jeudi, 03 janvier 2013

Morphine (Морфий) - Mikhaïl Boulgakov - 1927

mikhail boulgakov, nouvelle, nouvelles, morphine, litterature russe, morhinomanie, toxicomanieRussie, 1917.
Le docteur Bompard reçoit de la part d’un confrère, le docteur Poliakov, en poste dans une clinique rurale, un appel désespéré à l’aide. Celui-ci souffrirait d’un mal que seules ses quotidiennes injections de morphine réussissent à soulager. A cela s’ajoute son isolement et la solitude, nouveaux pour cet homme de sciences habitué à la grande ville où il a suivi ses études. Mais Bompard ne saura aider son confrère qui se suicidera après lui avoir laissé son journal intime que le médecin découvre avec effroi. Poliakov était dépendant de la morphine qui ne faisait que soigner ses états de manque. Et cette toxicomanie finira par l’emporter.

Publié en décembre 1927 dans la revue Meditsinkii Rabotnik (Le Travailleur Médical), l’écrivain russe Mikhaïl Boulgakov, également médecin, décrit dans la nouvelle Morphine (Морфий) la terrible descente aux enfers dans les affres du manque et aux limites de la folie d’un médecin dépendant de ce puissant analgésique opiacé et qui ne trouvera d’autre solution que le suicide pour s’en sortir. Une première partie du texte est narrée par le personnage de Bompard, avant de laisser place au récit issu du journal intime de Poliakov, où l’on découvre les horreurs de la dépendance et toxicomanie. Cette seconde partie est par moments assez forte et très poignante, et le style de son auteur s’adapte à ses états mentaux et physiques, ceci afin de donner encore plus d’effet au trexte.
Cette longue nouvelle contient tout d’abord une forte part autobiographique. Boulgakov, lui-même médecin était aussi morphinomane alors qu’autour de 1917 il était en poste, tel Poliakov, dans une clinique isolée, où pendant deux ans il s’informait des grands chamboulements politiques de l’époque, dont la révolution d’octobre 1917, par des journaux vieux d’au moins une semaine. Un premier texte avait été écrit peu après cette période et intitulé Maladie.
Mais au-delà il s’agît aussi d’une attaque du régime communiste en place, dont Morphine donne l’allégorie d’un corps malade dans un système politique qui l’est tout autant. Les références faites à Fennimore Cooper, auteur américain de westerns dans lesquels blancs et rouges s’affrontent en se brouillant les pistes, donne une image assez claire du message de l’auteur. Il fera même dire à l’un de ses personnages : "Mes préférences allèrent en premier lieu aux ouvrages sur la scarlatine et la diphtérie; ensuite très curieusement, je me passionnai pour Fenimore Cooper ."

Lors de sa parution la nouvelle Morphine a été fortement censuré par les autorités soviétiques, notamment les dosages des injections de morphine étaient retirés du texte, avant que le texte ne soit de nouveau publié en intégral à partir de 1988.

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Présente édition : traduit du russe par Jean-Louis Chavarot, éditions Folio, collection 2 euros, 31 mai 2012, 96 pages
ISBN-10: 2070445240 / ISBN-13: 978-2070445240

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