vendredi, 25 mars 2011

Hilda - Anonyme - 19??

hilda, litterature francaise, romans erotiques, romans pronographiques, erotisme, annees follesHilda, née dans les années 1920, se transforme vite en une jeune femme aux formes plantureuses. Elle est initiée dès sa puberté par son oncle et sa mère aux plaisirs de la chair, ces démons ne la quitteront d’ailleurs jamais plus. Mais ce petit scandale familial finit bien vite par éclater, et Hilda, à l’âge de 15 ans, se retrouve orpheline. Et ainsi se fera sa vie nouvelle sans que ses démons du passé ne la quittent jamais. Et tout au long de sa vie, que ce soit un tuteur de son pensionnat, des étudiants, un exploitant de bordel, des soldats durant l’occupation, le fils de son mari... tous profiteront des dispositions de la jeune femme pour le sexe...

Peu de choses sont réellement connues au sujet de ce roman pornographique intitulé Hilda, si ce n’est qu’il a été écrit après la Seconde Guerre mondiale et a paru d’abord clandestinement tout en se faisant passer pour un journal intime authentique. L’action reprend la vie de cette femme en partant de sa naissance dans les années 1920, son adolescence et sa vie de jeune femme à Paris avant de la retrouver dans l’après-guerre marié à un notable de village. Son journal intime reviendra sur quelques épisodes de la guerre. Et cela jusqu’à un final troublant, fort et pathétique à la fois. L’auteur du roman n’est pas connu et est resté dans l’anonymat. Mais nul doute qu’un grand nom se cache derrière cette belle et magnifique plume qui nous fait revivre l’insouciance des Années folles qui suite à la Grande Guerre n’attendait finalement que la suivante toute en nous décrivant l’évolution d’un personnage haut en couleur et bien plus profond qu’il n’y paraît au départ. D’ailleurs même s’il s’agît bien avant tout de pornographie ce roman se révèle bien vite être bien plus riche de sens.

Le roman érotique et pronographique Hilda est un indispensable pour tous les amateurs du genre.

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Extrait
:
les premières pages


La plénitude des formes, Hilda l’avait toujours connue. Enfant, déjà, on la disait frisant l’obésité, ce en quoi d’ailleurs on se trompait. Seul, un gynécologue plus savant que ses confrères, avait déterminé, chez Hilda devenue jeune fille, une endocrinologie particulièrement prometteuse sur le plan sexuel. Le praticien concluait alors de bien étrange manière disant à la mère de la jeune fille que chaque femme méritait son époque. Propos sibyllin, mais seule- ment en apparence. En effet, on sortait tout juste de la « folle époque » qui avait été précédée par la « belle époque » en laquelle les femmes bien en chair faisaient le bonheur des peintres. Et puis, après la guerre de 14-18, la femme se masculinisait, se coupait les cheveux ; la fameuse mode de la garçonne voyait le jour en même temps qu’un beau bébé potelé que l’on baptisait Hilda en l’église de La Madeleine.

Le bébé prit très vite du poids en tétant le sein maternel, puis le biberon. Adolescente, Hilda gardait encore sur les lèvres l’ineffable joie de ses succions infantiles qu’elle retrouvait quelque peu quand son oncle lui offrait un sucre d’orge ou une sucette. L’homme, de quarante ans, la considérait étrange- ment, avec un sourire en coin, tandis qu’elle s’appliquait à faire glisser entre ses lèvres la friandise sucrée. Elle lui rendait son sourire en suçant de plus belle, sans évidemment se douter qu’elle provoquait ainsi une coupable érection.

Hilda adorait son oncle. Il offrait à ses yeux d’enfant une sorte d’émerveillement perpétuel.

Marcel Rivaud avait choisi l’oisiveté comme d’autres choisissent de partir en voyage. Alors que son frère André, le père d’Hilda, œuvrait laborieusement pour capitaliser et vieillir prématurément, Marcel passait dans la vie à la manière d’un poète qui visite un jardin, respirant chaque fleur en ayant soin de n’en cueillir aucune. Il avait placé sa part d’héritage qui, sans le faire riche, lui permettait de vivre comme il l’entendait.

En grandissant, Hilda surprit certaines conversations entre son père et sa mère à propos de son oncle. André Rivaud ne se montrait pas tendre envers son unique frère. Irène, la mère d’Hilda, acquiesçait en silence, en femme soumise à l’autorité de son époux. Cependant, Hilda finit par comprendre que sa mère n’en pensait pas moins.

L’oisif de l’entre-deux guerres est devenu une espèce rare sinon totalement disparue. On le recherchait comme amant puisque la plupart de son temps était consacré à l’amour. Irène s’était mariée – « casée », devait-on dire – jeune, vierge et avait été engrossée dès sa nuit de noces. Hilda naquit, fut traditionnellement élevée dans la saine morale de la religion catholique tandis que son travailleur de père remplissait hebdomadairement son devoir conjugal. Marcel s’aperçut rapidement que sa belle-sœur était délaissée. Il se portait irrésistiblement vers les cœurs perdus et les fesses disponibles ; or, celles de sa belle- sœur étaient d’un fol attrait.

Entre Marcel et Irène, tout avait commencé par un de ces après-midi de brume qui couvre si souvent Paris. Marcel était dans son atelier en train de peindre quand Irène sonna à sa porte.

– J’avais envie de voir vos toiles ! dit Irène en rougissant un peu. Je ne resterai que quelques minutes ! ajouta-t-elle très vite.

– Il faut fêter l’événement ! dit Marcel en débouchant une bouteille de champagne.

Bu à petites gorgées, le champagne grisa un peu Irène qui détaillait chaque œuvre exposée dans l’atelier. Ses yeux s’arrêtèrent sur une toile et Irène retint brusquement sa respiration.

– Cela vous choque ? questionna Marcel.

– Eh bien, répondit-elle, je me doutais bien que dans un atelier d’artiste, il existait toutes sortes de choses, mais...

– Allons, voyez la beauté du mouvement, dit Marcel, observez bien les bras de la femme se cramponnant au cou de l’âne robuste, et la musculature de l’animal arc-bouté sur ses pattes pour faire entrer son membre...

– Tout de même, murmura Irène, ce... ce sexe si gros... dans...

– Il paraît que Messaline éprouvait une très grande jouissance avec les ânes. Et d’ailleurs, ne dit-on pas de certains mâles qu’ils sont, pardonnez-moi l’ex- pression, « montés comme des ânes » ?

– C’est une comparaison aussi grossière qu’exagérée !

– Qu’en savez-vous, ma chère Irène ? Pouvez- vous établir une comparaison entre André et... d’autres hommes ?

– Vous êtes fou, Marcel ! Je n’ai jamais trompé votre frère !

– C’est bien ce que je pensais.

Cela dit, sans plus hésiter, il l’attira contre lui. Irène voulut se défendre, mais il était déjà trop tard. Bouche contre bouche, les langues se cherchaient, se suçaient. Marcel serrait fortement le corps de sa belle- sœur d’un bras robuste tandis que sa main libre se faufilait sous la robe. Il descendit le slip à mi-cuisses et ses doigts habiles fourragèrent dans la toison épaisse, entrèrent dans la grotte humide. La pression des corps se fit plus violente et les langues activèrent leur succion. Marcel retira sa main pour ouvrir fébrilement sa braguette de laquelle il extirpa une verge érigée qu’il empoigna pour la guider vers la fente mouillée.

– Oh non... non, Marcel ! supplia Irène qui ne put s’empêcher d’écarter les cuisses en percevant l’affolante érection, bien plus épaisse, bien plus grosse, infiniment plus dure que celle de son mari.

Haletante, maintenant vaincue, elle se soumettait au groin mafflu dont la tête macrocéphale la pénétrait difficilement.

– Oh ! Marcel... Marcel... que me faites-vous là !

– Je vous baise, Irène... Je t’enfile, ma chérie, et tu aimes ça...

Son membre bandé, enfoncé jusqu’aux testicules, l’homme se mit à la besogner lentement mais fermement. Travaillée par l’intense érection, Irène souleva les reins, c’était pour elle une révélation qu’elle n’eût, jusqu’alors, jamais osé soupçonner.

Un premier plaisir la gagna en lui faisant perdre toute retenue :

– Ah oui ! prends-moi... plus vite... plus fort...

Marcel l’empoigna aux fesses :

– Je t’apprendrai à bien jouir...

– Je jouis, Marcel... Je jouis... Aah !

– Alors tiens... Tiens !

Muscles tendus, le mâle se crispa entièrement en propulsant un flot de semence brûlante qui fit gémir sa partenaire.

Il y eut un long moment de silence seulement troublé par le balancier d’une vieille horloge. Marcel retira sa verge encore raide et la porta vers le visage de sa belle-sœur dont les yeux exprimaient l’admiration qu’elle éprouvait pour l’extraordinaire phallus qui venait de si bien la combler. Elle approcha le membre de ses lèvres, l’embrassa doucement, comme pour le remercier, puis sa langue tournoya autour du gland rose. Sous le titillement qui l’excitait, Marcel se plaça à califourchon sur Irène en dégageant ses seins qu’il pétrit fébrilement. Celle-ci, pour plus de commodité, baissa le pantalon. Elle passa une main sur les bourses velues et rebondies et engloutit la verge dans sa bouche qu’elle suça avec avidité. Marcel se livra entièrement au travail de cette bouche ardente sans quitter des yeux sa belle-sœur qui aspirait en creusant les joues. Elle le suçait inlassablement et, parfois, avec une telle violence, qu’il devait faire appel à toute sa volonté pour que le plaisir durât. Irène sentait confusément qu’elle ne s’appartenait plus, que, déjà, elle était la chose de son beau-frère, presque son esclave. Quand il jouit dans sa bouche, elle le but en goûtant, pour la première, fois, à cette joie sauvage.

Irène finit par se retrouver souvent dans le secret de l’alcôve avec son beau-frère qui lui fit découvrir le bonheur des sens, lequel, inévitablement, engendre l’appel du cœur. Ah ! qu’elle aimait la lente reptation de cette verge saillante, terriblement musclée et dont l’extrémité champignonnait étrangement à l’instant de l’orgasme. Marcel la rendait folle et l’amenait à pratiquer des actes que la morale réprouvait farouchement. Quant à Marcel, il jubilait. C’était à la fois extraordinaire et surexcitant que d’initier une mère dont le corps réagissait, a priori, comme celui d’une pucelle et, a posteriori, comme celui d’une catin. Il s’arrangeait pour la rencontrer deux ou trois fois par semaine. Il lui arrivait même, parfois, de la prendre hâtivement, au foyer conjugal, alors que le mari peinait dans son bureau directorial et que la jeune Hilda déclinait une version latine chez les frères maristes. C’était toujours une espèce de viol auquel Irène se soumettait sauvagement. Jupons troussés, cuisses ouvertes, le dos plaqué au mur, elle ne pouvait s’empêcher de pencher la tête, se mordant les lèvres Jusqu’au sang pour ne pas crier, elle considérait d’un œil fixe le gros boutoir brun dont l’extravagante force la pistonnait fiévreusement. Dans ces instants de rare intensité, des lueurs hagardes voilaient les prunelles de Marcel dont le vocabulaire devenait insoutenable :

– Je vais te faire sentir le jus de mes couilles... Tiens, tu le sens, dis ? Ah ! Je jouis... Je voudrais jouir dans ta bouche et dans ton cul en même temps !

Fouettée par la trivialité du verbe, Irène sombrait dans le délire de l’extase qui, elle l’ignorait encore, la conduirait sur d’épineux chemins. Ces chemins, Marcel s’affairait à les tracer avec autant d’intelligence que de perversité. Il conférait ainsi plus de vérité à l’adage fameux : « L’oisiveté est la mère de tous les vices. »

***

Quand Hilda fêta ses quinze printemps, il y avait déjà quatre bonnes années que les positions du Kama-Sutra, fellations et autres sodomies, n’avaient plus de secret pour Irène. Vis-à-vis de celle-ci, Marcel semblait montrer une fidélité exemplaire, bien que le bougre eût assez de vigueur génésique et de plans préalablement conçus pour satisfaire d’autres maîtresses.

Insidieusement, il avait semé dans l’esprit d’Irène sa propre graine dont le germe nietzschéen la faisait délicieusement frémir d’horreur et d’émotion. Pratiquement inculte, voilà qu’Irène Rivaud s’instruisait, en secret, d’une philosophie qui dût requérir, pour la bien comprendre, un esprit hautement qualifié, ce qui n’était pas le cas. Il ne restait plus à Marcel qu’à tirer les sons qu’il vou- lait d’un instrument tel que « Par-delà le bien et le mal » ou « La généalogie de la morale ». Sans doute Nietzsche se retournait-il – une fois de plus ! – dans sa tombe. Qu’importe, il n’était pas le premier philo- sophe à être falsifié. L’important fût qu’il servît les desseins de Marcel Rivaud qui, armé de belles rhétoriques, visait lentement, mais non moins sûrement, le but final. Les citations de celui qu’Hitler devait également falsifier pleuvaient comme de l’acide sur la malheureuse Irène : « Ce qui ne tue pas fortifie », « Les convictions (et Marcel d’ajouter : « religieuses ») sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges », « Je vous enseigne le surhumain. L’homme n’existe que pour être dépassé. Qu’avez-vous fait pour le dépasser ? » C’était, à coup sûr, cette dernière citation qui revenait le plus souvent aux lèvres de Marcel : « Il faut te dépasser, ma chérie, encore et toujours », disait-il à Irène en la serrant contre lui. Puis, il ajoutait sournoisement : « Hilda, qui est jeune, comprendra et vivra cela ! »

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Présente édition : La Musardine, 20 janvier 2011, 200 pages

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