mercredi, 23 février 2011

Petites alliées - Miss Clary F. - 1919

miss clary f, litterature francaise, romans erotiques, premiere guerre mondiale, la grande guerre, romans pornographiques, erotisme, petites alliees1914-1918. Au front allié se crée une ambulance composée de 14 infirmières de toutes nationalités dans le but de suivre le front et de venir en aide aux vaillants soldats blessés au combat. La guerre sera terrible, pas toutes ne survivront, mais c’est bien à l’une de ces vierges que nous devons de pouvoir conter ces aventures troublantes et réelles. Car pour toutes ces jeunes femmes, cette expérience en révélera bien d’autres, bien plus sensuelles. La libération féminine est en marche, et avec la libération sexuelle.

Petites alliées de Miss Clary F. est écrit peu de temps après la guerre, et devient vite introuvable. Aujourd’hui ce roman dont on ne connaît presque rien, ni d’ailleurs sur son auteur,  serait tombé dans un oubli complet si les éditions La Musardine ne l’avaient déterré pour le republier. Et même, guère de textes érotiques se situant lors de la Grande Guerre ne sont connus aujourd’hui.
Ce texte nous fait donc découvrir le quotidien d’un groupe d’infirmières durant cette guerre, l’accent étant évidemment mis sur le côté érotique. L’auteur fait preuve d’une belle imagination et étonne même par l’actualité des fantasmes décrits à l’époque. Évidemment le roman a également un fort parti pris typique de l’époque, ainsi découvre-t-on que les Allemands sont tous de féroces et pervers violeurs, en comparaison aux soldats alliés tous de galants amants. Mais on y retrouve surtout une féminité en marche, qui se prend en main, se bat, désire et aime en fonction de ses propres choix. La libération de la femme n’est plus loin...
Le texte en soi, d’un point de vue littéraire a ses qualités et défauts, mais ce n’est pas cela qui compte ici le plus. Les amateurs de romans érotiques ou ceux de documents historiques y retrouveront leur comptes.

Petites alliées de Miss Clary F. est un roman d’une rareté absolue qui tient sa place dans toute bibliothèque érotique qui se respecte.

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Extrait :

V

Il y avait cinq semaines que nos jeunes héroïnes étaient sur les lieux de leurs exploits.

Des blessés étaient arrivés depuis la veille et chacune s’empressait à leur chevet.

Elles étaient si absorbées par leur tâche qu’aucune idée de luxure ne traversait leur esprit. Elles paraissaient avoir oublié les orgies qui avaient précédé leur départ, et même les deux grandes amoureuses, Prisca et Rolande, se parlaient avec une apparente simplicité qui était loin de dévoiler leur étroite intimité.

Chacune apportait dans les fonctions qui lui étaient attribuées, les qualités et les défauts de sa nature et de sa race. La Russe, la Polonaise, la Serbe, donnaient froide- ment mais très exactement leurs soins ; Nelly et Hélène s’empressaient auprès de ceux qui étaient les plus gradés, les plus racés. L’Espagnole, l’italienne et la Roumaine s’exaltaient devant la souffrance, se prodiguant avec des paroles et des gestes, à ceux qui criaient le plus fort. Pour la Japonaise, elle suivait exactement ce qui devait être fait, sans distinction, sans préférence pour aucun... lointaine de ces races qui n’étaient pas la sienne.

La Portugaise, la Suissesse et la Belge paraissaient les servantes des autres par leur passivité dans l’exécution. Quant à Rolande, elle se dévouait à toute heure du jour et de la nuit, s’offrant à remplacer celle de ses compagnes qui se sentait surmenée, jamais fatiguée de s’employer comme si elle eût à se faire pardonner d’être admise à cette œuvre ou à remercier... Du reste toutes avaient de la sympathie pour sa simplicité et lui étaient reconnaissantes de sa serviabilité.

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C’était le soir. La nuit complètement venue, les éclairages de fortune installés, les salles de planches bondées de lits aux linges blancs, avaient l’aspect lugubre.

Un jeune lieutenant, moins atteint que les autres, mais rendu nerveux par l’ambiance, pressait de ses prières Miss Nelly pour sortir de cet enfer de souf- france durant quelques instants. Il désirait aller respirer l’air et Nelly, craignant sa fai- blesse, refusait son autorisation.

— Vous êtes trop faible, mon lieutenant.

— Je vous affirme, Mademoiselle, que je suis tout à fait valide, mais je suis sans nouvelles des miens et de mon régiment, j’ai ce que l’on appelle vulgairement le « cafard », et d’entendre ces plaintes continuelles me rend malade. Une heure d’air et le silence bienfaisant de la nuit me seront le remède le plus efficace à ma guérison.

Un peu ébranlée par ce raisonnement, Miss Nelly, après avoir réfléchi un instant, céda, mais sous condition que
Romania accompagnerait l’officier en cas d’accident, ce à quoi ce dernier accéda de bonne grâce.

Il faisait une nuit d’octobre digne des vers de Musset.

Le lieutenant Jean de Z... avait passé son bras sous celui de la jeune infirmière.

C’était un superbe gaillard de vingt-six ans, dont l’apparence de force n’enlevait rien à l’élégance. Ils s’entretinrent, durant un quart d’heure, des grands et menus faits de la guerre, puis, peut-être, sans y songer, la conversation devint plus intime, traitant de sujets plus badins.

Jean se risqua jusqu’à demander à Romania si un mari ou un fiancé exposait sa vie sur les champs de bataille. Romania confessa ne pas avoir cela à redouter, et le bras de Jean se fit plus pressant sur celui de la jeune infirmière...

Soudain il s’enhardit jusqu’à risquer un baiser sur la nuque.

Au contact de ces lèvres d’homme, les premières qui l’eussent effleurée, Romania éprouva un long tressaillement, tout son sang de vibrante Italienne lui afflua au cerveau et, presque inconsciemment, elle s’alanguit.

Jean, heureux de l’aubaine, fit asseoir la jeune fille sur une pierre large et, sans hésiter, se mit en devoir de lui relever la jupe et de lui sucer le clitoris. Lorsqu’il la sentit prête à jouir, il la coucha d’un élan, mais sans brutalité, et essaya de la pénétrer de sa verge brillante, mais Romania était vierge et le lieutenant le comprit, aussi prit-il toutes précautions pour éviter que la douleur ne fût trop vive.

Bientôt il réussit à ouvrir la voie et Romania, après une légère souffrance, sentit en elle un bien-être infini. Cette chose qui allait et venait dans sa matrice, qui la chatouillait et la pénétrait toute, lui procurait une telle joie qu’elle serrait les cuisses pour mieux la retenir, ce que sentant, le lieutenant s’enhardit et accéléra les mouvements.

Alors la bouillante Italienne ne se posséda plus, elle enlaça son séducteur, accrochant ses lèvres aux siennes, se soulevant de toute sa force afin d’être mieux pénétrée.

Enfin, sentant tout son être inondé d’une liqueur chaude, entendant les soupirs de jouissance de Jean, elle se mit elle-même à pousser, non des soupirs, mais des cris, à un tel point excitants que Jean sentit sa verge remise en vigueur et qu’il redoubla d’ardeur pour recommencer l’action.

Au contact de ce membre vigoureux qui la pénétrait à nouveau, Romania s’exaltait, bondissant comme une furie, jouissant sans discontinuer, mordant la bouche de Jean pour étouffer ses cris, car le jeune officier s’excitait au jeu, et bientôt ce furent des râles de bonheur qui emplirent l’espace de leur rythme amoureux.

Cependant Miss Nelly, un peu inquiète de la longue absence de Jean et de Romania, s’était décidée d’aller à leur rencontre ; elle fut arrêtée en cours de route par les cris de spasme poussés par les deux jeunes gens et, très intriguée, ne se rendant tout d’abord point compte de ce qui se passait, elle s’était effarée, les croyant attaqués, aussi s’avança-t-elle prudemment du côté d’où partaient les cris.

Ce ne fut qu’à une très faible distance qu’elle se rendit compte de ce qui se passait, et s’apercevant qu’elle n’avait pas été entendue, elle s’immobilisa, assistant, curieuse, à la fin de la séance amoureuse...

Jean et Romania, s’étant un peu calmés, se rendirent compte de leur situation plutôt bizarre et s’en trouvèrent gênés, mais où leur confusion fut à son comble, c’est lorsqu’ils s’aperçurent de la présence de Miss Nelly. Comme Jean, tout « penaud », se levait et s’excusait, essayant de dissimuler sa complice, Nelly le mit aimablement à l’aise :

« Ne vous excusez pas lieutenant, je ne suis pas une sotte et les choses de l’amour me sont très sympathiques... »
Elle souriait sous les rayons de la lune claire, elle souriait gentiment, n’osant pas avouer qu’elle était profondément troublée d’avoir assisté à la scène amoureuse décrite plus haut...

Troublée au point de ne plus savoir très bien ce qu’elle disait, troublée infiniment, prête à s’offrir, si une pudeur de respectabilité ne l’avait retenue...

Durant le court dialogue entre Jean et Nelly, Romania s’était remise et, un peu gênée, elle attendait la fin de cet échange de phrases.

Nelly, comprenant sa gêne et voulant aussi rompre le charme qui l’attirait vers Jean, s’empara du bras de Romania et l’entraîna en la plaisantant.

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Présente édition
: Editions La Musardine, 23 février 2007, 125 pages

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