mardi, 16 novembre 2010

Tuer le temps - Nimzowitsch - 2010

bibliotheca tuer le temps.jpg"Guide de survie à l’usage des assassins, des violeurs d’enfants et des pilleurs de tombes : voilà ce qui va suivre. Inutile de faire de longs discours, je suis une meurtrière. Qui n’a jamais été prise en défaut. Vierge de tout soupçon. Un modèle. Une mère de famille. Quelqu’un de respectable. Si vous lisez ces lignes, vous êtes soit un flic qui a trouvé où je cachais ce cahier, soit une personne quelconque, moins stupide qu’un flic certes, mais qu’on ne paie pas pour perdre son temps ; dans le premier cas de figure, la suite ne vous servira à rien, puisque si vous avez le cahier c’est que je suis morte, dans le second, mes conseils pourraient vous être utiles, et plus tôt que vous ne le croyez."

Marie est une mère de famille tout à fait classique partageant sa vie entre sa famille et son boulot d’institutrice. Bref, quelqu’un comme tout le monde. Sauf que Marie a un passe-temps des plus particuliers : pratiquer de façon très régulière meurtres et tortures tout en y portant un soin démesuré. Tous ses crimes sont signés en déposant sur les lieux de ses méfaits la première page d’un roman. Et peu à peu sa passion devient de plus en plus dévorante. Un jour elle décide de rédiger des notes, sorte de guide du parfait tueur et exposition de toutes horreurs et atrocités imaginables, pour en faire part à quiconque les trouvera.

Tuer le temps, roman d’un certain auteur dénommé Nimzowitsch, est en quelque sorte un livre d’un genre un peu nouveau, son éditeur ne publiant que sous forme électronique, càd. juste un fichier à télécharger sur le site des Editions de L’Abat-jour. Difficile de se faire une réelle opinion de cette démarche : s’agît-il d’une réelle conviction en cette nouvelle forme d’édition ou alors est-il plutôt question d’un éditeur ne voulant pas prendre de risque de produire et de distribuer un certain nombre d’exemplaires, l’édition électronique et sa distribution étant à la portée de tous. Peut-être un peu des deux. En tout cas l’éditeur prévoit déjà une future publication sur papier.Pour ces raisons j’appréhendais quelque peu cette lecture qui très vite au bout de quelques pages, m’a vite convaincu de la réelle qualité du texte. En résumé il s’agît d’un polar bien macabre, gore même, racontant une l’histoire d’un tueur, ou plutôt d’une tueuse, en série qui plonge le lecteur dans les abîmes d’une personnalité d’apparence banale mais qui se réfugie et s’exalte dans l’horreur la plus pure. Meurtre après meurtre tout y est décrit avec grande précision : la recherche d’une victime potentielle, sa prise, sa torture et finalement sa mort. Ces scènes d’une rare violence s’alternent et contrastent avec celles décrivant la vie de cette femme paisible, mère au foyer et institutrice. Le sujet n’est guère original, de plus on y trouve de très nombreux clichés du genre, mais l’intérêt de ce roman réside finalement bien plus dans sa narration violente et cruelle qui ne laissera personne indifférent. On accroche au personnage de Marie, très réussi, et l’écriture bien rythmée et très personnelle de l’auteur ne manque guère d’intérêt.
Hélas le roman souffre de sa longueur, près de 500 pages en A4, alors qu’au bout de quelques chapitres le tour du sujet semble déjà fait. Difficile dès lors de tenir jusqu’au bout. Un peu plus de synthèse aurait pu en faire un très bon roman.

Malgré cela Tuer le temps de Nimzowitsch est un polar très réussi, macabre et violent à souhait qui nous fait revisiter le genre dédié aux tueurs en série.

Les amateurs apprécieront !

 Pour commander ce roman :

Site des éditions de l'Abat-Jour


Présente édition : Les Editions de l’Abat-Jour, 2010, 499 pages

 

Commentaires

Je suis d'accord avec vous sur la longueur du roman. Cependant, ne parler que de l'histoire de Maris peut laisser croire, aux potentiels lecteurs, qu'il n'y a qu'une histoire, alors qu'en fait ce roman est divisé en 3 grandes parties. Chacune de ces parties a son rythme et son style. C'est la raison pour laquelle la critique sur mon billet est très divisé. J'ai apprécié certains chapitres, pendant que d'autres m'ont profondément ennuyé.

Écrit par : Théo | mardi, 23 novembre 2010

à Théo, c'est bien vrai, mais pour ma part je n'aa pas fait tant de différence que cela. Je suis content de voir que je ne suis pas le seul qui lui reproche sa longueur.

Écrit par : Marc | mercredi, 24 novembre 2010

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