vendredi, 23 novembre 2012

SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers - 2012

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Le Malien commença à déboutonner l'ample chemise bleue portée par-dessus son pantalon.

Malko sentit son sang se figer. Entre la chemise et le torse de Boubacar Wagué, il y avait un véritable plastron d'explosifs, maintenu par une armature de cerceaux métalliques qui l'empêchait de s'en débarrasser.

Ils allaient mourir tous les deux.

2012 au Mali. Le Nord du pays a été pris par des groupes islamistes armés qui peu à peu avancent vers la capitale, Bamako, délaissée par l’armée qui s’est évaporée.
Lorsque Malko arrive au Mali, appelé par la CIA afin de reprendre en main une tortueuse opération de renseignement visant à découvrir les intentions des islamistes, la situation est déjà désespérée. Quand vont-ils frapper ? Nul ne sait. Et pour la CIA il faut coûte que coûte découvrir les intentions de l’ennemi dans l’espoir de trouver de quoi les contrer.
Tout va reposer sur les épaules de Malko qui a en face de lui des adversaires féroces et rusés. Lorsque sa source revient de Gao transformée en bombe humaine, destinée à les transformer tous les deux en chaleur et lumière, tout semble perdu.
C’est un concours de circonstances extraordinaire qui va lui permettre, in extremis, de renverser la situation. Grâce à son sens de l’observation et à son astuce...

Déjà la 195ème aventure du Prince Malko Linge, parcourant le monde en mission pour la CIA et cela sous la plume de l’infatigable auteur et reporter Gérard De Villiers. Toujours la même recette... celle qui marche... action, espionnage et sexe baignant un contexte d’actualité. Hélas ici, Panique à Bamako n’est guère le meilleur de la série. L’intrigue ne prend pas vraiment et c’est bien dommage, car sinon le roman procure un certain plaisir à découvrir une ville abandonnée de tout pouvoir et dans l’attente de ses futurs occupants.

Pour les amateurs de la série.

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Extrait : premier chapitre

Souha, souple comme une liane, sa croupe cambrée moulée dans un pantalon de toile noire serré comme un gant trop petit, les bras noués autour du cou de Ted Schackley, son amant américain, se balançait languissamment contre lui, plantée au milieu de la piste de danse du « Bla-Bla », éclairée par à-coups par des stroboscopes, au son rythmé d’un zouk ivoirien.

La boîte était presque vide: depuis le coup d’État du 22 mars fomenté par le capitaine Amadou Haya Sanogo, officier des «Bérets verts » de l’armée malienne, Bamako s’était vidée comme un évier de la plupart de ses toubabs et ceux qui étaient restés sortaient moins.

Les Maliens n’étaient pas des sanguinaires. Peuple commerçant, pratiquant un islam africanisé, c’est-à-dire extrêmement modéré, ils n’aimaient pas la violence.

Le vieux président ATT chassé du pouvoir, après quelques combats dans le centre de la ville, pour la possession de l’immeuble de la radio-télévision et des heurts à l’aéroport, un calme précaire était revenu dans Bamako, surveillé avec inquiétude par la CDAO.

Le capitaine Sanogo s’était retrouvé tout seul, avec sa Révolution sur les bras et, pour tout arranger, la débâcle de l’armée malienne chassée des grandes villes du nord du pays: Tombouctou, Gao, Kidal, par une coalition improbable de Touaregs de la « Légion islamique » du colonel Kadhafi, revenus de Libye armés jusqu’aux dents, et d’islamistes fanatiques, agglutinés en plusieurs mouvements, sous la houlette de l’AQMI.

Ceux-ci avaient égorgé sauvagement les quelques soldats maliens qui n’avaient pas couru assez vite vers le Sud, abandonnant leurs armes et matériel, puis s’étaient installés dans l’Azawad, la zone désertique du Mali remontant jusqu’à l’Algérie, qui représentait 80 % de la surface du pays.

Proclamant, sous les étendards noirs brodés de sourates du Coran, un califat pur et dur, semblable au régime des Talibans.

Allant jusqu’à « chicoter » les enfants qui osaient encore jouer avec des « playstation », réputées instruments du Diable. Saccageant les bars et les restaurants, interdisant l’alcool et forçant les femmes à se voiler.

Certes, ils n’étaient encore qu’à huit cents kilomètres de Bamako, la capitale du Mali, allongée paresseusement au bord du Niger, mais il n’y avait rien pour les arrêter.

Désormais, une police islamique féroce veillait sur la morale. Un couple ayant eu des relations sexuelles hors mariage avait été fouetté en public à Tombouctou, sous le regard effaré et terrifié de la population.

Alors, Bamako, calme en apparence, vivait au ralenti, la majorité des Blancs ayant fui. Les restaurants étaient vides. L’Hôtel de l’Amitié, 200 chambres en plein centre, avait dû fermer, faute de clients, envoyant les deux seuls qui lui restaient au «El Farouk », planté au bord du fleuve, juste à l’ouest du Pont des Martyrs.

En ce samedi, la vie nocturne avait repris un peu dans les quelques discothèques encore ouvertes. Pour la plus grande joie des quelques toubabs demeurés sur place, la plupart des diplomates demeurant claquemurés dans leurs ambassades respectives.

Ted Shackley, déjà bien imbibé, décida de ne plus bouger, debout au milieu de la piste, Souha, gluée à lui comme un Bernard-l’Hermite à son rocher, son regard légèrement bovin dans le vague, mais son ventre s’agitant efficacement contre celui de l’Américain.

Très jeune pute marocaine, au corps fin et à la morale absente, elle considérait comme une importante promotion sociale d’être la favorite d’un diplomate américain, de surcroît plutôt bel homme, même s’il avait trente ans de plus qu’elle. Sentir son désir se développer contre elle la remplissait de joie.

Du coup, elle accéléra un peu son balancement, et Ted Shackley resserra un peu plus son bras autour de sa taille, l’incrustant contre son érection.

Les ventilateurs marchaient bien et la douce musique rythmée du zouk le plongeait dans un état quasi euphorique. Normalement, il aurait dû se trouver devant sa télé, dans son petit cottage niché au fond des bois, à Mac Lean, en Virginie. Heureux retraité après trente-cinq ans de bons et loyaux services à la Central Intelligence Agency, qui l’avait recruté à la sortie de l’Université. D’abord analyste, puis officier traitant et enfin, chef de Station, il avait été affecté un peu partout dans le monde, en Irak, au Zaïre, au Pakistan, dans tous les points chauds. Divorcé, sans enfant, il s’était laissé pousser la barbe et s’était mis à boire un peu plus que modérément. Faisant honneur au pot d’adieu donné un an plus tôt à Langley pour fêter son départ en retraite de « Senior Officer ».

Retraite qui n’avait duré que quatre mois.

En effet, la CIA cherchait un OT expérimenté pour le nommer à Bamako, au Mali.

N’en trouvant pas!

La plupart des OT étaient mariés et pères de famille. Pas vraiment désireux de quitter la civilisation pour une ville plantée au milieu de l’Afrique. Sans parler des épouses, encore plus réticentes, et des risques courus: violences, mort, kidnapping.

Tout le monde s’était défilé; la CIA, qui comptait de moins en moins de héros, avait fait appel à lui, lui proposant un contrat CDD de deux ans, avec des émoluments agréables. Élément qu’elle n’aurait pas pu proposer à un OT en activité.

Ted Shackley avait signé des deux mains: il commençait à s’ennuyer au fond des bois.

Il ne le regrettait pas, retrouvant avec plaisir l’environnement exotique et sensuel de l’Afrique.

Souha s’agita un peu contre lui et, mentalement, il imagina la grosse bouche se refermant sur son sexe, ce qui faillit le faire éjaculer.

Observatrice, la jeune pute marocaine colla ses lèvres tièdes à son oreille gauche et murmura:

– Tu veux qu’on aille derrière?

– Qu’est-ce qu’elle est bandante, cette salope! murmura Joe Kovarski, affalé sur la banquette de velours rouge, face à la piste du « Bla-Bla », une main crispée sur la cuisse de sa voisine, Bella, une longue Bambara à la poitrine aiguë, gentille pute ramassée à l’Appaloosa, restaurant du centre ville. L’Américain n’arrivait pas à détacher les yeux du couple oscillant sur la piste.

Avec son crâne rasé, ses épaules de Superman, ses traits brutaux et ses pectoraux monstrueux, Joe Kovarski faisait peur. C’est ce qu’il fallait pour être admis dans les « Spécial Forces » américaines. Cent quatre-vingt dix centimètres de muscles. Ses cuisses énormes faisaient éclater son pantalon de toile. La bosse qui grandissait en haut de ses cuisses intéressait beaucoup Bella. Discrètement, elle posa sa main sur le sexe serré dans la toile. Se disant que, dans très peu de temps, elle l’aurait au fond de son ventre. Maîtresse régulière de Joe Kovarski, elle avait pu, grâce à sa générosité, acheter un petit commerce d’alimentation qui faisait vivre sa famille.

À sa droite, son voisin, Dave Nichols, «Special Forces » lui aussi, le clone de Joe, lui tournait presque le dos, occupé à triturer sur toutes les coutures sa compagne Linda, autre jeune Marocaine qui s’efforçait de l’empêcher de lui arracher sa culotte.

Pour les deux membres des «Special Forces », c’était une récréation inespérée. Venus pour entraîner l’armée malienne, ils se retrouvaient au chômage, celle-ci s’étant évaporée dans les sables du désert.

Défaite par les quelques centaines de combattants de la rébellion islamo-touareg.

La plupart des « Spécial Forces » s’étaient repliés sur une base au Burkina-Fasso, ne laissant à Bamako qu’une poignée d’entre eux.

Joe Kovarski et Dave Nichols se contentaient désormais d’escorter l’ambassadrice américaine, lorsqu’elle se hasardait en ville, et de servir d’officiers de sécurité à Ted Shackley, les membres de la CIA n’ayant pas le droit de sortir seuls, la nuit tombée.

Le zouk s’arrêta brutalement et Ted Shackley, précédé par son érection, regagna le box.

D’autorité, le barman apporta une bouteille de champagne. Personne n’eut le cœur de refuser.

Les trois Américains n’avaient plus qu’une idée: profiter amplement de cette soirée de détente bien commencée à l’Appaloosa, de l’autre côté du fleuve, un restaurant tenu par un Français où on mangeait correctement.

Plus sûr que ceux des Libanais. Ceux-ci passant leur temps, par économie, à décongeler et à recongeler leurs gambas importées d’Abidjan par des camions vaguement frigorifiques. En y goûtant, on avait une chance sur deux de mourir ou de rester paralysé.

La bouteille de champagne ne dura que le temps d’une rose. Tous rêvaient désormais d’une bonne récréation sexuelle. Ted Shackley regarda son chronographe et lança:

– On va y aller!

Les deux « Spécial Forces » étaient déjà debout. Le vieil OT de la CIA était leur diamant! Ils l’escortaient souvent lorsqu’il rendait visite à ses contacts, dans des quartiers excentrés.

Pendant qu’il payait, Joe Kovarski se leva, tirant sa copine par la main et fonça vers la sortie, en lâchant:

– On va sécuriser!

Chacun d’eux portait un petit revolver « deux pouces » dans un « anckle holster » G.K. dissimulé par leur pantalon de toile.

Dave Nichols le suivit et ils se retrouvèrent tous les quatre dans la sombre allée de latérite où il y avait encore un peu de vie. Des marchands ambulants, quelques putes en solde et des Maliens appuyés au mur, dormant debout.

Après un regard circulaire, Joe Kovarski lança à son copain :

– Va lui dire que c’est OK. All clear.

Après la clim relative de la boîte, les 38° humides de la nuit tropicale vous tombaient dessus comme une couverture brûlante.

À peine dans la Land-Cruiser, Bella, la fiancée de Joe Kovarski, se colla à lui, massant discrètement le pantalon de toile.

– Où on va? demanda-t-elle.

Évidemment, ils ne pouvaient pas se rendre à l’ambassade américaine.

– On va au Farouk, annonça Joe Kovarski. Il y a la clim et de la bière.

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Présente édition : éditions Gérard de Villiers, 3 octobre 2012, 320 pages
ISBN-10: 2360530534 / ISBN-13: 978-2360530533

 

Voir également :
SAS, tome 83 : Coup d'état au Yémen - Gérard de Villiers (1985), présentation
SAS, tome 84 : Le plan Nasser - Gérard de Villiers (1986), présentation
SAS, tome 85 : Embrouilles à Panama – Gérard de Villiers (1987), présentation
SAS, tome 107 : Alerte Plutonium - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 108 : Coup d'état à Tripoli - Gérard de Villiers (1992), présentation
- SAS, tome 132 : L'espion du Vatican (1998), présentation et extrait
SAS, tome 176 : Le printemps de Tbilissi - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 177 : Pirates ! - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 178 : La Bataille des S-300 [1] - Gérard de Villiers (2009), présentation
SAS, tome 179 : La Bataille des S-300 [2] - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 180 : Le piège de Bangkok - Gérard de Villiers (2009), présentation

SAS, tome 181 : La Liste Hariri - Gérard de Villiers (2010), présentation

SAS, tome 182 : La filière suisse - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tomes 183 et 184 : Renegade - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 185 : Féroce Guinée - Gérard de Villiers (2010), présentation
SAS, tome 186 : Le Maître des Hirondelles - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 187 : Bienvenue à Nouakchott - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 188 : Rouge Dragon [1] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 189 : Rouge Dragon [2] - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 190 : Ciudad Juarez - Gérard de Villiers (2011), présentation
SAS, tome 191 : Les fous de Benghazi - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 192 : Igla S - Gérard de Villiers (2012), présentation 
SAS, tome 193 : Le chemin de Damas [1] - Gérard de Villiers (2012), présentation 
- SAS, tome 194 : Le chemin de Damas [2] - Gérard de Villiers (2012), présentation
- SAS, tome 195 : Panique à Bamako - Gérard de Villiers (2012), présentation
SAS, tome 196 : Le beau Danube rouge - Gérard de Villiers (2013), présentation et extrait
SAS, tome 197 : Les fantômes de Lockerbie (2013), présentation et extrait
SAS, tome 1 , version BD : Pacte avec le Diable (2006), présentation et extraits
SAS, tome 2, version BD : Le sabre de Bin-Laden (2006), présentation et extrait

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