voie d’un destin tragique, plutôt que celle d’un amour consensuel. La lecture de ce texte est un enchantement éclatant entre mélancolie et sérénité lorsque l’amour et la mort, après s’être taquinés, se côtoient dans une fusion fatale. Une oeuvre déchirante et passionnante de l'un des plus importants écrivains de la première moitié du XXe siècle.

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Extrait:

"Et cependant, à vrai dire, je passais mes journées à t'attendre et à te guetter. Il y avait à notre porte une petite lunette de cuivre jaune par le trou rond de laquelle on pouvait voir ce qui se passait de l'autre côté, devant chez toi. Cette lunette - non, ne souris pas, mon bien aimé ; aujourd'hui encore je n'ai pas honte de ces heures là ! - cette lunette était pour moi l'œil avec lequel j'explorais l'univers ; là, pendant des mois et des années, dans le vestibule glacial, craignant la méfiance de ma mère, j'étais assise un livre à la main, passant des après-midi entiers à guetter, tendue comme une corde de violon, et vibrante comme elle quand ta présence la touchait. J'étais toujours occupée de toi, toujours en attente et en mouvement; mais tu pouvais aussi peu t'en rendre compte que de la tension du ressort de la montre que tu portes dans ta poche, et qui compte et mesure patiemment dans l'ombre tes heures et accompagne tes pas d'un battement de cœur imperceptible, alors que ton hâtif regard l'effleure à peine une seule fois parmi des millions de tic-tac toujours en éveil. Je savais tout de toi, je connaissais chacune de tes habitudes, chacune de tes cravates, chacun de tes costumes, je repérai et je distinguai bientôt chacun de tes visiteurs, et je les répartis en deux catégories : ceux qui m'étaient sympathiques et ceux qui m'étaient antipathiques; de ma treizième à ma seizième année , il ne s'est pas écoulé une heure que je n'aie vécue pour toi. Ah ! quelles folies n'ai-je pas commises alors ! Je baisais le bouton, de la porte que ta main avait touché, je dérobais furtivement le mégot de cigarette que tu avais jeté avant d'entrer, et il était sacré pour moi parce que tes lèvres l'avaient effleuré. Cent fois le soir, sous n'importe quel prétexte, je descendais dans la rue, pour voir dans laquelle de tes chambres il y avait de la lumière et ainsi sentir d'une manière plus concrète ta présence, ton invisible présence. Et, pendant les semaines où tu étais en voyage - mon cœur s'arrêtait toujours de crainte, quand je voyais le brave Johann descendre ton sac de voyage jaune - pendant ces semaines là ma vie était morte, sans objet. J'allais et venais, de mauvaise humeur, avec ennui et méchanceté, et il fallait toujours veiller pour que ma mère ne remarquât pas mon désespoir à mes yeux rougis de larmes."

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Voir également:
- La peur (Angst) - Stefan Zweig (1920), présentation
- Amok, ou le Fou de Malaisie (Der Amokläufer) - Stefan Zweig (1922), présentation
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